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TERRITOIRES ET ACTIONS

Que dit le nouveau rapport du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur le Climat) ?

Noémie Jadoulle-08/08/2019

Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur le Climat publie aujourd’hui un nouveau rapport centré sur l’exploitation des terres et la façon dont la modification de l’usage des sols impacte le climat.

La planète va mal, et ce n’est pas le GIEC qui nous dira le contraire. Ce jeudi, le groupe intergouvernemental (dont la mission est d’évaluer les informations scientifiques nécessaires pour mieux comprendre les risques liés au réchauffement climatique d’origine humaine) présentait un rapport spécial sur « les changements climatiques, la désertification, la dégradation des terres, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres ». Ce rapport long de 1200 pages complète celui sur les effets d’un réchauffement planétaire de 1,5°C publié en octobre 2018 et précède celui attendu en septembre prochain sur les océans et la cryosphère (glaciers et calottes polaires). Comme chacune de ses études, le GIEC a bien veillé à dresser un « résumé à l’intention des décideurs« , approuvé hier par les représentants de ses 195 pays membres (dont la Belgique). On l’a lu, et voici ce qu’on en retient.

Les auteurs© Tom Fisk / Pexels

Pour la première fois, la majorité des scientifiques ayant rédigé ce rapport proviennent de pays en voie de développement, soit ceux les plus touchés par le réchauffement climatique. En tout, 108 experts issus de 52 nations ont participé à la rédaction du document.

Ni clash ni crise

Pour conclure l’élaboration d’un rapport du GIEC, ses pays membres le ratifient à l’issue d’un échange avec les scientifiques l’ayant rédigé. La coprésidente du groupe de travail sur les sciences du climat du GIEC (la paléoclimatologue française Valérie Masson-Delmotte) souligne « l’intérêt et la qualité du travail, empreint de gravité, réalisé par les délégués de tous les pays, sans aucune tension, crise ou clash ». Elle y voit le signe de « la prise de conscience, partout dans le monde, des enjeux d’une transformation profonde de l’usage des terres ». De son côté, Fernanda Carvalho du WFF est heureuse que le rapport ait été approuvé, car celui-ci rappelle que « la façon dont nous utilisons les terres n’impacte pas seulement le climat, mais la capacité des terres à fournir les moyens d’existence aux gens, à la nature et à la biodiversité ».

Une gestion plus durable des terres agricoles

Plus de 70% de la surface terrestre libre de glace est occupée par l’activité humaine et un quart est dégradée par cette occupation. Les populations les plus touchées par ces dégâts terrestres sont les habitants d’Asie du Sud et de l’Est et ceux de la région autour du Sahara (Afrique du Nord, Moyen-Orient et péninsule arabique). Avec l’augmentation de la population mondiale (nous serons 11,2 milliards d’individus en 2100) et les évolutions de consommation de nourriture, d’aliments pour animaux, de fibres, de bois et d’énergie, l’être humain est de plus en plus gourmand en terres et en eau douce. Ces changements observés depuis 1961 ont contribué à « une augmentation des gaz à effet de serre, la perte des écosystèmes naturels (forêts, savanes, prairies et marécages) et le déclin de la biodiversité ». Gérer plus durablement les terres permettrait de réduire les multiples conséquences négatives de cette occupation sur les écosystèmes. Par gestion durable, le GIEC entend « l’augmentation de la matière organique au sol, la lutte contre l’érosion, l’amélioration de la gestion des engrais, des pâturages et du fumier, des aliments de meilleure qualité et l’utilisation de races ».

Gaspillage et alimentation durable

À l’échelle mondiale, environ 30% de la nourriture produite est jetée. Un scandale quand on sait que 821 millions de personnes dans le monde souffrent de malnutrition. À l’inverse, 2 milliards d’êtres humains sont obèses ou en surpoids. Pour combattre ce système infernal, le GIEC préconise d’adopter un régime alimentaire « équilibré », soit comprenant des aliments d’origine végétale (céréales, légumineuses, fruits, légumes, noix, graines) et des aliments d’origine animale produits dans « des systèmes résilients, durables et à faibles émissions de gaz à effet de serre ». Les bénéfices de ce type d’alimentation sont non seulement bénéfiques pour la planète, mais aussi pour la santé humaine. Pour lutter contre le gaspillage, le rapport conseille de meilleures techniques de récolte, d’entreposage à la ferme, d’infrastructure, de transport, d’emballage, de vente au détail et d’éducation « pouvant réduire les pertes et les déchets alimentaires tout au long de la chaîne d’approvisionnement ».

Des sols chauds, nus ou macadamisés

Depuis la période préindustrielle (1850-1900), la température moyenne de l’air à la surface de la terre a beaucoup plus augmenté que la température moyenne à la surface du globe. La désertification des sols entraîne une libération de CO2 dans l’atmosphère (due à la diminution de la couverture végétale) qui amplifie le réchauffement climatique. Avec l’urbanisation croissante des sols, les villes et leurs alentours sont de plus en plus chaudes, surtout lors des périodes de vague de chaleur comme on a pu le vivre cet été. L’urbanisation accrue peut également intensifier les épisodes de précipitations extrêmes sur les villes. Pour réduire ou éviter la désertification, le GIEC préconise la prévention plutôt que de restaurer les terres déjà dégradées. « Éviter, réduire et inverser la désertification permettrait d’améliorer la fertilité des sols, d’accroître le stockage du carbone dans les sols et la biomasse, tout en favorisant la productivité agricole et la sécurité alimentaire », écrivent les experts.

Inclure les locaux

Pour s’assurer des prises de décision efficaces, il est recommandé aux gouvernements d’inclure dans leurs processus décisionnels relatifs à l’environnement les parties prenantes locales, « en particulier celles qui sont les plus vulnérables au changement climatique, notamment les populations autochtones, les communautés locales, les femmes, les pauvres et les marginalisés ».

Non contraignant

Bien qu’admirable dans son intention, ce « résumé à l’intention des décideurs » n’impose pas de limites juridiquement contraignantes aux pays l’ayant ratifié hier et ne contient aucun mécanisme d’application. Il en revient donc à chaque pays d’adopter les mesures nécessaires pour contrer le réchauffement climatique en s’inspirant, s’il leurs sied, des observations du GIEC…https://www.moustique.be/24362/que-dit-le-nouveau-rapport-du-giec

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