booklet 8 pages

QUI SOMMES-NOUS ?


Association TAMOUDRE,“Touareg, vie et survie”.
Informations, réflexions et actions ciblées autour du DÉVELOPPEMENT et des problèmes de GÉOSTRATÉGIE, [...]

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TERRITOIRES ET ACTIONS

Comment ca va, avec la famille ? Et la santé ? Et les mines ?

On n’arrête pas d’entendre le bruit des roquettes et des mines. Il y en a eu tellement qu’on ne les entend même plus.Le ciel qui gronde au-dessus de nos têtes ? Ah bon, et tu dis quoi ?
On n’entend plus les bruits des hommes qui font taire les oiseaux, on est habitué…Il n’y a plus d’oiseaux.

Comme il n’y a plus de travail, tout le monde cherche un petit travail. Vendre du sucre, du thé, du gasoil. Vendre un véhicule, des animaux (quand il y en a qui ne sont pas morts de soif ), des cigarettes et des armes. Tout le monde a quelque chose à vendre.
Il y a tellement de commerces, maintenant, qu’il n’y a plus de clients.

Comme il y a trop d’ « insécurité», comme on dit, les instituteurs viennent apprendre autre chose aux enfants que jouer avec des kalachnikofs. Ou jouer avec rien, ne rien faire de la journée et attendre. Comme les enseignants ne restent pas car ils ne sont pas à l’aise, ils partent au bout de quelques semaines. Il y a beaucoup d’enfants qui ne vont plus à l’école depuis 5 ans, mais il de toute façon n’y a plus d’instituteurs.

Comme les politiques ne sont pas ou plus dans la zone, et que les autorités intérimaires habitent loin, et que le gouvernement malien habite encore plus loin, il n’y a plus de politiques. Il n’y a plus d’électeurs non plus. Il y a encore moins de développement.

Tessalit dans le noir depuis quelques semaines. Le seul groupe électrogène dont dispose la ville est en panne. Il n’y a pas de crédit pour faire tourner la machine. Il n’y a plus d’electricité.

Mais il y a en brousse les comités de veille islamique, à Abeibara, Taghlit, Boghessa, Theraragh, … et les narcos, qui financent pour trois fois rien des gamins pour poser des mines.
Après il y a des familles décimées, une carrière de sable qui explose , des enfants de 5 ans, 9 ans, qui sont tués.
Les islamistes, les prises d’otages, les coupeurs de route, les règlements de compte entre groupes armés.
On sait même dans les villages et dans la brousse qui a fait quoi.
On sait qui a brûlé le véhicule ou égorgé le berger.
Et on se tait. La peur est partout. On ne dit rien.
Là, il y a toujours du monde pour participer.
Et personne n’a le choix.

Alors, quelquefois, il y a une petite flamme qui allume les étoiles, et des gens qui ne veulent plus avoir peur.
Des gens qui pensent que leurs enfants pourraient bien faire autre chose. Apprendre à lire, à compter, à coudre, à poser une prise, une soudure, faire pousser des légumes parce que l’homme a faim tous les jours, et qu’il a envie de garder sa dignité.
En travaillant.
Dignement.

Association Tamoudré, 19 juin 2017 -Photos prises à Tessalit et ses environs.

Nous remercions les habitants de Tessalit de nous avoir envoyés ces photos des stages de formation qui viennent de se dérouler.








 

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