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TERRITOIRES ET ACTIONS

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Le prof, le gouvernement et l’Azawad; quand un banal sujet de géographie déclenche l’hystérie d’un gouvernement ?

Les événements se passent à Bamako, capitale politique de la république du Mali et porte sur l’Azawad, territoire géographique soumis à une crise politique depuis 1960. Cette crise est appelée dans les milieux occidentaux « La guerre au Mali » Tout commence par un sujet donné à ses élèves par Mr Robin Anopolos professeur français de géo- graphie à l’école française « Liberté A ».
Le thème du devoir:
Présentation du Mali – Question de compréhension Les questions entre autres: • Dans quelle continent ses trouve le Mali? Quels sont les pays frontaliers du Mali? • Quelles sont les deux caractéristiques de la ville de Bamako? Combien y-t-il d’habitants? • Quel fleuve célèbre traverse le Mali? Les questions qui fâchent:
Qu’est ce que l’Azawad? Cette région appartient-elle au Mali?
Quelle est la capitale de l’Azawad? Combien y a-t-il d’habitants? Quelle est la surface de cette région?
Mr Robin Anopolos en bon professeur a jugé utile en parlant du Mali, de parler de toutes les régions et de leurs réalités dans toutes leur diversité et complexité. Rappelons que les enseignants maliens depuis 1960 ont préféré donné la priorités aux épopées du Mali des grands empires et de ses rois « lions », des ses « empereurs Buffles » maintenant ainsi les enfants dans des grossissements des faits historiques lointains et à présent sans aucune utilité pour un vivre ensemble commun. Mais bien sur tant que ça fait beau, ça fait mieux. Cet enseignement a largement contribué à la création de frontières d’abord psychologiques qui ont toujours séparé les citoyens du Sud à ceux de l’Azawad et qui ont fini par devenir de réelles frontières géographiques et matérielles!
Je me rappelle pourtant entant qu’élève du primaire au Mali, on m’a appris que la capitale de la région du Wassolou était Sikasso, celle des Balanzan a pour capitale Segou! L’Azawad serait-il la seule région qui n’aura pas droit à une capitale? Le professeur Robin Guiov Anopolos en bon pédagogue, s’est refusé de tomber dans les considérations politiques pour ouvrir un débat purement scientifique avec ses eleves. Oui les questions ici sont scientifiques car elle portent sur les fleuves, les villes, l’environnement physique et géographique de chaque ville citée ! Il est ou le peché?
Il n’a pas fallu plus que ça pour que la presse malienne, les usagers des réseaux sociaux de Bamako et finalement le gouvernement, crient au scandale, à la trahison, au sacrilège; rappelant ainsi au professeur Robin Guiov qu’il est ici au Mali et qu’ici, la liberté d’expression comme celle du libre choix et de la libre gouvernance ne sont pas encore inscrits dans le dictionnaire de français utilisé par nos dirigeants dans les différents départements ministériels! Quant au département des affaires étrangères il s’est doté de logiciels de pointe pour dénicher et écraser dans le moindre écrit les termes comme « Azawad », Touaregs, indépendance, federation,autonomie …
Du devoir de géographie, le sujet s’est vite transporté dans la sphère de la polémique /politique et de la politique polémique ! Le réflexe patriotique et celui des « identités meurtrières » a pris encore une fois le dessus comme à chaque fois que les maliens sont appelés à affronter la réalité de leur pays en face. Et comme d’habitude la bouc-émissairation a pris le dessus sur la raison et le bouc émissaire ne sera autre que celui dont le seul péché aura été de participer à l’éducation de nos enfants et à l’aiguisement de leur esprit critique!
Le professeur Robin Guiov Anopolos sera livré comme un mal-propre à d’abord un lynchage médiatique et ensuite à une réaction diplomatique épidermique du ministre malien des affaires étrangères. Le professeur sera rappelé par son pays la France pour s’expliquer; l’ambassade de France s’est fendue d’un communiqué d’excuses en des termes aussi confus que le problème qui les a suscité; et dans les 24 heures qui suivirent, les autorités maliennes signifieront au professeur qu’il est désormais persona-no-grata dans le pays.
Encore une fois les autorités maliennes se sont trompées d’adversaire. L’adversaire ce n’est pas le professeur qui dispense le savoir mais bien la médiocrité qui gangrène nos écoles depuis des décennies par la fautes d’enseignants qui à la différence de Mr Robin Anopolos préfèrent enseigner aux enfants les méfaits de l’irrédentisme des Touaregs que la composition sociologique et la réalité géographique et physique de leur pays!
J’ai cherché et avec le maximum de recul possible la faute de ce professeur mais je n’en ai trouvé aucune. Et si c’est le fait d’évoquer l’AZAWAD qui a déclenché autant de polémique, pourtant cela est clairement stipulé dans les termes pertinents de l’ACCORD POUR LA PAIX ET LA RECONCILIATION AU MALI ISSU DU PROCESSUS D’ALGER signé entre les mouvements de l’Azawad et le gouvernement du Mali en ces termes : « L’appellation AZAWAD recouvre une réalité socio-culturelle, mémorielle et symbolique ». Au bas de la dernière page de cet accord est écrit au dessus des signatures: pour « la coordination des mouvement de l’Azawad !» et là c’est bien qu’en- tant que territoire géographique soumis à un conflit politique à travers des revendications territoriales qu’on parle!
Et l’ensemble des responsables des mouvement de l’Azawad sont reçus par les plus hautes autorités du Mali en leurs qualité de leaders de l’Azawad qu’ils soient de la plate forme ou de la CMA! Alors il est ou le péché du professeur? Monsieur le ministre des affaires Etrangère, La menace pour l’intégrité territoriale du Mali se situe plus dans la non application de cet accord que par les questions posées par un professeur dans le cadre de son cours normal de géographie. Et il n’y rien de plus dramatique pour un pays que de voir ses enfants interdits de savoirs à cause de considérations politiciennes vis à vis desquelles l’école doit être épargnée.
Il me reste à rendre hommage au professeur Robin Anopolos pour son dévouement depuis des années à transmettre le savoir aux élèves maliens de son école, animé par le seul et honorable dévouement pédagogique que lui impose son métier. Un sage chinois, il y a de cela plusieurs siècles, conseiller de son empereur, confia à ce dernier: « Si vous voulez détruire un pays, inutile de lui faire une guerre sanglante qui pourrait durer des décen- nies et coûter cher en vies humaines. Il suffit de détruire son système d’éducation et d’y généraliser la corruption. Ensuite, il faut attendre vingt ans et vous aurez un pays constitué d’ignorants et diri- gé par des voleurs. Il vous sera très facile de les vaincre.»
Mossa Ag Attaher

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