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TERRITOIRES ET ACTIONS

Université de Niamey : La faculté des sciences de la santé serait-elle devenue un sanctuaire des fraudes ?

Bouba Alfari-Le Courrier

Le …août 2017, alors que les Nigériens ne l’attendaient plus parce qu’ayant exagérément traîné pour les pieds pour s’acquitter de sa mission, la commission d’enquête mise en place en vue de faire la lumière sur les évènements tragiques survenus le 10 avril 2017 sur le campus universitaire a rendu public son rapport. Un rapport surprenant à plus d’un titre. Non seulement il est déposé trois mois après l’installation de la commission d’enquête qui n’avait pourtant pas grand chose à faire pour apporter les réponses essentielles aux questions que se posent les Nigériens, mais il n’apporte rien de nouveau par rapport à ce qui est connu de tous. Sauf que, mérite important à souligner, il a mis la lumière sur le rôle dé- terminant joué par le recteur, le Pr Habibou Abarchi, dans cette sauvage répression des étudiants. « Ok, il n’y a pas de problème », aurait-il répondu au té- léphone au ministre Ben Omar, qui demandait son accord préalable pour faire intervenir les forces de l’ordre. Les enquêteurs ne le ratent pas d’ailleurs, soulignant clairement la légèreté et l’irresponsabilité dont le recteur a fait montre. De fait, la plupart des observateurs pointe du doigt la gestion catastrophique du Pr HabibouAbarchi. Outre ce désastreux accord verbal qu’il a de donné au ministre de L’enseignement supérieur de l’époque, Mohamed Ben Omar, pour autoriser la répression sauvage du 10 avril 2017, le Pr Abarchi, selon des sources bien informées,tire l’UAM vers le bas. La publication officielle du rapport d’enquête sur les évènements tragiques du 10 avril 2017 et la mise en exergue de son grave manquement, remet ainsi au goût du jour ces micmacs qui se passent à l’UAM et qui sont de nature à porter un coup rude à la crédibilité des diplômes qui y sont délivrés. Université de Niamey : La faculté des sciences de la santé serait-elle devenue un sanctuaire des fraudes ?En avril 2017 déjà, Le Courrier a publié une enquête sous le titre évocateur de « Ça sent la magouille à la Faculté des sciences de la santé ». Malgré la gravité des pratiques dénoncées, le Pr Abarchi est resté l’arme au pied. Aucune correction à ce qui était pourtant une injustice flagrante et inadmissible. Encore moins de sanctions à l’encontre des auteurs de ces pratiques mafieuses. Au centre d’une affaire trouble de délibération reprise à son initiative, le du doyen de la faculté des sciences de la santé (FSS) de l’université Abdou Moumouni de Niamey, le Pr Saïdou Mamadou,semble se conformer à l’air du temps.

Le Pr Mamadou Saïdou viole les critères de passage, de redoublement et d’exclusion de la FSS
Le 15 décembre 2016, lorsque la Faculté des sciences de la santé a délibéré dans la salle de conseil, aucun enseignant chercheur ne pouvait imaginer que le doyen de ladite faculté allait défaire le travail consensuel, juste et conforme aux textes. Et pourtant, il allait le faire. Non content des résultats des délibérations régulières conduites en conformité avec les textes, il ne s’est pas gêné de convoquer à nouveau les enseignants en EM1 (études médicales – première année) aux fins de procéder à une nouvelle délibération, au prétexte que la première délibération n’avait pas tenu compte de la règle habituelle de repêchage. Un alibi non convaincant. De fait, le Pr Mamadou a ses propres motivations et cela transparaît très vite dans les nouveaux résultats.C’était, au total, 446 étudiants inscrits première année d’études médicales, qui étaient concernés. Ayant délibéré selon les critères fixés par les textes en vigueur, la commission a décidé de 116 passages, 191 redoublements et 139 exclus. Le 16 décembre 2016, contre toute attente, le PrMamadou adresse à ses collègues enseignants une nouvelle convocation pour délibérer une seconde fois sur les mêmes résultats. Son argument ? Il estime que « en raison de la non application de la règle du repêchage à la deuxième session de la première année de médecine, la délibération du 15 décembre 2016 est annulée ». Il convoque alors tous les enseignants permanents à se réunir le 20 décembre 2016 en vue de revoir leur copie. Une décision inacceptable pour certains enseignants qui n’ont pas compris les motivations réelles du doyen d’autant qu’il n’existe aucune raison valable pour revenir sur la délibération qui a été faite de façon régulière. Trois raisons essentielles peuvent faire annuler une délibération, notamment une réclamation ou une dénonciation de la part des étudiants sur d’éventuelles irrégularités qui auraient entaché la délibération. Ce qui fait dire à un observateur que le Pr Mamadou a des motivations qu’il doit être seul à connaître. La règle habituelle de repêchage qu’il a prétendu avoir privilégiée ne reposait pas sur les critères liés aux passages, redoublements et exclusions fixés à l’avance par les textes. Ainsi, à la FSS, un étudiant de première année ne se fait pas exclure à l’issue de sa première année académique. Il redouble l’année mais se fait nécessairement exclure à l’issue de la deuxième s’il n’obtient pas une moyenne générale de 10/20 et sans note éliminatoire comprise entre 0/20 et moins de 6/20. Toutefois, même avec une note éliminatoire dans une matière, il peut être repêché s’il justifie une note générale appréciable. Une simple question de bon sens. Cependant, même sans note éliminatoire, un étudiant ne peut être repêché s’il n’a pas une moyenne générale égale ou supérieure à 10/20 alors qu’il a déjà redoublé la première année. Cela sous-entend que tous les 139 étudiants exclus l’ont nécessairement été à l’issue de leur seconde année académique et que tous ceux qui ont redoublé, au nombre de 191, sont à leur première année académique.

Le Pr Mamadou Saïdou de la FSS a fait passer 37 étudiants devant redoubler et 10 étudiants proposés à l’exclusion
Les raisons qui ont poussé le Pr Mamadou à procéder à une seconde délibération sont surprenantes. Et alors qu’il n’a pas qualité pour présider une délibération en première année, le Pr Mamadou a néanmoins dirigé ladite délibération. Tenait-il nécessairement à s’assurer de certains résultats ? Entouré de quelques enseignants qui ont accepté cette remise en cause, par eux-mêmes, d’un travail qu’ils ont réalisé en toute inté- grité, le Pr Mamadou a décidé de repêcher 37 étudiants devant redoubler et 10 proposés à l’exclusion. Il les a simplement proposés pour le passage au niveau supérieur, soit 47 étudiants ajoutés aux 116. Ce qui porte le total des passages à 163. Quels sont ces étudiants à qui le Pr Mamadou a offert ce majestueux cadeau de fin d’année académique ? Pourquoi a-t-il fait passer des étudiants que les critères officiels de la faculté proposent au redoublement et à l’exclusion ? Comment un homme de son grade peut-il cautionner, à plus forte raison, susciter et commettre un tel forfait ? Ces pratiques, entretenues par le doyen de la FSS en personne, n’honorent ni l’université Abdou Moumouni ni son auteur. Peut-on admettre et cautionner de telles pratiques sans en être un adepte ? En agissant ainsi, le Pr Mamadou Saïdou jette le trouble sur sa véritable personnalité. Pire, il porte un discrédit à une faculté de référence jusqu’ici tenue hors des déviances politiciennes et autres courants malfaisants. S’agirait-il de faits corruptifs ou de trafics d’influence visant à ouvrir un boulevard à des étudiants qui n’ont aucun mérite personnel ?Mis en cause par de nombreuses dénonciations, l’intéressé n’a jamais cru devoir répondre. Il a préféré ignorer ces graves accusations, comme tous ceux qui, dans ce pays, ont trempé dans de sales affaires mais qui disposent d’un permis à tout faire. Il n’y a, donc, aucune surprise que ce monsieur, demain, accède à des fonctions encore plus importantes, malgré son lourd passif et les préjudices causés à l’université Abdou Moumouni.
Bouba Alfari
23 août 2017
Source : Le Courrier, https://www.nigerdiaspora.net/index.php/education-niger/1840-universite-de-niamey-la-faculte-des-sciences-de-la-sante-serait-elle-devenue-un-sanctuaire-des-fraudes

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