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Niamey: un master en pastoralisme pour les pays sahéliens

RFI-Gaëlle Laleix

 Le premier master en pastoralisme au Sahel a ouvert ses portes le mois dernier au Niger. Les cours sont donnés à l’Aghrymet, le centre régional d’Agro-hydro-météorologie, installé à Niamey. Mis en place par le Praps, le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel, programme de la Banque mondiale, ce cycle d’études supérieures est destiné aux professionnels du secteur agricole… surtout des fonctionnaires des administrations et ministères des différents pays sahéliens.

Des bovins élevés au Niger. RFI/Gaëlle Laleix

24 élèves, quatre par pays sahélien, composent la première promotion de ce master professionnel en pastoralisme. Medina Abdulaye Afadine vient du Tchad et travaille pour la direction du développement rural à Ndjamena. De l’élevage, elle reconnaît ne pas savoir grand-chose.

« Quand j’ai suivi ma formation en agronomie, je n’ai pas pris le pastoralisme très au sérieux, admet l’étudiante. Avant, je ne savais pas du tout que le Tchad avait plus de 90 millions de têtes de bétail et qu’il était un des pays de la sous-région avec le plus grand troupeau. Ici, j’ai appris à connaître le système d’élevage, surtout la transhumance. Pour moi, les éleveurs nomades étaient juste des aventuriers. Je ne voyais pas le pastoralisme comme un système de production. »

L’élevage peu considéré

L’élevage représente près de la moitié du produit intérieur brut agricole des pays sahéliens. Souvent considéré comme nuisible pour les terres agricoles, ce secteur a longtemps été relégué au second plan par les pouvoirs publics.

« Quand vous regardez par exemple la loi sur le domaine national dans nos pays, ce qui était privilégié en termes d’exploitation des terres, c’était l’agriculture, explique Magat Kairé, le coordonnateur du master. L’élevage n’était pas considéré comme une mise en valeur. C’est pourtant un système qui permet de produire dans des conditions extrêmement difficiles. Allez dans les capitales des pays sahéliens, toute la viande qui y est consommée provient des systèmes transhumants. Il va falloir changer les mentalités. Considérer le pastoralisme comme un système extrêmement performant, mais qui demande plus de cadres. C’est pour cela que, dans ce master, on a insisté sur les savoir-faire. »

Penser global

Changer les mentalités, une urgence compte de tenu des contraintes actuelles. Le changement climatique menace le développement rural au Sahel. Pour Maxime Banoin, agronome et professeur à l’Aghrymet, il est grand temps de penser global.

« Le pastoralisme est la technique la plus rentable pour les terres agricoles marginales. La seule manière de les mettre en valeur, c’est de rentabiliser l’élevage en aménageant au mieux ces terrains pour qu’ils puissent produire plus et supporter davantage d’animaux. La question du développement rural, que ce soit l’agriculture, l’élevage ou encore la pêche, requiert une vision d’ensemble. Il y a en général un ministère de l’Elevage, un autre de l’Agriculture et des cloisons qui les séparent. »
Les étudiants du master auront 6 mois de cours, et 6 de stage, pour maîtriser le système pastoral.

http://www.rfi.fr/emission/20170309-elevage-master-pastoralisme-pays-saheliens

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