booklet 8 pages

QUI SOMMES-NOUS ?


Association TAMOUDRE,“Touareg, vie et survie”.
Informations, réflexions et actions ciblées autour du DÉVELOPPEMENT et des problèmes de GÉOSTRATÉGIE, [...]

Lire la suite

TERRITOIRES ET ACTIONS

Une délirante ruée vers l’or affole tout un pays pauvre

 Ouest-france.fr

Nul ne sait d’où est partie, il y a trois semaines, la rumeur ! Des centaines de Nigériens ont déboulé dans le lit d’une rivière asséchée, au sud de la capitale Niamey. Gagnés par la fièvre de l’or, ils creusent pour faire fortune. Sans la moindre preuve qu’un filon existe réellement…http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/1006/NextGenData/Image-1024-1024-267306.jpg

Ils sont arrivés à pied, à moto, à dos d’ânes ou en voiture. Des centaines de Nigériens, parfois des familles entières, ont soudainement envahi le cours d’eau desséché, protégé par des arbustes épineux, et seulement atteignable par une piste défoncée. C’était il y trois semaines, à Kafa-Koira, à une dizaine de kilomètres au sud de la capitale Niamey.http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/1006/NextGenData/Image-1024-1024-267354.jpg

Habituellement désert, le site s’est transformé en deux jours en une mine à ciel ouvert, avec tous les services qui vont avec : vendeuses de nourriture, d’eau fraîche, de vieux sacs, de cordes, de seaux et d’outils à creuser… « Je me suis réveillé un matin, cétait noir de monde autour de ma maison », raconte Issaka Abdou.

Une rumeur qui enfle

« Il y a de l’or à Kafa-Koira ! » De bouche à oreille, la rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre. Sans qu’il y ait pour l’instant la moindre confirmation de la présence de métal précieux ! Comme toutes les rumeurs, celle de Kafa-Koira s’appuie au départ sur une vérité. Le sous-sol du Niger est riche en minerais. On y exploite depuis longtemps l’uranium. Et, depuis 2004, on extrait de l’or industriellement dans l’ouest du pays, près du Burkina Faso.

« Je viens tenter ma chance », explique Kadri Issia, pioche à l’épaule. Un travail de damné, sous un soleil de plomb, par une température qui oscille entre 28 °C au petit matin et 42 °C dans la journée.Un travail de damné, sous un soleil de plomb…. (Photo : Boureima Hama/AFP)

La rumeur s’appuie au départ sur une vérité : le sous-sol du Niger est riche en minerais. (Photo : Boureima Hama/AFP)

 Gagnés par la fièvre de l’or, des centaines de Nigériens ont déboulé dans le lit d’une rivière asséchée, au sud de Niamey. (Photo : Boureima Hama/AFP)

Malgré les risques d’éboulements, plus d’un millier d’hommes et de femmes, majoritairement jeunes, armés de pioches, de barres à mine, de pelles, s’acharnent sur les flancs de la crevasse longue d’une centaine de mètres, dans l’espoir de tomber sur un filon. On en voit même creuser à mains nues.

Mineurs improvisés

Parfois, cela marche, ou plutôt cela donne l’impression de marcher. « Jai trouvé ! », jubile, soudain, un mineur qui s’empresse de dissimuler un minuscule métal jaunâtre dans la poche de son pantalon. C’est « peut-être de lor », mais cela peut aussi « être de la pyrite de fer », relativisent les géologues. Les mineurs improvisés confondent souvent les deux métaux. Sauf que la pyrite ne vaut strictement rien.

Mais, croyant en leur chance, ils sont toujours plus nombreux à acheminer vers Niamey des dizaines de sacs de gravats à bord de camionnettes. Ali, un adolescent, veille sur les réserves d’eau et surtout de petits sacs remplis de sable que son père a fait remonter d’un trou fraîchement creusé. « Ces sacs contiennent peut-être de l’or. Nous les transporterons à la maison pour un minutieux tamisage », explique le père d’Ali, plein d’espoir.

La mine sauvage s’est étendue à des collines voisines, toujours à cause de rumeurs qui font état de découvertes miraculeuses. Un détachement de policiers a pourtant été envoyé sur place. L’article 2 du Code minier du Niger interdit toute « appropriation privée […] de gîtes naturels de substances minérales ou fossiles contenues dans le sous-sol ou en surface » qui sont « la propriété de l’État ».

Dans un pays classé au 187e rang sur 188 à l’indice 2015 de développement humain de l’Onu, il apparaît impossible pour le gouvernement de chasser les mineurs. Encore moins de briser la rumeur.De bouche à oreille, la rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre. (Photo : Boureima Hama/AFP)

Ils creusent pour faire fortune, sans la moindre preuve qu’un filon existe réellement… (Photo : Boureima Hama/AFP

 

Chacun espère trouver de l’or dans la terre arrachée au sol. (Photo : Boureima Hama/AFP)

 

http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/1006/reader/reader.html#!preferred/1/package/1006/pub/1008/page/5

Envoyer un commentaire