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TERRITOIRES ET ACTIONS

Edouard Philippe, un premier ministre « atome-compatible »

Sciences et avenir-Le 15.05.2017 à 18h10

Nommé ce lundi 15 mai 2017, le Premier ministre Edouard Philippe (Les Républicains) était en 2007 le directeur des affaires publiques d’Areva.

Pour devenir chef du gouvernement en France, au-delà de l’évidente Macron-compatibilité nécessaire depuis qu’hier, dimanche 14 mai 2017, le chef de l’Etat a été officiellement intronisé, force semble d’être également  » atome-compatible « . C’est le cas pour le nouveau premier ministre Edouard Philippe. En 2007, il a rejoint en effet le groupe Areva comme directeur des affaires publiques, après avoir fait un court passage dans le cabinet d’Alain Juppé, qui n’était resté qu’un tout petit mois (18 mai-18 juin) de cette année-là au poste de ministre de l’écologie, du développement et de l’aménagement durable, après l’élection de Nicolas Sarkozy. A ce poste jusqu’en 2010, Edouard Philippe eut à connaître les relations concernant l’exploitation des mines d’uranium au Niger.

Edouard Philippe

Edouard Philippe, le Premier ministre d’Emmanuel Macron.

Francois Mori/AP/SIPA

A l’époque, l’ambiance n’était pas de tout repos. En août 2007, le gouvernement du Niger et Areva avaient en effet renégocié le prix de l’uranium, faisant passer le prix d’achat du kilo de cet élément indispensable au fonctionnement des centrales nucléaires (58 réacteurs en France) « de 27.300 à 40.000 Francs CFA », comme rappelé lors d’un séminaire de l’Institut français des relations internationales (1). Dire que les renégociations avaient été difficiles est un euphémisme : « Le colonel en retraite Gilles Denamur, consultant en sécurité pour l’entreprise et le directeur général d’Areva au Niger, Dominique Pin [avaient été] expulsés du Niger ».

Les problèmes d’Areva, aussi bien financiers que de sûreté, bientôt sur le bureau du Premier ministre Edouard Philippe ?

Deux ans plus tard, notre confrère Charlie (2) ne manquait pas de noter le travail de lobbying que Edouard Philippe menait alors : « […] A l’Assemblée nationale l’industriel soigne ses réseaux d’influence. Au sein de la direction du groupe, un lobbyiste, Edouard Philippe, ‘chargé des relations avec les élus’, suit les parlementaires chargés du Niger »A l’époque, c’étaient des séries d’exaction qui avaient frappé sur la scène internationale, poussant l’ONUà déployer en 2008 une équipe pour faire le point sur les droits de l’Homme dans la région.

Avoir à connaître du nucléaire et des relations internationales à haut risque, qui plus est dans la zone sahélienne, nul doute que ce soit un atout du point de vue du pouvoir. Un grave inconvénient, en revanche, pour tous les opposants au nucléaire, pour qui « l’uranium est largement sous-payé depuis des décennies » et qui n’ont pas manqué d’attaquer frontalement Edouard Philippe dès l’annonce de sa nomination.

Reste à préciser comment il prendra en main la question de la transition énergétique. Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement et soutien d’Emmanuel Macron, rappelait sur France Info, ce lundi 15 mai, que le nouveau président de la République avait répété, pendant sa campagne, être favorable à la fermeture de la centrale de Fessenheim. Sur le bureau du nouveau premier ministre devraient s’inviter très vite le dossier du nucléaire, et les problèmes récents d’Areva, aussi bien financiers que de sûreté (cuves de l’EPR), primordiaux pour le pays.

https://www.sciencesetavenir.fr/politique/edouard-philippe-le-premier-ministre-d-emmanuel-macron-est-atome-compatible_112957

1) Tuareg crises in Niger and Mali ( » Crises touaregs au Niger et au Mali « ), novembre 2007.

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