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SaharaTech, dernières nouvelles du désert solaire

C’est un rêve digne du Petit prince. Transformer le sable chaud du désert du Sahara en silicium pur afin de fabriquer sur place des milliers de panneaux solaires photovoltaïques. Des super-usines de silicium implantées dans la région traiteront ensuite l’énergie clean produite par ces panneaux solaires éparpillées dans cette «immensité nue». Pour la redistribuer d’abord en Europe  puis aux quatre coins du globe via des câbles supraconducteurs à température de fonctionnement d’environ -200°C. Nom de code du projet : Super Apollo ou Sahara Solar Breeder. Un véritable défi scientifique lancé l’an dernier et en cours de recherche. A l’origine de ce projet, un professeur de l’université de Tokyo, Hideomi Koinuma qui y croit dur comme fer, quitte à passer pour un Don Quichotte sino-saharien. Lui rêve de produire depuis le Sahara plus de la moitié de l’énergie mondiale d’ici 2050. Et ainsi bouleverser la géopolitique de l’énergie alors que des études prédisent une pénurie de pétrole pour 2050.

Son projet est scientifiquement réalisable mais ô combien ambitieux et en manque de budget. Pourtant, Koinuma est parvenu à convaincre les agences de recherche et de coopération gouvernementales japonaises de soutenir son projet à hauteur de 5 millions de dollars sur 5 ans. Un grain de sable… Dans plusieurs universités prestigieuses du Japon -un des leaders mondiaux en matière d’énergie renouvelable, des chercheurs travaillent sur ce projet. Le principal défi étant de produire du silicium pur à partir du sable saharien riche en silice. Mais aussi de prouver la faisabilité de l’élaboration de milliers de kilomètres de câbles supraconducteurs pour transporter l’énergie. Dans la fournaise saharienne, ces câbles qui requièrent une température de -200°C seront jalonnés, chaque 100km, d’une station réfrigérante pour maintenir la température nécessaire de ce pipeline innovant.

 

Ce projet n’est pas uniquement japonais. L’Algérie y est étroitement associée. Le ministère algérien de l’Enseignement supérieur et de la recherche y est impliquée financièrement et scientifiquement. Avec l’école nationale supérieure d’informatique de Bab Ezzouar et l’université des sciences d’Oran des chercheurs travaillent sur les technologies solaires en lien avec leurs collègues japonais. Pour l’Algérie soucieuse de préparer l’ère de l’après-pétrole, le projet Super Apollo est le cadre idoine pour devenir  le principal pourvoyeur d’énergie solaire dans la seconde moitié du 21ème siècle. Dans ce pays, les hydrocarbures représentent plus de 40% du PIB et constituent 98% des exportations, selon le FMI. Alors exploiter le potentiel de la lumière du soleil sur une zone aussi vaste que le Sahara qui regorge de silice, la matière première pour fabriquer du silicium puis des panneaux solaires…Un vieux mythe qui prend corps avec les premiers balbutiements de ce projet encore largement expérimental.

Le voisin-rival marocain n’est pas en reste côté soeil. Un autre projet, certes moins ambitieux mais bien plus avancé y est mis en oeuvre. D’origine allemande, Desertec investit 2 milliards d’euros de budget pour installer dés 2012 des panneaux solaires sur une surface de 12 km2 près de Ouarzazate. Objectif de ce premier test : produire 500 Mégawatts d’électricité pour l’exporter en Europe. Ce projet s’étendra ensuite au Moyen-orient et ailleurs en Afrique du Nord. Parmi les investisseurs associés, les Allemands Siemens et la Deutsche Bank mais aussi l’Italien Enel et le Français Saint-Gobain.

Plus artistico-geek, et nettement plus frais, le projet Sun Glacier ou «Glacier du Soleil» conçu par un artiste Hollandais, Ap Verheggen. Il a développé une structure de captation de l’énergie solaire en forme de feuille de 200 m2 pour créer de la glace en utilisant le principe de la condensation. Après le panneau solaire, Welcome au panneau glaciaire!
Un projet un peu dingue dans un Sahara où l’humidité n’est pas la principale caractéristique…Mais pour Verheggen, son oeuvre a une portée symbolique, celle de de l’espoir : «croire en l’impossible», à l’heure du changement climatique et de la crise écologique globale. Avant de mettre en oeuvre son projet dans le Sahara, sa «feuille» a été testée dans un espace de simulation des conditions du désert égyptien par l’Institution de formation de l’eau de l’UNESCO. Dix centimètres de glace ont déjà été produits.

Et pour finir sur les nouvelles du désert high Tech  Solar Sinter l’imprimante solaire 3D. Total freaks. L’artiste Allemand Marcus Kayser associe les sciences et l’art contemporain. Son imprimante 3D fabrique des objets en verre à partir du sable et de la lumière du Sahara. Son projet relève le défi de produire en plein désert pour évoquer le culte de la surabondance en contraste avec la rareté des ressources dans la nudité d’un Sahara.

Markus Kayser – Solar Sinter Project from Markus Kayser on Vimeo.

Markus Kayser – Solar Sinter Project from Markus Kayser on Vimeo.

 

Illustration : Viktor Hertz

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