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TERRITOIRES ET ACTIONS

Le Niger mise sur l’énergie verte pour son indépendance énergétique

Niamey, 27 juillet (ANP) – Le Niger qui affiche l’un des taux  les plus bas de la sous-région et du monde d’accès à l’électricité de 12,22% en 2017 et cela avec  des fortes disparités ville/village mise sur les énergies renouvelables pour son indépendance énergétique, assure-t-on au Ministère nigérien de l’énergie
Dans un entretien à l’ANP,  le Directeur national d’électricité M. Maman Noura Kachekare explique qu’en fin 2015, la situation  se caractérise par une faible consommation d’énergie qui est de 0,15 tep/habitant comparativement aux moyennes  africaine et mondiale qui sont respectivement de 0,66 tep/habitant  et 1,86 tep/habitant.
En dépit de ce tableau, la production nationale d’électricité fournie par la Société nigérienne du Charbon d’Anou Araren (SONICHAR à base du charbon) et la Société nigérienne d’électricité (NIGELEC à partir de combustible diesel) ne couvre pas le besoin national qui est comblé par l’importation d’énergie électrique du Nigeria voisin,  fait observer le Directeur de l’électricité.
En 2017, le  taux d’indépendance est de 29%  avec 364GWh de production nationale contre 1244GWh de consommation nationale,  en 2018, ce taux est de 32 %, la production nationale étant de 442 GWh contre un besoin de  1386 GWh .
Quant au bilan total, il est estimé à 271, 8  Mégawatts disponible (soit 109%) pour  145,8 MW de production nationale (soit 58%) contre 126 Mégawatts d’importation (50,4%), selon les statistiques officielles en fin 2017.
Cette situation traduit un accès limité des populations aux différentes formes d’énergies modernes, le taux est de 68,17% en milieu urbain contre 0,7% en milieu rural,  souligne-t-on.
L’insuffisance de l’offre énergétique se traduit par des délestages fréquents surtout pendant les périodes de fortes chaleur qui s’accompagnent de fortes demandes, note-ton.
En réponse à cette ‘’facture d’obscurité’’,  le Gouvernement mise sur l’extension et le renforcement du réseau en milieu urbain, la diversification de son mix énergétique avec un accent sur le renouvelable et une stratégie d’électrification en milieu rural.
Pour le volet urbain, plusieurs quartiers de la capitale Niamey et les villes régionales sont concernées par un vaste projet d’extension du réseau avec l’appui de la Banque Mondiale, l’Agence française du développement et d’autres partenaires avec un objectif de 100.000 nouveaux branchements sociaux à Niamey.
Concernant le mix énergétique, le projet phare est celui du barrage hydroélectrique de kandadji qui suit son cours au niveau de l’agence d’exécution, les prévisions de démarrage des travaux sont établies pour fin 2018 et la mise en service probable pour 2021, assure-t-on au Ministère de l’énergie.
La première phase du déplacement des populations impactée étant faite,  la société chinoise CGGC (China Gezhouba Group Company International) est à pied d’œuvre pour donner un contenu à ce ‘’rêve  Kandadji’’ vieux de plus …70ans.
L’objectif majeur de ce projet  est la sauvegarde du fleuve Niger ‘’une des stratégies de réponse aux variabilités et aux changements climatiques dans le bassin du fleuve, en ce sens qu’il contribuera à la réduction de la pauvreté grâce à la régénération du milieu naturel, l’amélioration de la sécurité alimentaire et la couverture des besoins en eau et en énergie’’, explique-t-on à l’Agence du Barrage de Kandadji.
A coté de ce grand projet, le Ministère nigérien de l’énergie table sur le solaire, le pays présentant un bon taux d’ensoleillement, l’objectif étant d’accroitre l’indépendance énergétique sur la période 2018-2020, fait valoir le Directeur d’électricité.
Il s’agit  de  la centrale solaire de photovoltaïque de Malbaza (Centre) en cours de construction sur financement indien en 2018, la centrale hybride d’Agadez, Nord pour alimenter les zones rurales non servies (13 MW solaire et 60 MW diesel ) prévue en 2019 avec l’appui de l’Union Européenne, la centrale solaire de Gorou Banda (20MW) dont le financement est en cours d’obtention auprès de l’Agence Française de Développement (AFD).
Il y a aussi  une seconde centrale solaire de 30 MW est en cours  d’étude à Gorou Banda pour desservir la banlieue de la capitale. L’Union Européenne a annoncé la réalisation de la centrale hybride d’Agadez et une  solaire à  Gorou Banda (Périphérie de Niamey) pour une enveloppe de 42 milliards dans le cadre de son plan d’investissement extérieur.
Deux autres sites avec des puissances de 10 à 30 MW, chacun destiné à approvisionner les régions de Maradi  (Centre), Zinder (Est) et Dosso (Ouest)  sont dans le pipe line.
Par ailleurs d’autres centrales solaires sont envisagées  très prochainement en production interdépendance, au tour de Niamey et à l’intérieur du pays en fonction des besoins
Concernant le volet électrification rurale, le Gouvernement nigérien s’appuie sur  l’Agence Nigérienne de Promotion d’Electrification en milieu Rural(ANPER) et du Centre National d’Energie Solaire (CNES).
Il y a en outre  la  loi 2016-15 portant code d’électricité qui a entre autres libéralisé le sous secteur en vue d’un accès durable et peu couteux de la population à l’énergie électrique à travers le développement de l’offre et l’extension des réseaux.
La stratégie d’électrification du Niger prévoit à l’horizon 2035, un accès universel à l’électricité comme suit : 80% des villages seront électrifiés sur réseau Nigelec, 5% des villages par mini réseau isolés alimentés par  le solaire et 15% par Kits Solaire, a détaillé le Directeur National de l’électricité M. Mamane Noura.
L’’objectif 7 de l’agenda 2030 des Objectifs du Développement Durable (ODD)  auquel le Niger a souscrit  consiste à ‘’Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable.’’, rappelle-t-on.
AIO-MTM/CA/MHM/ANP- 00 87Juillet 2018

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