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Rousmane Ag Assilaken: Le retour du Maître sur une «Terre  de Dieu ! »

Rousmane Ag  Assilaken  / Ong  Azhar – Kidal 

   L’histoire de la région de Kidal, communément appelée Adrar des Iforas où vit depuis des siècles  un peuple  d’éleveurs nomades, a connu pendant plusieurs décennies des pressions, des agressions à la fois exogènes et endogènes  à cause de sa position géostratégique et des ses richesses naturelles notamment la qualité des pâturages, des terres salées, du cheptel, les ressources minières supposées etc…

   Les agressions extérieures importantes sont celles liées aux  invasions des Regaybates, des Iouillimidenes, des Kel Aïr, des Kel Ahaggar, des français au 20ès et  les sécheresses cycliques dont celles récentes de 1973 et 1984.

   Les pressions «  endogènes » sont, quant à elles, issues des différentes rébellions qui ont éclaté dans la  région en 1962,1990 et 2012.

  Pendant toutes ces périodes de troubles majeurs où la région n’a pas eu de répit (je ne dis pas qu’elle vit en ce moment un climat paisible), un nombre important d’hommes et d’animaux ont été décimés surtout  lors des  grandes sécheresses. Ce fut en effet, de terribles années de désolation et de famine jamais vécue ayant eu pour conséquences  des  vagues de migrations vers les  pays limitrophes (Algérie, Libye, Niger) où des familles entières d’éleveurs nomades se sont définitivement installées pour faire souche en  laissant à jamais  derrière elles  leur terre et leur mythique  «couleur bleue».  La catastrophe socio économique de 1973, année  dite de la grande coulée, la plus dramatique,  était d’une telle ampleur que certaines presses fatalistes de l’époque avaient même prédit  la fin prochaine  du peuple touareg  qui vit selon  elles sa «dernière grande aventure[1]* ». Mais, malgré  les traumatismes, les blessures et les séquelles des souffrances, des familles nomades ont choisi de rester chez elles  pour affronter les défis conformément  à leur adage selon lequel : « hak achinkad d-akall-net,alloz, affuud ittaf-t amyar-net… »  « On n’est jamais mieux  ailleurs que chez soi quelles que soient les difficultés ».  Les guerres, les sécheresses et la désastreuse gestion politique et administrative que ces populations stoïques  ont endurées ne sont  pas venues à bout de leur volonté  de vivre en harmonie avec elles- mêmes.

Avec la rébellion de 2012, le contexte a beaucoup changé dans la région de Kidal. La rébellion est cette fois- ci  d’une autre nature, car couplée d’une  impressionnante offensive  jihadiste. Tout  le nord du Mali fut occupé par les forces rebelles. La déstabilisation  fut  considérable, tout a été mis sens dessus – dessous. En effet, les administrations publiques, les centres de santé, les mairies, les écoles,  les bibliothèques, les commerces… sont saccagés et le vandalisme était d’une  telle envergure que tout fut emporté  comme un feu dévastateur. Ce fut  véritablement une petite fin du monde aux yeux des habitants de la région.  Les éleveurs, les maraîchers, les commerçants, les agents de l’Etat sont restés désemparés, tout le monde a perdu la boussole. Pris de vertiges, ils ne savaient plus que faire et l’idée  du « partir ailleurs » a gagné les esprits faisant ainsi  de nombreux déplacés en direction, encore une fois de l’Algérie, du Niger, du Burkina Faso et du sud du pays. Là aussi, malgré la tourmente  et  les incertitudes  engendrées par la situation, des familles résolument attachées à leur terroir ont résisté et sont restées  pour vivre  le martyre et poursuivre courageusement leurs activités de survie. Dans  leur âme profonde et à force de côtoyer l’adversité et le revirement récurrent  des situations, ces  familles sont devenues de vrais résistants mais  « damnés » sur leur propre terre. Terre des damnés  qui bascule aujourd’hui  et devient une terre de toutes les envies, de tous les espoirs ; une terre de projets, une terre de tous les possibles et de tous les excès.

  L’occupation de la région par les jihadistes (effrayante et redoutable force militaire) a été une occasion rêvée pour justifier le retour musclé des forces militaires étrangères dans le cadre d’une  stabilisation/occupation du  pays. Pour lutter dit-on contre le terrorisme, ces forces interviennent dans la région, transformée du coup en zone de combats. Les affrontements, à la fois idéologiques et militaires qui s’installent dans le temps, sont si rudes qu’il est difficile d’imaginer à qui reviendra demain le territoire convoité? En tout cas, malheureusement, pas à ses propriétaires originels.

  Ce qu’il faut reconnaitre, c’est le fait que ces forces étrangères sont perçues de plus en plus  par les éleveurs nomades  comme un  danger,  cette fois ci, un danger écologique. En effet, que voit- on sur le terrain ? Sinon une terrible machine de guerre faite  de dizaines de véhicules tout terrain, de tous poids et de  toutes formes, avec leur cortège de bidons  en plastique et de boîtes de conserves  abandonnés ça et là, soulevant de gros  nuages  de poussière et de fumée, défonçant  les sols des oueds et  des plaines, écrasant les maigres pâturages avec  leurs gigantesques pneus provoquant ainsi un immense désastre sur le fragile éco- système.  Aucun espace n’est épargné. Ces formidables machines  passent et repassent et vont et viennent dans tous les sens du sud au nord, d’est en ouest à la recherche d’un ennemi présent mais difficilement saisissable. Et le plus infernal et insupportable pour les populations  et leur cheptel,  c’est l’assourdissant bruit des engins volants qui surgit de nuit comme de jour dans leur ciel naguère très calme. Est bien naïf «l’indigène» qui applaudit ne voyant dans cette démonstration de force qu’une action sécuritaire et philanthropique.

  Dans ce difficile environnement d’insécurité au sein duquel survivent les populations, la mince lueur d’espoir qui clignote, réside dans la présence sur le terrain, d’un autre Acteur sans armes, avec une autre mission et  qui prend tous les risques imaginables pour venir en aide aux populations vulnérables et affectées par la crise. Il s’agit des «Humanitaires » qui circulent et travaillent au quotidien à visage découvert dans la région pour minimiser les effets  des nombreux dégâts collatéraux provoqués par le conflit. Il importe de rappeler également, que même si quelques fois, l’aide des « Humanitaires » tombe entre des mains inéquitables, irresponsables et moins vertueuses, elle demeure pour autant précieuse et nécessaire pour des bénéficiaires souvent « laissés pour compte ». Il faut donc poursuivre cette aide tant que la situation l’impose et la  contrôler sans complaisance pour ne pas nourrir au détriment des populations quelques individus « capteurs des ressources » sans scrupule, sans état d’âme, semblables à des loups toujours aux aguets et toujours insatiables.

  Revenant à cet anéantissement de l’écosystème évoqué plus  haut dont on ne dira pas qu’il est volontairement ourdi, l’objectif étant ailleurs, le sursis  sera-t-il pour combien de temps encore pour les populations de cette région surtout que celles- ci ont le sentiment que ce qu’elles retrouveront  à travers  la présence des forces étrangères ne comblera jamais plus ce qu’elles ont  perdu. Elles se sentent être  l’herbe d’un terrain sur lequel se battent des éléphants.  A parfaitement  bien vu  celui qui  disait que les populations  de ces régions sont  enserrées  entre «  les mâchoires du chacal[2]*» ; et leur destin semble aujourd’hui plus que  scellé  parce que  simplement  prises  dans une sorte de toile d’araignée dont elles ne détiennent aucune des  ficelles.  Adieu l’air pur et la liberté de mouvement sur le grandes étendues, adieu les paisibles randonnées touristiques, adieu l’élevage extensif  sur les grands espaces et les beaux et tranquilles pâturages, adieu les réjouissances culturelles, adieu les festivals, adieu…à d’autres choses !

 Cependant, en pareille situation certains esprits  pourront  toujours rétorquer que l’on ne peut jamais « faire des omelettes sans casser des œufs ». Ceci  est certes vrai, mais après, qui seront les véritables dégustateurs de ces omelettes ?  Ce qui est sûr, ce ne seront pas les éleveurs nomades qui ne sentiront  en réalité que l’odeur sulfureuse  de la fameuse recette si jamais ils sont toujours en vie jusqu’à sa cuisson.

Aussi, l’observateur averti  comprendra  aisément que tout cela est mis en œuvre  pourvu que les « encombrants jihadistes, manipulateurs des consciences, destructeurs et profanateurs des sépultures et des biens culturels, terroristes et poseurs de mines, » soient anéantis sur cette terre qu’ils considèrent malicieusement comme une « Terre de Dieu» et peu importent, pour les forces étrangères qui les combattent, les dégâts collatéraux. Une  «  terre de Dieu » synonyme donc  de no man’s land où tout est permis. Et  pourtant nous ne cesserons jamais de rappeler que  cette « Terre de Dieu » a ses  fils autochtones de la première heure. Même si certains les qualifient cyniquement et avec mépris  d’indigènes, ils ont fondé sur cette terre  une civilisation millénaire riche et bien connue à travers  le monde. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter ne serait ce qu’un furtif regard sur ses fabuleuses  gravures rupestres et on est édifié et même émerveillé. Egalement, qui  peut  dire que le Nevada, l’Alaska, la Sibérie, le désert Taklamakan et  du Kalahari pour ne citer que ceux-ci, parce que peu peuplés et  inhospitaliers par endroits  ne sont que des  no man’s land, si ce n’est celui qui entretient des agendas   inavoués ? En vérité, à cause des richesses minières de cette soit disant  « Terre de Dieu »  convoitées de toute part, cette invasion par les jihadistes ne constitue-t-elle pas une opportunité sans pareille pour  ouvrir la voie  à toutes sortes d’occupations et  de spoliations à la fois territoriale, économique et même culturelle ?   Vous n’excuserez  mais je prie  que Dieu fasse que ces  ressources  minières  sataniques  encore cachées dans le sous sol  ne sortent jamais de leur enfouissement si cela contribue à  préserver la  stabilité et  la sérénité  des populations locales aujourd’hui devenues  des sans voix . Oui, n’en déplaise  à tous ces cupides, tous ces  aventuriers qui détruisent les civilisations et les cadres de vie des Autres et  qui écument les régions du monde à la  recherche des trésors,  du pétrole, d’uranium, d’or, de terres rares…!

Enfin, au rythme où vont les choses dans cette région,  ne doit-on pas se demander : demain, que restera t-il vraiment de l’espace  des pauvres éleveurs nomades une fois que l’exploitation de ces richesses maléfiques venait à commencer ? Ne verrait-on pas un peuple déjà fragilisé par les sécheresses et les conflits  complètement asphyxié et véritablement engagé malgré lui dans sa dernière aventure ?   On voit malheureusement  ce triste destin  dans  d’autres régions et  dans d’autres pays du monde comme certains pays de l’Afrique centrale malades de leurs richesses minières.

Rousmane Ag  Assilaken  / Ong  Azhar – Kidal  / Email: ongazhar2008@gmail.comrousmane

Tél: 60777977 / 70346212

Avril 2016

[1] *Gersi Douchan : La dernière grande aventure des Touaregs , Ed. Robert Laffont ; 1972.

[2] Baryin Gael : Dans les mâchoires du chacal ;mes amis touaregs en guerre au nord Mali ; édit. Le Passager Clandestin ; 2013.

22 commentaires pour Rousmane Ag Assilaken: Le retour du Maître sur une «Terre  de Dieu ! »

  • Mohamed AG Iknad

    Je connais bien l’auteur de cet article qui est un fervent défenseur du monde rural. L’article que je trouve très intéressant pour la profondeur de l’analyse et la maitrise de la problématique actuelle de la région de Kidal.
    En tant que travailleur d’une Organisation Humanitaire, je trouve la partie sur les Humanitaires parfaitement révélatrice de la réalité sur le terrain.
    Nous trouvons très utiles les réflexions de ce genre qui pourront aider à une plus grande maitrise des enjeux.

  • Gervais Coppé

    Voici enfin une approche globalisante de la tragédie qui a embrasé le nord Mali, et dont on ne voit pas encore l’issue et le règlement.
    Rousmane ag Assilaken ne se comporte pas en porte-parole étriqué, dogmatique et hypocrite d’un sous-groupe ethnique ou d’une chapelle politique…il prend la parole au nom des Humains et de leur Terre qu’ils ont façonnée depuis des siècles. Sa voix n’est pas celle des narco-trafiquants et autres ambitieux impliqués dans les intrigues politiques.
    Voici l’appel ultime, bien argumenté car fondé sur la vérité, pour la sauvegarde d’un peuple dans sa dimension culturelle et dans son environnement. Ce qui n’est pas le discours habituel des apprentis-sorciers de la lutte armée.
    Rousmane est un homme modeste, mais un sage. Il a su quitter le confort d’une vie de fonctionnaire (prof de philo) pour revenir il y a près de quinze ans s’installer auprès des siens dans la bourgade de Tessalit, en animant une association autogérée de jardiniers (Assador) dans le cadre, à moyen terme, de la mise en place d’une économie d’oasis.
    Notre ami Rousmane a bien raison de dénoncer et de stigmatiser le cataclysme provoqué sur sa Terre par les incursions des bandes armées étrangères comme indigènes. Mais…de quel paradis aurait accouché l’insurrection de 2012, si elle n’avait pas été endiguée ?

  • Mohamed Ag Erless

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article du Grand frère « Larous », comme j’aime l’appeler affectueusement. Incontestablement c’est la réflexion d’un homme qui connait parfaitement son terroir, l’histoire et la vie de ses hommes. Son analyse montre, je suis tout à fait d’accord, que les vrais propriétaire de cette « terre » se verront impitoyablement expropriés un jour et laisser la place à des nouveaux occupants.Les nomades ‘vrais gandakoye de l’Adagh’voient venir puissamment ce jour semblable à un fin du monde.
    Je termine en disant simplement que cet article qui est une ouverture sur un aspect de notre histoire, un aspect de l’actualité, mérite de faire l’objet d’une large diffusion via les réseaux sociaux.
    Tous mes compliments.

  • torda

    Parmi les désastres auxquels la population a fait face l’auteur a oublier les crimes de Dibi plus de 500 personnes et des milliers d’animaux. C’est très important de le mentionner, car pour chaque personne détruite, c’est une famille de plus de 5 personnes qui est détruite avec, parfois un campement entier quand il s’agit d’un notable important.

  • Titta Ag Backrene

    Votre analyse Mr le Prof de philo que nous avons tous connu ,aimé et jugé très modeste dans tout ce qu’il fait ou dit est sans commentaire. Vous avez bien fait d’alerter l’opinion sur votre vision qui est juste et ne tardera pas à faire ses effets. Seulement voilà que tout ce sur quoi vous attirez l’attention
    et qui vous concerne vous aussi n’aura pas la chance de tomber à l’endroit idéal car les acteurs en présence sont chacun obnibulé par le profit attendu
    de son action destructrice pourvu qu’il se fasse seul la poche ou recolonise les indigènes dont il est question. Après tout, ce sont les ressources qui font le bonheur ici ou ailleurs. Les forces en présences sont les seuls maîtres de la scène. Chacune veut aller jusqu’au bout de ses efforts sans regarder les souffrances de ces populations nomades qui ont perdu espoir d’émergence dans le système d’État nation. Tout ce qu’on n’a pas encore vu, doit certainement valoir mieux que ce que nous avons déjà vu et qui n’a rien apporté. Quand l’espoir s’évanouit, toute aventure peut être jugée favorable. La nature nous a comblé de richesses mais a oublié ou retenu la meilleure: Celle portée par l’éducation. En changeant de cap de manière résolue, nous serons sûrs d’avoir amorcé enfin la bonne voie.
    Les plastiques et autres débris polluants dont vous parlez constituent pour le nomade un plus qui enrichit sa vaisselle qu’il ne peut renouveler à la date voulue.Cela fera bien sûr marer le pygmée qui a évolué. Allons vers l’éducation et l’on saura faire la part des choses. En y allant, nous trouverons nous-mêmes ce qui convient pour chacune des catégories citées plus haut: les colonisateurs,les djihadistes, les détourneurs de conscience etc.
    Quant à l’aide fournie par les humanitaires mais qui faufile dans d’autres tunnels mafieux, je ne suis pas philosophe mais fonde un espoir vers Dieu qui rendra justice le jour »J » même si les de tourneurs sont encore sourds et aveugles. L’amour pour les biens terrestres prendra sa part du temps de l’audience. Le peuple nomade est noble par son endurance. Le temps l’a démontre et l’hostilité de la nature aussi.Le moment est donc venu d’arrêter de le spolier, le déchiqueter ou le mettre au rebut. Que les consciences se réveillent pour lui épargner ce sort que nulle espèce mérite. Seulement, lorsque ton propre frère est le premier à te détruire, que vas-tu attendre des autres.  » Atwanna, agnak erhan ad kay ifou, war kay iniffou »

  • Zeidan Ag Sidalamine

    Le cri et l’écrit de mon Professeur de Philosophie Ousmane Ag Assilakane constituent l’alerte pour une plus grande prise de conscience des populations autochtones face aux nouvelles menaces à la fois écologiques, religieuses, socio-économiques , securitaires et civilisationnelles.

    L’Adagh des origines de l’Humanité(Homme d’Asselar / Aslagh)vit son  » dernier crépuscule des temps anciens  » pour paraphraser l’historien burkinabè Nazi BONI, tragiquement couché sur  » la natte des Autres  » dans une chaotique  » aventure ambiguë » du moins « Rallye du ralliement – conversion  » sur une Terre de Dieu ,d’abord mais de « convergences identitaires » métissées dans le sang,ensuite.
    L’Adagh à l’instar d’Essouk renaîtra toujours de ses ruines à travers l’appropriation de sa richesse archéologique inscrite sur ses rochers et son patrimoine ethnoculturel que les intempéries du désert n’ont jamais balayé ou altéré. La renaissance et la refondation de l’Adagh du moins des Touareg passeront sans appel par le retour de l’Ecole et à l’Ecole de la République au sein de laquelle la Foi rimera avec la Loi.
    Zeidan AG SIDALAMINE, Ancien élève de M. Ousmane AG ASSILAKANE

  • Mohamed AG HAMATY

    Si Assouk est la nécropole archéologique, encore visible, de Tadamakat (la confédération des Touaregs du 11ième au 15ième siècle), je pose la question à Zeidan AG SIDALAMINE, Ancien élève de M. Ousmane AG ASSILAKANE, de savoir « quel serait le « patrimoine archéologique » de l’Adagh des rebelles touareg kel Adagh qui massacrent le « Caillou » depuis les années 1990?

    Amicalement,

    Mohamed AG HAMATY

  • Zeidan Ag Sidalamine

    Doyen Mohamed AG HAMATY, cher cousin
    La résistance à la colonisation française ( Fihroun – Chaboun – Ingonna – Alla ) ainsi que les différentes rébellions au Mali des années 1960 à 2012 ne portent pas exclusivement l’ADN de « l’Homo Adaghus « . Néanmoins un certain leadership politico-militaire a été toujours assumé par des responsables Ifoghas en raison de l’atout territorial que représente le relief montagneux et escarpé de l’Adagh ( abri naturel , eau, ravitaillement , enclavement et éloignement des pôles nationaux de décision ). Depuis plus de cinquante années les cailloux et les oueds de l’Adagh portent le deuil d’une Histoire partagée dans l’hémorragie des déchirures sociales et l’harmattan des fractures identitaires. Les cailloux de l’Adagh saignent et ses oueds pleurent : AHUNCHAR N TAHUNT .TAHALA N IJILMAMAN.
    Cultivons le Savoir et partageons la Tolérance.
    Zeidan AG SIDALAMINE

  • Mohamed AG HAMATY

    Dixit Zeidan AG SIDALAMINE « Les cailloux de l’Adagh saignent et ses oueds pleurent : AHUNCHAR N TAHUNT .TAHALA N IJILMAMAN » que je traduits en Tamacheqh facile par « le saignement du nez du caillou entraîne forcement les pleurs des rivages », une formule imagée qui signifie que « si l’oued coule, ses rivages seront mouillés »; ce qui est naturel.

    Message reçu 5/5 par lequel Zeidan AG SIDALAMINE veut me rétorquer que si « l’Adagh éternue, l’Attaram (chez moi) s’enrhumera, derechef », ce que je traduis par « si les kel Adagh ont amené la Catastrophe/Almaçibat/Alfintnat chez eux, c’est normal qu’ils contaminent, comme des porteurs du virus Ebola, les autres régions habitées par des touaregs »; c’est un peu court comme réponse à ma question de la part d’un éminent intellectuel touareg qui biaise en concluant « Cultivons le Savoir et partageons la Tolérance », ce dont je suis d’accord concernant le partage du savoir mais pas d’accord pour la tolérance des actes de ceux ont amené la Catastrophe/Almaçibat/Alfintnat chez eux et chez les autres.

    Sincèrement,

    Mohamed AG HAMATY

  • Gervais Coppé

    Même si Kidal et l’Adar peuvent apparaître à certains comme le « sanctuaire » actuel de l’irrédentisme touareg, il serait honnête de ne pas oublier le rôle pionnier de Kaocen dans l’Aïr, puis de Matafa, chef des Tiggirmat, qui s’opposa à l’emprise de l’école coloniale, et perdit ainsi l’ettobol (l’aménokalat) des Kel Dinnik.
    La tragique différence avec ce qui s’est passé il y a près d’un siècle, c’est que la récente catastrophe risque de provoquer la dislocation et l’affaiblissement de l’entité touarègue.

  • Ibrahim Ag Ahmed-Mossa - Gao

    Je viens de lire sur TAMOUDRE l’article de Mr Rousmane Ag Assilaken « Le retour du Maitre sur une Terre de Dieu ». Il y a fait une analyse parfaitement juste sur ce qui se passe depuis un certain temps dans la région de Kidal mais aussi dans les régions de Gao et Tombouctou. La guerre contre les terroristes en plus des dégats écologiques dont il parle est entrain de faire des dégats humains.En effet, dans cette guerre entre terroristes et forces étrangères, beaucoup de personnes supposées innocentes perdent la vie chaque jour. Et la situation risque de s’aggraver pour évoluer dans le sens d’une grave atteinte des « droits de l’homme » si jamais cette sale guerre ne s’arrete pas vite, ce qui n’est pas évident.

  • Issouf Koné

    Monsieur cher Rousmane bonjour !
    Après lecture de ton numéro intitulé : le retour du maître sur une <> ; je n’ai pas la prétention de le critiquer ou d’amender, plutôt donner ma compréhension à certains endroit.
    Cette réaction profonde et réfléchi vient du fond d’un cœur profondément engagé pour la lutte contre toutes formes d’injustice. Il s’agit bien de Mr Rousmane.
    Maintenant revenons au texte :
    1. Le maître du titre est supposé être ce colonisateur qui arrive en puissance avec l’intention de s’installer.
    2. <>, qui est synonyme des terres des premiers occupants.
    3. Les agressions externes concernent elles exclusivement les hommes bleus ou par extension les nomades ?
    4. Agressions endogènes supposent un Mali indépendant dans son ensemble et sa diversité. Comment justifier ces agressions ? Est-ce seulement les richesses dans la zone ou plutôt la désastreuse gestion politique et administrative ?
    5. À partir de 2012 cette terre de Dieu est devenue une terre tous les possibles et de tous les excès, changeant du coup les acteurs, les revendications et même les objectifs. C’est n’est plus uniquement les habitants naturels qui souffrent, mais plutôt tout le Mali qui subit les agressions de tout genre.
    Cette situation volontairement créée a favorisée l’introduction des occidentaux dans la crise, qui sont devenus par la suite les maîtres décideurs.<>.
    6. Contrairement à l’inquiétude de l’auteur par rapport l’héritage qui restera après le passage du maître, je pense et je ne doute pas que le grand et bon Dieu sera encore là avec ce peuple qui y restera, et trouvera les ressources nécessaires pour leur survis.

    C’était là, quelques réactions sur votre contribution dans la crise du Mali qui a fait de L’ADRAR d’une terre paisible, une terre de combat international, qui dépasse aujourd’hui la compétence de tous les spécialistes.

  • Alhassoumi Ag Agali

    Sur Tamoudré je viens de lire l’article « Le retour du Maître sur une Terre de Dieu » de Mr Rousmane Ag Assilaken.Je suis tout à fait d’accord avec son analyse dénonçant le « désastre écologique » provoqué par le conflit armé entre Terroriste et forces militaires étrangères. A ce désastre, il faut ajouter le désastre humain provoqué par les mines, les cartouches, les explosifs abandonnés et qui tuent malheureusement chaque jour plus d’une personne: élements des forces militaires,voyageurs,éleveurs nomades,enfants… Voilà, à mon avis une situation également inquiétante qui doit être considérée dans ce conflit et j’en appelle à tous pour que cette obscure guerre prenne rapidement fin.

  • Aboudourahmane Sidi

    La lecture de l’article: « Le retour du Maître sur une Terre de Dieu » m’a donnée une connaissance renforcée sur beaucoup de choses que je connaissais de façon sommaire sur la vie tourmentée des touaregs de Kidal. Comme l’a fait remarquer l’auteur, ces touaregs perdent à une vitesse inquiétante non seulement leur stratégie de survie(le nomadisme), mais aussi leur identité culturelle parce qu’attaqués sur tous les fronts hier comme aujourd’hui.Mon inquiétude porte par conséquent tout comme l’auteur sur leur devenir. Et de me poser la question à savoir d’où puiseront-ils enfin l’ultime force salvatrice et le genie qui leur éviteront d’être phagocités par les autres cultures et civilsations chaque jour envahissantes?

  • Dicko Idrissa

    je proposerais simplement à la lumière de tous éminence grise d’être simplement une province de la grande sœur. Elle nous garantira la sécurité, l’éducation comme nous sommes incapables de nous mettre d’accord pour vivre ensemble

  • Abdoulaye Mohomodou

    C’est la réalité de tout le sahel que Rousmane notre Papa vous venez de résumée au seul cas de Kidal.les mensonges étalés( le problème touareg,la pauvreté,le trafic tout genre…) n’ont donné que de prétexte pour l’invasion du Mali par toutes sortes de force fomentée par la France.
    Que pouvons nous faire pour le retour de la paix? Dans un Pays où le mensonge le népotisme,le gain facile,le banditisme…sont devenus des vertus.
    j’interpelle les sages de se Payes comme vous ROUSMANE pour réveiller les consciences afin de stopper cette colonisation découverte sous l’œil coupable de la honte communauté internationale.

  • Segdi Ag Rhally

    No Comment pour cet article du PROF.
    Ou sont ces dizaines d’autres cadres comme lui, pour s’organiser, pour dénoncer s’unir pour combattre le FER par le verbe, pour que triomphe la vérité. Les guerres que nous vivons ne sont pas les nôtres puisque nous en sommes les victimes. Au détriment de notre identité, nous assistons aujourd’hui à trois conflits, un conflit de générations, un conflit de culture (Arabophone, Francophone) en oubliant que nous sommes une seule et même personne « TOUAREG » partageant la même langue et le même espace.
    Et le troisième et de loin le plus meurtrier, c’est cette guerre que nous nous nous livrons, ou nous sommes acteurs et victimes mais pour quel idéal. Pour faire plaisir à tel ou tel allié il faut tuer son frère et détruire son environnement. Ce qui pense que nous sommes loin de l’Afghanistan se trompe, nous sommes dans l’Adraristan, pour spolier les richesses de nos sous-sols, nous diviser et pour ensuite construire leurs usines sur nos cadavres, ils sont prêts à tout, ces prédateurs. Avec la crise économique en Europe, ils arment les uns contre les autres à cout de Milliards. Dans cet ADRARISTAN tourmenté, aux horizons jadis illimités ou chaque colline, chaque buisson peut réserver aujourd’hui une surprise mortelle pour ces éleveurs qui ne demandent qu’à vivre en paix.
    La sagesse du PROF m’amène à me poser des questions.
    1. Sommes-nous aveugles pour ne pas comprendre ce qui se passe ?
    2. Notre complicité dans la destruction de notre écosystème en sommes-nous conscients ?
    3. Combien et pourquoi tant de Millions dépensés chaque jour par ces colons, pour entretenir cette guerre , est-ce pour les beaux yeux de hommes bleus?
    4. Combien de Millions avons dépensés nous-mêmes touareg, pour éradiquer notre espèce ?
    5. A Kidal malheureusement seuls deux secteurs travaillent, le CCRF et le cimetière quand pourront nous arrêter ce bain de sang ?
    6. Ou sont nos amis français et autres européens soucieux du devenir des minorités pour sauver ce qui peut l’être dans notre Kurdistan Touareg ?

  • Haiballa Mohamed

    Dans son article « Le Retour du Maître sur une Terre de Dieu », l’auteur a présenté cette « Terre de Dieu » de la Région de Kidal comme une terre ayant connu dans son histoire de nombreuses « pressions » et que ses populations sont des martyres.
    Eh bien! cher frère, cette terre est dans un autre tournant de son histoire, un autre drame pire que tout car ses populations sont depuis des mois dans un conflit tribal des plus meurtriers -conflit Imrad/Iforas- ainsi que le désignent beaucoup de gens.Cette situation est inquiétante du fait que le mal soit inter tribal. Dans ce conflit fratricide, il n’y aura malheureusement pas de vainqueurs, tous seront morts et s’il y a des survivants se seront quelques veuves et orphélins qui seront peut être eux aussi emportés par le cycle infernal et continu de la violence et de la vendeta. En attendant,les forces étrangères, gardiennes de la paix et de la sécurité regardent sans sourcier le douloureux spectacle de l’autodestruction comme des rapaces qui attendent recupérer les restes d’une charogne.
    Le drame donc qui se profile à l’horizon est celui d’un Kidal sans populations à la merci d’autres conquérants venus d’ailleurs et qui vont prospérer sur les ruines et les tombes des frères belligérants devenus des fauves.
    Qui peut donc arrêter aujourd’hui ce conflit dramatique?Les belligérants eux mêmes ou d’autres forces extérieurs? Il y a vraiment urgence pour sauver ce qui peut l’être.Tous les defenseurs de la vie humaine sont vivement interpellés où qu’ils soient

  • Chabadj Ag Atayoub

    Parmi les pressions « endogènes dont a souffert la région de Kidal et qui ont été bien identifiées par Mr Rousmane dans son article « Le retour du Maître sur une Terre de Dieu »; il y a une autre pression non moins dévastatrice, l’actuel conflit fratricide Imrads/Iforas. Déjà, très sous peuplée, cette région risquerait de se dépeupler totalement avec la mort quotidienne de ses populations qui se livrent, on va dire à « une guerre paiênne ». Vous comprenez facilement qu’on est vraiment loin de l’islam prôné tous les jours sous les tentes et qui est distillé dans les oreilles des nomades. Ce qui est inquiétant donc,c’est de voir la région complètement vidée de ses populations qui iront ailleurs à la recherche de la paix dans d’autres horizons plus calmes, laissant Kidal sous la pression des narco-islamo-terroristes qui eux-mêmes sont entrain heureusement de transpirer sous le poids de « l’épée de Dmoclès » de Barkhane. En réalité, cette redoutable épée n’est plus brandie;elle a déjà commencé à décapiter les monstres qui terrorisent les populations de tout le Sahel.

  • Chabadj Ag Atayoub

    Une autre inquiétude pour compléter celles évoquées par Mr Rousmane dans son article, je voudrais ajouté celle liée aux déchets toxiques enterrés selon plusieurs personnes dans la région de Tessalit. Si cela s’avère juste,la France contribue à la destruction de notre environnement déjà suffisamment détérioré par la guerre comme l’a bien souligné l’auteur de l’artcle « …Terre de Dieu ». A vous tous, je demande: au près de qui devront nous nous plaindre?

  • Le Vieux de la Vieille Garde Saharienne

    Tu as raison de dire cela dans le cadre du plaidoyer écologique pour protéger le Sahara malien contre les déchets radioactifs de leurs centrales nucléaires que les français enterrent dans la zone de Tessalit après leurs essais de la bombe atomique dans le Sahara algérien dans les années 1960 qui ont rendus malades des touaregs algériens de la zone polluée.

    Il faut alerter Grennpeace international et autres organisations qui luttent contre les pollutions de toutes sortes .

  • KEITA Mohamed

    Monsieur Rousmane vous avez parfaitement bien compris l’enjeu dans « Le retour du Maître sur une Terre de Dieu ».En effet,en voyant l’interêt que les grandes puissances (français tête de file, neerlandais, allemands, américains,russes, canadiens)accordent aujourd’hui au pauvre Mali qui ne sait plus à quel saint se vouer à cause de la pression des terroristes et des rebellions indépendantistes,on est convaincu qu’il n’y a qu’une convoitise et une volonté de main mise sur QUELQUE CHOSE. On peut à juste titre se demander pourquoi ce brusque regain d’interêt? Et pourquoi c’est aujourd’hui pas hier? Là aussi il y a une autre énigme sur laquelle il n’est pas difficile de lever le voile.

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