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TERRITOIRES ET ACTIONS

La sécheresse est bel et bien source d’émeutes

Pour la première fois, une étude établit un lien statistique entre les conditions météorologiques et les troubles sociaux en Afrique. De quoi espérer un jour, mieux anticiper les conflits.

Guerre en Syrie, au Soudan, Printemps arabe…. le lien entre sécheresse et troubles politiques avait déjà été fait par des analystes. Mais jusqu’ici, ce constat était uniquement empirique. Pour la première fois, une étude vient d’établir un lien statistique fort entre données météorologiques et conflits sociaux.

Une équipe, dirigée par le chercheur français Jeremy Lucchetti, de l’Université de Genève, a eu l’idée de croiser la base de données SCAD (qui recense avec précision la date et la localisation de 1800 troubles sociaux en Afrique), avec un indice de sécheresse mensuel, le SPEI (qui fait la différence entre les précipitations et l’évaporation sur des carrés de 50 km de côté).

Sécheresse

 

Un mois de sécheresse augmente de 10% la probabilité d’émeute

Le résultat est remarquablement net : un mois de sécheresse suffit à augmenter de 10% la probabilité d’émeute. Si l’on ajoute certains facteurs aggravants comme la densité de la population, l’absence de réserve d’eau (lac ou fleuve), et la coexistence d’ethnies, la probabilité s’accroît de 50%. Et dans les régions les plus agricoles, la probabilité est carrément… triplée (+ 300%).

Mieux identifier les périodes et les zones à risque

« Le fait d’utiliser des bases de données que l’on puisse soumettre à des tests statistiques nous a été utile pour convaincre l’ONU, plutôt sceptique au départ, de la véracité de ce lien, commente Jérémy Lucchetti. Cette recherche a une utilité pratique – elle permet d’identifier des périodes et des zones à risque, et donc des priorités d’action. »

Ces travaux mêlant météorologie et sciences sociales ouvrent de nombreuses pistes de recherches complémentaires. Par exemple, ils pourraient révéler quelles pratiques ou réponses permettent d’éviter des troubles en dépit de mauvais indicateurs de sécheresse.

Les chercheurs, qui ont d’abord testé leur démarche sur l’Afrique subsaharienne, parce que c’est une région agricole dotée de structures étatiques fragiles, veulent désormais voir dans quelle mesure cette corrélation tient dans des régions plus développées. Ils démarrent une étude en Inde, où les structures sociales sont plus contrastées.

https://www.science-et-vie.com/nature-et-enviro/la-secheresse-est-bel-et-bien-source-d-emeutes-9640

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