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Interview : Colonel Abou Tarka, Haut-Commandant à la Consolidation de la Paix (HACP), Niger

“La HACP mobilisera l’ensemble des énergies pour créer les conditions d’un véritable relèvement des zones affectées par les conflits armés et les menaces de tout genre”.

Bonjour Mon Colonel, pouvez-vous nous présenter la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix ?

La Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP) est une institution qui a vu le jour suite au Décret N° 2011-217/PRN du 26 juillet 2011, portant organisation des services de la Présidence de la République et fixant les attributions de leurs responsables, modifié par le décret 2011-361 du 24 août 2011 et le décret 2011-481/PRN du 04 octobre 2011 déterminant les attributions du Président de la Haute Autorité à la consolidation de la Paix et portant organisation et fonctionnement de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix. C’est donc un service rattaché de la Présidence de la République dont la mission principale est la restauration et la consolidation de la Paix sur l’ensemble du territoire.

La HACP remplace la Haute Autorité à la Restauration de a Démocratie et à la Consolidation de la paix (HARNCD), qui elle-même avait remplacé le Haut Commissariat à la Restauration de la Paix (HCRP) crée en 1994.  Au début, l’institution s’occupait du dialogue, de la médiation, de la négociation et de la signature et de la mise en œuvre des accords de paix successifs ainsi que des différentes mesures et actions prises par les gouvernements pour le suivi de ces accords. Elle a donc assuré le suivi de l’application de ces accords de paix en supervisant toutes les opérations d’insertion dans les administrations publiques, dans les sociétés d’Etat y compris au sein des Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Au cours de la transition militaire conduite par le Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD), l’institution avait changé de dénomination et a eu une mission beaucoup plus générale pour tenir compte des exigences du moment qui était de rétablir la démocratie.  L’ambition de la nouvelle Haute Autorité à la Consolidation de la Paix est  plus modeste et en même temps plus complexe. Les nouvelles autorités conscient du fait que la paix a besoin de fondations économiques solides ont préféré le terme de consolidation de la paix pour montrer, un, que la paix est acquise et, deux, qu’il faut la consolider en s’attaquant à ce qui la détermine en dernière analyse, c’est-à-dire l’économique.  La HACP fera exactement cela, en privilégiant l’urgence et le cours terme en complémentarité avec les autres institutions de l’Etat dont les actions s’inscrivent davantage dans le moyen et long terme.

Dans quel cadre s’inscrit alors votre mission dans la région d’Agadez ?

Il est connu de tous qu’après un conflit, il faut prendre en charge le retour à la paix à travers  la reconstruction et le développement des zones concernées. Cela se fait à travers des programmes et projets de développement, d’insertion et de réinsertion socioéconomique mis en place par les pouvoirs publics avec l’appui des partenaires au développement. La reconstruction dans des pays affectés par des rebellions et conflits armés nécessite une attention soutenue et ciblée touchant particulièrement les couches les plus vulnérables que sont les jeunes, les femmes et surtout les enfants et la vielle génération parmi les ex combattants et autres groupes constituant une menace à la paix et au développement susceptibles d’être tentés par la reprise des armes ou tout simplement par le banditisme. Si nous sommes aujourd’hui dans la région d’Agadez, c’est pour justement répondre à ces situations préoccupantes auxquelles le Président de   toute particulière. Il m’a donc instruit de tout mettre en œuvre dans l’immédiat pour prendre en charge les menaces présentes et les différents groupes (ex-combattants et retournés) afin de minimiser les effets que la crise en Libye peut avoir sur la quiétude sociale.  Il m’a demandé d’engager sans délai des actions prioritaires d’urgence dans toutes les onze (11) communes du centre des départements d’Arlit et de Tchirozérine ainsi que dans les quatre (4) communes du département de Bilma en faveur des retournés et des ex-combattants à travers des projets porteurs. Ces actions concerneront au finish plus de 81 communes reparties sur l’ensemble du territoire.

En quoi se définissent ces actions d’urgence ?

Dans toutes les communes que j’ai visitées, j’ai informé les populations et les élus de la mise à leur disposition immédiatement par le Président de la République d’un appui financier d’un montant de dix (10.000.000) de francs CFA par commune. Cette somme est immédiatement « encaissable » dès la présentation d’un ou des microprojet (s) d’urgence en faveur des jeunes et des femmes parmi les ex-combattants et les retournés de la Libye ou de la Côte d’Ivoire. Cette action d’urgence, sera suivie par d’autres interventions beaucoup plus consistantes et pérennes. Au-delà des communes de la région d’Agadez, c’est un total de quarante (40) communes qui a été identifié pour mener les actions prioritaires d’urgence du Président de la République pour un coût estimé à quatre cent millions de francs CFA. Plusieurs autres équipes de la HACP parcourent le Niger pour mettre en place les actions d’urgence. Durant le reste de l’année et tout au long de l’année 2012 nous continuerons nos appuis en faveur des populations afin qu’elles puissent faire face aux nouveaux défis nés de la crise libyenne et des autres menaces existantes. Les pouvoirs publics sont très sensibles à la détresse de tous les retournés et à la situation des excombattants et va s’engager comme je l’ai déjà dit à les appuyer partout où ils seront dans notre pays. Après la région d’Agadez, j’irai dans la région de Tahoua où nous avons identifié neuf (9) communes des départements d’Abalak et de Tchintabaraden concernées dans cette première phase d’urgence et la commune de Soukoukoutan dans la région de Dosso.  Les actions d’urgence seront des microprojets en faveur des jeunes et des femmes sous la forme de petits projets d’activités génératrices de revenus, d’achats de matériels agricoles ou d’élevage, des travaux à haute intensité de main d’œuvre, des activités de cach dans le cadre de la récupération des armes.

Au titre des missions spécifiques de votre institution, dites-nous quels sont vos projets ?

Merci de me poser cette question. Nous avons pour l’année 2012 de grandes ambitions en faveur des zones touchées par les conflits armés et sous menaces multiformes dans le cadre de la prévention des conflits et de la gestion des crises. Il s’agit d’actions propres à la HACP et d’actions financées par le gouvernement et des partenaires comme le PNUD et l’Union Européenne. Certains de ces programmes seront lancés si tout va bien au cours du mois de janvier 2012 où au plus tard au cours du premier trimestre de l’année. D’ailleurs pour rappel, nous menons présentement dans huit (8) communes (Dabaga, Aderbissinat, Abalak, Kaou, N’Guigmi, N’Gourti, Tondikiwindi et Anzourou)  des régions d’Agadez, de Diffa, de Tahoua et de Tillabéri un programme prioritaire de prévention et de gestion des crises. Ce sont les activités de ce programme pilote que vous me voyer lancer dans les communes rurales de Dabaga et d’Aderbissinat. La HACP au cours de l’année 2012 continuera à être appuyée par plusieurs partenaires qui sont très conscients de la situation très critique du pays et particulièrement de la zone Nord à travers divers et multiples projets et programmes de développement socioéconomique (réinsertion, constructions et réhabilitation de classes, de centres de soin et hôpitaux, de routes et pistes rurales, appui à l’élevage et à l’agriculture, activités génératrices de revenus, etc.). Des actions qui concerneront tous les secteurs d’activités et tous les ministères.  Notre conviction affirmée et défendue auprès des partenaires est que la paix et la sécurité ne deviendront réalité concrète au Niger tant qu’un lien entre paix et développement n’est pas posé au niveau de l’ensemble des zones du pays affectées par les crises et conflits ainsi que les menaces multiples. Déjà le gouvernement a adopté en conseil des ministres le vaste programme de développement de la zone sahélo saharienne. L’Union européenne a élaboré un instrument de stabilité qui va concerner la consolidation de la paix et de la sécurité dans la zone Nord qui est notre mission  principale. Au niveau du PNUD, le processus d’élaboration et d’adoption d’un programme triennal de gestion et de prévention des crises est en cours (programme de relèvement). J’ose espérer qu’il sera mis en place dès le début de l’année 2012 parce qu’il y a d’énormes besoins à prendre en charge pour contenir et prévenir les situations de menaces en présence.

Quel message avez-vous à l’endroit des jeunes de la région d’Agadez ?

Que les populations en général et les jeunes en particulier sachent que le Président de la République, Chef de l’Etat SEM Mahamadou Issoufou et le Premier Ministre, Chef du Gouvernement SEM Brigi Rafini ont pris le ferme engagement de mettre en place des actions concrètes en leur faveur pour que définitivement le Niger et la région Nord tournent définitivement le dos à l’insécurité et aux menaces qui affectent le développement socioéconomique. La volonté est marquée à travers ce geste en faveur des communes. D’autres initiatives interviendront dans les prochains mois pour soutenir les populations. Des actions qui auront un impact réel sur leur vie de tous les jours et qui éloigneront d’elles le spectre de la pauvreté. Je leur demande juste un peu plus de patience et ils verront les fruits de tous les programmes en place et de ceux qui interviendront incessamment. Il y aura plusieurs opportunités de travail, de formation, des activités socioéconomiques et la construction/réhabilitation des infrastructures ainsi que des appuis aux communes et terroirs pour relever leur situation. La volonté politique étant, la HACP mettra tout en œuvre pour que de véritables programmes de stabilisation de la zone et porteurs d’espoir se concrétisent.

Un dernier mot ?

La HACP mobilisera l’ensemble des énergies pour créer les conditions d’un véritable relèvement des zones affectées par les conflits armés et les menaces de tout genre. Des programmes qui viseront directement et prioritairement les couches les plus vulnérables de la région pour donner un signal fort à cette phrase du Président de la république, Chef de l’Etat qui dit que « L’énergie qu’on met pour détruire, il faut la mettre pour construire ». Je vous remercie.

Réalisée par Dim

Aïr Info, 06-12-2011

 

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