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TERRITOIRES ET ACTIONS

“Le Hoggar peut être dans le top 10 des destinations internationales”

Liberte-algerie.com/24-04-2018

Saïd Boukhelifa, expert international en tourisme, à “Liberté”.Entretien

©Archives Liberté

Il estime que les atouts touristiques de la région du Hoggar ne sont pas exploités et préconise d’engager une réflexion et un travail sur le moyen terme pour rattraper le retard accusé dans ce domaine.

Liberté : En votre qualité d’expert, pouvez-vous nous livrer une analyse sur les raisons qui pourraient être derrière la récession du tourisme saharien ?
Saïd Boukhelifa :
Je vais revenir sur les déclarations de Yann Arthus Bertrand, l’auteur du fameux reportage L’Algérie vue du ciel, qui, lors de son passage sur un plateau de télévision française, a souhaité que l’Algérie s’ouvre sur le tourisme en estimant que c’est bénéfique pour ce pays qui, a-t-il témoigné, est meilleur que la Tunisie et le Maroc réunis. Faisant part de ses expéditions professionnelles qui l’ont conduit dans plus de 250 pays durant sa carrière et durant laquelle il a pratiquement fait le tour du monde, il trouve que l’Algérie en est le plus beau. C’est dommage, à l’idée de savoir qu’un pays disposant de tous ces atouts touristiques n’est même pas classé faute de volonté politique. Pourtant, tous ces gisements entre autres le Hoggar, le Tassili, le M’zab et le Gourara, constituent une offrande divine, un don du ciel. Je me demande vraiment quel était l’apport de l’homme, notamment de ceux qui incarnent l’État depuis 30 ans ?  Dans les années 1970, les pouvoirs publics avaient joué leur rôle en faisant fructifier cette richesse dormante. Au niveau de l’Ahaggar, c’est vraiment de l’or qui est caché. La relance du tourisme dans cette région pourrait faire travailler énormément de jeunes désœuvrés qui seraient contents d’avoir un salaire en fin de mois et, en même temps, s’extasier d’avoir servi des touristes et d’avoir vu des étrangers repartir chez eux contents des prestations fournies. Nous avons de véritables professionnels sur le terrain. Je pense qu’il est temps de mettre le paquet et faire preuve d’une réelle volonté politique pour développer le tourisme dans le Hoggar comme il se doit et selon les normes, en coordination avec les experts en la matière. Ainsi, on pourra faire rentrer l’Ahaggar, dont la superficie correspond à celle de la France et où l’on compte énormément de richesses jusque-là non exploitées, dans le top 10 des destinations internationales dans lequel figure Marrakech.

Que préconisez-vous pour la redynamisation de ce secteur ?
D’abord une volonté politique. Puis une coordination autour d’une réflexion commune et d’une planification décennale permettant de réorganiser ce secteur. Le retard accusé ne pourra jamais être rattrapé d’un coup de baguette magique. Une destination se construit et se reconstruit dans la durée. Il faut le faire sur vingt ans. C’est tout une génération. Le temps de construire les hôtels qu’il faut, de moderniser et de rénover ceux qui existent et le temps de former le personnel, parce qu’on a trop négligé ce volet. L’élément humain doit être la préoccupation de nos décideurs.  Quand on aura terminé tout cela, on fera de la promotion à l’étranger pour la destination Sahara. C’est un gaspillage énorme que de délaisser une région pareille.

Entretien réalisé par : RABAH KARÈCHE, https://www.liberte-algerie.com/actualite/le-hoggar-peut-etre-dans-le-top-10-des-destinations-internationales-291542

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