Arrivé au pouvoir le 4 septembre 2013 par une victoire  fleuve de 78 ,79% des suffrages exprimés,  le président Ibrahima Boubacar Keita (IBK) du Mali n’avait toujours pas foulé le sol de Kidal lors de la célébration de ses quatre ans au pouvoir. Si le candidat IBK s’était bien rendue dans cette localité laissée aux mains des groupes armés, le président, lui, multiplie l’envoi des émissaires et a failli, dans ce jeu périlleux, y laisser un premier ministre en 2014. 

Avec à son actif, quelque 100 voyages à l’étranger, le locataire du palais de Koulouba peine encore à atterrir dans ce septentrion malien ( Gao, Tombouctou et Kidal) qui constituait la toile de fonds de sa brillante campagne électorale.  Hormis un bref déjeuner à Gao dans le sillage du président français Emmanuel Macron, le premier magistrat semble avoir tracé une ligne invisible entre le Mali central et l’autre Mali, celui des rebelles.  Est-ce du fait du retard pris dans l’application de l’accord d’Alger?

Si l’échec de la politique sécuritaire du président IBK ne fait pas de doute, y compris dans son camp, son bilan économique est, lui, défendable.  L’évolution du PIB de l’ancien Soudan français est passée de 1,7% en 2013 à successivement 7,2% en 2014, 6% en 2015 et 5,8% en 2016.  Cette envolée ne s’est pas accompagnée de la création d’emplois, talon d’Achille d’un gouvernement qui promettait 200 000 emplois lors d’une campagne électorale menée tambour battant, au slogan euphorisant du “Mali d’abord” .

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