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TERRITOIRES ET ACTIONS

La crise malienne vue depuis les camps par des civils touaregs

Dans Touaregs. L’Exil pour la patrie, Intagrist El Ansari lance un cri d’alerte à la veille de la présidentielle au Mali. Les armes ont occupé tout l’espace de 2012 à 2016. Il est temps faire entendre la voix des civils touaregs maliens, « principales victimes d’une guerre » que la plupart jugent « insensée » et « incompréhensible ». Depuis les camps de l’exil, en Mauritanie, ils confient au fil des pages leurs lectures des événements.
media Le camp de réfugiés maliens de M’bera en Mauritanie. ©CICR

Intagrist El Ansari réside depuis 2012 à Nouakchott, en Mauritanie, d’où il est parti arpenter les camps installés à la hâte à l’est du pays. Une actualité qu’il a couverte pour la presse internationale et qu’il nous fait revisiter. Dans cette approche chronologique de la crise malienne, qui a progressivement gagné toute la zone saharo-saharienne entre 2012 et 2016, l’auteur démêle ses tenants et aboutissants, vus du point de vue touareg. Il s’attache aussi à nuancer les discours manichéens officiels des belligérants armés, – quel que soit leur bord.

Journaliste et écrivain, ce natif de la ville aux 333 saints dédicace cet essai dense et parfois touffu à son oncle, l’Amenokal Mohamed el Ansari, chef traditionnel touareg de Tombouctou. Un « homme de paix et de progrès » dont la mort fin 2014, « alors que les siens étaient en exil, a accentué les incertitudes sur l’avenir des Touaregs ».

« L’effet de la guerre libyenne »

À M’bera, principal camp mauritanien, l’auteur rapporte dans une de ses chroniques « que les organisations humanitaires comparent de par son immensité au complexe de réfugiés de Dadaab au Kenya », puis à Fassala où convergent les Touaregs maliens fuyant les persécutions, le HCR estime mi-2012 que le nombre de réfugiés est passé de 16 000 en février à près de 100 000 fin juillet, parmi lesquels 63,2 % sont des enfants. Au total, l’OCHA décompte 320 000 déplacés et réfugiés dans les pays voisins.

Souvent avancé, « l’effet de la guerre libyenne » n’explique pas tout dans ce conflit aux enjeux multiples et complexes qui a mené l’État malien au bord de l’implosion avec une rapidité impressionnante, note Intagrist. Intérêts géostratégiques autour des ressources inexploitées du Sahara, configuration géographique et socioculturelle aiguisant des conflits locaux plus anciens dus pour partie à une implantation « pas très bien pensée par l’administration coloniale » ou encore incapacité des autorités à mettre en œuvre depuis l’indépendance des politiques de développement qui furent vainement réclamées par la rébellion en 1990… Sans oublier la montée des trafics en tout genre très lucratifs.

« Gain de l’Histoire »

Après l’offensive de l’Otan qui a anéanti le régime Kadhafi, des rebelles d’un type nouveau sont apparus au nord du Mali fin 2011. Quelque 400 Touaregs maliens enrôlés en Libye dans les années 1980 pour combattre au Liban, en Palestine et au Tchad sont rentrés chez eux « très lourdement armés. Une force de frappe inédite dans l’histoire des rébellions touarègues », insiste l’auteur.

Dans les massifs montagneux de Kidal, au nord-est du pays, ils s’allient au Mouvement touareg du Nord-Mali de feu Ibrahim ag Bahanga pour former le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui met « en déroute l’armée malienne » les 17 et 18 janvier 2012 à Menaka et Aguelhoc. A Bamako, le régime d’Amadou Toumani Touré est balayé le 22 mars par un coup d’Etat militaire et le Mali est mis sous tutelle internationale. C’est à ce moment-là, le 6 avril, que le MNLA proclame unilatéralement « l’Etat de l’Azawad libre et indépendant » avec Gao pour capitale.

Un « gain de l’Histoire » à double tranchant, commente un cadre touareg depuis M’bera. Car les trois régions du nord, Gao, Kidal et Tombouctou ne sont tombées sous la coupe des indépendantistes qu’au prix d’une alliance avec al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). « On parle d’une forte imbrication Aqmi et Ançar Dine [soutien logistique] », ajoute l’auteur. Or ce dernier mouvement, créé en mars par Iyad Ag Ghali, veut « instaurer la charia dans tout le Mali » plutôt que l’indépendance. De plus, sur « le terrain militaire, le MNLA et Ançar Dine mènent ensemble certaines batailles contre l’armée malienne, notamment à Aguelhoc et à Tessalit. » Une affirmation que le MNLA a démentie.

« Rompre sans délai »

Il s’ensuit une longue période de troubles jusqu’à l’intervention française de janvier 2013 alors que les jihadistes, on s’en souvient, fondent sur la capitale. Finalement, la proclamation de l’indépendance n’est qu’un feu de paille. Le protocole d’entente entre le MNLA et Ançar Dine en date du 26 mai les engage « à s’investir pour établir et construire un Etat islamique dans l’Azawad ». Il provoque un « séisme » au sein de la société civile touarègue qui pratique un islam de rite malékite « dans la sobriété et le mysticisme désertique », précise Intagrist El Ansari.

La Coordination des cadres de l’Azawad (CCA) adresse alors une lettre ouverte au MNLA « demandant de « rompre sans délai » le protocole d’accord en question. En clair :  « pas d’État jihadiste dans l’Azawad ». Le 1er juin, le MNLA suspend sa fusion en cours avec Ançar Dine et rejette l’accord de Gao. L’Azawad a fait long feu.

L’escalade militaire, de Serval à Barkhane, va cependant prendre un tour régional et international, parallèlement aux missions onusiennes et au ballet des diplomates africains et maghrébins… D’interminables pourparlers en vue d’une paix qui s’avère introuvable. L’accord de Bamako du 20 juin 2015, approuvé par la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), fut un « bon signe » pour un retour à la paix, note l’auteur. Dans la lignée de l’accord de Ouagadougou de 2013, de l’adoption de la feuille de route du protocole d’Alger en juillet 2014 et du pré-accord du 14 mai 2015 à Alger…

Intagrist n’est pas tendre avec « les chefs rebelles qui clamaient, depuis 2012, que la libération et l’indépendance de l’Azawad seraient non négociables » et qui « ont été les premiers à regagner Bamako, avant le retour des civils [vivant] dans des hôtels de la capitale malienne au frais de l’État et de la société civile qui l’assiste. »

Intagrist n’est pas tendre en particulier avec le MNLA qui « manque crucialement de fond idéologique, politique et surtout intellectuel », dit-il, lui reprochant, sa référence à une « berbérité » qui selon lui coupe les Touaregs de leur histoire ancienne, « issue des plus vielles civilisations du monde. (…) Un long parcours identitaire et syncrétique » qui a produit des sociétés « dont la diversité fait la richesse et l’originalité ».

Enfin et surtout, El Ansari estime que cette rébellion de 2012 s’est soldée par un retour à la case départ au regard des processus de décentralisation et à terme de régionalisation acquis par la rébellion de 1990.

Double traque

Ces événements d’une gravité sans précédent ont engagé la responsabilité des Touaregs dans leur ensemble. C’est ce que souligne ce livre-plaidoyer qui tente de réhabiliter un peuple qu’il juge injustement meurtri. Les populations civiles touarègues maliennes ont été assimilées – à tort – aux groupes armés, en particulier jihadistes, dès le début du conflit. Majoritairement loyaux envers le pouvoir central du Mali, estime-t-il en substance, ils ont été traqués partout, de Bamako aux villes du nord, et forcés, pour la seconde fois en vingt ans, de s’exiler dans les pays limitrophes.

Au dernier comptage, les réfugiés maliens sont plus de 22 000 à vivre dans le camp de Fassala au sud de la Mauritanie, au bord de la saturation. RFI/Laura Martel

Des civils témoignent, parmi lesquels certains joueront, jouent ou ont joué un rôle important dans le pays. Une famille, des parents et leurs neuf enfants,  raconte sa fuite de Tombouctou en raison de « l’enfer » qu’y font régner les « barbus qui imposent durement leur diktat ». Un autre témoin rapporte avoir vu, le dimanche 29 juillet à Aguelhoc la lapidation d’un couple, mort « sous les jets de pierres des islamistes » en présence de 200 personnes forcées d’assister à la scène. Pour l’exemple. Ajoutez à cela la crainte, « dans l’esprit de beaucoup », que le MNLA et les jihadistes prennent les civils comme boucliers humains.

À Diabaly, près de Ségou, un directeur d’école qui avait choisi le retour suite aux accords de paix de 1995 a dû reprendre la route de l’exil aux cris de « Kokadjiè » (« Mort aux Blancs »). D’autres Touaregs ont préféré fuir Aguelhoc, par crainte des représailles de l’armée malienne, qui aurait opéré des « bombardements aériens sur les populations et sur leurs biens », affirme Intagrist. D’où le message insistant des sociétés civiles : « nous n’avons rien à voir avec aucun des groupes armés ».

L’histoire des Touaregs du nord du Mali, Tombouctou, Kidal et Gao, est largement détaillée dans cet ouvrage, rappelant les alliances entre les trois régions coiffées d’un « ettebel » (chapeau). Cette partie livre sans doute une clé intéressante pour les analystes. Quand les enjeux locaux montrent un espace touareg en pleine recomposition, sociale, sociétale.

Ces trois ans d’aventure ont « déchiqueté l’environnement social touareg, dit Intagrist, provoqué des divisions entre les vieilles chefferies, de plus en plus contestées, et leurs anciens vassaux et tributaires, qui se sont investis massivement dans la rébellion ou au sein des milices pro-gouvernementales selon leurs positionnements claniques et tribaux ». Ce qui peut expliquer les « tergiversations », notamment au sein de la CMA lors de la signature de l’accord d’Alger.

Les chefs traditionnels présents dans les camps ont eux aussi exprimé dès 2012 leur distance politique avec les groupes rebelles tandis que la chefferie Ifoghas est « clairement tenante du jeu politico-militaire à Kidal », où les Imghad du Gatia (milice pro-gouvernementale) seraient décidés à supplanter le leadership des Ifoghas, la tribu dominante à la tête de la pyramide des Kel Adagh à Kidal…

Au passage, El Ansari note les réactions et aspirations de la jeunesse face à la guerre civile ou aux négociations de paix. Un changement de mentalité semble s’être opéré par rapport aux années 1990. La tendance « Ishumar », chantée autour du thé sur fond d’étoiles filantes dans le désert, est bel est bien terminée. Elle laisse la place à l’inquiétude et à l’esprit de responsabilité. Le niveau d’éducation est maintenant supérieur. Les jeunes, malgré l’accès restreint à la téléphonie mobile dans les camps, s’informent au sein des collectifs constitués et sont très motivés pour l’entraide. Pour s’en sortir… Et ce livre nous laisse espérer pour eux le meilleur avenir.

 

 Touaregs. L’exil pour la patrie. Chronique 2012-2017 de la crise malienne et de ses conséquences pour les civils touaregs. Intagrist El Ansari. Préface de Chekib Abdesslam. Paris, éditions AlfAbarre. Collection Allure saharienne (libre de l’Atlantique à l’océan Indien), 2018. 25 euros. https://www.alfabarre.com

1 commentaire pour La crise malienne vue depuis les camps par des civils touaregs

  • Mohammad ag-Hammeti

    En ma qualité d’écrivain-historien sur la « Question Touarègue » au Mali et cela depuis 2008, sur les réseaux sociaux, je réagis à l’article de mon fiston Integhrest ag-Hamed-Ametta (feu l’Amanokal de la Fraction kel Antéçer de Grgondo, Mali) alias Intagrist El Ansari, jeune journaliste « free lens » résident en Mauritanie, en partageant l’extrait de mon « Recueil d’articles écrits pour la communication relative aux événements intervenus au Mali en 2012″ daté du 10 Juin 2012 (Bamako (Mali) et qui comprend:

    1. Réfutation du projet « Libération de l’Azawad » du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA)
    2. LA « col-islamisation» du Nord Mali
    3. Le « délire collectif de peur » des touaregs maliens des villes lors des évènements du premier trimestre 2012
    4. Bref historique de la première rébellion touarègue de 1963 au Mali.

    Je copie, in extenso, le chapitre 3. »Le délire collectif de peur » des touaregs maliens des villes lors des événements du premier trimestre 2012 » qui prend, 6 ans après, le contre-pied de ce que dit Intagrist El Ansari en Juin 2918;

    « Prélude

    Par l’instinct collectif de peur, la presque totalité des familles touarègues de la région de Tombouctou sont sorties vers la Mauritanie et le Burkina Faso dès le lendemain de l’émeute des épouses des militaires de la garnison de Kati qui, par la mobilisation spontanée de vandales et malfrats, ont saccagé, par « ciblage », trois maisons de cadres touaregs à Kati ; il faut reconnaitre que s’il y a eu de gros dégâts matériels, on n’a déploré aucun coup, blessure (et même d’écorchure !), Alhamdoulilah !, des occupants touaregs des maisons vandalisées par la « casse » qui est le moyen d’expression du ras le bol collectif des citadins maliens depuis la révolution du 26 Mars 1991.
    Cette fois-ci, le ras le bol des épouses des militaires de la garnison de Kati est adressé à ATT, relativement à « l’omerta » (loi du silence … militaire !) qui a entouré les circonstances de la mort des soldats dans l’attaque d’Aguelhok et, secondairement, le « favoritisme » – selon les épouses des militaires de la garnison de Kati – consenti par ATT aux touaregs. Alors, la « piétaille féminine » en révolte, se venge en détruisant des biens matériels des « protégés » d’ATT, pour lui faire bien comprendre leur « cas » de légitime plainte.
    Cette fois-ci encore, les familles touarègues « averties » et « échaudées » – la mémoire collective des « massacres de masses à base ethnique touarègue et arabe » de la précédente rébellion touarègue des années 90 – ont « anticipé » en prenant les devants, en se réfugiant dans les pays voisins, étant convaincues que les militaires maliens « bambaras » en « guerre » avec les rebelles touaregs du MNLA s’en prendraient aux populations civiles, touarègues en premier ; ce qui ne fut pas, heureusement, Alhamdoulilah !, le cas, cette fois-ci.
    J’aurais voulu que les gens des sites de fixations de nomades et des chefs-lieux de communes, s’ils sont réellement acculés à l’exode à l’étranger, adoptent la formule de « réfugiés de l’intérieur » en allant dans leurs campements nomades se « fondre » dans les parcours pastoraux des nomades, éloignés des zones de combats.
    Les touaregs des villes et des campagnes sont soulagés de voir leurs « enfants » parmi l’armée malienne au front ; c’est pour les populations touarègues une « dissuasion » contre des actes d’exactions de militaires « bambaras » sur les touaregs en cas de guerre. Conséquemment, les réfugiés de 2012 ont redoublé d’ardeur de « débandades » quand ils ne pouvaient plus compter sur la « protection » symbolique des militaires touaregs « intégrés désintégrés » (désertion).
    Comme quoi, les militaires touaregs déserteurs, en se mettant au banc de l’Etat malien par le fait de désertion, ont « trahi » leur patrie ; en même temps, ils se sont aussi « aliénés » leur peuple touareg qu’ils ne pourront plus « protéger », deux maux qui sont multipliés par mille quand ils se sont mis au service d’un ennemi, le MNLA.
    Les réfugiés touaregs de « haut niveau » (« les-en-hauts-des-hauts », comme on dit à Abidjan) qui résident dans les capitales des pays d’accueil (« sénateurs », députés, ministres, hauts fonctionnaires, notabilités, commerçants) sont à même de planifier leurs retours au Mali dont des indiscrétions donnent pour au plus tard Septembre 2012, pour la rentrée scolaire des enfants.
    En tout état de cause, j’estime qu’il est du devoir moral et social des réfugiés touaregs de « haut niveau » de donner le bon exemple de « retour » (descente) immédiat sans « éclat démonstratif » de la catégorie intermédiaire de réfugiés touaregs, à savoir tous les salariés et retraités et, surtout, des « mamies » et des « papis » qui sont les premiers partis et qui disent, la peur les habitant toujours, qu’ils ne reviendraient au Mali que quand il y aurait la « Paix Globale », ce qui n’est pas pour demain !

    Introduction

    C’est en suivant une émission historique de TV5 Afrique du 6 Juin 2012 qui relate le « délire collectif de peur» qui s’est emparé des Français de Paris, la deuxième année de la deuxième guerre mondiale, en Juin 1940, quand les Allemands sont rentrés dans la capitale, jusque-là habitée de trois millions de personnes dont il ne reste plus qu’un million, les autres ayant « débandé » en un chaos inextricable vers le Sud encore libre, que je me suis souvenu que les touaregs des villes ont fait pareil, entre Janvier et Avril 2012 suite au début des combats entre les rebelles touaregs du MNLA et l’armée malienne à la mi-janvier 2012, à l’émeute des épouses des militaires de la garnison militaire de Kati de Février 2012, au putsch militaire (coup d’Etat) du 22 Mars 2012 et à des «exécutions sommaires» de touaregs et arabes par des éléments militaires « incontrôlés » en débandade suite à leur défaite par une coalition du MNLA, Ançar Eddine et AQMI, les trois derniers évènements consécutifs au premier.

    Il faut noter au prime abord que je ne donne ici que des détails de ce qui s’est passé dans la ville de Bamako et au Sud-ouest de la région de Tombouctou, mon « pays » ; d’autre part, j’ai volontairement changé des noms de personnes pour que des gens mal avisés ne se prennent à moi qui, cependant, ne raconte que des faits réels.
    Les souvenirs de la rébellion touarègue des années 90 sont encore vivaces

    Suite au début des combats entre les rebelles touaregs du MNLA et l’armée malienne à mi-janvier 2012, des familles entières de touaregs et des arabes des villes (chefs-lieux des régions), des centres urbains secondaires (chefs-lieux des cercles et des communes) et mêmes des sites récents de sédentarisations/fixation des nomades de la région de Tombouctou ont « débandé » vers les pays voisins, exactement comme au cours des années 1991-1996 qui ont vu des militaires maliens massacrer des civils touaregs et arabes « innocents », en représailles des attaques de ceux que les autorités maliennes d’alors ont qualifié de « bandits armés ».

    Cette fois-ci, les gens « avertis » et « échaudés » (la souvenance des « massacres de masses à base ethnique touarègue et arabe » de l’ancienne époque) ont « anticipé » en prenant les devants en se réfugiant dans les pays voisins, étant convaincus que les militaires maliens en « guerre » avec les rebelles du MNLA s’en prendraient aux populations civiles, touarègues en premier; ce qui ne fut pas, heureusement, le cas, cette fois-ci.

    Le gros du lot des réfugiés de la région de Tombouctou (environ 50.000 personnes) s’en est allé en Mauritanie (40.000 personnes recensées en Mai 2012), comme en 1991-1996 ;les réfugiés maliens de la région de Tombouctou ont repris leurs places dans le camp des réfugiés de M’Berra (Bassiknou) que je connais bien, ayant effectué, en 1998/1999, en qualité de consultant pour l’ONG internationale britannique ACORD, la réhabilitation écologique du site, suite au retour des réfugiés maliens au pays ; il me revient que cette fois-ci les dunes que j’avais stabilisé et reboisé ont offert un meilleur accueil « écologique » à mes « parents » réfugiés !

    Il faut noter que cette fois-ci, les pasteurs nomades qui n’ont pas ressenti de menaces de la part de l’armée malienne (et qui n’ont pas subi de menaces quelconques, il faut le dire !) sont restés dans leurs zones d’attache de leurs parcours pastoraux, les marchés forains étant bien approvisionnés, y compris celui de Léré dont les habitants à « peaux er oreilles rouges » (les touaregs et arabes, selon les bambaras et sonraïs) ont « décampé » de là depuis les premières « escarmouches » entre les militaires maliens et les rebelles du MNLA à Ménaka, au début de Janvier 2012 ; les gens de Léré sont les plus « grégarisés » (promptitude à détaler, comme les criquets migrateurs !), les commerçants arabes en tête depuis le massacre « gratuit » de 35 des leurs par l’armée malienne, en Mai 1991.

    Les méfaits de la rumeur : « le téléphone arabe » et « le-bouche-à-oreille » sont les deux facteurs qui ont déclenché l’exode des touaregs des villes suite au début des combats entre les rebelles touaregs du MNLA et l’armée malienne à mi-janvier 2012

    En Janvier 2012, par les téléphones mobiles, le bruit s’est propagé comme une traînée de poudre dans tout le pays touareg pour dire que des convois de véhicules et d’engins militaires, tant des rebelles que du Gouvernement, sont aperçus sur la route de Gao et le long du Sahara en mouvement vers Kidal et Gao.

    Les connaissances de Kidal, de Gao et de Ménaka rapprochées confirment la nouvelle ; certains font des rapports édulcorés d’engagements militaires qui donnent la rébellion vainqueur ; ce qui s’est traduit pour des esprits « alertés » par : « préparons les bagages et allons-y avant que le transport ne soit plus cher, les voyagistes attendant des occasions de détresse des populations pour renchérir les prix de transport » ; ce qui fut le cas à Léré où mon beau-frère a loué une camionnette à 150.000Fcfa pour le trajet Léré-Fassala (50km) ; certains « détraqués » ont « troqué » 5 vaches (700.000Fcfa) pour un aller simple Faguibine-frontière Mauritanie.

    Au-delà de l’urgence de se mettre à l’abri des effets collatéraux des combats entre les rebelles touaregs du MNLA et l’armée malienne à la mi-janvier 2012, la hâblerie et l’appât du gain facile furent les motivations secondaires de la précipitation de l’exode vers la Mauritanie.

    Les premiers départs ont intéressé les fractions kel-Antesser des Daounas et du Faguibine, kel-Tntébéremt et kel-Tadjbest du Méma-Farimaké qui ont « capitalisé» leur expérience des camps des réfugiés des années 1991-1996.

    Comme dans les années 1991-1996, ceux qui ne s’étaient pas réfugiés en 2012 sont, dans l’ordre, les Imouchagh Tingueréguef de Goundam et de Diré, les kel-Aghezaf de Goundam et les Imededeghen de Goundam et de Tombouctou.

    Il faut rendre un hommage mérité au « chef Dofana », le maire « marabout kel-Assouk » de la commune de Soumpi dans le cercle de Niafunké qui n’a ni « bougé » en 2012 qu’en 1991-1996, alors que les militaires maliens avaient assassiné une dizaines de jeunes touaregs de son village, dont son premier fils ; il est allé ainsi pour les « marabouts Idakakamen » de Koïguemou (Daounas, Goundam) qui furent les premiers réfugiés en 1991-1996, partis du Méma-Farimaké, qui ont « résisté » cette fois-ci à la « contagion » de l’exode. Il faut aussi signaler « l’exception » de chef Dofana » qui, bien que notable et politique touareg a percé en milieu peulh et sonraï de la zone des lacs Taghachit, Tanda et Kabra en étant élu local coopté par des électeurs locaux peulhs et sonraïs ; c’est aussi l’occasion de signaler que « chef Nokh ag-Atcha » est aussi une « l’exception » qui, bien que notable et politique touareg a percé en milieu sonraï de Diré où il est élu, sans discontinuer, député du cercle depuis … 30 ans ! Ces deux « exceptions » touarègues, spécifiquement « temoust n Amachagh » (identitaire touareg) représentent l’intégration inter ethnique dans le patchwork (plusieurs ethnies) régional de Tombouctou sont moralement engagés à suivre la ligne de conduite de leurs électeurs, sinon, l’adage « qui va à la chasse, perdra sa place » devrait s’appliquer à ces « indéboulonnables ».

    Les plus « blâmables » des réfugiés touaregs de la région de Tombouctou, de mon humble point de vue, sont, au prime abord, le « chef du Kasr-Naghim » (Tombouctou) et le « chef Berdjou » (Niafounké), qui sont partis les premiers en exode à l’étranger en 2012; de célèbres chefs de sites de fixations de nomades qui ont bâti des maisons, organisé la production moderne et bien structuré leur organisation villageoise, ayant une bonne entente avec les communautés sonraïes, Bellas et peules environnantes ; « riches » en bétails ;

    Les « chefs touaregs » réfugiés ont entrainé, outre leurs familles (femmes, enfants et voisins saprophytes), d’autres autres familles de leur secteur respectif selon le concept de « suivre les chefs », cher aux nomades qui disent que si un chef fuit, pourquoi le simple citoyen ne ferait pas de même.

    Ainsi, de « grands quelqu’un » et « riches » notables touaregs, après avoir abandonné le « luxe » de leurs villages chèrement bâts en matériaux durables, sont allés vivre (j’allais dire survivre !) dans des lieux insalubres de réfugiés.

    Les notabilités touarègues réfugiées en Mauritanie, sans besoins matériels, comme les habitants (toutes catégories confondues) de Gargondo, et de Tingnéré, qui ont abandonné leurs villages, sans menaces réelles, autres que les vandales du MNLA qui ont saccagé les mairies et les écoles.

    Ceux de Tinlokien et de Ras el-Mâ (les miens) sont restés sur place ; certaines familles ont juste déménagé à quelques kilomètres des villages pour s’approcher de leurs animaux, tout en évitant les visites intempestives des vandales du MNLA qui ont faim.

    J’aurais voulu que les gens des sites de fixations de nomades et des chefs-lieux de communes, s’ils sont réellement acculés à l’exode à l’étranger, adoptent la formule de « réfugiés de l’intérieur » en allant dans leurs campements nomades se « fondre » dans les parcours pastoraux.

    Mais il y a autre chose qui détermine le choix de l’exode de notabilités touarègues nomades ; il s’agit de la « hâblerie » et de l’appât du gain facile ; le « chef du Kasr-Naghim » et le « chef Berdjou », qui sont les premiers arrivés à Fassala et à M’Berra furent coptés par les autorités mauritaniennes, du HCR et des ONG internationales d’aide aux réfugiés maliens comme des chefs de « Kabila » (des regroupements de réfugiés par affinité de provenance de fractions nomades) pour la distribution des aides aux réfugiés qui vont se servir les premiers, tout en favorisant, par esprit de « communautarisme », les leurs.

    Le favoritisme et l’esprit clientéliste des apparatchiks du milieu des réfugiés touaregs maliens, doublés de ce qu’on appelle dans le milieu des ONG internationales d’aide aux réfugiés « la projétose », la maladie des projets et le détournement des aides humanitaires.

    Morale, justice et équité dans le microcosme des camps de réfugiés.

    Je peux donner ma main à couper que les autorités mauritaniennes, du HCR et des ONG internationales d’aide aux réfugiés maliens ne font aucune différence entre les gens réfugiés qui arrivent et s’inscrivent pour obtenir le statut de réfugié et une place dans les camps aménagés pour les accueillir.

    Alors que pour tout esprit avisé, on doit faire la différence entre les catégories des populations réfugiées, ne serait-ce que pour des questions de morale, de justice et d’équité dans le microcosme des camps de réfugiés.

    En effet, les réfugiés sont structurés en six catégories, tout au moins pour ceux que je connais qui ont reflué dans les camps de réfugiés des touaregs maliens en Mauritanie. Il s’agit de :

    1. Les nomades transhumants pauvres qui ont quitté leurs campements pour, moins chercher de la sécurité que de pouvoir se nourrir gratuitement en tant qu’indigents réfugiés ;

    2. Les populations pauvres qui vivent dans les périphéries des villes (bellas bidonvillisés ?) qui ont quitté leurs « ghettos » pour, moins chercher de la sécurité que de pouvoir se nourrir gratuitement en tant qu’indigents réfugiés ;

    3. Les petits artisans et commerçants qui ont perdu leurs métiers qui les nourrissent au jour le jour pour ;

    4. Les familles des éleveurs des villes et des commerçants qui ont perdu leurs revenus suite à l’exode ;

    5. Les familles des fonctionnaires et militaires qui ont perdu leurs salaires suite à l’exode ;

    6. Les notables nomades qui sont « riches » en bétail qui se seraient exodés volontairement pour l’appât du gain facile n nourritures pour épargner la vente des animaux.

    Grâce à la pratique frauduleuse dans les camps des réfugiés les derniers, respectivement de bas en haut, sont ceux qui reçoivent le plus parce qu’ils « savent parler » ; ce sont aussi les 5ième et 6ième catégories qui détourent à leur seul profit les aides humanitaires, en complicité avec les autorités du pays d’accueil des réfugiés.

    Si les autorités mauritaniennes, du HCR et des ONG internationales d’aide aux réfugiés maliens pouvaient catégoriser les réfugiés selon les critères « richesse et pauvreté » de chaque famille réfugiée, on éliminerait, selon mon souhait, la 6ie catégorie de réfugiés, à savoir : « les notables nomades qui sont « riches » en bétail qui se seraient exodés volontairement pour l’appât du gain facile n nourritures pour épargner la vente des animaux » ; cette « discrimination positive » les pousseraient à rester dans leurs terroirs pastoraux de leur pays.

    De même, la 5ième catégorie de réfugiés « les familles des fonctionnaires et militaires qui ont perdu leurs salaires suite à l’exode » qui est presque entièrement salariée dans les camps des réfugiés en s’employant, ne recevrait que très peu de soutien en vivres non accessibles sur place.

    Une 7ième catégorie de réfugiés inclassables ou « hors classe » est représentée par des cadres touaregs responsables politiques qui devraient bénéficier du statut de « réfugiés politiques » ; ce sont les « sénateurs », les députés, les anciens ministres, les administrateurs déchus, les officiers supérieurs déserteurs de l’armée malienne, des intellectuels « opposants politiques ». Cette catégorie de réfugiés ne doit rien recevoir des institutions des Nations Unies; cependant, le pays d’accueil doit « museler » les intellectuels « opposants politiques », surtout ceux qui affichent leur obédience et leur appartenance au MNLA, Ançar Eddine et AQMI.

    Des militaires et paramilitaires maliens touaregs « intégrés désintégrés ».

    Des militaires et paramilitaires (police, douanes et eaux et forêts) touaregs qui sont pour la plupart des « intégrés » (application du pacte national de paix de 1992) ont déserté (« désintégré ») l’armée au tout début des combats pour rallier la rébellion touarègue, ce que je considère comme une haute trahison passible de la cour martiale ; les indécis « trahirent » quand le MNLA a occupé Kidal et Ménaka.

    Sur un effectif total estimé à 1.000 (soit les 2/3 des « intégrés » des années 90) touaregs « désintégrés », la région de Tombouctou compte environ 300 éléments (tous grades confondus du Colonel au soldat) qui expliquent leur « honte » par les raisons suivantes :

    Ø Ils ne veulent pas combattre leurs « frères » touaregs, des mercenaires de Kadhafi ;

    Ø Ils ont peur de mourir comme les soldats bambaras qui ont refusé d’aller au front à cause du mythe d’invincibilité des mercenaires de Kadhafi;

    Ø Ils ont peur d’une trahison possible que leurs camarades bambaras ne les massacrent au front comme ce fut le cas (exceptionnel !) des années 90.

    Questionnés sur leur avenir, les « intégrés désintégrés » dont les salaires sont suspendus depuis leur désertion, répondent qu’ils seront traités comme les rebelles lorsqu’il y aura la paix, à savoir retrouver leurs places d’avant-guerre ; ce que je ne souhaite pas par pur orthodoxie militaire et politique.

    Les touaregs des villes et des campagnes sont soulagés de voir leurs « enfants » parmi l’armée malienne au front ; c’est pour les populations touarègues une « dissuasion » contre des actes d’exactions de militaires bambaras sur les touaregs en cas de guerre. Conséquemment, les réfugiés de 2012 ont redoublé d’ardeur de « débandades » (se réfugier) quand ils ne pouvaient plus compter sur la « protection » symbolique des militaires touaregs « intégrés désintégrés ». Comme quoi, les militaires touaregs déserteurs, en se mettant au banc de l’Etat malien par le fait de désertion, ils ont « trahi » leur patrie ; en même temps, ils se sont aussi « aliénés » leur peuple touareg qu’ils ne pourront plus « protéger », deux maux qui sont multipliés par mille quand ils se sont mis au service d’un ennemi, le MNLA.

    Là où les femmes touarègues ont « porté des pantalons » et les hommes touaregs les voiles !

    Anecdote : c’est une anecdote du Fezzan (Libye), au pays des Imouhagh (les touaregs libyens) que j’ai entendu conter lors d’un séjour à Oubari (Fezzan libyen) en 2001, en visite à ma communauté kel-Aghezaf émigrée en Libye, dans laquelle je comptais deux frères que je voulais ramener au Mali.

    «Il y a de cela longtemps, au temps des razzias transsahariennes, des hommes touaregs d’un campement nomades partirent à la recherche de caravaniers à razzier. L’absence des hommes dura un mois, les femmes et les enfants sentirent la faim et la solitude. Les vingt hommes sur cent partis en quête de rapines qui rentrèrent bredouille et en guenilles furent aperçus de loin par les femmes qui les rencontrèrent et se dévêtirent de leurs voiles qu’elles jetèrent aux visages de leurs hommes en leur intimant l’ordre de s’en cacher le visage et de la honte de n’avoir pas rapporté de quoi manger. On dit que c’est depuis lors que les hommes touaregs adoptèrent le port du voile (litham) pour cacher leur face aux femmes et autres hommes pour cacher leur honte.»

    L’émeute des épouses des militaires de la garnison de Kati du 2 Février 2012 qui a entrainé des saccages des maisons de 3 cadres touaregs à Kati, a eu pour réaction du côté « touareg » que les femmes touarègues de la ville de Bamako ont « poussé » leurs maris à l’exode des familles touarègues.

    Par l’instinct collectif de peur, la presque totalité des familles touarègues sont sorties vers la Mauritanie et le Burkina dès le lendemain de l’émeute des épouses des militaires de la garnison de Kati qui, par la mobilisation spontanée de vandales et malfrats, ont saccagé, par « ciblage », trois maisons de cadres touaregs à Kati ; il faut reconnaitre que s’il y a eu de gros dégâts matériels, on n’a déploré aucun coup, blessure – et même d’écorchure ! – des occupants des maisons vandalisées par la « casse » qui est le moyen d’expression du ras le bol collectif des citadins maliens depuis la « révolution du 26 Mars 1991.

    Il faut noter aussi que certaines maisons des touaregs de Kita qui furent « ciblées » pour la casse furent défendues, farouchement, par les voisins bambaras et que nulle part, il n’a été entendu que « la planification des casses » se poursuivra dans la ville de Bamako où des familles touarègues, échaudées par la folle rumeur des « casses planifiée »s, sont parties, sans bagages, vers les destinations déjà signalées, y compris des familles de notabilités touarègues qui assurent le leadership touareg dont les faits et gestes sont suivis et imités par les simples citoyens, selon l’adage targui : « si le marabout vole qui ferait les bénédictions », appliqué au cas présent, « si le chef fuit, le simple citoyen ferait de même ».

    Il semble que ça soit les femmes touarègues qui ont « pleuré » devant leurs maris pour les « sécuriser », elles et leurs enfants contre des « actes barbares » que ne manqueront pas de leur porter, mêmes leurs voisins bambaras, qui les « regardent » de « mauvais œil » depuis le début de la rébellion touarègue comme si tout touareg est un rebelle.

    En tout état de cause, on a déploré aucun mort ou blessé dans la communauté « restante » et « résistante » de Bamako et, mieux, moi qui ne suis pas resté seul – de rares touaregs et arabes étaient visibles à la télévision malienne – à Bamako après le départ de mes frères et neveux, avec une volonté farouche de ne pas quitter mon pays que suite à des tueries du genre « guerre civile », je ‘ai pas observé de « mauvais œil » chez les TRAORE, mes voisins bambaras de Kalabancoro qui m’ont assuré de leur soutien en cas d’agression à ma personne.

    Ainsi vont les préjugés et les amalgames qui font du touareg malien un éternel « suspect » de trahison de son pays dont il ne serait, selon certains bambaras, qu’un citoyen de « seconde catégorie ».

    Bis repetita, l’exode des touaregs des villes suite au putsch militaire du 22 Mars 2012 qui enlèvera ATT du pouvoir, à un mois de l’élection présidentielle dont il a fait le serment de ne pas se représenter

    Comme on dit, il n’y a pas un malheur sans deux, suite au putsch militaire du 22 Mars 2012, soit un mois seulement après l’émeute des épouses des militaires de la garnison de Kati dont les effets collatéraux ont fait fuir la première vague d’exodés touaregs en 2012, la deuxième vague sera plus intense en ce qu’elle a intéressé, outre de simples citoyens touaregs des villes, les « éminentes personnalités » touarègues du gouvernement, de l’Assemblée Nationale, des Ministres, des Hommes d’Affaires, de hauts fonctionnaires de l’Etat et de la Société Civile, y compris cette fois-ci les Arabes du Mali qui sont sorties par vagues successives du Mali.

    En tout état de cause, on a déploré aucun mort ou blessé dans la communauté « restante » et « résistante » de Bamako, et mieux, moi qui ne suis resté seul à Bamako après le départ de mes frères et neveux, avec une volonté farouche de ne pas quitter mon pays que suite à des tueries du genre « guerre civile », je n‘ai pas observé de « mauvais œil » chez les TRAORE, mes voisins bambaras de Kalabancoro qui m’ont assuré de leur soutien en cas d’agression à ma personne.

    Reflux des débandades suit aux «exécutions sommaires» de cinq touaregs par des éléments militaires « incontrôlés » en débandade à Sévaré suite à leur défaite par une coalition du MNLA, Ançar Eddine et AQMI.

    Il semble que ça soit par effet de « vengeance et/ou d’aigreur » qu’un soldat défait qui a perdu la tête suite à des beuveries, qui a gardé par devers lui sa kalache qui a exécuté, au carrefour de Sévaré, deux gendarmes touaregs en tenues militaires en véhicules en partance pour le Burkina qui n’auraient pas obtempérer de s’arrêter à un check point.

    Suite à un deuxième lot d’exécution sommaire de trois éléments touaregs voyageurs qui sont de passage à Sévaré, la junte militaire de Kati qui assume l’autorité de fait au Mali, en lieu et place des autorités de la transition, qui a été saisie par des militaires touaregs à Bamako de ces cas troubles de Sévaré a ordonné au camp militaire de Sévaré de désarmer les éléments militaires « incontrôlés » en débandade à Sévaré. Depuis lors, on n’a plus signalé d’exactions sur les touaregs et les arabes.

    En fin Mai 2012, on était donc en droit de penser qu’un calme relatif est installé au pays sauf dans les trois régions du Nord occupées et « séparées » du reste du pays suite à leur « libération » par la « bande » du MNLA, Ançar Eddine et AQMI et que, conséquemment, les réfugiés seraient de retour au pays, tout au moins les fonctionnaires.

    On s’est bien trompé parce que ceux des réfugiés touaregs qui reviennent à Bamako sont surtout des étudiants qui ne veulent pas « blanchir » leur année académique et des douaniers qui viennent retirer de l’argent des banques.

    Qu’est-ce qui empêche les réfugiés touaregs de rentrer au bercail suite à l’apaisement?

    On dit chez les touaregs, pour encourager les enfants qui sont montés haut sur un gros Acacia épineux, effrayés par la descente et appellent au secours leurs papas : « ce qui vous a permis de monter vous permettra de descendre », hors, les gosses, et mêmes les adultes, savent qu’il est plus facile de « monter » que de « descendre » de tout objet physique.

    Ce n’est que ce que les touaregs « braves » appellent la « honte de descendre » (se rabaisser) dans l’opinion publique … touarègue qui les empêchent de rentrer au pays à la veille de cet hivernage! Je m’explique ; selon les réfugiés touaregs qui n’ont rien perdu de leur superbe par le fait, rabaissant selon eux (selon moi aussi !) de devoir « quémander » sa pitance (aumône) dans les camps des réfugiés, il ne faut pas revenir au Mali et dans leurs terroirs respectifs par les mêmes moyens dispersés et individuels par lesquels ils ont accédé aux camps des réfugiés, en bandes et hordes de « nécessiteux » ; selon ces « braves », il faut que le Gouvernement du Mali et les institutions internationales organisent, avec « tam-tams et trompettes », leurs retours organisés, gratuits et … médiatisés (TV nationale et internationale).

    Il serait, quand même, normal et sage qu’à la veille de l’hivernage, les nomades qui sont allés aux camps des réfugiés pour « manger à leur faim », en cette année de disette, lieux qui seront insalubres avec les pluies, soient encouragés à rentrer au pays pour vivre de lait de leur bétail ; ce qui décongestionnera les camps où ne resteraient, pour la campagne suivante, que les vrais indigents.

    Les réfugiés touaregs de « haut niveau » (« les-en-hauts-des-hauts », comme on dit à Abidjan) qui résident dans les capitales des pays d’accueil (« sénateurs », députés, ministres, hauts fonctionnaires, notabilités, commerçants) sont à même de planifier leurs retours au Mali dont des indiscrétions donnent pour au plus tard Septembre 2012, pour la rentrée scolaire des enfants.

    En tout état de cause, j’estime qu’il est du devoir moral et social des réfugiés touaregs de « haut niveau » de donner le bon exemple de « retour » (descente) immédiat sans « éclat démonstratif » de la catégorie intermédiaire de réfugiés touaregs, à savoir tous les salariés et retraités et, surtout, des « mamies » et des « papis » qui sont les premiers partis et qui disent, la peur les habitant toujours, qu’ils ne reviendraient au Mali que quand il y aurait la « Paix Globale », ce qui n’est pas pour demain ! » fin des extraits.

    Sincèrement,

    Mohammad ag-Hammeti, alias Wartehen-Ghaàan

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