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Pour les réfugiés maliens de Mauritanie, le retour est un mirage

Afrique.lalibre.be/5 octobre 2017

C’est un archipel de tentes éparpillées sur une mer de sable roux. En plein désert mauritanien, les réfugiés du Mali, toujours plus nombreux, ne veulent plus entendre parler de retour, refroidis par les déboires de ceux qui ont tenté l’aventure.

Arrivé comme la plupart en 2012 au camp de Mbera, à environ 50 km de la frontière, lorsque le nord du Mali était tombé aux mains des groupes jihadistes, Mohamed Ousmane Ag al-Khalifa est un de ceux là.Pour les réfugiés maliens de Mauritanie, le retour est un mirage

Six mois après la signature en juin 2015 d’un accord de paix entre le gouvernement malien et l’ex-rébellion à dominante touareg, il est rentré avec sa famille dans la région de Tombouctou (nord-ouest).

« Depuis que nous nous avons été obligés de quitter notre pays, nous suivons la situation de loin. On nous a dit que la paix avait été signée au plus haut niveau », explique ce berger quinquagénaire au teint mat, de la tribu touareg des Kel Tagamart, vêtu d’un turban noir et d’un boubou vert pâle.

« La semaine suivant notre retour, les incidents ont commencé », se souvient-il, entouré par sa femme, leurs quatre enfants, sa cousine et les trois enfants de cette dernière.

« Nous n’avions pas les moyens de retourner en Mauritanie et à chaque fois nous espérions que cela allait s’arranger », poursuit Mohamed Ousmane Ag al-Khalifa, évoquant le banditisme et les attaques contre les convois militaires.

« Là où nous vivons, sur le fleuve Niger, entre Goundam et Tombouctou, il y a régulièrement des tirs de lance-roquettes contre l’armée, très souvent des nomades sont touchés avec leurs bêtes ». La situation a fini par devenir intenable. « Nous ne pouvions plus avoir confiance en personne », soupire-t-il. « Je m’étais habitué à la tranquillité et au sentiment de liberté de la vie dans le camp », qu’il a retrouvé avec sa famille depuis août.

« Les conditions du retour, c’est-à-dire une vraie paix, sont très loin d’être réalisées », approuve son épouse, Aïchetou Walet Mohamed Ousmane, en boubou turquoise à fleurs roses, qu’elle entrouvre parfois pour allaiter son bébé.

« Nous nous disons souvent que les gens qui sont restés au camp ont eu raison », soupire-t-elle. « Bien sûr, nous rêvons de rentrer chez nous, mais moi j’ai déjà fait l’expérience ».

-5000 arrivées en un an- 

Les groupes jihadistes ont été en grande partie chassés du nord du Mali par le lancement en 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale qui se poursuit actuellement, mais des zones entières du pays échappent au contrôle des forces maliennes et étrangères.

Quelque 195.000 Maliens ont quitté leur domicile, 55.000 sont des personnes déplacées à l’intérieur du pays, et environ 140.000 sont des réfugiés au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger voisins, selon l’ONU.

Avec plus de 51.000 personnes actuellement – dont plus des deux tiers appartiennent aux minorités touarègue et arabe -, Mbera, aux quartiers et îlots délimités par des clôtures de bois sec, concentre le plus grand nombre de réfugiés maliens.

En juin 2016, la Mauritanie, le Mali et le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont signé un accord pour le rapatriement volontaire des habitants du camp.

Plus de 1.500 personnes en ont bénéficié l’année dernière, selon le responsable du HCR à Mbera, Henri-Sylvain Yakara.

Parmi elles, Issa Ag Mohamedoun, retourné à Haribongo, au sud-est de Tombouctou.

« En 2016, tout le monde parlait de retour, de la paix qui revient. J’ai laissé tous mes biens et je suis parti », raconte cet homme aux traits tirés, coiffé d’un turban blanc, à l’ombre d’une grande tente abritant sa famille de cinq enfants, dont la plus jeune est née depuis leur retour au camp, il y a deux mois.

Pendant près d’une année, il a vécu sous la menace des groupes armés et des brigands.

« Des voleurs m’ont ligoté et m’ont tout pris », explique-t-il. « Peu après, j’ai rassemblé le peu qui me restait et nous sommes repartis pour Mbera ».

Depuis un an, non seulement le flux de retours s’est tari, atteignant seulement quelques centaines de personnes en 2017, mais il s’est inversé, souligne le HCR, avec une nouvelle vague d’arrivées depuis juillet.

« Depuis septembre 2016, nous avons reçu plus de 5.000 personnes en provenance des régions de Tombouctou, Goundam, Mopti, et Nampala », (nord-ouest et centre), précise Henri-Sylvain Yakara.

Cet afflux coïncide avec une réduction des rations alimentaires, pour cause de ressources budgétaires déclinantes, avec pour conséquence « des problèmes de malnutrition chez certains enfants », déplore-t-il.

Mais entre la faim et la peur au ventre, Issa Ag Mohamedoun a choisi.

« Même si on me donne 10 millions de dollars je ne retournerai pas au Mali », assène-t-il, « la vie est plus précieuse ».

https://afrique.lalibre.be/9436/pour-les-refugies-maliens-de-mauritanie-le-retour-est-un-mirage/

1 commentaire pour Pour les réfugiés maliens de Mauritanie, le retour est un mirage

  • AG AGHAZAF

    « Les méfaits de la rumeur : « le téléphone arabe » et « le-bouche-à-oreille » sont les deux facteurs qui ont déclenché l’exode des touaregs des villes suite au début des combats entre les rebelles touaregs du MNLA et l’armée malienne à mi-janvier 2012

    En Janvier 2012, par les téléphones mobiles, le bruit s’est propagé comme une trainée de poudre dans tout le pays touareg pour dire que des convois de véhicules et d’engins militaires, tant des rebelles que du Gouvernement, sont aperçus sur la route de Gao et le long du Sahara en mouvement vers Kidal et Gao.

    Les connaissances de Kidal, de Gao et de Ménaka rapprochées confirment la nouvelle ; certains font des rapports édulcorés d’engagements militaires qui donnent la rébellion vainqueur ; ce qui s’est traduit pour des esprits « alertés » par : « préparons les bagages et allons-y avant que le transport ne soit plus cher, les voyagistes attendant des occasions de détresse des populations pour renchérir les prix de transport » ; ce qui fut le cas à Léré où mon beau-frère a loué une camionnette à 150.000Fcfa pour le trajet Léré-Fassala (50km) ; certains « détraqués » ont « troqué » 5 vaches (700.000Fcfa) pour un aller simple Faguibine-frontière Mauritanie.

    Au-delà de l’urgence de se mettre à l’abri des effets collatéraux des combats entre les rebelles touaregs du MNLA et l’armée malienne à la mi-janvier 2012, la hâblerie et l’appât du gain facile furent les motivations secondaires de la précipitation de l’exode vers la Mauritanie.
    Les premiers départs ont intéressé les fractions kel-Antesser des Daounas et du Faguibine, kel-Tntébéremt et kel-Tadjbest du Méma-Farimaké qui ont « capitalisé» leur expérience des camps des réfugiés des années 1991-1996.

    Comme dans les années 1991-1996, ceux qui ne s’étaient pas réfugiés en 2012 sont, dans l’ordre, les Imouchagh Tingueréguef de Goundam et de Diré, les kel-Aghezaf de Goundam et les Imededeghen de Goundam et de Tombouctou.
    Il faut rendre un hommage mérité au « chef Dofana », le maire « marabout kel-Assouk » de la commune de Soumpi dans le cercle de Niafunké qui n’a ni « bougé » en 2012 qu’en 1991-1996, alors que les militaires maliens avaient assassiné une dizaines de jeunes touaregs de son village, dont son premier fils ; il est allé ainsi pour les « marabouts Idakakamen » de Koïguemou (Daounas, Goundam) qui furent les premiers réfugiés en 1991-1996, partis du Méma-Farimaké, qui ont « résisté » cette fois-ci à la « contagion » de l’exode. Il faut aussi signaler « l’exception » de chef Dofana » qui, bien que notable et politique touareg a percé en milieu peulh et sonraï de la zone des lacs Taghachit, Tanda et Kabra en étant élu local copté par des électeurs locaux peulhs et sonraïs ; c’est aussi l’occasion de signaler que « chef Nokh ag-Atcha » est aussi une « l’exception » qui, bien que notable et politique touareg a percé en milieu sonraï de Diré où il est élu, sans discontinuer, député du cercle depuis … 30 ans ! Ces deux « exceptions » touarègues, spécifiquement « temoust n Amachagh » (identitaire touareg) représentent l’intégration inter ethnique dans le patchwork (plusieurs ethnies) régional de Tombouctou sont moralement engagés à suivre la ligne de conduite de leurs électeurs, sinon, l’adage « qui va à la chasse, perdra sa place » devrait s’appliquer à ces « indéboulonnables ».

    Les plus « blâmables » des réfugiés touaregs de la région de Tombouctou, de mon humble point de vue, sont, au prime abord, le « chef du Kasr-Naghim » (Tombouctou) et le « chef Berdjou » (Niafounké), qui sont partis les premiers en exode à l’étranger en 2012; de célèbres chefs de sites de fixations de nomades qui ont bâti des maisons, organisé la production moderne et bien structuré leur organisation villageoise, ayant une bonne entente avec les communautés sonraïes, Bellas et peules environnantes ; « riches » en bétails ;
    Les « chefs touaregs » réfugiés ont entrainé, outre leurs familles (femmes, enfants et voisins saprophytes), d’autres autres familles de leur secteur respectif selon le concept de « suivre les chefs », cher aux nomades qui disent que si un chef fuit, pourquoi le simple citoyen ne ferait pas de même.
    Ainsi, de « grands quelqu’un » et « riches » notables touaregs, après avoir abandonné le « luxe » de leurs villages chèrement bâts en matériaux durables, sont allés vivre (j’allais dire survivre !) dans des lieux insalubres de réfugiés.
    Les notabilités touarègues réfugiées en Mauritanie, sans besoins matériels, comme les habitants (toutes catégories confondues) de Gargondo, et de Tingnéré, qui ont abandonné leurs villages, sans menaces réelles, autres que les vandales du MNLA qui ont saccagé les mairies et les écoles.
    Ceux de Tinlokien et de Ras el-Mâ (les miens) sont restés sur place ; certaines familles ont juste déménagé à quelques kilomètres des villages pour s’approcher de leurs animaux, tout en évitant les visites intempestives des vandales du MNLA qui ont faim.

    J’aurais voulu que les gens des sites de fixations de nomades et des chefs-lieux de communes, s’ils sont réellement acculés à l’exode à l’étranger, adoptent la formule de « réfugiés de l’intérieur » en allant dans leurs campements nomades se « fondre » dans les parcours pastoraux.

    Mais il y a autre chose qui détermine le choix de l’exode de notabilités touarègues nomades ; il s’agit de la « hâblerie » et de l’appât du gain facile ; le « chef du Kasr-Naghim » et le « chef Berdjou », qui sont les premiers arrivés à Fassala et à M’Berra furent coptés par les autorités mauritaniennes, du HCR et des ONG internationales d’aide aux réfugiés maliens comme des chefs de « Kabila » (des regroupements de réfugiés par affinité de provenance de fractions nomades) pour la distribution des aides aux réfugiés qui vont se servir les premiers, tout en favorisant, par esprit de « communautarisme », les leurs.

    Le favoritisme et l’esprit clientéliste des apparatchiks du milieu des réfugiés touaregs maliens, doublés de ce qu’on appelle dans le milieu des ONG internationales d’aide aux réfugiés « la projétose », la maladie des projets et le détournement des aides humanitaires.

    Morale, justice et équité dans le microcosme des camps de réfugiés.

    Je peux donner ma main à couper que les autorités mauritaniennes, du HCR et des ONG internationales d’aide aux réfugiés maliens ne font aucune différence entre les gens réfugiés qui arrivent et s’inscrivent pour obtenir le statut de réfugié et une place dans les camps aménagés pour les accueillir.

    Alors que pour tout esprit avisé, on doit faire la différence entre les catégories des populations réfugiées, ne serait-ce que pour des questions de morale, de justice et d’équité dans le microcosme des camps de réfugiés.

    En effet, les réfugiés sont structurés en six catégories, tout au moins pour ceux que je connais qui ont reflué dans les camps de réfugiés des touaregs maliens en Mauritanie. Il s’agit de :
    1. Les nomades transhumants pauvres qui ont quitté leurs campements pour, moins chercher de la sécurité que de pouvoir se nourrir gratuitement en tant qu’indigents réfugiés ;
    2. Les populations pauvres qui vivent dans les périphéries des villes (bellas bidonvillisés ?) qui ont quitté leurs « ghettos » pour, moins chercher de la sécurité que de pouvoir se nourrir gratuitement en tant qu’indigents réfugiés ;
    3. Les petits artisans et commerçants qui ont perdu leurs métiers qui les nourrissent au jour le jour pour ;
    4. Les familles des éleveurs des villes et des commerçants qui ont perdu leurs revenus suite à l’exode ;
    5. Les familles des fonctionnaires et militaires qui ont perdu leurs salaires suite à l’exode ;
    6. Les notables nomades qui sont « riches » en bétail qui se seraient exodés volontairement pour l’appât du gain facile n nourritures pour épargner la vente des animaux.

    Grâce à la pratique frauduleuse dans les camps des réfugiés les derniers, respectivement de bas en haut, sont ceux qui reçoivent le plus parce qu’ils « savent parler » ; ce sont aussi les 5ième et 6ième catégories qui détourent à leur seul profit les aides humanitaires, en complicité avec les autorités du pays d’accueil des réfugiés.

    Si les autorités mauritaniennes, du HCR et des ONG internationales d’aide aux réfugiés maliens pouvaient catégoriser les réfugiés selon les critères « richesse et pauvreté » de chaque famille réfugiée, on éliminerait, selon mon souhait, la 6ie catégorie de réfugiés, à savoir : « les notables nomades qui sont « riches » en bétail qui se seraient exodés volontairement pour l’appât du gain facile n nourritures pour épargner la vente des animaux » ; cette « discrimination positive » les pousseraient à rester dans leurs terroirs pastoraux de leur pays.

    De même, la 5ième catégorie de réfugiés « les familles des fonctionnaires et militaires qui ont perdu leurs salaires suite à l’exode » qui est presque entièrement salariée dans les camps des réfugiés en s’employant, ne recevrait que très peu de soutien en vivres non accessibles sur place.
    Une 7ième catégorie de réfugiés inclassables ou « hors classe » est représentée par des cadres touaregs responsables politiques qui devraient bénéficier du statut de « réfugiés politiques » ; ce sont les « sénateurs », les députés, les anciens ministres, les administrateurs déchus, les officiers supérieurs déserteurs de l’armée malienne, des intellectuels « opposants politiques ». Cette catégorie de réfugiés ne doit rien recevoir des institutions des Nations Unies; cependant, le pays d’accueil doit « museler » les intellectuels « opposants politiques », surtout ceux qui affichent leur obédience et leur appartenance au MNLA, Ançar Eddine et AQMI.

    Des militaires et paramilitaires maliens touaregs « intégrés désintégrés ».

    Des militaires et paramilitaires (police, douanes et eaux et forêts) touaregs qui sont pour la plupart des « intégrés » (application du pacte national de paix de 1992) ont déserté (« désintégré ») l’armée au tout début des combats pour rallier la rébellion touarègue, ce que je considère comme une haute trahison passible de la cour martiale ; les indécis « trahirent » quand le MNLA a occupé Kidal et Ménaka.

    Sur un effectif total estimé à 1.000 (soit les 2/3 des « intégrés » des années 90) touaregs « désintégrés », la région de Tombouctou compte environ 300 éléments (tous grades confondus du Colonel au soldat) qui expliquent leur « honte » par les raisons suivantes :
     Ils ne veulent pas combattre leurs « frères » touaregs, des mercenaires de Kadhafi ;
     Ils ont peur de mourir comme les soldats bambaras qui ont refusé d’aller au front à cause du mythe d’invincibilité des mercenaires de Kadhafi;
     Ils ont peur d’une trahison possible que leurs camarades bambaras ne les massacrent au front comme ce fut le cas (exceptionnel !) des années 90.

    Questionnés sur leur avenir, les « intégrés désintégrés » dont les salaires sont suspendus depuis leur désertion, répondent qu’ils seront traités comme les rebelles lorsqu’il y aura la paix, à savoir retrouver leurs places d’avant-guerre ; ce que je ne souhaite pas par pur orthodoxie militaire et politique.

    Les touaregs des villes et des campagnes sont soulagés de voir leurs « enfants » parmi l’armée malienne au front ; c’est pour les populations touarègues une « dissuasion » contre des actes d’exactions de militaires bambaras sur les touaregs en cas de guerre. Conséquemment, les réfugiés de 2012 ont redoublé d’ardeur de « débandades » (se réfugier) quand ils ne pouvaient plus compter sur la « protection » symbolique des militaires touaregs « intégrés désintégrés ». Comme quoi, les militaires touaregs déserteurs, en se mettant au banc de l’Etat malien par le fait de désertion, ils ont « trahi » leur patrie ; en même temps, ils se sont aussi « aliénés » leur peuple touareg qu’ils ne pourront plus « protéger », deux maux qui sont multipliés par mille quand ils se sont mis au service d’un ennemi, le MNLA. »

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