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TERRITOIRES ET ACTIONS

Niamey, une cité de sable

Le blog de Mauro Niger-12 mai 2019

Ne vous laisser pas tromper par les immeubles à étages et les échangeurs avec des noms épiques.

Niamey est une villa imaginée par le sable.

Ne vous laisser pas tromper par les immeubles à étages et les échangeurs avec des noms épiques. Niamey est une villa imaginée par le sable. Dans deux mois elle abritera l’Assemblée de l’Union Africaine et pour cela beaucoup de monde arrive pour la maquiller comme une capitale quelconque. Des hôtels de luxe, une université islamiques à étages mobiles, rond points qui cherchent la direction et l’arrêté de la municipalité qui impose l’invisibilité aux mendiants à partir du premier de mai 2019. La fête des travailleurs de cette année a été précédée par le nettoyage des routes conduite par les élèves de l’Ecole Nationale de Gendarmerie et continuée par les citoyens étrangers organisé selon la nationalité d’origine. D’autres citoyens locaux, en revanche, avec leur ‘gilet-vert-écologique’ sont embauchés pendant quelques heures surtout la nuit. Ils libèrent la route du sable qui, le matin suivant, retourne encore occuper la place d’avant. Niamey est en réalité une cité de sable qui, passant par les ministères, suivant les rond points facilité le jeune des citoyens bien avant et longtemps après le mois du Ramadan. La ville s’enflamme seulement à cause de l’explosion d’une citerne de combustible. 60 morts et plusieurs dizaines de blessés graves. Terminé le deuil national, il est à croire, ce sera de nouveau le sable à couvrir les rails du train, à son tour de sable, qui n’arrivera jamais à la gare finale de Dosso. Juste un moment, à cause de cette dramatique explosion, la ville réelle est apparue. La capitale qui survie de rien parce que tout elle espère recevoir de la clémence du sable divin.

Ne vous laissez pas tromper par les grandes routes à deux directions séparées par des poteaux électrifiés aux panneaux solaires. Niamey est une ville prise en otage par le sable. Imaginez l’université nationale qui porte le nom d’un des luminaires dans l’usage de l’énergie solaire. Abdou Moumouni qui, ligoté comme il était à son peuple, pleura le jour dans lequel on lui livra son certificat de doctorat en France, en pensant aux innombrables frères africains qui n’auraient jamais pu jouir de sa chance. Maintenant Moumouni, qui déjà repose en paix, pleure pour deux autres raisons. La première pour l’état de l’université qui offense un nom qui mériterait plus que des mois sans cours et des années académiques sans fin. Les autres larmes coulent à cause de l’irrégularité dans la distribution du courent électrique qui, avec une moyenne de 40 degrés de température, oblige les citoyens à un quotidien défis avec sa propre résilience cardiaque. Essayez de tomber malades et vous le constaterez. Si vous aurez la chance d’éviter la dernière grève du personnel soignant vous pourriez vous trouver avec la panne de l’appareil des échographies et alors on vous envoi dans une cliniques privées gérées par le même docteur qui vous a visité le matin à l’hôpital. Dans les cas, assez fréquent, d’épidémies, vous devrez espérer que le vaccin soit authentique et non fabriqué sur place ou au Nigeria. Heureusement la circulation des voitures a été rendue plus sure par l’obligation de la ceinture de sécurité, la sécurité alimentaire, par contre, est loin d’être assurée.

Ne vous laissez pas tromper par la promesse d’arriver ponctuels au travail ou à la réunion fixée le soir avant. Niamey est une ville fondée sur le sable. Sans aucun préavis le Président de septième République partira ou arrivera à l’aéroport. Deux heures avant son imprévisible arrivée ou passage, les routes seront complètement bloquées et ainsi seront réduits les risques pour le Président. En retard débutera l’importante réunion au ministère ainsi que pour la dernière ONG débarquée au paradis humanitaire que, nous le savons, prospère grâce au sable. Les migrants par exemple, qui viennent su sable et vont au sable, sont courtisés par tout le monde, bien sûr une fois arrêtés et rendus inoffensifs. Les ONG s’occupent de leur santé, du libre retour au Pays d’origine, de la sensibilisation sur les risques et les mésaventures de la migration, ils donnent des formations professionnelles et, plus important encore, ils les forment afin de connaitre leurs droits confisqués. Journalistes, chercheurs, experts, anthropologues, religieux, marchands et chercheurs d’or: ils sont tous là pour les consoler et surtout les ‘domestiquer’. Pour les réfugiés puis, choisis et sauvés de l’enfer libyque financé par l’Europe, ils sont amenés dans le sable de Niamey où ils resteront des mois et des années avant d’aller ailleurs. Il y a depuis peu une ville crée pour eux loin de la capitale. Les maisons sont des préfabriqués en bois et le mur de clôture, naturellement, de sable.

https://blogs.mediapart.fr/mauro-niger/blog/120519/niamey-une-cite-de-sable

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