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TERRITOIRES ET ACTIONS

Au Niger, se promener parmi les girafes en liberté

Caroline Hick-rtbf.be

 Casquette vissée sur la tête, Tracy sort délicatement son smartphone de sa poche. Sous le soleil brûlant de la savane nigérienne, elle et ses compagnons de voyage veulent immortaliser l’incroyable spectacle qui s’offre à eux. A quelques mètres à peine, quatre girafes se promènent nonchalamment, sans crainte et en totale liberté. Pour Tracy, américaine en voyage professionnel au Niger, visiter la réserve de Kouré, à 60 kilomètres à l’est de Niamey, figurait parmi ses priorités extra-professionnelles. « La girafe, c’est mon animal préféré. Voir ceci…ça me touche vraiment. C’est tout à fait incroyable, cela n’a rien avoir avec les zoos, dans lesquels je n’ai d’ailleurs plus mis un pied depuis vingt ou trente ans!« , chuchote-t-elle.

Tracy immortalise l'instant dont elle a longtemps rêvé. Tracy immortalise l’instant dont elle a longtemps rêvé. – © Caroline Hick – RTBF

Derniers troupeaux d’Afrique de l’Ouest

Ce spectacle, Tracy n’aurait sans doute pas pu le voir sans l’implication d’une association, l’AVN, l’Association pour la valorisation de l’éco-tourisme au Niger. En 1998, elle crée un parc pour tenter de sauver la girafe peralta. Jadis répandue dans toute l’Afrique de l’Ouest, on ne compte plus, au milieu des années 1990, qu’une cinquantaine d’individus à l’est de Niamey. « Aujourd’hui, le bilan est positif« , explique Hama Moumouni Dibachir, guide touristique et président de l’Association des guides de l’AVN. « Le dernier recensement a été effectué en 2014 et on comptait alors 499 individus, répartis au sein de plusieurs troupeaux« . Aujourd’hui, le parc, géré par l’État nigérien, s’étend sur 116 625 hectares et n’est toujours pas bordé de clôtures. Les girafes vivent donc réellement en liberté. « Pendant la saison des pluies, elles restent ici, sur ce plateau. En fin de saison, elles se déplacent vers des régions où se trouvent des mares permanentes. » Pour 13€, un guide (obligatoire) vous permet d’aller à leur rencontre en pick-up. Tracy a eu de la chance, cela n’a pris que quelques minutes, mais il faut parfois 45 minutes de patience pour repérer un troupeau sur le vaste site.

Difficile cohabitation avec les girafes

Si les girafes émerveillent les touristes, pour Aïssa, c’est chose commune. Il faut dire que les girafes sont ses voisines. Animaux et population locale cohabitent dans la réserve de Kouré. Les habitants ont d’ailleurs été associés à la création du parc, pour lui assurer son succès. Car avant la création de l’AVN, la girafe était principalement menacée par l’homme. « Elles étaient abattues pour être utilisées dans des préparations pharmaceutiques traditionnelles ou pour leur viande« , explique Hama Moumouni Dibachir. « Et au-delà de cela, les habitants étendaient leurs champs de culture au détriment des girafes. Ils coupaient également les arbres pour faire du feu et se nourrir« . Aujourd’hui, les habitants sont maigrement dédommagés pour les pertes occasionnées par les mammifères. « Maintenant, elles s’attaquent à nos champs de haricots. Pendant la saison sèche, c’est les mangues », se lamente Aïssa, que nous croisons en compagnie de ses nombreux enfants et d’autres villageois. « Nous, nous souhaitons que les girafes restent, mais nous voudrions aussi des aides plus importantes. La mairie ne trouve pas assez d’argent pour nous apporter un soutien financier« .

Peu de touristes, peu de rentrées

50% du prix billet d’entrée sont pourtant destinés à venir en aide aux villageois. Problème: les touristes se font extrêmement rares désormais au Niger. « On arrive à avoir quelques visiteurs, surtout le weekend« , explique Hama Moumouni Dibachir. « Environ deux voitures par jour. Mais c’est malheureusement beaucoup moins qu’il y a cinq ans. », déplore-t-il. « 90% des visiteurs sont des expatriés qui viennent de Niamey ou des pays voisins« . Pourtant, l’expérience en vaut le détour. Une vraie parenthèse magique en plein cœur de l’Afrique.

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_au-niger-se-promener-parmi-les-girafes-en-liberte?id=9595805

3 commentaires pour Au Niger, se promener parmi les girafes en liberté

  • Eve

    Pour les avoir vues, c’est vraiment magique de voir ces girafes blanches en liberté.

  • Gervais

    Rappelons que vers 1910 la ligne téléphonique reliant Gao à Niamey était fréquemment interrompue par le passage des girafes allant s’abreuver au fleuve. Au lieu de hausser les poteaux de un ou deux mètres, l’administration coloniale (militaire) a trouvé plus simple et efficace de distribuer des fusils aux villageois sonraïs de la vallée du fleuve. On connaît la suite.

    L’initiative de cette ONG américaine est louable et nécessaire, vu l’incurie de l’État au Niger. Mais sera-t-elle durable ? Car, à l’heure du terrorisme islamiste on ne peut plus compter sur les revenus du tourisme. Et les paysans doivent être indemnisés pour les dégâts causés à leurs cultures; à défaut de pouvoir sanctuariser cet espace en instituant une réserve biologique (faune et flore) totale.
    Dans les années soixante l’administration locale des Eaux-et-Forêts pouvait encore vendre des droits d’abattage à des amateurs de trophées étrangers, et fortunés. Aujourd’hui, éléphants, rhinocéros, girafes,etc… même combat pour les défenseurs de la planète.

  • AÏTA

    En 2004, quand j’étais inspecteur régional des Eaux et Forêts de Tombouctou, on m’avait signalé un couple (au fait deux vieux mâles) de Giraffes qui rodaient dans les pourtours des lacs de la Boucle du Niger dans la région de Tombouctou.

    Je voulais faire capturer ces 2 échantillons qui restent de nôtre faune « giraffique » disparue depuis les années 1980, pour meubler le Zoo de Bamako; ma direction centrale m’envoya un Européen (Suédois ou Norvégien) qui s’est proposé au sauvetage de ces 2 spécimens qui narguaient les braconniers maures de l’Azawad.

    Avec surprise, j’apprends que cet expert en capture et transport des grosses bêtes sauvages s’est retourné, en cours de chemin, sur Bamako d’où il est parti, fâché du non respect d-horaire à son hôtel de Mopti par l’agent forestier qui le guidait vers moi qui a pris 2 heures de retard de rendez-vous, le mécène a dû être dévié vers les Dogons de Bandiaara.

    J’ai produit un devis de 10 millions de Fcfa pour faire capturer les 2 giraffes et les faire transporter sur Bamako, depuis Youvarou (lac Débo) qu’elles ont atteint dans leur transhumance sans berger ; je n’ai eu de suite et mes giraffes se sont évanouies dans la nature dans le Gourma et, après, plus de giraffes au Mali.

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