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En attendant Godot et d’autres comme lui au Sahel

Le blog de Mauro Niger –21 mai 2020

C’est une œuvre digne du meilleur Samuel Beckett, bien connu dramaturge irlandais. Les bienfaiteurs globaux et certains agents locaux l’avaient annoncé, pronostiqué et même quantifié. L’impact du Coronavirus en Afrique en général et au Sahel en particulier aurait fait des ravages.

 Le Secrétaire Général des nations Unies, Antonio Guterres, avait en effet affirmé dans une interview aux micros de Radio France Internationale (RFI) et France 24, que selon lui il fallait au moins 3 mil milliards des dollars et une action concertée à niveau international pour éviter une hécatombe en Afrique.  Selon lui une propagation du virus aurait pu faire des millions de morts et de personnes infectées. Par la même occasion il avait sagement invité, dans un appel solennel, à un ‘immédiat cessez-le-feu, partout dans le monde’ afin de préserver, à cause du Covid-19, les civils plus vulnérables dans les Pays en conflit. Bien sur l’invitation en général n’a pas été respectée, par exemple en Libye et en Syrie mais surtout par les mercenaires et les commerçants d’armes. En effet, selon le dernier rapport de l’Institut International de Recherche sur la Paix (SIPRI) de Stockholm, les dépenses militaires ont dépassé la somme de 1 900 milliards de dollars. Le président du Niger, dans une interview exclusive sur RFI et France 24, affirmait de donner raison à Guterres sur la possibilité de millions des morts en Afrique à cause de la pandémie. Pour cette raison, le chef d’Etat, appelait la Communauté Internationale à un nouveau ‘Plan Marshall’, avec le but d’aider les pays du continent à affronter l’inédite crise sanitaire. Ici au Sahel, selon une note confidentielle du ministère des affaires étrangères français, toujours à cause du Covid-19, les Pays auraient dû s’effondrer. Nous attendons encore Godot.

De 83 000 à 190 mil personnes pourraient mourir de Covid-19 en Afrique et de 29 à 44 millions pourraient être infectés pendant la première année de l’épidémie si les mesures de confinement à la maladie échouent. Cela est le résultat d’une nouvelle étude du Bureau Régional de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Cette recherche se base sur des modèles de prévision opérés sur 47 Pays africains, où la population totale est environ un milliard d’habitants. Selon un autre modèle provisoire, encore de l’OMS, les cas pourraient passer de quelque millier à 10 millions en 6 mois même si Michel Yao, chef des opérations d’urgence pour l’OMS Afrique, a déclaré qu’il s’agissait d’une projection qui pourrait changer. En attendant Godot notre Afrique commence à se déconfiner et en particulier au Niger, après avoir rouvert les lieux de culte on a rompu l’isolement de la capitale Niamey du reste du Pays. Concernant l’Afrique, selon le Centre de Prévention des maladies de l ‘Union Africaine (CDC), elle comptait, à la date, 92 348 cas de Covid-19 et 2 912 décès dus à la maladie. L’Afrique du Sud est le Pays le plus touché, les autres attendent Godot.

Dans l’œuvre de Beckett, Godot, inconnu personnage, arrivera presque surement  ‘demain’ et tout le théâtre tourne autour d’une attente qui n’aboutira pas. Godot représente l’attente à l’état pur, sans remises ou excuses de sorte. C’est l’attente d’un possible qui reste tel jusqu’au bout. Ainsi il en est pour le Covid-19 en Afrique, on serait tentés de dire. Une fois de plus on a projeté pendant des décennies sur le continent les imaginaires d’un état d’abandon et désespoir, il ne fallait qu’un pas pour prophétiser une catastrophe sans merci. Il n’en est pas ainsi car, dans notre ‘bateau de sable’, l’ on ne saurait confiner ni la pauvreté ni l’espoir. Les deux sortent ensemble d’un même sein dont l’Afrique a su, jusqu’à présent,  garder le secret. Ici nous attendons depuis 20 mois le P. Pierluigi Maccalli et son compagnon de mésaventure Nicola Ciacco, ténus en esclavage par des faux combattants en quête d’argent quelque part au Mali. On attend l’eau pour boire et pour se laver les mains et puis garder les petites distances possibles pour les passagers d’une même pirogue qui navigue dans le sable. Les chefs d’état et les communs citoyens s’attendent que Dieu protège leurs Pays avec des potions divines. Les migrants et les réfugiés, présentement bloqués dans les Centres où quelque part dans les déserts, attendent que les couloirs humanitaires les aident à passer les frontières. Enfin Germaine, une coiffeuse sans travail depuis des mois et qui pensait que le Covid-19 pouvait se transmettre comme du vent, assure que chaque matin, à son réveil, elle danse pour louer Dieu.

https://blogs.mediapart.fr/mauro-niger/blog/210520/en-attendant-godot-et-d-autres-comme-lui-au-sahel

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