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Le trafic de faux médicaments: Un phénomène illégal, meurtrier et mal sanctionné au Niger

Infosplusgabon-13 Septembre 2019

Le trafic des médicaments contrefaits ou faux médicaments, un phénomène très répandu en Afrique, s’observe aussi au Niger, où, régulièrement, des saisies de ce type de produits sont faites par les autorités compétentes.

Les produits saisis sont essentiellement des médicaments de première nécessité. Au premier rang, on trouve des antipaludéens, des anti-inflammatoires et des antibiotiques, mais aussi des anticancéreux et des antirétroviraux.

Le trafic de médicaments explose aussi bien dans les pays émergents que dans les pays riches.

L’Afrique subsaharienne est la région la plus touchée par ce trafic, qui cause la mort de centaines de milliers de personnes, sur le continent, chaque année.

Un médicament sur dix commercialisé dans le monde est faux, estime l’OMS. Un pourcentage qui atteint 30 pc en Afrique, en pénurie chronique de produits pharmaceutiques.

En mars dernier, c’est un faux vaccin contre la méningite qui a été découvert au Niger.A Niamey, la capitale, dans les rues et dans des boutiques, ces produits de la mort sont exposés et vendus partout. Au vu et au su de tous.
« Certaines pharmacies s’approvisionnent ici. Il y a de tout ici ! », dévoile Kassoum Issia, un revendeur de ces produits au Grand-marché de Niamey, où les revendeurs des « médicaments de la rue » occupent une large place dans le centre commercial.Juste à côté, Zakari Abdou, un vendeur assis devant un large étal de produits pharmaceutiques de toute sorte, raconte : « Beaucoup de personnes viennent avec leur ordonnance médicale pour s’approvisionner ici, tout comme les propriétaires de cliniques privées ».Cependant, il refuse de dévoiler sa source d’approvisionnement, mais souligne que les vendeurs et les fournisseurs de faux médicaments sont organisés, c’est-à-dire qu’ils font des réunions pour « réguler » le marché.Abdou ajoute, « les gens nous emmerdent, alors qu’eux-mêmes viennent nous acheter ces médicaments ».

Surveillance défaillante, offre de santé insuffisante, pauvreté, corruption favorisent le commerce des faux médicaments.
A cela s’ajoute le problème de la porosité des frontières. Car, « les frontières, par lesquelles transitent ces marchandises, souvent venues d’Inde ou de Chine, restent trop perméables », justifie le douanier Mahaman Salou.

Dans ce contexte, l’Afrique est devenue le terrain de jeu préféré des trafiquants de faux médicaments. Sans parler de « certains responsables de santé publique corrompus, qui font leur marché au rabais en Chine et en Inde, où sont fabriqués l’essentiel de ces produits », rapporte le responsable d’une pharmacie privée de Niamey.
« Pour (en) vendre, il faut avoir une clientèle, or les malades pauvres sont plus nombreux dans nos pays que partout ailleurs dans le monde », explique, quant à lui, Moussa Issaka, spécialiste des maladies infectieuses.

Nafissa Soumana, une jeune femme habitante du quartier Boukoki, en a fait la fatale expérience. Mère de deux enfants, elle est morte d’un arrêt cardiaque à 25 ans. En cause, son recours à un médicament utilisé pour traiter le cancer du sein qui a, aussi, pour effet d’augmenter la masse musculaire chez une personne.Aujourd’hui, ses parents – qui ont témoigné – n’ont plus que leurs larmes pour pleurer. La mort de leur fille a été qualifiée de naturelle par le médecin légiste, et aucune procédure n’a été engagée contre ceux qui l’ont approvisionné.

Les Etats pauvres n’ont pas les moyens suffisants pour s’attaquer réellement aux trafiquants de médicaments, qui innovent en permanence pour échapper aux contrôles.

« Les gouvernements africains, qui ont beaucoup d’autres préoccupations, n’ont pas la possibilité de mettre à la disposition des douaniers et des policiers les moyens nécessaires pour une contre-attaque efficace », souligne quelque peu résigné le douanier.

Selon Mme Aminatou Souleymane, membre de l’Ordre National des Pharmaciens, le secteur pharmaceutique légal enregistre chaque année une perte de près de 35 milliards de francs CFA, dont plus de 3 milliards destinés à l’Etat.Selon elle, « les criminels profitent du fait qu’à l’inverse du trafic de stupéfiants, le commerce de faux médicaments demeure largement impuni dans le monde, notamment dans nos pays, étant considéré comme un simple délit de violation de la propriété intellectuelle, alors qu’il est pourtant responsable de centaines de milliers de morts par an.

our lutter contre ce fléau, au niveau régional, des politiques communes ont été adoptées, notamment par l’intermédiaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), observe un responsable de la Douane nigérienne, qui a requis l’anonymat. »Des coopérations douanières ont été mises en place dont certaines ont eu de bons résultats. » En juin 2018, « l’Organisation mondiale des Douanes (OMD), en collaboration avec 18 pays africains, a intercepté près de 260 millions de médicaments illicites », précise-t-il.

Ces dernières années, malgré la répression, le trafic a continué à progresser dans tout le continent. »On est dépassé. Il est impossible de dissocier le bon produit de la falsification. Le mauvais circuit d’approvisionnement, l’exercice illégal de la profession de pharmacien… tout cela concourt à obtenir un produit dont on ne peut pas garantir la qualité », rapporte Mme Souleymane.

Dans le cadre de la mise en œuvre des réformes du secteur de la santé publique au Niger, le ministre de la Santé a mis en place, entre autres, des inspections régulières des systèmes de santé. Ainsi, une dizaine des centrales pharmaceutiques privées spécialisées dans l’importation de faux médicaments auraient été fermées, certaines de ces centrales appartenaient à des personnes non qualifiées.
C’est le cas de cet ancien député, entrepreneur de son état, et spécialisé dans la construction des classes et centres de santé, qui s’était converti dans le trafic et le commerce des faux médicaments dont plusieurs de ses conteneurs seraient bloqués au port de Cotonou, suite à la décision de la CEDEAO de ne plus faire rentrer dans l’espace africain les faux médicaments.

ans le cadre de la mise en œuvre de ses réformes le ministère de la Santé publique nigérien a interdit l’entrée des faux médicaments au Niger. Cette décision fait grincer des dents à certains des individus qui se sont transformés en véritable importateurs et fournisseurs des médicaments falsifiés, comme cet ex-député.Les autorités nigériennes font de la santé de la population une préoccupation majeure.
C’est ainsi que dans le cadre de la mise en œuvre des réformes dans le secteur de la santé publique visant à améliorer la santé de la population, les responsables du ministère en charge de ce secteur se sont engagés à relever ce défi, à travers des inspections régulières et l’application des textes qui régissent l’organisation du système de santé au Niger aussi bien dans le public que dans le privé.

FIN/INFOSPLUSGABON/MPU/GABON2019, http://www.infosplusgabon.com/index.php/actualites/submenu-1/21687-2019-09-13-14-18-40

 

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