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TERRITOIRES ET ACTIONS

A la Une : l’insécurité chronique au Mali, au Niger et au Burkina

RFI-Frédéric Couteau– 7 mars 2017

« Hier lundi à 6h25 du matin, le poste avancé de guet du détachement de la Gendarmerie Nationale de Ouanzerbé, dans le département de Bankilaré, région de Tillabéry, a été attaqué par un regroupement d’éléments terroristes. La réponse fut immédiate et a permis de repousser les assaillants. Le secteur est quadrillé et des opérations sont en cours afin de les neutraliser. Cependant, nous déplorons cinq morts et un blessé grave dans nos rangs. » C’est ainsi que les autorités nigériennes relatent l’attaque d’hier matin contre ce poste de gendarmerie au nord-ouest du pays, non loin de la frontière avec le Mali et le Burkina. Un communiqué relayé par le quotidien nigérien Le Sahel, sans autre forme de commentaire.

 Dans les médias des pays de la sous-région, le ton monte…

« Au Niger, les terroristes sont bien décidés à profiter de la lenteur que le G5 Sahel met à concrétiser la mise en place de la force régionale, pointe le site d’information guinéen Ledjely.com. Particulièrement exposé aux conséquences de l’insécurité ambiante dans le nord-Mali et victime notoire de la porosité de la frontière d’avec son voisin du nord-ouest, le pays de Mahamadou Issoufou déplore 43 soldats victimes d’attaques terroristes au cours des six derniers mois. (…) Décidément, poursuit Ledjely, les différents groupes terroristes qui écument la bande sahélienne ont à cœur de faire mentir les annonces triomphalistes des autorités de la région. En effet, depuis la longue série d’attentats qui avait pris fin par celui de Grand Bassam, les services de sécurité semblaient avoir repris l’ascendant sur ceux qui s’abritent derrière l’Islam pour propager la terreur et répandre le sang des innocents. Souscrivant davantage à la coopération, aux échanges de renseignements et aux approches synergiques, les différents états-majors auront ainsi réussi à enrayer la spirale des attentats dans les principales villes. Pour autant, relève encore Ledjely, le mal est demeuré, à la fois diffus et rampant. Réalistes, les terroristes se sont détournés des capitales pour rediriger leurs objectifs sur des zones périphériques plus faciles à conquérir, avec comme objectif principal de faire émerger le califat derrière lequel ils courent toujours. »

Autre attaque du même genre, cette fois à Boulikessi au Mali, à la frontière avec le Burkina

C’était il y a 48 heures. « Le bilan fait état de onze morts et quatre blessés au sein des Forces armées maliennes, relève Le Pays au Burkina, dont certains éléments se seraient réfugiés de l’autre côté de la frontière, en territoire burkinabè, pour échapper aux feux nourris des hommes de Malam Dicko. » Malam Dicko, « cet obscur prédicateur radical, comme le qualifie le quotidien burkinabé, un serpent venimeux comme seuls savent en produire les sables du désert, un terroriste de la pire espèce qui n’hésiterait pas à retourner son fusil contre sa patrie et à s’exporter dans d’autres pays. Certainement grisé par ses exploits au Burkina Faso, cet illuminé, visiblement en mal de publicité et de reconnaissance internationale, semble avoir décidé d’étendre sa zone d’influence au-delà de son pays, pour mieux faire parler de lui. Et en la matière, l’on ne peut pas dire qu’il n’a pas réussi. »

Le site d’information Wakatsera fait les comptes : « onze militaires tués au Mali, cinq gendarmes abattus au Niger et un enseignant et un parent d’élève envoyés ad patres au Burkina. C’est le bilan des dernières tueries orchestrées par les terroristes (…). Unis géographiquement pour le malheur et pour le pire, le Burkina Faso, le Niger et le Mali sont frappés presque sans répit par des groupes islamistes radicaux dont les objectifs sont visiblement de semer la panique et la psychose au sein des communautés visées. Même l’état d’urgence, décrété récemment dans cette zone du Niger attaquée hier lundi, n’est pas un facteur dissuasif pour eux. Que dire des raids de Serval ou de Barkhane, et des réunions du G5 Sahel qui sont encore loin de décourager les velléités des hommes du Burkinabè Ibrahim Malam Dicko et du Malien Hamadoun Koufa, ces deux nouvelles terreurs sans frontières ? »

Alors quelles solutions ? Pour Wakatsera, il faut améliorer la coordination entre les forces armées des trois pays et améliorer le renseignement. « Il urge de procurer aux armées burkinabè, malienne et nigérienne les moyens de défendre leur territoire grâce à un service de renseignement à la pointe. Car, l’information, c’est la seule arme dont l’efficacité est prouvée. Sans oublier que le droit de poursuite, bien encadré évidemment, mais délesté de tout formalisme trop lourd, devrait constituer un atout pour des hommes chargés de veiller sur des frontières africaines aussi poreuses que les mailles d’un filet de chasse au gros gibier. »

http://www.rfi.fr/emission/20170307-une-insecurite-chronique-mali-niger-burkina

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