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TERRITOIRES ET ACTIONS

«Au Mali, la France avait soutenu les groupes séparatistes»

Algérie Patriotique-août 1, 2018 – 1:20 –Sadek Sahraoui

Mali

Nicolas Normand, ancien ambassadeur de France au Mali. D. R.

Sans aller jusqu’à remettre en cause la pertinence de la décision de lancer en 2013 l’opération Serval,  Nicolas Normand pense ainsi que c’était une erreur stratégique de soutenir certains groupes au détriment d’autres. Selon lui, la normalisation de la situation devait passer par la neutralisation de tout le monde. «D’abord, dans le cadre de Serval, on avait cru bon de faire un distinguo entre les différents groupes armés, certains (les bandes ″narco-sécessionnistes″ plus ou moins laïques) étant qualifiés de ″politiques″ et les autres, trafiquants d’inspiration islamique ou djihadiste, dominants sur le terrain, étant assimilés, à tort ou à raison, à des terroristes. En réalité, il n’y a pas de bons groupes armés dans un Etat démocratique, et chacun aurait dû être neutralisé ou au moins contraint à un désarmement immédiat», soutient Nicolas Normand.

L’ancien diplomate français estime ainsi que c’était particulièrement une erreur d’avoir favorisé «considérablement» la faction touareg sécessionniste quasi réduite à néant sur le terrain au détriment de Bamako, des autres factions touaregs non sécessionnistes et des autres communautés non touaregs, pourtant majoritaires dans le Nord malien. Pourquoi une erreur ?  Pour lui, «l’appui français aux Ifoghas sécessionnistes a suscité la création de groupes armés touareg pro-Bamako et, aujourd’hui, ces deux factions ne cessent de s’affronter, notamment pour le contrôle de Kidal et sa région, dans une ″lutte des castes″ doublée d’une concurrence pour le narcotrafic».

Nicolas Normand estime également que le principe même de passer un accord de paix avec des groupes armés, survalorisés, a été lourd de conséquences. Pour lui, il a favorisé l’«impunité pour ceux qui ont recouru à la violence en déstabilisant toute une région et donné une prime même à la violence grâce aux avantages divers accordés par l’accord d’Alger, récompensant ainsi le ″syndicalisme de la kalachnikov″». De son point de  vue, cette manière de faire a provoqué aussi  «incompréhension et découragement des populations et communauté laissées à l’écart de l’accord parce qu’elles n’avaient pas pris les armes». C’est pourquoi, ajoute-t-il, «on assiste, après 2015, à une multiplication des groupes armés sur une base tribale ou communautaire, chacun voulant profiter des avantages à négocier et aussi à se défendre contre les autres groupes».

Au passage, l’ancien diplomate français critique le fait que l’opération de désarmement des groupes armés n’a pas encore commencé, ce qui incite certaines communautés non touaregs à se placer sous la protection de groupes djihadistes.

S. S., https://www.algeriepatriotique.com/2018/08/01/ancien-diplomate-francais-revele-mali-france-avait-soutenu-groupes-separatistes/

1 commentaire pour «Au Mali, la France avait soutenu les groupes séparatistes»

  • AG AZAMANE

    « Au Mali, la France entre l’enclume sudiste et le marteau nordiste » par par Bernard Lugan; Malijet/ du 02 Déc 2013
    Le 27 novembre, et pour la première fois depuis le début de l’opération Serval, une manifestation anti-française s’est déroulée au Mali, à Bamako, aux cris de « À bas la France ! ».
    Ces Maliens bien peu « reconnaissants » de ce qui a été fait pour eux font à la France un reproche de fond : interdire à leur armée de se repositionner à Kidal, au cœur du pays touareg. Or, durant la campagne de l’Azawad, notamment lors des combats dans les Iforas, les forces françaises furent renseignées par les Touareg du MNLA contre la promesse de ne pas laisser l’armée malienne se repositionner à Kidal…
    Culbutés par les Touareg, les militaires maliens qui se sont enfuis vers Bamako fin 2011-début 2012, veulent aujourd’hui profiter du bouclier français pour prendre leur revanche et réoccuper la totalité du territoire national, ce que les Touareg refusent. Le 30 novembre dernier, le MNLA, rejoint par le MAA ( Mouvement arabe de l’Azawad) et par le HCUA ( Haut conseil pour l’unité de l’Azawad) a d’ailleurs déclaré qu’il reprenait la guerre contre l’armée malienne. Nos forces vont donc se trouver prises entre deux feux. Comme en Côte d’Ivoire avec Laurent Gbagbo, ceux que nos éléments sauvèrent dans un premier temps, risquent donc de devenir des ennemis qui nous reprocheront de ne pas les laisser rétablir la souveraineté nationale sur l’ensemble du pays. Une aide salvatrice se transformera donc en entreprise néo-coloniale… et la France devra une fois de plus payer l’incohérence de sa politique !
    Comme il fallait s’y attendre, et comme je n’ai cessé de le dire dans tous mes communiqués consacrés au Mali, le problème de fond n’a pas été réglé par l’Opération Serval car il n’est pas militaire. Il n’est pas davantage islamiste, le jihadisme n’étant que la surinfection d’une plaie ethnique millénaire. La question est ethno-politique car le sahel, monde contact entre les civilisations sédentaires des greniers au Sud, et l’univers du nomadisme au Nord, est un Rift racial le long duquel, et depuis la nuit des temps, sudistes et nordistes sont en rivalité pour le contrôle des zones intermédiaires situées entre le désert et les savanes.
    Les élections ne résoudront donc évidemment pas cette réalité géo-ethnographique. Elles ne feront que confirmer la mathématique ethnique locale, l’ethno-mathématique selon ma formule qui me fut tellement reprochée par les butors de la bien-pensance universaliste, mais qui est désormais reprise par les plagiaires qui « pompent » littéralement mes analyses sans jamais me citer [1].
    Dans mon communiqué en date du 14 novembre 2012, j’écrivais ainsi que l’intervention au Mali ne devait pas être construite comme une synthèse entre divers courants, à l’image de ce qui se fait lors des congrès du parti socialiste. Il fallait certes des objectifs militaires clairs -et l’armée française a parfaitement rempli sa mission à cet égard-, mais avant tout une vision politique cohérente et réaliste, à savoir la définition d’un nouvel équilibre entre le nord et le sud du pays.
    Après avoir bloqué les colonnes d’Ansar Eddine qui fonçaient sur Bamako, il fallait donc conditionner nos opérations de reconquête de Gao et de Tombouctou à l’acceptation par les autorités maliennes de l’impératif d’un changement constitutionnel qui aurait une fois pour toutes réglé le problème nord-sud.
    Au lieu de cela, les cerveaux à nœud qui inspirent la politique africaine de la France sont restés englués dans leurs dogmes universalo-démocratiques, refusant de voir que les nordistes ne sont pas les sudistes, que les élections n’ont jamais réglé en profondeur les problèmes ethniques africains et qu’en définitive, nous n’avons fait que repousser le problème.
    Mais qu’importe, puisque les militaires français sont sur place pour solder leurs continuelles erreurs…
    Notes
    [1] Deux exceptions notables, JD Merchet dans son blog secret-defense et Frédéric Pons dans Valeurs Actuelles. Pour les autres, la ligne de conduite est : Lugan sert de banque de données, mais il ne faut pas le citer afin d’éviter de faire « pleuvoir grenades et gravats » sur sa petite carrière…
    Source: bernardlugan

    IBK, la France, le Mnla,… les medias français : Ce qui n’a pas été dit. Maliens, réveillez-vous avant qu’il ne soit trop tard
    du 2 avr 2014
    Les déchainements de la presse malienne suite à l’article d’un journal français, Le Monde, étonnent et devraient désespérer, tous les observateurs avertis des relations d’assujettissement entre Paris et ses ex-colonies, de la perspicacité de nos hommes de médias. Qui aime bien châtie bien !
    Aux cris d’orfraie et aux grandes tirades rhétoriques, pour ou contre le président IBK qui n’en demandent pas tant, il faut simplement se donner cette liberté amicale de dire à nos amis journalistes qu’ils se plantent, se laissent divertir et du coup divertissent le peuple malien… au risque d’être pris de court parle grandes manœuvres sous-terraines de la géopolitique sous-régionale et des balbutiements des rapports de force politique au sein de l’Hexagone.
    En effet, que:
    · des Médias français (pas tout heureusement) soient contre le Mali, ce n’est pas un scoop, comme le disent les journalistes eux-mêmes. Les RFI, France24, Le Monde… ont-ils jamais rien écrit de positif sur notre pays ?
    · un président malien soit la cible d’une certaine presse française, ce n’est pas nouveau. Avant IBK, Alpha et ATT, surtout ATT, ont été de tous les noms d’oiseaux par des médias français.
    · La présence de Michel Tomi à Bamako, c’est connu de tous. Ce « mafieux » français est là depuis les années 90, bref ce n’est qu’un simple héritage de Françafrique avec lequel IBK va devoir composer comme ses prédécesseurs.
    Ces médias français tout constants qu’ils sont dans leur logique de désinformation, de dénigrement et d’insulte envers notre pays et ses dirigeants, défendent leurs intérêts de leur pays et les positions de leurs dirigeants. C’est donc un manque de vigilance de la part de notre presse, qu’on reconnait très engagée et très patriotique (le traitement de cause en une preuve) de se laisser divertir en reprenant pour leur compte la propagande française.
    En effet, je trouve, pour ma part, que c’est une insulte au peuple malien que laisser croire qu’un responsable malien, de surcroit le président du Mali a pu se laisse acheter par un mafieux corse avec un costume ou séjour dans un hôtel de luxe parisien ou Marseillais. Parce que chacun sait que même les journalistes maliens peuvent s’offrir des costumes à 100-300 euros à Paris.
    Donc les histoires de Michel Tomi ce sont de la diversion. J’ai beaucoup apprécié que notre presse ait relevé que cette affaire est une « cabale anti-malienne ».
    Mais, la vraie question, sinon les vraies questions, c’est : pourquoi ces médias français, aiguillonnés par les services secrets français, s’en prennent-ils au plus pro-français des présidents que notre pays ait eus moins d’une année après son élection ? Pourquoi maintenant et dans quel objectif diplomatique ou stratégique ?
    L’article du journal Le Monde intitulé « sur la piste du parrain des parrains » fait suite à un autre article, dans la même trame, mais plus explicite quant à ses motivations : « Mali : l’intransigeance d’IBK » paru dans un autre journal français, Le Nouvel Observateur (N°2575 du 3 mars 2014, page 12).
    Partageons ensemble, les dessus des cartes avec le « téléphone rouge« , une rubrique du journal Le Nouvel Observateur :
    « Mali : L’Intransigeance d’IBK
    On le savait Ibrahim Boubacar KEÏTA (photo), dit ‘’IBK’’, ce vieux briscard de la politique malienne élu à la tête de son pays l’été dernier avec la bénédiction française, était connu pour être un homme à poigne, autoritaire. Pourtant, Paris semble aujourd’hui tomber des nues. « ‘’IBK’’ a un affichage très positif et une pratique très négative », réalise-t-on dans l’entourage du ministre de la Défense. Au Quai-d’Orsay, on prend conscience qu’ »’’IBK’’ estime qu’il ne nous doit rien. Hollande ne peut pas lui dire ‘’il faut faire comme ci ou comme ça’’ ». On aurait pu se contenter de prendre acte si cette ingratitude envers la France qui a arraché le Mali des griffes des djihadistes n’avait pas de fâcheuses conséquences. « On ne se prive pas de lui dire de négocier avec les Touaregs. Mais on n’est pas sûr d’être entendus », grommelle-t-on à la Défense. C’est un euphémisme. « IBK », qui, pendant la campagne électorale, avait promis d’être intraitable envers les rebelles touaregs, reste droit dans ses bottes. Pis, il accuse Paris d’avoir pris parti pour les insurgés. Mais à l’heure où les djihadistes sont de retour dans le Nord du Mali, reconstituent leurs bases, multiplient les attaques et recrutent parmi les jeunes rebelles touaregs frustrés par l’intransigeance de Bamako, il est urgent que le président malien fasse preuve d’ »initiatives fortes pour éviter la porosité des groupes », juge un haut responsable français. Las, non seulement « IBK » fait la sourde oreille, mais « il ne supporte plus la mission des Nations Unies au Mali », déplore la même source.
    Pourtant, « face au frémissement de regroupement des djihadistes, s’il n’y a pas l’ONU pour assurer la sécurité, on ne sait pas qui le fera ». Ni l’armée malienne encore en reconstruction ni les 1 000 soldats français qui resteront dans le désert pour lutter contre les terroristes ne suffiront. « IBK » entendra-t-il le message avant qu’il ne soit trop tard ? »
    Comme on peut le voir, ce que la France reproche à IBK, ce n’est pas ses fréquentations ou ses amitiés (qui sont loin d’être mafieuses), ce n’est pas son intégrité et sa moralité (Paris le sait bien) encore moins ses relations avec Michel Tomi (chacun sait qu’elles ne vont pas plus loin que « bonjour »), mais :
    · Son opposition catégorique de référer, et de prendre les ordres, en tout temps et pour toute chose, à la France.
    · Son « intransigeance » et son « entêtement » à s’affranchir des options préfabriquées pour son pays, dont il clame dans tous les fora et sur toutes les tribunes la souveraineté et l’indépendance.

    · Sa détermination à ne céder sur ses positions clairement affichées et sa volonté à ne rien concéder conformément aux aspirations de son peuple, quant à la défense de la souveraineté de pays et la préservation de son intégrité territoriale.
    · Son refus légitime, largement soutenu par le peuple malien, de composer et de se compromettre avec le MNLA protégé et chouchouté par la France.
    · Son opposition catégorique à l’idée française de large autonomie qui aboutirait à une sorte de fédéralisme, développée par certaines chapelles françaises et aujourd’hui proposée par la Russie de Vladimir Poutine à l’Ukraine.
    En effet, il urge que les maliens se réveillent et fixent sur les enjeux géopolitiques et les convoitises, en cours depuis quelques années, concernant leur pays, notamment sa partie Nord. Ces enjeux dépassent les fréquentations d’un homme fut-il aujourd’hui président de la République.
    Les États n’ont pas d’amis, mais des intérêts. La France a suffisamment fait prévaloir ses intérêts du Nord du Mali (en intervenant comme elle a fait janvier 2013, en s’arrogeant tous les bénéfices de la victoire sur les djihadistes occultant le mérite d’hommes à Konna et à Diabali, en bloquant nos hommes aux portes de Kidal…, et en les cantonnant dans un fortin, comme le rappelle IBK, aujourd’hui à l’intérieur de camp à Kidal) pour que nous maliens, nous nous soudons en bloc pour défendre les nôtres.
    La France n’a pas lâché le Mnla, ni ses solutions autonomistes ou fédéralistes concernant notre pays. Pour la France, Kidal=Touareg. La France nous a libérés, dit la version officielle, mais la France est intervenue, avant tout et après tout pour la défense de ses intérêts avec dans ses bagages le MNLA qu’elle veut aujourd’hui imposer comme le seul et unique interlocuteur de Mali. La France n’a pas changé de politique.
    N’oublions pas qu’en son temps, le chef de la diplomatique française, de Droite, Alain Juppé a chanté et exalté les « éclatantes victoires du Mnla »…, en réalité, victoires de djihadistes comme l’histoire se chargea de démontré dans la débandade des troupes du Mnla face à Ansar dine et au Mujao.
    Hier encore, M. Yves Le Drian a été clair que « à Kidal, les Touareg sont chez eux ».
    Aujourd’hui, les autorités françaises par tous les artifices, veulent contraindre le Mali à céder l’autonomie, en clair, une partie du territoire à leurs protégés du Mnla suivant un schéma fédéraliste bien connu et proposé, le week-end dernier par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, présenté comme la base d’un possible compromis diplomatique à la crise Ukraine et dénoncé par les autorités ukrainiennes comme une manœuvre en vue d’une partition de leur pays et une volonté de la transformer en un État faible et contrôlé de l’extérieur.
    En quoi consiste-t-il ? Une structure fédérale présentée comme protectrice des droits de ceux qui vivent en Ukraine, et principalement de la population russe » dans les régions russophones de l’est, mais qui donnerait la possibilité aux régions de mener indépendamment leur politique étrangère. De cette façon, avec le transfert de pouvoirs de la capitale vers les régions, la Russie veut que les régions ukrainiennes puissent traiter directement avec elle sur tous les sujets. De cette manière, la capitale pourrait perdre le contrôle sur l’Est et le Sud.
    Transposez le schéma russe au Nord du Mali, vous comprendrez pourquoi les Maliens doivent dire à la France : non à l’indépendance et à l’autonomie.
    Une gouvernance locale de large autonomie, maitresse de politique étrangère pourrait alors passer, avec qui vous devinez, des accords internationaux portant sur l’exploitation du pétrole, du gaz et de l’Uranium dont la présence en quantité et en qualité dans la région est désormais une évidence.
    Mais, il ne suffit pas de dire Non. Face aux manœuvres en cours, il faut se réveiller et se donner les moyens de matérialiser notre ambition partagée à vivre dans un Mali « un et indivisible », de taire nos petites divergences pour défendre et protéger notre héritage commun.
    Dernière heure: Le Président malien dans le viseur de la France
    Pendant combien de temps le nouveau président Malien, Ibrahim Boubacar Keita (IBK) va-t-il résister aux bourrasques de la France alors qu’il n’est déjà plus en odeur de sainteté avec le Quai d’Orsay? Un hebdomadaire français révèle qu’il y aurait de fortes odeurs de gaz dans les relations entre Paris et Bamako…
    Qu’est-ce qui se passe entre IBK et un François Hollande confronté à une impopularité record qui aura coûté au PS, la perte lourde des municipales de 2014 ? On pourrait résumer cette brouille qui risque de faire sauter le président IBK en une seule phrase « Ibrahim Boubacar Keita refuse de se coucher et Paris n’aime pas ça…»

    L’hebdomadaire français « Le Nouvel Observateur » n° 2575 du mois de mars qui révèle le contentieux note que l’intransigeance du président IBK à l’endroit des injonctions de Paris continue de faire tomber des nues, les dirigeants Français. Dans l’entourage de Jean Yves Le Drian, le ministre français de la Défense, on découvre en fin de compte un président qui a « un affichage positif et une pratique très négative » d’autant plus que IBK fait savoir à qui veut l’entendre qu’il ne « doit rien à la France » et refuse que « François Hollande lui dise de faire comme si ou comme ça…»
    En fait, l’étincelle qui a mis les nerfs du président malien à fleur de peau viendrait du forcing du Quai d’Orsay afin de l’obliger à négocier avec la rébellion touarègue, les nouveaux protégés de la France. En effet, Paris ne cesse d’agacer le dirigeant malien avec cette volonté de remettre au centre du débat politique malien les rebelles Touaregs. Ces derniers toujours en armes après la campagne militaire de la France contre les djihadistes, seraient tolérer par Paris pour en faire comme à leur habitude, le contre poids politique d’un vieux briscard intransigeant et autoritaire comme Ibrahim Boubacar Keita. De son côté, IBK qui a sans doute compris le jeu malsain de la France avait été clair pendant la campagne de la présidentielle. Il a promis d’être intraitable avec les rebelles Touaregs. Et pour lui aujourd’hui, négocier avec des bandes qui refusent l’autorité de l’État n’est toujours pas à l’ordre du jour. En clair, IBK reste droit dans ses bottes.

    IBK RAPPELLE UN CERTAIN LAURENT GBAGBO …
    Bien plus, le président IBK dénonce, dans son cercle privé, l’immixtion trop voyante de la France dans la gestion quotidienne des affaires de son pays. La France a certes libéré le Mali du péril des djihadistes. Mais de là à ce qu’on lui demande de rendre compte systématiquement à Paris sur un certain nombre de sujets avant toute décision, c’est une posture que le nationaliste IBK refuse d’adopter. C’est même sans doute pour ça qu’il demande certainement le départ des troupes onusiennes de son territoire. Bien entendu, Paris n’aime pas qu’on lui tienne tête. Le souvenir du président Laurent Gbagbo est encore trop vivace dans les esprits.

    Dès lors, on ne s’empêche plus de faire comprendre au président malien qu’il joue à un jeu dangereux. Et ce, à l’heure où les troupes armées de plus en plus organisées sont de retour dans le Nord du Mali. Bien évidemment, le chantage et la menace sont clairement établis pour le président IBK. Soit, il s’aligne, ou alors la France qui a encore 1000 soldats qui surveillent le désert contre les islamistes, lève le pied et arrivera ce qui va arriver. Quitte ou double, IBK qui continue à faire la sourde oreille à ces ordres venus de l’occident, sait désormais à quoi il est exposé. Va-t-il se coucher pour sauver son fauteuil ou s’entêter pour garder l’estime de son peuple? Les prochains jours nous situeront./.
    SOURCE: L’Informateur du 2 avr 2014.

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