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QUI SOMMES-NOUS ?


Association TAMOUDRE,“Touareg, vie et survie”.
Informations, réflexions et actions ciblées autour du DÉVELOPPEMENT et des problèmes de GÉOSTRATÉGIE, [...]

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TERRITOIRES ET ACTIONS

Commentaires

Comment déconstruire le mythe azawadrêve ? 

Mohamed AG HAMATY-Bamako (Mali), le 15 Avril 2017

« Savoir c’est porter la responsabilité d’agir,

et agir, c’est s’engager dans la voie de la réforme de la société.

L’engagement est une responsabilité sociale de l’intellectuel « ;

« Rien n’est facile ni simple. L’engagement intellectuel ne consiste pas à émettre uniquement des idées, même excellentes. L’engagement intellectuel consiste, aussi et surtout, à avoir un esprit démocratique et de débat, c’est-à-dire, à accepter que ses idées ne soient pas retenues par la majorité, même si ces idées sont objectivement excellentes. »

AVANT PROPOS

Pour me faire connaitre par ceux et celles à la bonne attention desquels j’ai écrit cette contribution « critique », je me fais présenter par mon ami Borjo, le sobriquet donné par ses amis touaregs à André Bourgeot qui n’est pas à présenter et qui a préfacé ma précédente contribution intitulée « Toumast en danger de mort » parue, à frais d’auteur, en 2011, largement partagée sur les réseaux sociaux, préface dont je mets, ici, des extraits :

«Sans être donneur de leçons, Wartehen-Ghaçan, est un éveilleur de conscience. Fin observateur de l’évolution de sa société pour laquelle il éprouve respect et amour, il est aussi un remarquable critique. Il ne confond pas la nécessité pour les sociétés touarègues de s’intégrer dans des contextes de mondialisation avec des pratiques d’assimilation qui, selon son expression « singent » les autres. Wartehen-Ghaçan, cet « homme sans os » pour traduire en français son surnom acquis à la défaveur de son état de bébé rond et flasque qui lui fut donné par des Idnan, cousins de ses parents kel-Aghezaf, défend avec une sincérité émouvante les valeurs culturelles de sa société. Il ne s’ensuit pas pour autant, l’expression d’un esprit conservateur : ce qu’il récuse et dénonce, c’est l’imitation, la « singerie » ce qui est une perte de soi au profit de rien. C’est dans sa chair, lui qui « n’a pas d’os », qu’il ressent non le déclin mais la disparition des valeurs cardinales de sa culture pour laquelle il éprouve un attachement quasiment viscéral, une tendresse affectueuse, l’émotion parcourt chaque page : on entend la respiration de cet homme « plein de cerveau ». Qu’est devenue pour lui, la « cause touarègue » pour laquelle certains Kel-Tamacheqh (les Ichoumar, singulier Achamor) ont cru bon de prendre les armes pour l’affirmer à travers, notamment, les notions de toumast (« l’identité touarègue »), l’honneur (tamouchagha) et son contraire, la honte (takaraketh) ?

C’est avec une certaine blessure que Wartehen-Ghaçan décrit le comportement de certains « Ichoumar » intégrés ou « désintégrés » dans l’armée malienne, notamment à propos du mariage dont il dénonce et décrit, en fin ethnographe observateur de sa propre société, la décadence. En quête de vérité, Wartehen-Ghaçan, cet « homme sans os », pourtant bien charpenté « dans sa tête », est aussi un rebelle. J’allais dire un « individualiste-communautaire » qui ne craint pas d’être la cible des critiques de ses coreligionnaires. Qu’importe! Ses écrits, sans provocation stérile, ne peuvent que susciter des réflexions. C’est là, avant tout, des écrits, des points de vue, de l’ironie quelque fois mordante, qui en font un « éveilleur de conscience » qui bouscule la banalisation et donc l’acceptation inconsciente et intériorisée des pertes des valeurs culturelles afin d’éviter que ses frères ne trébuchent pour tomber dans un gouffre. Cette substantifique moelle s’inscrit à l’encontre d’un modèle culturel qui, sans doute sous l’effet d’une mondialisation uniformisatrice, devient dominante au point de l’imiter : mal? Mohammad Ag Hamaty, son nom de naissance, est un militant de l’unité dans la diversité : deux valeurs consubstantielles, porteuses de tolérance et de respect de l’Autre (et donc de soi), quels qu’en soient les Ailleurs.

Il y a dans les écrits de Wartehen-Ghaçan quelque chose de « voltairien », de truculent avec quelque fois de la polémique mais toujours avec un esprit vif, critique,  à la recherche d’une objectivité parsemée de parti pris : mais c’est aussi ça l’affirmation de sa citoyenneté.

Les écrits de Wartehen-Ghaçan font réfléchir et, de ce fait, ce critique procure à ses lecteurs les moyens de se faire une opinion.  Le Mali, plus que jamais a besoin de voltairiens, de citoyens, de républicains, voire de « polémistes »  (non « polémologues…). Assurément, Wartehen-Ghaçan bouscule les idées reçues. Par les temps qui courent (n’importe où), c’est tonifiant. 

La sincérité de Wartehen-Ghaçan transgresse les tabous, ce qui le rend attachant : « on est ce que l’on est » comme l’avait si bien chanté le défunt Mangala Camara et l’on a rien à redire, si ce n’est qu’il faut le lire en conservant son style « parlé-écrit » qui fait également l’intérêt culturel spontané de tout ce qui sort de sa tête: une mine de vie ! 

Introduction

En brandissant le slogan/cri de ralliement « Libération de l’Azawad », le peu glorieux Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) a occasionné, à la communauté touarègue du Mali, la catastrophe/Almaçibat/Alfitna, la plus significative, de toute son histoire.*

La communauté de Kel-Tamasheqh appelée « touarègue » par certains, que les rebelles du MNLA, ces Ichoumar SDF sahariens maliano-libyens, mercenaires battus et débandés de la Libye post-Kadhafi, requalifiés « lévriers pisteurs sahariens » et remobilisés par Sarkozy, le néocolonialiste français, en 2011, avaient menti en disant vouloir sauver les touaregs colonisés par le Mali, en libérant l’Azawad. Le Gondwana des ignares Ichoumar, ces marginaux, déclassés sociaux du Sahara, est un vaste territoire imaginaire supposé couvrir toutes les trois régions du Nord Mali où la communauté touarègue minoritaire a des problèmes que sa sortie voulue du Maliba par les azawadrêveurs ne résoudra pas. En effet, la communauté touarègue, minoritaire numériquement parlant au Mali (2% des 17 millions de maliens), en tant que minorité spécifique (10% des populations du Nord du Mali) qui a une visibilité géographique et historique en étant essaimée sur 60% du territoire du Mali et « diluée » dans une masse non compacte de diverses communautés qui, réunies, représentent une majorité régionale de 90%,

En effet, l’Azawadrêve réverbéré par l’hyper ensoleillement des pistes de fraudes entre la Libye et le Nord du Mali, en passant par le Nord du Niger et le Sud-Est de l’Algérie, et qui est dans la réalité l’espace couvert par les trois région du Nord du Mali, en ce mois de Novembre 2015, est vide du 1/3 des touaregs, réfugiés depuis 2012, dans les pays voisins (environ 150.000 au décompte de fin Octobre 2015), 50% étant des pasteurs nomades transhumants dans l’espace pastoral du Nord du Mali et 10% de citadins pris en otage dans les centres urbains – Kidal étant le « ghetto des kel Adagh » – par les combattants de la coalition mafieuse des apatrides (CMA) et « Ançar-Chéitan » de Iyad ag-Ghali, le Ben Laden saharien.

Aussi, la situation ubuesque des brigands désignés par l’euphémisme « combattants armés » de la CMA, tels des clochards en guenille désœuvrés non encore cantonnés, confirme ce que dit l’adage de chez moi relatif à la tentative avortée de « libération de l’Azawadrêve par les bandits armés, des brigands pilleurs : « Celui qui est allé au ciel, lorsqu’il est revenu, il a trouvé que la terre n’était plus là ». Observé à la lumière des évènements en cours, à savoir la recrudescence du banditisme, du terrorisme et le retard de l‘application de l’Accord-Désaccord d’Alger de Mai-Juin 2015, cet adage « catastrophe » est, de façon surprenante, vécu par les gens du MNLA qui déambulent, gaillardement, dans les régions du Nord du Mali, sous la couverture de la MINUSMA (« Minus-amusement »), en assistant, comme des criminels qui reviennent aux lieux des crimes, à des rencontres dites « intercommunautaires/interethniques  » ou « tribales », le turban bien accroché en haut, la conscience tranquille parce que personne ne leur demande de présenter leur demande de pardon pour les crimes qu’ils ont commis au préjudice de ceux-là qu’ils avaient fait bagarrer entre eux. Je suis mal « barré » d’évoquer une hypothétique repentance suivie d’une demande de pardon par les descendants des « razzieurs et coupeurs de routes transsahariennes » qui, forts de la culture touarègue qui n’a pas dans ses valeurs sociétales le concept « avouer ses fautes et demander le pardon ». En tout état de cause, je bénéficie, moi, l’auteur de cette contribution, du préjugé favorable que mes ancêtres, les « Achérifen marakachi-essoukiens, » de Tamadamakkat du 15ième siècle n’ont jamais eu besoin, Alhamdoulillah, de razzier des caravanes sahariennes. Ce qui me permet ici de « châtier » les Ichoumar qui, s’ils sont « paisibles » et mènent une révolution normale, auraient bénéficié de mon soutien filial et intellectuel.

Comme un coup d’épée dans l’eau, le MNLA avait voulu libérer pour rien un territoire pour des populations pour lesquelles il a entrepris son projet vide de sens ; ce qui confirme, si besoin est, la nullité de son projet « Libération de l’Azawad » en mettant en danger de mort la communauté touarègue du Mali qui n’a pas réclamé et, par conséquent non combattu, pour son « indépendance ». Avec cette « révolution » timorée  et avortée des Ichoumar, le peuple touareg du Mali se retrouve dans la situation du peuple palestinien de l’époque de la création de l’Etat d’Israël en 1947, la Nebka, la « catastrophe » du peuple palestinien dont environ 200.000 personnes se sont réfugiées dans les pays arabes voisins et ne sont pas encore revenues en Israël jusqu’aujourd’hui, situation comparable à la « Almaçibat » vécue par la communauté touarègue du Mali dont environ 300.000 personnes furent réfugiées dans les pays voisins en 2012; le « péché d’Israël » pouvant s’appliquer aux rebelles du MNLA et aux cadres intellectuels touaregs qui les soutiennent ; l’Histoire les jugera comme elle est en cours de jugement pour les porteurs du projet FPLP de Yasser Arafat qui est bien mort avant d’arracher aux juifs, par la guerre, le bout du Territoire de la Palestine que les Nations Unies leur avait octroyé en 1945.

Aujourd’hui, je suis conforté dans mon diagnostic de 2010 qui posait que le MNLA, en s’attaquant à l’Etat souverain du Mali pour lui arracher de force les 2/3 de son territoire, pour, soit disant « émanciper » toutes ses populations confondues du Nord du Mali, n’a pas fait preuve de bon stratège guerrier. En effet, un bon plan d’opérations militaires de conquête de territoire suppose de procéder par libérer des portions du territoire revendiqué par étapes, en commençant par celle de Kidal parce que c’est le bastion des rebelles touaregs et, mieux, c’est la plus homogène du point de vue peuplement touareg par laquelle le MNLA aurait dû tester l’acceptabilité sociale et la faisabilité du fait de « séparatisme » d’avec le Mali. En ce moment, le seul indicateur objectivement mesurable de l’occupation territoriale azawadrêve est l’enfermement des femmes et des enfants qui n’ont pas pu fuir dans le refuge à rats de Kidal intra-muros que la Tachoumara n’Takaraketh se glorifie d’avoir arraché, par fait d’armes, au Mali.

Pour déconstruire le mythe azawadrêve, je n’ai pas eu besoin de faire de studieuses et laborieuses recherches documentaires ; je me suis contenté de mettre en forme des documents que je collectionnais et qui traitent de la question depuis le départ en voyage risqué de « la caravane d’ânes » du MNLA, en 2010, sur le « chemin de croix » des Ichoumar, jusqu’à leur arrivée à Canossa, la signature et le paraphe du «Désaccord » de Mai-Juin 2015. En effet, pour ne pas me casser la tête en vaines spéculations intellectuelles, je fais parler les témoins oculaires de la tragi-comédie ichoumardesque azawadrêve pour leur faire dire la bonne morale de chez moi : « la honte est encore plus honteuse quand elle est montrée.»

  1. Depuis quand le paradigme Azawad, tombé comme un cheveu dans la soupe, était-il une réalité mémorielle, géographique, historique et politique ?

Quel regard jette un intellectuel malien touareg « anti-rébellion, anti-séparatiste et anti-Azawadien» sur le MNLA et ses thuriféraires ?

Le MNLA (succédané/erzast du MPA-Mouvement Populaire de l’Azawad de la rébellion touarègue des années 90), le Mouvement National pour l’Azawad (rébellion touarègue de 2010) est un mouvement politique et militaire clandestin, subversif, propagandiste, velléitaire qui voudrait hériter et refonder le MPA original dont les cadres, comme Iyad et Zéidane, sont jugés «dépassés» et « vendus» au GRM-Gouvernement de la république du Mali; le MNA «négativiste» nie le Pacte National (lutte intellectuelle contre Zéidane), est carrément rebelle, belliciste, raciste, et intransigeant dont l’objectif final est, en théorie rêveuse (vente d’illusions), « la libération totale de l’ Azawad » qui ne fut jamais un territoire autonome du Mali, administré par une quelconque autorité politique Kel-Tamacheq, par l’appel des touaregs et mêmes des autres communautés Sonraïs, peulhs et Sorkos, à l’incivisme, à la désobéissance civile, à la guerre civile.

Les « constipés de la cervelle », les « révolutionnaires » azawadrêveurs, callés en propagande mensongère, mettaient en avant le paradigme, slogan, cri de ralliement qui dénie au Mali l’appartenance des 3 régions du Nord dont Azawad est l’appellation selon les promoteurs azawadiens en copient/collent le projet «politique» de l’ADC-Alliance Démocratique du 23 Mai 2006 ; Ibrahim ag Bahanga étant considéré, avant sa mort, comme pouvant, potentiellement, assurer l’aile militaire du MNA ; les héritiers bahangistes, auxquels s’allie Alghabass Ag- Intalla, un député malien, élu à Kidal, portent le flambeau MNLA, selon les dernières nouvelles).

Les «géniteurs» du MNA sont des jeunes touaregs « déboussolés » d’obédience « Fel-kel-Azawad» (« Lutte pour la Cause du Peuple Kel- Tamacheqh », une sorte de Toumast guerrière dite de la «Jeunesse kel-Tamacheqh Eveillée» de Mossa Ag Chaghatmat. Le MNA, fondé en 2009 par des jeunes pseudos intellectuels touaregs, des étudiants de l’Université de Bamako, « tout-venants» des ethnies touarègues de Gao, de Ménaka et de Kidal, un «patchwork» (« tabardé », en Tamacheqh) dont Mossa Ag
Chaghatmat est le gourou, ce chef contesté depuis Mai 2011 suite au premier congrès du MNA avorté à Tombouctou par la Sécurité d’Etat qui a embastillé les meneurs, sauvés, de justesse, par l’intercession des femmes leaders touarègues qui ne sont pas engagées dans ce coup fourré des rebelles touaregs.

Les questions suivantes furent posées (et non répondues) aux jeunes touaregs qui défendent « les couleurs» du MNA/ MNLA sur les réseaux sociaux (Facebook essentiellement); ceux-ci affirment, urbi et orbi, qu’ils représentent l’intérêt du peuple Kel-Tamacheqh, y compris contre des «Tamachecophiles» affirmés (comme moi !) et autres qui ne sont pas de l’ethnie kel Tamacheqh/kel Etel (les enturbannés):

  • en quoi, les Azawadiens «fieffés» sont l’émanation du peuple Kel-
    Tamacheqh?

  • Qui les a mandatés ?

  • Quelle est leur audience?

  • A qui rendent-ils compte de leurs actes?

  • Quelle est la base juridique, politique et historique qui fonde le concept « Libération de l’Azawad » ?

De mon point de vue, il n’y avait jamais eu, dans l’histoire du Sahara et du Sahel, de territoire autonome administré par des touaregs sur l’espace des 3 régions du Nord du Mali.

Qu’est-ce qui fait dire à certains que le Mali doit libérer les 3 régions de son septentrion qu’il a colonisées depuis 52 ans? Ne serait-ce pas que des négationnistes, des nihilistes, des affabulateurs et des falsificateurs de l’histoire de notre « pays touareg» qui nourrissent un esprit, présent et passé, de revanche par rapport à certaines ethnies du Mali (Soninkés, Bambaras, Songhoïs, Sénoufos et Peulhs) qui avaient eu, par le passé, des empires et des royaumes sur le même territoire qu’ils appellent « Azawad » et que, au nom de cette volonté de revanche « historico-ethnocentrique touarègue », les MNLAistes poussent à la création, par la force, d’un « Etat-Emirat-Bantoustan saharo-sahélien» qui serait dédié aux touaregs, comme le Sud-Soudan coupé, chirurgicalement, du Soudan pour y encloser des ethnies bantoues chrétiennes qui n’ont pas tardé à ce canarder entre elles pour le leadership politique?

Azawad géographique versus Azawad politique.

Azawad géographique: c’est la vallée fossile du Sahara Central qui s’appelle, en
Tamacheqh, «
Azaoua » (le « plat » imagé comme le récipient plat dans lequel on sert les repas) qui a une superficie de 380km2, toute comprise dans la seule région de Tombouctou, entre la bourgade d’Araouane et les salines de Taoudéni (épicentre de l’Azaoua, terre ingrate parce que desséchée, sans eau buvable, brûlée par 50° de chaleur, parcourue en permanence par des vents décapants du harmattan.)

Azawad politique: c’est la zone en cours d’érection en 9ième région au Mali
appelée « région de Taoudéni» que je prénomme « 
Assahra » dans le cadre de la déconcentration/décentralisation par ATT, en fin 2011, pour faire plaisir aux « clientélistes » arabes sahariens ; ces fraudeurs narcotrafiquants dont les bergers de chamelles nomadisent dans cette partie saharienne qui est leur point d’attache politique (voir mes propositions placées en « queue » du document.

D’où provient le paradigme « Libération de l’Azawad » ?

La rébellion touarègue des années 1990 fut théorisée, déjà au milieu des années 1980, par Kadhafi qui suggestionna, en leur lavant la cervelle déjà encrassée de misère, de jeunes touaregs de Kidal réfugiés des sécheresses 1973 et 1984, militarisés et engagés « mercenaires à la Bob Denard » dans la «Légion Saharienne» pour déstabiliser les pouvoirs politiques en place dans la bande saharo-sahélienne; le Guide de la Jamahiriya Libyenne ayant fait le testament de créer des « foyers touaregs» du genre Etats, au Mali et au Niger, en rebellant les jeunes touaregs émigrés en Libye contre le Mali et le Niger.

Ce qui suit me fut raconté par de jeunes kel-Antessar de Goundam émigrés en Mauritanie, par suite des effets collatéraux de la rébellion touarègue des années 90, recrutés « supplétifs » de l’armée de l’Ouest du FPLA-tendance Chamanamas, de Rhissa-Gova et de Zéidane ag-Sid’Alamine, que j’avais questionnés à Nouakchott, en 1997.

D’après mes fistons ansariens avec lesquels j’avais de bons rapports, le paradigme «Libération de l’Azawad» est «sorti de la propre bouche» du Vénérable Mohamed Ali ag-Attaher qui avait reçu une délégation d’Ichoumar (exodés de l’Adagh en Libye des sécheresses du Sahel 1973 et 1984), préparant la rébellion de 1990, venant de la Libye pour saluer l’Amenokal, en 1988, repart avec le sigle/slogan «Libération de l’Azawad», seule soutien moral et politique que l’Amenokal des kel-Antessar de Goundam, vieillard sénile à cette époque, pouvait offrir à cette deuxième génération de rébellion touarègue au Mali.

A cette occasion, le Patriarche Amenokal des kel-Antessar de Goundam a eu l’insigne honneur de faire valoir son assistance aux Alfalaga d’Aladi (révolte des jeunes Ifoghas, en 1963), le devancier de Iyad (l’instigateur de la rébellion de 1990). Ainsi glorifié et requinqué par la primauté de donner le nom de baptême à la deuxième génération des rébellions touarègues, le sénile et grabataire Amenokal fut flatté par la venue des rebelles Ifoghas depuis la Libye de son filleul Mouammar al-Ghaddafi (« Mohammad ag-Ghazafi-Gadadafa », en Tamacheqh) jusqu’à la périphérie de son tombeau au Maroc où il réside. Il faut rappeler que depuis sa libération par Moussa TRAORE, en 1975, à la suite de sa détention par Modibo KEITA pour son soutien avéré et non démenti, à la révolte des jeunes kel Adagh de 1963.

En 1988, Mohamed-Ali ag-Attaher, appelé par les Ichoumar «le Lion de l’Azawad », vieillard sénile, espérait voir (ou entendre ?) que la «République des Lithamés» qui couvrirait « son » Azawad géographique et historique (épicentre, le cimetière d’Ahmad ag-Adda, le marabout chérifien qui fonda Araouane au 16ième siècle) , sera créée en lieu et place des trois régions du Nord du Mali comme il en fit appel au Général de Gaulle en 1957 – sans citer le territoire en question ; il se rattrape – avec ses camarades de l’époque, les chefs tribaux touaregs et arabes de Tombouctou, , à la veille des indépendances des colonies de l’Afrique de l’Ouest (voir plus loin la fameuse lettre des chefs de tribus sahariennes du Soudan français).

« Lettre adressée à Sa Majesté Monsieur le Président de la République française par les chefs coutumiers, les notables et les commerçants de Boucle Niger (Tombouctou, Gao et Goundampostée par le pseudo Aman-Iman Lundi, 28 Février 2011 sur le forum de Kidal Info.

Tombouctou, le 30 mai 1958

A Sa Majesté Monsieur le Président de La REPUBLIQUE FRANCAISE À PARIS

Monsieur le Président de la République,

Nous avons l’honneur de vous réitérer très respectueusement notre Pétition du 30 octobre 1957 en sollicitant votre haute bienveillance une suite très favorable.

Nous avons l’honneur de vous déclarer très sincèrement une fois de plus que nous voulons rester toujours français musulmans avec notre cher statut privé.

Nous vous affirmons notre opposition formelle au fait d’être compris dans un système autonome ou fédéraliste d’Afrique noire ou d’Afrique Nord. Nos intérêts et nos aspirations ne pourraient dans aucun cas valablement défendues tant que nous sommes attachés à un territoire représenté forcement et gouverné par une majorité noire dont l’ethnique, les intérêts et les aspirations ne sont pas mêmes que les nôtres.

Nous vous assurons que nous ne pourrons sous aucune force soumettre à cette autorité africaine que si ce n’est pas la France nous l’ignorons totalement. C’est pourquoi, nous sollicitons votre haute intervention équitable pour être séparé politiquement et administrativement et le plutôt possible d’avec le Soudan Français pour intégrer notre pays et sa région Boucle du Niger au Sahara français dont faisant partie historiquement sentimentalement et ethniquement. Ce sont nos ancêtres sahariens, les Touaregs et les Maures nomades et sédentaires qui ont habité et dominé le Sahara, des milliers d’années avant l’islam. Ce sont les fondateurs des grandes villes sahariens, Ghana, Aoudaghost, Immaddadra, Araouane, Tademakkat (Essouk de Kidal) Gao (de Tademakkat et Gao de Haute- Volta) Tombouctou etc., etc. Nous n’étions jamais soumis à aucune autorité d’Afrique Noire ou d’Afrique Nord. Ce sont nos ancêtres sahariens qui avaient conquis l’Afrique du Nord (où Ils y avaient fondé Marrakech) et l’Afrique Noire comme l’histoire écrite l’atteste. Si Tombouctou a parfois été conquise par des africains noirs ou blancs, elle n’est jamais restée aux mains des envahisseurs mais libérée toujours par ses fondateurs.

Jusqu’au passage des explorateurs européens, notamment Monsieur René Caillé et ses suivants et jusqu’à l’arrivée française : Tombouctou et ses régions étaient sous la domination de ses fondateurs : les Touaregs et les Maures (Moulethimines de Sanhadja, sonraye-assîkya, Armas, Berabiche, Kounta et leurs assimilés dans la même ethnie des Touaregs et Maures nomades et sédentaires. C’est avec ces Touaregs et Maures que la France avait traité les affaires du Pays:

1°) Par l’intermédiaire de Elhaj Abdoul Kader, Ambassadeur de Tombouctou à Paris, Janvier 1885, dix ans environ avant l’arrivée française ;

2°) Avec les chefs Maures et Touaregs après l’arrivée française et non jamais avec les africains noires du Soudan (partie sud du Haut Sénégal-Niger) qui n’existait pas encore à cette date.

Au point de vue historique, étymologique et terminologie, le mot Soudan employé dans les livres chroniques veut dire l’expression bilad-essoudan qui signifie pays des noirs qui s’applique à toute la partie qui contient des africains noirs située au sud du Sahara, c’est-à-dire au sud de la Boucle du Niger et jamais dans la langue usuelle le soudan colonie créée et baptisée par les français et dont les limites comprennent les régions sahariennes nord soudanais. Ces dernières régions n’ont jamais été appelées soudanaises qu’après les organisations administratives françaises surtout 1921.

Tout ceci montre clairement le caractère artificiel des frontières de cette partie de l’AOF. Les lignes de démarcation n’y ont jamais tenu compte des réalités ethniques et économiques. Tous ces remaniements et divisions administratives qui furent peut être valables il y a vingt ans, sont largement dépassés à l’heure de l’avion, du téléphone et de Radio et l’heure où la France a octroyé le droit politique à la population de F. O. N. Ces droits sont toujours détenus par une minorité insuffisamment représentative de l’ensemble des populations à cause de la très forte proportion d’abstention d’une part et d’autre part les populations de territoire de Soudan notamment ne forme jamais un ensemble homogène mais composé des populations totalement différentes, sans ethniques, sans coutumes ou traditions communs mais tout les différencie. Cette minorité politicienne africaine dont les éléments ne sont même pas véritablement citoyens de leur propre pays, en ignorant totalement les cadres traditionnels de la vie africaine, a porté par la politique des parties à la population des graves atteintes ; désocialisation dans les familles, une complète incompréhension dans les villages, cantons et tribus, de lourdes charges aux contribuables, des profonds mépris à l’égard des français musulmans traditionnels et particulièrement les Touaregs et leurs assimilés, les Maures et enfin jusqu’à songer la séparation d’avec notre patrie la France au contraire aux aspirations de la majorité des populations autochtones qui tiennent à rester partie intégrale de la Nation Française avec leur statut personnel.

Avant cette nouvelle réforme, les ordres qui viennent de Saint-Louis, Dakar, Kayes, Niamey et Koulouba ne sont considérés par nous comme émanant d’une autorité proprement soudanaise, mais comme émanant de la France elle-même. Donc il a été nécessaire (et jusqu’à présent, il n’est pas encore trop tard) avant d’appliquer la loi cadre de réorganiser les territoires de l’Afrique Française afin que les groupes de chaque population de mêmes intérêts, mêmes coutumes et mêmes traditions se retrouvent ensemble et non séparés comme actuellement. Pour cette solution juste que nous insistons d’appeler votre haute autorité sur laquelle nous comptons toujours pour que la France établisse un barrage infranchissable entre notre pays et nos voisins d’Afrique Noire et d’Afrique du Nord dont chacun d’eux depuis quelque temps considère indûment notre pays comme le sien par revendication et prétentions fallacieuses, injustifiées, sans valeur, ni fondement.

En conséquence, nous attirons très respectueusement votre attention bienveillante sur les conséquences, si la France ne prend pas d’urgence une mesure favorable et juste dans l’intérêt de tous, ou bien des troubles locaux regrettables surviendront, ou bien il y aura des émigrations vers le Nord ou vers le moyen Orient.

En attendant une suite favorable, nous avons l’honneur de vous exprimer une fois de plus notre serment de fidélité des Français musulmans, notre vive gratitude et nous vous serions très obligés d’agréer Monsieur le Président de la République l’expression de notre très haute considération et profonde respect.

Vive la France, vive Tombouctou Sahara français.

Rédigé à Tombouctou le 30 mai 1958, avec la demande des soussignés par Mohamed Mahmoud Ould Cheikh, cadi de Tombouctou.

PS: Cette lettre a été signée par plus de 300 chefs de tributs ; pour ceux qui souhaite avoir les noms des signaleurs, contacter azawad2010@yahoo.fr.

Mes commentaires :

Mohamed Mahmoud Ould Cheikh Sidi Albakaye, le Cadi de Tombouctou, l’instigateur et signataire de cette pétition, est un marabout Kounta qui est, dans cette affaire, plus « politique politicienne » que Cadi ; en effet, ce marabout atypique se mêle des affaires tribales sahariennes alors qu’il n’en est pas un. C’est pour dire que Sidi Békaye, le nom contracté du Vénérable Cadi de Tombouctou, en 1957 sur le fronton du camp militaire de la garnison de Tombouctou, étant un brave homme qui dit ce qu’il pense, fut instrumentalisé par des chefs tribaux qui veulent garder leur « statut personnel », des passe-droits accordés par les colons français, surtout les arabes qui contrôlaient, à l’époque, le commerce transsaharien Soudan-Maghreb et les caravanes Azalaï de sel de Taoudéni ; une gestion « tribale » qui remonte au 13ième siècle que les colons français ont laissée se perpétuer pour ménager les « turbulents » ancêtres des actuels « mafieux » narcotrafiquants sahariens qui, en tant qu’opportunistes dans les affaires et la politique, sont les fondateurs, en 1992, du Front Islamique Arabe de l’Azawad (FIAA) dont le petit-fils, né en 2012, est le Mouvement Arabe de l’Azawad (MAA) qui est le fer de lance guerrière de la CMA, en tandem avec la branche libyenne des « mercenaires battus et débandés » de la Libye post-Kadhafi, le narcissique gourou de la cause touarègue saharienne.

Lorsque la pétition dit « Nous n’étions jamais soumis à aucune autorité d’Afrique Noire ou d’Afrique Nord. », c’est un mensonge « politique » qui n’est pas « honteux » si l’on sait que la zone entre Soudan et Maghreb non définie par les chefs des tribus, pour maintenir l’ambiguïté « politique saharienne » de l’époque, reprise par les azawadrêveurs, fut, de tous les temps sous suzeraineté étrangère, respectivement, des Songhoïs du 15ième au 16ième siècle (Tombouctou soumise par Soni Aliber après avoir fait décapiter 100 marabouts), des Marocains du 16ième au 18ième siècle en installant un Calife, des Peulhs au 19ième siècle qui, moins que de s’installer dans le pays conquis, comme leurs devanciers « colons », faisaient payer des impôts transportés par des émissaires des « colonisés » à Hamdalaye (Mopti), la capitale du roi Cheikou Amadou.

J’ai eu l’envie de vomir quand j’ai lu que de de braves chefs de tribus arabes et touaregs saharo-sahéliens dont les pères avaient, farouchement, combattu les colons français, au nom de l’Islam, écrivent, noir sur blanc, qu’ils sont « … des français musulmans traditionnels et particulièrement les Touaregs et leurs assimilés, les Maures et enfin jusqu’à songer la séparation d’avec notre patrie la France au contraire aux aspirations de la majorité des populations autochtones qui tiennent à rester partie intégrale de la Nation Française avec leur statut personnel. » ; c’est, ni plus, ni moins, que du « dévêtement du pantalon et du chèche » chez les braves « Hommes Bleus du Sahara » qui, en tant que musulmans assumés, « baissent leurs culottes » devant les kafr, ces mécréants, honnis hier et subitement adulés, si ce n’est pas de la flagornerie pour mériter un « statut personnel », comme ils l’écrivent ; le projet OCRS, avorté en 1959, témoigne de la mansuétude des colons français vis-à-vis de leurs amis touaregs sahariens. La promesse faite, en 2011, aux Ichoumar, par Sarkozy, de les aider à arracher au Mali un territoire à leur dédier, s’inscrit dans la même stratégie néocoloniale de la France dont les Présidents changent, cependant que l’esprit impérialiste demeure.

Qu’est-ce qui fonde le MNLA et son projet politique : «Libération de « Azawad» ?

Les deux textes originaux suivants, copiés sur des sites Web, donnent la substantielle moelle du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA).

  1. Publié par Issikta du 15 Février 2012, le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) rappelle, entre autres, qu’il :

  • est un mouvement révolutionnaire qui lutte pour le droit à l’autodétermination de l’Azawad ;

  • définit l’Azawad comme étant le territoire des Songhays, des Peulhs, des
    Arabes et des Touaregs ;
  • rejette le terrorisme et l’extrémisme sous toutes leurs formes, qu’ils
    proviennent d’un groupe armé ou d’un Etat;
  • n’est pas non plus un mouvement touareg ni une rébellion touarègue mais bien un mouvement révolutionnaire, politico-militaire pour la défense et l’autodétermination de l’ensemble du peuple de l’Azawad et qu’il ne saurait, en aucune manière, représenter une seule composante de l’Azawad. »
Pour le MNLA,
Moussa AG Acharatoumane
et Ishaq Ag Al Housseyni
2. Azawad : « l’autonomie n’est plus une utopie! » par Abdoulahi ATTAYOUB, TEMOUST-Survie Touarègue, Lyon (France) ; Temoust.org du lundi 23 janvier 2012.
 La reprise des hostilités dans le Nord du Mali (Azawad) entre l’Etat malien
et le MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad) constitue un
nouveau tournant politique dans la sous-région. Cette nouvelle escalade de
violence illustre à l’évidence l’échec de l’Etat malien à apporter des solutions
concrètes et acceptées aux problèmes de l’Azawad.
Depuis une vingtaine d’années, en effet, des épisodes réguliers de violences
opposent l’Etat malien au Mouvement touareg sans qu’une réelle volonté politique ne soit perceptible de la part des autorités maliennes de prendre au sérieux cette question. Les milliers de morts civils tués par l’Armée malienne et ses milices, plusieurs accords de paix signés entre les deux parties, des centaines de milliards de francs CFA engagés par les bailleurs de fonds et aussitôt engloutis dans la corruption et la gabegie n’ont pas suffi à convaincre le pouvoir malien que les choses ne pourront pas éternellement se passer selon le confort de quelques barons de Bamako, qui ne s’intéressent visiblement pas à la résolution des problèmes des populations de l’Azawad.
Le pouvoir malien a toujours privilégié les petites combines en opposant les
enfants de l’Azawad et en suscitant la création de milices communautaires pour faire diversion et présenter le conflit comme une question interethnique.
Les Touaregs, pour leur part, connaissent parfaitement leurs voisins, forcément
partenaires au sein de leurs activités vitales et alliés face à leurs difficultés
environnementales et climatiques communes. Ils n’ont aucun problème, ni au sein de leur communauté ni avec les autres communautés de la région ou du pays, si ce n’est ceux qui ont été sciemment fabriqués pour les affaiblir tous ensemble afin de gérer sans eux et très loin d’eux les affaires qui les concernent vitalement et qui leur permettraient, s’ils en étaient les réels gérants, de vivre tranquillement, de s’éduquer, de se moderniser et de se développer réellement, mais voilà, ce sont ces empêchements qui font de plus en plus mal et qui sont de plus en plus en question!
Quoi qu’il en soit, les auteurs d’exactions contre des civils seront nommément poursuivis devant les juridictions internationales pour que d’éventuelles victimes ne voient pas leurs bourreaux ou des criminels parader, couverts en cela par l’indifférence de la communauté internationale. Le temps de l’impunité est révolu et les auteurs de crimes seront poursuivis par les ayants droit et les organisations internationales fondées à le faire. La communauté internationale se rend compte aujourd’hui qu’elle ne peut pas demeurer sourde aux appels des peuples spoliés et menacés, qu’ils soient à Benghazi ou à Ménaka. Et les criminels doivent se voir systématiquement recherchés, jugés et punis par la Cour Pénale Internationale. Nous appelons cette communauté internationale à assumer ses responsabilités vis-à-vis de cette région et à ne pas encourager l’escalade de la violence par un soutien militaire et politique à un système aveugle qui a montré par le passé son mépris d’une partie de sa population. En effet, le silence de la communauté internationale est toujours interprété par les pouvoirs tortionnaires comme un soutien à leurs méthodes expéditives et à la répression des peuples en quête de liberté, de justice et de paix.
La question de l’Azawad ne peut se régler que par la négociation entre l’Etat
malien et les communautés de cette région. La violence ne saurait être une
solution, même si, à l’évidence, c’est la seule expression qui est considérée par la communauté internationale comme révélatrice d’un problème. Concernant la question touarègue dans son ensemble, seul le langage des armes a pu faire prendre conscience de l’existence d’un problème, même si les réponses apportées jusqu’ici relèvent plus des techniques d’étouffement que d’une réelle recherche de solution politique. Tant que cette question n’est pas prise à bras le corps par la communauté internationale, nous connaîtrons la poursuite de tensions militaires qui risquent, à terme, d’installer durablement le chaos dans la sous-région.
Les Touaregs rejettent tout amalgame qui consisterait à noyer leur lutte pour la liberté dans les mêmes considérations sécuritaires qui impliquent des trafiquants
ou autres bandits de grands chemins qui sillonnent aujourd’hui le Sahara central
et le Sahel. Ne voir dans cette question que ses conséquences sécuritaires
constitue un refus de certains de contribuer à l’avènement d’une paix juste et
durable, sérieusement et librement négociée par toutes les parties concernées.
Il est significatif de voir l’importance des moyens que le Mali mobilise
aujourd’hui contre le MNLA, alors qu’il n’a jamais tenté réellement de combattre
les groupes armés et les trafiquants qui sillonnent tranquillement l’Azawad depuis des années. Tout se passe comme si le Mali avait plus peur de sa communauté touarègue que de ces groupes qui créent l’insécurité dans le Nord et asphyxient la région. La manière dont l’installation de certains groupes mafieux s’organise et prospère dans le nord du pays, avec la bienveillance, voire la complicité, de l’Etat malien semble n’avoir pour but que de créer le chaos et d’empêcher ainsi l’expression démocratique des populations de l’Azawad. Le Mali n’a pas su mettre à profit les périodes de paix pour rechercher une solution politique au différend qui l’oppose à l’Azawad. Oui, les Touaregs ont le droit d’imaginer et de construire leur avenir.
La communauté internationale a montré ces dernières années qu’elle peut trouver les moyens juridiques et opérationnels d’accompagner des peuples qui aspirent à la liberté, à la démocratie et à la justice. Il serait curieux que le peuple touareg continue à faire exception et à subir l’indifférence, voire l’abandon, des acteurs qui ont été par ailleurs au-devant de la scène pour défendre ces valeurs universelles. Pour rappel, le président malien n’est pas moins responsable du massacre de milliers de Touaregs dans les années 90 que Laurent Gbagbo ne l’est dans ce qui s’est passé en Côte-d’Ivoire. Pourquoi la communauté internationale accepte-t-elle cette différence de traitement, alors qu’il s’agit, dans les deux cas, de civils massacrés par une armée? L’Algérie et la France, impliquées de fait dans le suivi de cette question, doivent faire évoluer leurs positions et accepter, enfin, de favoriser l’émergence d’une vraie solution politique sous la houlette de la communauté internationale. L’échec des différents accords de paix signés depuis vingt ans montre qu’il y a pour le moins une absence de volonté politique de l’Etat malien de prendre au sérieux cette question. Et la bienveillance des autorités actuelles à l’égard des groupes armés et des trafiquants qui pullulent dans le Nord ne peut s’expliquer que par la volonté de contenir les revendications légitimes des populations de l’Azawad.
Aucune loi nationale ou internationale ne peut dénier au peuple le droit à une vie meilleure, le droit de préserver sa langue, sa culture. Le droit de participer
réellement aux décisions qui influencent directement sa vie et son avenir.
Aujourd’hui, le Mali a montré ses limites dans sa capacité à créer les conditions
d’une cohabitation de ses citoyens dans un Etat unitaire qui leur donne les mêmes droits et les mêmes chances pour s’épanouir et se développer.
Mais, c’est peut-être la réalité géographique et socioculturelle du Mali qui fait
que la nature actuelle de l’Etat ne peut répondre à la diversité des territoires et
à l’étendue du pays. L’Azawad est une entité qui dispose de sa propre
personnalité avec des communautés qui se sont toujours côtoyées et mélangées.
Une particularité géopolitique et une distance notoire avec le Sud du pays font, de fait, de l’Azawad une entité réelle non seulement dans l’esprit de ses
habitants, mais aussi dans celui des autres Maliens! Un statut particulier et une autonomie doivent permettre enfin aux Azawadiens de concentrer leurs efforts sur le développement de la région dans le respect des aspirations de l’ensemble des communautés de ce territoire et dans un rapport intelligent et constructif avec le Mali.
Depuis une vingtaine d’années, le Mali n’a pas voulu privilégier le dialogue pour trouver une solution politique durable et définitive aux préoccupations des populations de l’Azawad. Il a choisi de s’enliser dans le clientélisme et l’encouragement d’une militarisation des communautés qui est dangereuse à terme pour la stabilité de la région. Il a préféré le saupoudrage et l’accentuation de la logique sécuritaire dont les victimes sont les communautés de l’Azawad. Cette politique sécuritaire est menée au détriment d’une politique de développement qui aurait pu aider à créer les conditions d’un réel dialogue politique et éviter ainsi tout recours à la violence pour poser des revendications politiques. L’arrestation, l’année dernière, des jeunes du MNA (Mouvement National de l’Azawad) d’alors constituait un indice flagrant de la nature d’un système qui s’affiche pleinement démocratique à l’usage des chancelleries occidentales et refuse tout dialogue sérieux à l’intérieur.
Aujourd’hui, le MNLA devra faire preuve de responsabilité vis-à-vis de l’ensemble des populations de l’Azawad et ne pas tomber dans le piège de la communautarisation ou de la tribalisassions de ce conflit. Il devra tirer les leçons d’un passé récent et mener un travail d’explication aussi bien vers l’ensemble des communautés de l’Azawad et du Mali qu’en direction de la communauté internationale. Un discours clair, qui empêcherait tout amalgame voulu par les tenants de l’immobilisme, qui s’acharnent toujours à brouiller le message, en occultant délibérément la dimension politique des revendications du Mouvement et de l’ensemble des communautés de ce territoire. Le MNLA, qui porte aujourd’hui les aspirations des populations de l’Azawad, dispose d’un contexte international favorable traversé par une volonté affirmée des peuples à s’affranchir de l’oppression. Aujourd’hui plus que jamais, les institutions doivent être au service des peuples et non le contraire. Un Etat n’a de légitimité et de raison d’être que quand il est au service du peuple. L’Etat centralisé, hérité de l’administration coloniale française, ne correspond à l’évidence pas à la nature les pays comme le Mali et ne constitue aucunement l’instrument adapté pour assurer la coexistence, l’épanouissement et le développement des peuples concernés.  L’Etat n’étant finalement qu’un outil, il ne saurait être sacralisé, surtout quand il n’est pas l’émanation de la volonté des peuples auxquels il prétend s’imposer.
Les responsables du MNLA ne doivent pas perdre de vue les enjeux réels de leur engagement. En remettant à l’ordre du jour les aspirations des populations de l’Azawad, ils interpellent l’ensemble des leaders de ses communautés, la société civile malienne, la classe politique et la communauté internationale. 

II. Réfutation du concept « libération de l’Azawad ».

Dans ce chapitre, je vais démontrer, arguments et documents à l’appui, le non-sens du concept « Libération de l’Azawad », en disant que :

  • du point de vue du peuplement humain de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, les touaregs sont des allogènes (étrangers) du Sahara et du Sahel maliens;

  • du point de vue géographique et historique, les touaregs du Mali n’ont pas hérité d’Etats constitués, encore moins dénommés «Azawad» qui ne saurait être qu’une simple vue de l’esprit «torturé» de gens en mal d’héritage identitaire politique;

  • du point de vue socio-économique, dans l’espace saharo-sahélien malien, les touaregs ne sont que des nomades qui ont un mode de vie archaïque qui les poussent à entreprendre des activités en marge de la légalité, comme celles anciennes de razzias, de brigands et de coupeurs des routes transsahariennes (vols, agressions, rançons) et celles à hauts risques de dangers (trafic de drogues et enlèvement d’otages) en lien avec la mafia narcotrafic et salafistes ;

les rébellions touarègues cycliques contre le pouvoir central du Mali étant le corollaire de ces activités marginales ;

  • la marginalisation de la communauté touarègue au sein de la grande communauté pluriethnique malienne est la conséquence qui fait « la mal vie» des touaregs dont certains (comme moi) avaient cru à une certaine intégration au sein de la Nation Malienne.

En un mot, comme en dix, je vais « déstructurer» le discours du MNLA, en vue qu’il soit nié et banni de la culture touarègue en particulier et malienne, en général, d’abord par les jeunes touaregs et, ensuite, par tous les maliens qui sauront que les thuriféraires, les lampistes, les guides du MNLA ne sont que des « arnaqueurs» de l’histoire.

Libération de l’Azawad : « une minorité qui veut brimer une majorité ».

Les promoteurs du paradigme « Libération de l’Azawad », les rebelles maliens du MNLA et des cadres intellectuels touaregs en mal de visibilité politique au Mali et au niveau international, constituent une minorité (0, 002%) dans une minorité touarègue qui ne constitue, elle-même, que les 2% des populations du Nord du Mali composées, dans l’ordre numérique décroissant, de Sonraïs, Peulhs, Bellas, Sorkos et Maures qui, toutes réunies, constituent les 98%; d’où le constat: les rebelles touaregs du MNLA et des cadres intellectuels touaregs, en mal de visibilité politique au Mali et au niveau international, ne représentent qu’eux-mêmes, soit l’insignifiant infiniment petit .

La nullité du concept «Libération de l’Azawad » corroborée par des écrits.

  1. Argumentaire historique qui réfute l’existence historique et politique de l’Azawad.

Dans les textes qui suivent, copiés sur le forum débats du site WEB Kidal Info, je cite deux évènements historiques qui démontrent que les touaregs n’ont contrôlé que certaines routes transsahariennes, par brigandages et razzias, comme des corsaires marins du Moyen Âge :

Dans le premier texte, il est dit que les soldats marocains conquirent, à la fin du 15ièmesiècle, les principales villes de la Boucle du Niger, après avoir repris les mines de sel de Téghazghazène (Teghazza) détenues par les touaregs Imaghacharan (les fondateurs de la ville de Tombouctou, en 1100) après avoir décimé 400 guerriers touaregs Imaghacharan qui tentaient de défendre, par des sabres et des lances contre des fusils marocains, leur propriété acquise après la destruction de l’Empire soninké de Ouagadou, au 13ième siècle, qui assurait la suzeraineté de cette zone avant sa dislocation, au 14ième siècle, par de braves guerriers berbères arabisés et islamisés dénommés Almoravides, chassés des provinces subméditerranéennes qu’ils avaient colonisées et occupées , 300 ans, par les Conquistadors Espagnols et Italiens de l’Espagne et de l’Italie.

Le deuxième texte dit : « À Essouk, dans l’Adrar des Ifoghas, se trouve un important site de gravures rupestres, daté de 6.000 av. J.-C. Devenue une cité caravanière du commerce transsaharien, elle prospère entre les IXe et XIIe siècles, à cette période les migrations de Berbères ont constitué le fond de son peuplement : groupes Lemta et Houara (les paléo-berbères) suivis par d’autres, comme les « pasteurs hamites », les Kel Tademakkat, et ceux venus plus tard de Oualata ou du Maroc. Dans ce creuset d’Essouk, s’est cristallisée et s’est développée la culture touarègue avant que « kel Tademakkat », appelés par la suite « Iguelad », essaiment à l’intérieur du Nord du Mali actuel et dans les contrées voisines du Niger et de l’Algérie. Dans cette zone, se trouvent de nombreuses gravures anciennes en Tifinagh.

À partir de 6.000 avant J.-C., les sociétés ouest-africaines adoptent progressivement l’agriculture avec la domestication du millet perlé (Pennisetum glaucum) dans une zone située au nord du fleuve Sénégal puis avec le développement la riziculture dans le delta intérieur du Niger à partir du IIIe millénaire avant J.-C. Cette structuration économique autour de sociétés agricoles et sédentaires, favorable à l’apparition d’États centralisés, est au contraire défavorable aux Touaregs vivant dans le cadre du pastoralisme nomade. C’est dans ce contexte, qu’à partir du VIIIe siècle après J.-C. commence l’expansion de l’empire du Ghana lorsque Kaya Magan Cissé, roi du Wagadou, réalise l’unité des Soninkés.

Dès lors, les Touaregs vivront alors sous domination jusqu’à la prise de Gao par les Saadiens (Marocains) en 1591. À défaut d’agriculture, le commerce devient une activité importante pour les arabo-berbères d’Aoudaghost (actuellement en Mauritanie), alors vassaux du Ghana. Ils font de leur cité un maillon important du commerce transsaharien. La cité devient alors la métropole des Arabo-berbères du Sud du Sahara qui décident de se révolter contre l’autorité de l’empereur du Ghana. Ce dernier est mis à mort par le chef des insurgés. Son successeur s’empare alors d’Aoudaghost, supprime toute autonomie arabo-berbère et place la cité sous l’autorité d’un fonctionnaire impérial. Le Wagadou est axé autour de la ville de Koumbi Saleh, dans le Sud-Est de l’actuelle Mauritanie, le Ghana domina la région jusqu’à l’invasion des Almoravides. Il est remplacé quelque temps plus tard par l’empire du Mali fondé par le mandingue Soundiata Keïta et qui prend le relais du Ghana. L’empire du Mali perd progressivement son hégémonie face à l’empire Songhaï fondé autour de Gao.

En 1494, Askia Mohammed, originaire du Fouta Toro, propulse l’empire Songhaï dans le rôle de puissance dominante de la société ouest-africaine. Il le restera jusqu’à la bataille de Tondibi en 1591. Jusqu’à cette victoire, les Touaregs et autres Arabo-berbères vivront sans cesse sous la tutelle des Noirs ouest-africains. Les institutions impériales de ces derniers régulaient le commerce transsaharien et assuraient le contrôle exclusif des ressources en or et en sel du Sahara. Les salines de Teghazza (Nord de l’Azawad) sont par exemple des possessions impériales. Ils avaient toutefois besoin des Touaregs pour mener l’Azalaï. La route caravanière et commerciale Tombouctou-Taoudéni est une des plus anciennes du Sahara, et est toujours en activité de nos jours. Des caravanes constituées de quelques centaines à plusieurs milliers de dromadaires partaient de Tombouctou sur les rives du fleuve Niger en direction du nord avec des biens de consommation et des esclaves vers Taoudéni et Teghazza, à plus de 900 km, dans le reg du Tanezrouft.

En 1591, le sultan marocain Ahmed Almansur Saadi entend profiter de l’instabilité à la tête de l’empire Songhaï, il mobilise une armée de 30.000 hommes et marche vers Gao. À Tondibi, il affronte et bat l’armée d’Askia Ishaq II, forte de 40. 000 hommes. Cette défaite aboutit à la conquête de Gao et de Tombouctou qui deviennent alors le pachalik marocain de Tombouctou et de Gao, les Arabo-Berbères (Maures et Touaregs) parviennent ainsi à s’émanciper de la tutelle Songhaï et plus largement de la domination des états ouest-africains précoloniaux.

L’autorité saadienne s’effrite rapidement au début du XVIIe siècle et l’Azawad se retrouve aux mains de divers groupes locaux, les Marocains ne gardant l’autorité que sur quelques villes situées sur les rives du Niger, passant elles-mêmes épisodiquement sous contrôle touareg.

Les Bambaras finissent par s’imposer dans la partie sud, le long du fleuve Niger, alors que les Touaregs finissent par soumettre l’ancien Pachalik tout en gardant le contrôle du désert plus au nord. La région de la Boucle du Niger passera aux mains des Peuls au début du XIXe siècle puis des Toucouleurs, la partie désertique demeurant sous contrôle ininterrompu des Touaregs jusqu’à la conquête française.

2. Réflexion sur la question touarègue au Mali : « Il faut que nos frères des mouvements armés comprennent que l’heure doit être à un dialogue franc et honnête » ; par M. Kaman Ibrahima Sidibé, juriste à la Chambre des Mines et des Industries ; Bamako, Mali ; Décembre 2014.

Dans ce pamphlet, M. Kaman Ibrahima Sidibé, juriste de son état, rappelle les origines des différentes communautés vivant au Mali et singulièrement du Nord du Mali. Sans détour, cet homme averti, insiste sur les origines des Touaregs, leur histoire, leurs descendances, en appelant à la cohésion et au dialogue franc pour ramener une paix définitive et qu’une minorité qui n’a pas joué un rôle dans la Nation malienne, ne peut pas se donner le droit d’une quelconque autonomie. L’occasion est propice pour ce patriote de se poser la question de savoir le rôle, plus qu’ambigu, de la France et de la Minusma à Kidal. Lisez plutôt !

A l’entame du second round des négociations avec les groupes rebelles et armés du nord, il est opportun de réfléchir à une stratégie cohérente et efficace de défense des points de vue de la délégation malienne. Le but final de ces pourparlers étant de parvenir à une réconciliation véritable et à la renaissance de l’harmonie, de la concorde et de la fraternité qui ont toujours uni les peuples du Mali, il importe que toutes les parties soient animées d’une réelle bonne foi et d’un esprit de coopération dans la bonne volonté.

Apporter des réponses pertinentes et appropriées : toutefois, pour la partie malienne, il est essentiel que les négociateurs soient à même d’apporter, si nécessaire, des réponses pertinentes et appropriées à toutes les questions soulevées par les groupes rebelles armés. Pour cela il faudrait que les représentants du pays se départissent de cette molle attitude préjudiciable au Mali, appelée « moussalakha », qui consiste à toujours vouloir régler les conflits sans aller au fonds des différends, sans se dire vraiment la vérité et en adoptant une parfaite posture d’hypocrisie. Il semble bien que c’est là l’une des raisons principales de la récurrence et de la résurgence des rebellions cycliques que le pays a connu. Les vérités essentielles qui « font rougir les yeux mais ne le crèvent pas » devant être signifiées aux rebelles et devant être connues de tous les maliens, de tous les cadres des chancelleries et des formations consulaires du Mali peuvent êtres structurées comme il suit :

1. Vérité sur la question des origines : presque toutes les populations autochtones du Mali actuel sont issues des premiers habitants de la contrée que sont les Wankarans qui ont précédé le royaume de Wagadou, la première entité politique de l’Afrique de l’ouest fondé par Dïnga et Diabé Cissé et qui a atteint son apogée au 3ème siècle après JC. Aujourd’hui, la quasi-totalité de la cinquantaine d’ethnies que compte le Mali est constituée de peuplades autochtones, c’est à dire qui a depuis des temps immémoriaux, toujours vécu sur les terres ancestrales qu’elles continuent d’occuper à l’heure actuelle. Parmi elles, seules quelques-unes sont reconnues comme originaires d’un autre pays que le Mali actuelle. Ce sont en l’occurrence, pour les plus significatives en nombre, les Peulhs, les Arabes, les Touaregs et les Mossi. Les derniers nommés, les Mossis, sont arrivés en grand nombre à la faveur du gigantesque projet colonial d’aménagement de l’Office du Niger initié à partir de 1895 par la France. Ils constituent dans la vallée du fleuve Niger, et principalement dans la région de Ségou, une communauté très bien intégrée au terroir.
Les trois premiers, Peulhs, Arabes et Touaregs constituent ce que l’on appelle communément le groupe nomade.

La présence des peulhs, auxquels sont assimilés les Toucouleurs, est signalée dans l’aire géographique malienne depuis le 3è siècle, après JC, dans le royaume de Wagadou. Les Peulhs descendants d’une princesse Soninké. En effet, il est reconnu et authentifié que les Peulhs, maliens dont les ancêtres ont transité par l’Ethiopie, sont les descendants d’une princesse Soninké du nom de Maraka Bintou Tounkara qui a donné naissances aux quatre lignées patriarcales peulhs que sont les Diallo, les Diakité, les Sidibé et les Sangaré. C’est, du reste, cette filiation qui justifie qu’encore aujourd’hui les peulhs donnent le titre honorifique de Kaw, signifiant oncle, à tout soninké considéré comme le frère de leur ancêtre Maraka Bintou Tounkara. Les peulhs constituent la fraction la plus importante du groupe nomade malien dont ils représentent plus des deux tiers. Les peulhs ont conquis de nombreux royaumes mais pas d’épisode de rébellion Ils ont fondé ou conquis de nombreux royaumes dont ceux restés dans les limites territoriales du Mali actuel que sont : le Macina, le Kounary, le Séno, le Pondori, les six royaumes peulhs du Wassoulou malien, le Fouladou, le Birigo, le Ganadougou, une grande partie du Kasso et enfin le Banimonotiè où ils constituent l’ethnie politiquement dominante tout en étant une minorité. C’est une ethnie également bien intégrée au terroir. En dehors de conflits entre les pasteurs qu’ils sont et les agriculteurs, conflits inhérents à la transhumance de leurs troupeaux, on ne connait pas d’épisode de rébellion peulh contre le Mali post colonial.

Les maures, les Arabes et les Touaregs : pour ce qui concerne les deux dernières ethnies de ce groupe nomade auxquelles il faut ajouter les maures, à savoir les Arabes et les Touaregs, on notera que la présence d’explorateurs et de commerçants arabes est signalée très tôt dans l’empire du Ghana qui a fini par s’étendre à son apogée jusqu’au littoral de l’océan atlantique englobant la Mauritanie et le Sénégal actuels.

Les Arabes sont mieux intégrés au terroir que leurs cousins Touaregs. Leurs relations avec les peuples négroïdes du Mali ont toujours été harmonieuse ce qui a facilité l’islamisation sans heurts de ces derniers. Ce n’est qu’au dixième siècle de notre ère, soit près de 700 ans après, que les peuplades arabo-berbères notamment touaregs, originaires principalement de l’Algérie et de la Lybie, se signalent comme une entité et une force politique avec l’essor de la ville d’Aoudaghost dont les vestiges sont situés dans le sud-est de l’actuelle Mauritanie. Leur installation, de même que celle des arabes, dans le nord du Mali est le fruit de contacts et de migrations dont le paroxysme est atteint au 16è siècle après JC, à la chute de l’Empire Songhoï, après la célèbre bataille de Tondibi remportée par l’armée almoravide marocaine d’Ahmed Al Mansour Saadi, qu’ils ont soutenues contre les troupes de l’Askia Ishaq. Il importe de préciser que l’armée qui a défait les Sonrhaï à Tondibi en 1591 était essentiellement composée de 3.000 combattants espagnols andalous, équipés de mousquets, contre lesquels les flèches et les lances des autochtones ne pouvaient absolument rien.

Le MNLA est venu d’une contrée lointaine : cette parenthèse sur l’origine des ethnies du Mali actuel montre clairement, d’une part, que le MNLA est issue d’une communauté venue d’une contrée lointaine, extérieure à l’actuelle aire géographique malienne et, d’autre part, que l’intégration des touaregs à la communauté formée par les ethnies du Mali actuel, est de dernière génération. Cette vérité sur les origines et la chronologie de l’arrivée des touaregs maliens dans le territoire que le MNLA revendique ne contredit en rien leurs droits citoyens.
Elle interdit cependant et simplement que ceux-ci n’aient plus de droits que les peuples autochtones qui les ont accueillis ou qu’ils ont trouvé sur les lieux à leur arrivée et surtout elle leur dénie le droit de revendiquer une quelconque souveraineté sur un territoire qui a été occupé des milliers d’année avant eux par d’autres communautés qui ne l’ont jamais abandonné.

La Vérité sur la question du poids démographique des touaregs: au Mali, le poids démographique des touaregs est infinitésimale. Ils font, comme indiqué plus haut, partie d’un groupe hétéroclite minoritaire appelé le « Groupe Nomade » constitué par les peulhs ; les arabes et les touaregs. Même dans ce groupe nomade, ils sont la plus petite communauté si l’on retranche de leur entité ethnique, le sous-groupe négroïde des Bêlas, qui étaient anciennement leurs esclaves, et qu’ils continuent de maintenir dans les liens de la servitude malgré l’abolition de l’esclavage. Le groupe Nomade constitue 17% de la population malienne Le Groupe Nomade en question ne fait que 17% de la population total du Mali soit environ 2.550.000 personnes dont plus des deux tiers est constituée par les peuhls. Aussi, faut-il se rendre à l’évidence que même si le MNLA et les autres mouvements armés arabes représentaient l’ensemble de leurs communautés respectives cela, du reste, ne ferait guère plus de 750.000 personnes. Cette analyse est très largement corroborée par les résultats du dernier recensement biométrique dénommé RAVEC au cours duquel on a recensé que 81 876 personnes dans la région de Kidal.

Une communauté ne représentant même pas 5% de la population malienne : alors se posera la question de savoir s’il peut être juste, équitable et même seulement politiquement correcte, de parler ou d’envisager de céder plus de 66% du territoire malien à une communauté ne représentant même pas 5% de la population.


2) Vérité sur la question de l’autodétermination ou de l’indépendance.

Le MNLA a clamé sur les toits de tous les médias occidentaux que les touaregs sont les héritiers légitimes du territoire composé par les régions administratives de Gao, Tombouctou et Kidal qu’ils ont péremptoirement baptisé AZAWAD. C’est en se fondant sur ce « legs ancestrale » que le mouvement irrédentiste estime être en droit de revendiquer la sécession de cette partie du territoire national ou tout au moins une « large autonomie » pour tout le septentrion malien. Parler indépendance, il faut exister d’abord au paravent… Or, pour parler d’autodétermination ou d’indépendance, il ne suffit pas seulement d’être une minorité nationale, il faut avoir préalablement existé comme une entité politique indépendante, ayant durablement administré le territoire revendiqué, et avoir perdu sa souveraineté sur ce territoire soit par suite d’un acte colonial, soit du fait d’une annexion consécutive à une guerre. C’est ainsi que le droit International public conçoit la chose et cela ressort très clairement du principe onusien selon lequel « La sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères, constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme, est contraire à la Charte des Nations Unies et compromet la cause de la paix et de la coopération mondiales ». C’est à partir de cette conception qu’a été construit le principe juridique de l’autodétermination ou plus exactement, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La revendication du MNLA satisfait-elle à ces conditions limitatives ? En réponse à cette question, on observera, d’entrée de jeu qu’historiquement, il n’a jamais existé dans la contrée une entité politique ou administrative dénommée AZAWAD et surtout, on admettra l’évidence du postulat que l’on ne peut hériter que du patrimoine laissé par son père ou ses ancêtres.


Le patrimoine, que constituent les régions de Gao, Tombouctou et Kidal, a-t-il jamais été propriété des touaregs du Mali ?

L’absurdité historique et anthropologique de l’autodétermination ou de l’indépendance de cette minorité La vérité-réponse à cette question subsidiaire est relative à des réalités normalement à même de tempérer les velléités indépendantistes du MNLA et de tous autres groupes armées et surtout elle devrait définitivement fixer la communauté internationale sur l’absurdité historique et anthropologique de l’autodétermination ou de l’indépendance de cette minorité. A la vérité, ladite aire géographique n’a jamais été administrée par une entité politique touareg car de toutes les ethnies du Mali ; les touaregs sont les seuls qui, dans l’histoire du pays, ne laissent trace d’aucun royaume qu’ils ont fondé ou administré comme tel. En effet, en dehors du royaume d’Aoudaghost, fondé au 10ème siècle de notre ère, dont les vestiges se trouvent dans l’actuelle Mauritanie et de l’Oudalan au Burkina Faso, on ne connait pas d’entité politique fondé et administré par les touaregs dans les limites de ce qu’ils nomment aujourd’hui l’AZAWAD. On peut cependant leur reconnaitre quelques périodes de relative autonomie sous le règne, pendant 70 ans, de Jouder, le chef des combattants espagnols et de ses multiples successeurs qui ont géré le Khalifat almoravide institué sur l’espace de l’empire Songhoï par le Sultan marocain Ahmed Al Mansour Saadi après la bataille de Tondibi en 1591. Djibril Tamsir Niane écrit que : « même lorsqu’à l’affaiblissement de l’Empire du Mali, les Touaregs ont pris Tombouctou en 1433 et l’ont soumise pendant 35 ans, jusqu’en 1468, ils ont laissé en place le gouverneur représentant le souverain du Mali » pour signifier que ce dernier continu d’être le propriétaire des lieux ; eux se contentant de prélever l’impôt sur les populations. Ce fut également la même situation à la fin de la domination coloniale quand la puissance coloniale a envisagé de créer une entité politique touareg avec « les tribus et les fractions » dans le cadre de l’OCRS dans la perspective d’une prochaine exploitation des richesses minières et minérales du Sahara. Aussi, faut-il, sans jamais contester la présence de cette ethnie sur une partie du territoire revendiquer, noter avec une certaine perspicacité que l’aire géographique ne leur a jamais appartenu parce qu’il n’existe aucune preuve qu’ils aient réalisé une conquête ou une annexion des lieux. Les détenteurs de droits coutumiers et ancestraux sur le sol les ont vu venir par petits groupes et les ont toujours tolérés, conformément au principe sacré d’hospitalité des peuples négro-africains du Mali, malgré les razzias auxquelles ils s’adonnaient quelques fois, comme des gitans. D’ailleurs leur mode de vie d’antan, fondé sur la pratique du nomadisme, ne les prédisposait guère à occuper une terre et à s’en accaparer durablement. C’est ce qui a fait que les propriétaires véritables du sol, n’avaient pas besoin de les en chasser sachant qu’ils s’en iront toujours d’eux-mêmes comme des gitans.

Tentative de sécession : aussi, n’ayant jamais détenu de droits ancestraux sur ledit territoire et n’ayant jamais été colonisé par l’Etat du Mali, on ne voit donc pas comment les touaregs pourraient être les héritiers légataires des lieux et encore moins comment il pourrait s’agir de demander une quelconque indépendance ? Cela fait que leur velléité de séparation d’avec le Mali, ne pourrait être regardée que comme une tentative de sécession car à l’inverse de la déclaration faite dernièrement à Alger, insinuant qu’ils ont souhaité une entité politique spécifique en 1958, les communautés touaregs, arabes et maures du Mali sont fondatrices du nouvel état malien né en 1960. Tentative de séparation contraire au principe de l’intangibilité des frontières Comme telle, une tentative de séparation d’avec ce Mali, de leur part, ne peut être regardée que comme une sécession qui est contraire au principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation qui est désormais bien établi dans le droit international publique. A l’opposé, les soninkés ont possédé et administré l’espace querellé du 3ème au 11ème siècle de notre ère, soit pendant près de 800 ans, durant l’existence de l’Empire du Ghana depuis Dïnga et Diabé Cissé jusqu’au dernier des Kaya Magan. Ce sont les Soninkés qui pouvaient revendiquer une quelconque souveraineté. Cela est une vérité incontestable suffisamment attestée par la présence des Soninkés disséminés tout autour de ladite aire géographique aux abords immédiats du désert qu’est devenu leur espace national. C’est la désertification qui a fait éclater la communauté soninké que l’on retrouve au Mali, au Sénégal et en Mauritanie installé essentiellement aux confins de la partie du Sahara que revendiquent les touaregs maliens et où se trouvent les vestiges de leur prestigieuse capital : Koumbi Saleh. Si donc quelqu’un devait être autorisé à revendiquer en héritage une quelconque souveraineté sur ledit territoire, ce ne pourrait être que les Soninkés en tout premier lieu. Dans un ordre strictement chronologique les Mandénkas pourraient, eux aussi, légitimement succédé aux Soninkés en termes de revendication d’un héritage ancestral sur ces lieux.

Les Mandénkas, vrais fondateurs de la ville de Tombouctou car ils ont dans le cadre de l’Empire Mandingue, possédé et administré ledit territoire et surtout, ils y ont exercé une pleine et entière souveraineté. Là, il est intéressant de noter que ce sont les Mandénkas qui sont les vrais fondateurs de la ville de Tombouctou. Car, ce que l’on retient comme fait historique important, notable et incontestable, c’est que la ville de Tombouctou a été bâtie autour de la Grande Mosquée Dinguiraye Ber, édifiée à partir de 1325, à l’initiative de l’Empereur Mandingue Kankou Moussa Kéita. L’édifice a été conçu et bâti par un architecte andalou dénommé Abou-Ishaq es-Sahéli, à qui le Mansa offrit 40.000 mitqals (200 kg) d’or pour la construction. Il faut cesser de travestir l’histoire. C’est autour de cette Grande mosquée que la ville s’est peu à peu développée pour devenir quelques siècles plus tard, une des plus grandes et plus prestigieuses métropoles de la région. Il faut donc que l’on cesse de travestir l’origine historique du mot Tombouctou dans le seul dessein de le « targuiser » pour trouver par cette contre-vérité anthropologique une porte d’entrée relativement lointaine dans l’histoire de la région. En effet, se fondant sur le fait que le mot Tim signifie puits, en « tamashek » la langue des Touaregs, on a tenté de faire avaler à la communauté internationale que la ville de Tombouctou a été fondée par les touaregs qui en seraient alors les légitimes héritiers aujourd’hui. Car, dit-on, c’était un campement targui fondé par une femme du nom de Bouctou et le lieu s’appellerait originellement Timbouctou ou » le puits de « Bouctou ». Comment le nom du lieu est passé de Timbouctou à Tombouctou, on ne dit mot. On a vu des mots ou des noms subir des variations par altération ou par contraction mais ici, ni l’altération, ni la contraction, n’autorise que l’on passe de Tim à Tom. Par exemple on sait que le nom Louis vient de Chlodowic qui a donné Clovis et que par altération ou contraction, il est plausible que l’on soit passé du premier au second et du second à Louis. On sait aussi qu’en phonétique, les mots s’altèrent en allant de la prononciation la plus difficile vers celle qui est la plus facile. Ainsi, sait-on qu’il est plus difficile de passer d’une syllabe i à une syllabe o car le i est un phone ouvert qui exige moins d’effort musculaire des lèvres que le o, qui est un phone fermé, exigeant plus d’effort. C’est dire que d’un point de vue purement phonétique, le passage de Timbouctou à Tombouctou est très peu plausible, sinon impossible. Tout cela dit, il ressort très clairement que les Mandénkas, à tout le moins, par ce seul fait historique qui atteste leur souveraineté sur les lieux, sont après les soninkés, les plus qualifiés pour revendiquer l’espace comme héritage légitime faisant partie du patrimoine foncier que leurs ancêtres leur ont laissé. Car, on notera avec intérêt, sans qu’il ne soit besoin de parler de la suprématie du Royaume de Sosso qui fut éphémère, que l’Empire Mandingue, de Soundiata Kéita à M’Bemba Kanda Kéita, a régné sur les lieux, du 13ème au début du 15ème siècle après JC soit pendant plus de 200 ans.

Après les mandénkas, les sonrhaïs qui ont possédé et administré l’espace dans le cadre de l’Empire Songhoï. Fondé par Soni Aly Ber, dans la seconde moitié du 14ème siècle, l‘Empire Songhoï qui a atteint son apogée au milieu du 15ème siècle a exercé une souveraineté pleine et entière sur toute l’étendue géographique du Sahara ouest africain jusqu’en 1591. La défaite de Tondibi ayant affaibli l’Empire, pendant les 70 ans de règne des Khalifes « almoravides », l’entité politique sonrhaï s’est disloqué avec à la clef, la séparation du royaume Djermanbé se trouvant aujourd’hui au Niger de l’autre côté de l’espace territoriale de l’Empire Songhoï. Ainsi, on voit qu’après les Soninkés et les mandénkas, les Sonrhaï sont les plus qualifiés et les plus légitimes à revendiquer des droits coutumiers et ancestraux sur l’espace aujourd’hui faussement dénommé par certains AZAWAD. Voilà, énoncés, les peuples et les ethnies qui auraient été légitimement fondés à revendiquer des droits ancestraux et un héritage coutumier sur l’espace dénommé AZAWAD par les Touaregs. Les Touaregs en sont pas absolument éligibles à la liste des héritiers Cette intermède historique permet clairement de montrer que les touaregs ne sont absolument pas éligibles à la liste des héritiers légataires de l’espace en cause et surtout elle montre sans appel que les Touaregs du Mali ne répondent pas aux critères internationaux du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes d’autant qu’ils n’ont jamais été un peuple subjuguer à une domination ou une exploitation étrangère, le Mali ne pouvant être considéré comme un pays étranger.


3) Vérité sur la question des massacres.

La très efficace communication des Touaregs dans les médias du monde, a convaincu la communauté internationale que les peuples négroïdes du Mali ne sont que des sauvages et des barbares qui se sont très souvent livrés à des massacres et même à des tentatives d’extermination raciale sur les Touaregs. La vérité sur cette question est que jamais, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, les populations négro africaines n’ont pris une seule fois l’initiative d’attaquer des Touaregs pour quelques raison que ce soit.
Razzias, mode d’enrichissement des Touaregs : à l’inverse, chaque fois qu’un des leurs a été tué dans un conflit armé, ce sont toujours les Touaregs qui ont été à l’origine de la confrontation armée. Dans l’antiquité, il en était toujours ainsi à la suite des razzias qui sont leur mode d’enrichissement et il en est encore ainsi dans le Mali contemporain.
Et on peut, très aisément, constater que l’argument consistant à dire que les Touaregs ont fait l’objet d’un massacre pour les obliger à adhérer au nouvel Etat malien en 1960, ne peut que difficilement résister à l’analyse. En effet comment le Mali, qui n’existait pas avant 1960, a pu massacrer des Touaregs pour les obliger à adhérer à un Etat fondé par la volonté politique du colonisateur ?

Affrontements meurtriers entre pro maliens et séparatistes : la vérité est qu’il y a bien eu des combats pour trancher la question de savoir si oui ou non, il faut adhérer au Mali, mais Les affrontements violents qu’il y a eu dans la région de Kidal, étaient circonscrits à leur propre communauté et ceux qui ont pris le dessus, étaient les partisans arabo-touaregs du nouveau Mali. Sur ce point, l’historien malien Dialla Konaté écrit en parlant des tribus et fractions touaregs : « Celles-ci se sont toujours violemment affrontées pour une hégémonie dans une région du Sahara ou pour s’approprier des richesses matérielles ». Aussi, doit-on conclure que le Mali post colonial ne saurait être tenu responsable de ces « massacres » intracommunautaires d’avant son existence. Et à propos des rebellions de 1963, 1990, 2006 et 2012, l’initiative de la confrontation armée comme dans le passé, a toujours été prise par des groupes armés touaregs.

Le Mali s’est toujours trouvé en situation de légitime défense : ce sont des touaregs qui ont toujours commencé par attaquer, par spolier et par tuer des éléments de l’armée, de la gendarmerie, de la douane ou mêmes des fonctionnaires civils de l’administration d’Etat pour manifester leur désaccord sur la gouvernance du pays. Ainsi, on peut constater que chaque fois qu’un Touareg a perdu la vie dans une rébellion, c’est toujours cette minorité qui a commencé à tuer des innocents. Il est impératif que la vérité soit dite et reconnue que le Mali s’est toujours trouvé en situation de légitime défense vis-à-vis des rebellions touaregs. Et il est équitable qu’il soit établi, par les Maliens et par ceux qui souhaitent vraiment œuvrer à la résolution définitive de ce conflit récurrent, qu’il y a toujours un agresseur et un agressé dans un affrontement. Ici, l’agresseur a toujours été les Touaregs qui l’ont récemment prouvé lorsqu’ils ont pris l’initiative d’attaquer l’armée malienne et d’assassiner des administrateurs civils de la Région de Kidal à l’occasion de la malencontreuse visite du Premier Ministre Moussa Mara en Mai 2014.

La visite du PM ne pouvait justifier ce massacre… Suite à cette agression, que la seule visite d’un Premier Ministre malien ne pouvait justifier, la MINUSMA, SERVAL et toute la communauté internationale devraient faire preuve d’honnêteté et reconnaitre que c’est plutôt les maliens qui devraient être protégés des Touaregs et non l’inverse. Cela amène à penser que la protection accrue de Kidal par la MINUSMA et l’Opération SERVAL, ont un autre motif et un autre but que celui de la protection de civils en danger de génocide car il n’y a jamais eu de génocide au Mali depuis l’antiquité, jusqu’à nos jours. Et ceux qui affirment qu’il y’en a eu, n’ont jamais été en mesure de le prouver. Et sur ce point, la Communauté Internationale et leurs protégés des groupes armés arabo-touaregs, sont ici mis au défi d’apporter les preuves de ces allégations qui sont mensongères. En tout état de cause, il importait que ces vérités soient dites pour que nos frères des mouvements armés comprennent que l’heure doit être à un dialogue franc et honnête pour que la paix, la fraternité d’antan et l’harmonie revienne au Mali qui est notre « maison commune ».

  1. « Qu’est-ce qu’Azawad des Ichoumar

Pour me compléter sur ce qu’est le terme Azawad, je copie le point de vue « scientifique » d’un expert en la question, il s’agit de l’anthropologue français André Bourgeot (chercheur-historien au CNRS), spécialiste des sociétés touarègues du Sahara qui, dans un ouvrage collectif auquel il a contribué et intitulé « le Mali entre doutes et espoirs, réflexions sur la Nation à l’épreuve de la crise du Nord » édité par les Editions Tombouctou en 2013, dans le chapitre « Rébellions et djihadisme dans le septentrion malien » qu’il a rédigé, dans le sous-titre « Quid de l’Azawad ? » (Pages 35 à 37) donne la clarification politico-sémantique à propos de la notion d’Azawad, je le cite : « Quid de l’Azawad ?

Il importe d’emblée de procéder à une clarification politico-sémantique à propos de la notion d’Azawad. Sa racine linguistique est azawa qui désigne un récipient plat, en bois, dans lequel on mange. Par extension, il a donné une connotation de géographie physique caractérisant tout relief plat : la plaine sur le plan ethno-géographique, l’appellation concerne l’espace situé autour de Tombouctou et sillonné par les pasteurs maures Barabiche et Tormoze. Sa superficie est d’environ 380km2. A l’Est de cet espace se situe l’Ezawagh essentiellement parcouru par les kel Tamasheqh Iwullimiden de l’Ouest. Plus à l’Est apparait l’immensité du Tamasna où nomadisent des kel Tamasheq maliens, algériens et nigériens. Telles sont les catégories spatiales endogènes. Ces appellations ne constituent pas des territoires. Mais, sous l’effet de nouveaux enjeux politiques, des processus de transformation d’espace en territoires sont actuellement en œuvre et tendent à se métamorphoser en des forme d’ethno-territorialisation au sein desquelles émergent de nouveau pouvoirs locaux visant à contrôler ces nouvelles forme de territorialités notamment à propos de l’acheminement des drogues illicites. Du point de vue mauritanien, ce terme désigne tout l’espace qui se situe à l’Est de sa frontière avec le Mali, sans établir de distinction, sans y accorder de dimension « ethnique ». Ce type de classification « englobante » et exogène est banale et très fréquente.
Sur le plan administratif, l’appellation recouvre les régions de Tombouctou, Gao et Kidal.
Sur le plan historique, Azawad n’a aucun fondement. En effet, il n’a jamais existé de chefferie, de royaume ou d’empire portant ce nom.
En conséquence, cette appellation est une construction politique qui obéit aux objectifs des rébellions touarègues (celle des années 90, 2006 et plus particulièrement celle de 2012) qui sont à la conquête d’un territoire. Cette construction apparait au début des années 90 : les maliens découvrent l’existence de l’Azawad par la voie d’une radio française spécialisée dans l’international, diffusant l’existence de plusieurs fronts visant à la libérer. Il s’agit là d’un factoïde politique, cest-à-dire de la création et de la divulgation sensationnaliste d’un fait fictif dans l’intention délibérée de créer un impact dans l’opinion publique et de l’influencer. Il s’agit d’un phénomène manipulé et manipulateur qui ne deviendra réalité qu’une fois divulgué par la presse.
Cette manipulation historico-politique tend à masquer la réalité historique et, en même temps, dévoile la fragilité des revendications politiques, les affaiblissent et conduisent à qualifier cette manipulation d’imposture scientifique et de réécriture de l’histoire.
Les propagandistes du MNLA la présentent comme le territoire de leurs ancêtres : il s’agit là d’une grave imposture historique. Les fondements politico-historiques de cette tromperie visent à légitimer ce mouvement et le bien-fondé de leur accusation de colonialisme et de colonisation perpétrée par le Mali dont ils veulent se soustraire afin de reconquérir le territoire de leurs ancêtres confisqué par les « Maliens » selon leur terminologie. Or, il s’agit clairement d’une conquête territoriale et non d’une « reconquête » d’un territoire qui aurait été confisqué et accaparé par le « Mali ».
On observera que les logiques de conquêtes, et d’expansion chez les kel Tamasheq ne visent pas à des conquêtes territoriales mais à soumettre des populations vaincues, car en contrôlant des populations on contrôle des territoires : l’être humain étant l’appendice du territoire. En effet, l’objectif premier des stratégies de domination étant d’assujettir des populations ce qui est en adéquation avec les dynamiques politiques décrites précédemment et avec les rapports sociaux qui régissent ces sociétés.
Actuellement, cette stratégie est inversée par le MNLA car il s’agit pour ce mouvement minoritaire de conquérir un territoire (l’Azawad) et d’imposer par les armes sa suprématie sur des populations qui, majoritairement, condamnent la déclaration unilatérale d’indépendance. Le recours à la propagande de reconquête du territoire présenté comme celui de leurs ancêtres permet de légitimer ses objectifs d’indépendance : l’histoire st trop souvent un enjeu politique d’où la nécessité de prendre au sérieux l’interjection du Sphinx à Œdipe : « Comprends ou tu seras dévoré » …
Une vigilance terminologique s’impose et ce terme AZAWAD doit être récusé par l’Eta malien : Azawad ne peut être un référant d’autant qu’il est anticonstitutionnel.
Il appartient au chercheur-citoyen de rétablir les faits resitués dans leur contexte d’apparition. Les relations entre le politique et la science (quelles qu’en soient les disciplines) sont souvent houleuses et les tentatives de détournements de celle-ci à des fins de politique partisanes, sont légions. Histoire, sémantique et démographie constituent des enjeux politiques majeurs auxquels le septentrion malien n’échappe pas.»

4. «Le Sahara, ni historiquement, ni humainement, n’appartient pas qu’aux Berbères d’autant plus qu’à l’origine, la population d’Afrique du Nord était noire. »

Le texte qui suit, dont l’auteur signe par le pseudo DODO, est copié du site Web «Temoust.org» ; ici, l’auteur du texte démontre aisément que les touaregs sont des allogènes (étrangers) au Sahara et au Sahel, donc des gens qui ne peuvent pas s’imposer aux populations autochtones qui sont Sonraïs, Peulhs et Sorkos.

« Encore une fois, évitons les confusions. S’il est vrai que le monde berbère (ou amazigh) est indissociable du « socle saharien » comme vous dites, il n’en reste pas moins que plusieurs populations africaines, en dehors des Amazighs, peuvent revendiquer le Sahara comme leur territoire ou comme « territoire origine/ ». Plusieurs populations africaines « noires » vivaient (et vivent encore aujourd’hui) au Sahara sans compter les royaumes africains qui : comme le Kanem-Bornou, ont contrôlé une bonne partie du Sahara dans les temps anciens.
Il y a 10.000 ans, le Sahara était verdoyant et c’est là que vivaient les ancêtres de la plupart des populations sahéliennes. C’est vers 8.000 avant J. C. que le Sahara a commencé à se dessécher et que les populations qui y habitaient ont commencé à migrer vers le Nord-est et le Sud. Cet assèchement s’est accentué vers 2.500 ans avant J.C. et les vagues migratoires se sont alors accentuées mêlant migrants et populations autochtones du Sahel, donnant naissance aux multiples royaumes qu’on connait (Ghana, Songhay, Mali, Etats Haoussa, etc.).
Donc, le Sahara n’a pas toujours été que (et n’est toujours) berbère. C’est là que les ancêtres de la plupart des populations sahéliennes et les ancêtres des populations dites « noires » qui y vivent aujourd’hui (Toubous et autres populations de moindre importance tels que les Ouarg » y compris les populations d’origine servile dont certaines descendent d’ancêtres autochtones du Sahara-Harratines-} étaient localisées puisque la présence humaine au Sahara est attestée pour au moins depuis 40.000 ans.
Donc, les premières populations sahariennes étaient indiscutablement « noires » et les Sahéliens actuels sont leurs descendants.
« Le Sahara, ni historiquement, ni humainement, n’appartient pas qu’aux Berbères d’autant plus qu’à l’origine la population d’Afrique du Nord était noire. »
L’Algérie, le Maroc, la Tunisie, sans compter des cas bien connus comme la Mauritanie et la Libye, ne sont pas habités que par des « blancs ». Des millions de leurs habitants sont d’origine « noire « . . .. et pas que « servile » !
C’est de cet héritage que sont issus les Touaregs. Je sais que beaucoup parmi eux veulent supprimer la part de leurs origines « noires » en revendiquant un attachement exclusif au monde berbère « blanc’: niant par la même occasion les liens historiques avec le monde sub-saharien et faisant preuve d’un mépris évident à l’égard de tous les autres Touaregs, noirs » ou « métisses’: qu’ils soient d’origine servile ou non. Ce sont pourtant les liens avec le monde sub-saharien qui les a façonnés et leur a donné leur caractère spécifique.
J’ai l’habitude de dire que ceux-là devraient réfléchir un peu plus car ce n’est pas la couleur de la peau qui détermine la « Targuité ». Certains Touaregs parfaitement « noirs » portent par exemple le marqueur « eurasien » les rattachant aux ancêtres « blancs » des Touaregs par leurs origines alors que d’autres Touaregs « blancs » ne portent pas ce marqueur et sont donc, bien que culturellement Touaregs, d’une autre origine. Ce qui est tout à fait compréhensible et qui explique d’ailleurs la raison pour laquelle les scientifiques disent que les « races » n’existent: un Suédois blond aux yeux bleus peut être plus proche génétiquement d’un Yorouba noir foncé que d’un autre Suédois. Et pourtant « a vue d’œil » cela parait impossible.
C’est pourquoi je comprends et approuve que les Touaregs qui revendiquent leur héritage amazigh (berbère) mais quid de l’héritage « noir » subsaharien ? Pourquoi est-ce que ce dernier n’est jamais évoqué alors que les Touaregs partagent le même espace avec ces populations « noires »» ?
  1. « Que pense Ambéiri ag-Ghissa, dirigeant du MNLA? » par Ambéiri ag- Ghissa ; M’Bouna (Faguibine, Goundam). Voici ce que Ambéiri ag- Ghissa  a écrit le 26 Mai 1964 à propos des Touaregs de l’Adrar des Ifoghas dans « Qu’on le sache ». Le camarade Ambéiri ag- Ghissa, instituteur en service à M’Bouna, a envoyé à «l’Essor », cet article sur les Touareg de l’Adrar des Ifoghas. L’auteur fait l’historique de « la vie des populations de l’Adrar à la veille de l’occupation coloniale pendant la domination française et donne son opinion sur le prétendu  « problème de Kidal ».

« Il n’est pas dans mes habitudes d’insérer des articles dans les  journaux, cela pour la raison qu’il me serait  difficile de  trouver à dire quelque chose qui n’ait été déjà dit avant moi ou qui ne soit connu de tout le monde. Aujourd’hui, cependant, je me décide à tenter l’expérience, non pas parce que j’ai quelque chose à révéler, mais parce que les circonstances m’y incitent.
J’ai lu dans un numéro récent de «l’Essor» un article relatif aux Touaregs de l’Adrar des Ifoghas, qui a suscité chez moi un intérêt réel, grandissant à mesure que je parcourais certains de ses passages. D’abord, j’avoue que j’ignorais que «l’Affaire de l’Adrar» était de nature à provoquer des commentaires, ni d’une telle ampleur, ni d’une telle durée ! A mon tour, permettez-moi de dire mon opinion sur cette question. Je crois être en mesure de situer le problème dans ses proportions réelles. Ma position éloignée ne me permettant pas de lire autre journal que l’Essor, ni même régulièrement l’organe du Parti. Aussi j’ignorais dans leur détail les allégations publiées par la presse étrangère au sujet des Touaregs de l’Adrar. Mais à travers la mise au point faite dans l’Essor, il m’a été possible de découvrir que la vérité avait été travestie, par la presse réactionnaire, tant en ce qui concerne l’Adrar des Ifoghas, qu’en ce qui concerne le prétendu «problème de Kidal». On ne peut pas ne  pas être sensible à certaines calomnies,  surtout lorsqu’elles sont le fruit  d’une imagination capricieuse, agissant par le simple motif de la malveillance.
Je ne perdrai  pas du temps à relater le mode de vie des Touaregs de l’Adrar,  car le camarade Alhassane Ag  Baye l’a déjà fait. J’apporterai seulement quelques aspects complémentaires, fruit d’une analyse objective  sur le terrain et dans l‘actualité, le tout destiné à  aider ceux  qui  cherchent réellement la lumière et à préciser aux Français mal informés, que le Mali connaît toute la vérité sur le sujet.
Les Touaregs de Kidal, considérés dans  leur ensemble, constituaient une petite société féodale qui n’avait jamais entretenu avec les Populations sédentaires que des relations sommaires, distantes et superficielles, relations qui leur étaient imposées par les nécessités  de la subsistance.
L’administration française a exploité l’excellente position géographique de la subdivision de Kidal (actuelle Région de Kidal) pour que les échos  de la lutte inlassablement menée par  notre Parti (l’Union Soudanaise RDA) depuis 1946 ne dépassent jamais Bourem. Elle a également et surtout exploité l’énorme différence qui existe entre les mœurs Tamachèque et les mœurs sédentaires, pour développer l’esprit raciste et esclavagiste chez les Touaregs.
Pour achever de faire de l’Adrar un terrain entièrement propice à la traditionnelle «action française», le féodalisme a été encouragé et renforcé. La France a appris aux Touaregs de l’Adrar à payer l’impôt (sous forme de tribut), à mépriser le sédentaire, et à respecter l’ordre d’inégalité sociale artificiellement établi pour les besoins de la circonstance et on se servait de l’innocente religion comme justification. Pas plus. Toutes les conditions depuis la structure géographique jusqu’à la conscience du milieu étaient favorables pour maintenir les Touaregs dans  l’obscurantisme le plus inhumain qui soit. C’est ainsi que l’Adrar de novembre 1959 (date du départ du dernier  chef de subdivision français, Allard Jean) n’était que celui  de 1904, date de sa soumission à la France. Parlons un peu de cette soumission : elle a été effectuée sans heurt, sans difficultés, je dirais même à l’amiable, puisque ce sont les Ifoghas eux-mêmes qui sont partis l’apporter aux Français, à ln Salah (Algérie). Ils avaient toujours des ennuis avec les Rguéibbats qui venaient fréquemment razzier les troupeaux de chamelles. Il leur fallait donc une aide. La France, même si elle se tait là-dessus, sait que cette soumission est née d’une nécessité des circonstances d’alors et non de l’adresse de la politique française ! Que la défunte administration française ne croie donc  avoir  réussi «pacifiquement», là où elle croit déceler  aujourd’hui un échec de notre part ! Sa «politique pacifiste» n’a pas trouvé les portes ouvertes chez les Touaregs Kel Ahaggar, le 16 février 1881, au puits de Anou N’Hoaeun, lorsque la mission Flatters fut massacrée par les hommes du Ahitaghel. La fin inoubliable de la mission Flatters, dont les derniers survivants ont échappé  grâce à des conditions que nous ne dévoilerons pas, ne permet pas aux saboteurs français de nous faire croire que leur pénétration chez les Touaregs s’est effectuée «pacifiquement». La bataille de Tit, à 50 kilomètres de Tamanrasset, livrée le 7 mai 1902 par le lieutenant Français Cottenest aux Kel Ahaggar, commandés par Baba Ag Tamaklast et Sidi Mohamed Ag Othman, prouve encore une fois de plus que les Touaregs, comme tous les peuples d’Afrique ont subi la domination coloniale parce qu’ils ne pouvaient faire autrement.
La France n’a pu pénétrer effectivement au Hoggar (qui n’avait pas, comme l’Adrar, sollicité sa présence) qu’à la nomination de Mossa Ag Amastane à la tête des Kel Ahaggar, en remplacement de Attici Ag Amellal. Et Mossa Ag Amastane a lié «amitié» avec la France, parce que l’expérience lui avait prouvé que l’inégalité des moyens matériels ne permettait pas de continuer la résistance opposée par ses prédécesseurs. Une vérité qu’il me faut également rappeler à la presse française et étrangère, c’est que les Français n’ont jamais eu confiance en leur position en zone targuie, et cela par suite de plusieurs mouvements, tous à caractère antifrançais, allant du massacre de la Mission Flatters à la révolte de la Senousis  et à la bataille d’Anderamboucane en 1916.  La France, qui a toujours vu dans les Touaregs «des populations à surveiller de très près», a toujours eu des appréhensions qui se justifiaient peut-être, parce que nées des légendes  mystérieuses  qui  couraient  sur ces «populations», entourant aussi ces massifs montagneux qui se profilent de l’Atakor N’Ahaggar (Algérie) aux Tirar-Rar (Mali). Cette zone centrale «Hoggar-Adrar» était le trait d’union entre l’ex-Afrique du Nord et l’ex-A.O.F., et c’est  la raison pour laquelle la France l’a  toujours veillée jalousement, avec la coopération de la Compagnie Saharienne du Tidikelt, du Soudan et du Niger. Cela explique la fameuse «chasse aux rebelles», méthodiquement poursuivie en ces temps-là par les autorités française, et c’est cela seulement qui l’explique.  Car l’impôt n’était pas la raison réelle qui a motivé cette prétendue lutte contre les  Fellaghas.
L’impôt était un prétexte pour dissimuler le caractère odieux et flagrant de plusieurs exécutions arbitraires. Qui peut soutenir qu’Alla, qu’Affad, qu’In Allaân, que Bou Aâmamane ne payaient pas l’impôt ? Personne. Car il n’en est justement rien. Il est vrai que ces hommes ne venaient pas eux-mêmes s’acquitter de leurs  contributions, mais chacun d’eux était recensé dans une famille à laquelle le chef communiquait le montant global de l’imposition, augmenté d’un supplément «pour le chef». La vérité, n’en déplaise aux nostalgiques français,  est que ces hommes détenaient des armes à feu, ce qui dans l’esprit  des administrateurs coloniaux, équivalait à la naissance d’un mouvement de rébellion, donc à une menace pour la  sécurité du Sahara. Il fallait donc tuer le germe dans l’œuf. C’est là, et c’est là seulement la raison de la tragique mort d’Alla, de l’assassinat d’In Aâllaân en 1957, dans l’oued Tissakakiwen, assassinat dont la procédure et le lieu ont été convenus entre Clauzel et le sergent Darcel, à Tessalit.
Revenons à l’actualité dont «Jeune Afrique» et «Paris Jour» semblent faire un cheval de bataille qui ne tient malheureusement pas debout. Tout d’abord, je voudrais dire au camarade Alassane Ag Baye, que l’impôt est loin d’être la raison réelle et fondamentale de ce qu’on a complaisamment appelé «la rébellion de Kidal». Il est certain que, faute d’éducation civique suffisante les Touaregs de Kidal n’ont pas tout à fait compris le sens de l’impôt, mais il faut situer correctement les faits. L’impôt n’est pas la raison de ce misérable remue-ménage, car cela impliquerait nécessairement une généralisation du mouvement, puisque tous les Maliens du cercle sont imposés. Or, tel n’est pas le cas, car les dissidents apatrides sont à peine une poignée. Le problème se situe plutôt dans la politique impérialiste française, qui laisse toujours une bombe à retardement partout où elle lève l’ancre. Pourquoi tenter vainement de cacher et de nier les réalités historiques, car elles ne sont plus un secret pour personne, même en Afrique, où les impérialistes d’Occident ont tenté de maintenir les peuples dans un complexe d’infériorité injustifiable ? Nous savons tous que certain gouvernement français avait de la peine à se consoler de l’échec de l’O.C.R.S. Nous savons tous que ses ténors ont été déconcertés par le ralliement de feu Attaher Ag Alla (que la terre lui soit légère) à l’Union Soudanaise R.D.A., lors de la visite du camarade Modibo Keita à Kidal en octobre 1950, en dépit des contacts réitérés et préalablement effectués par le lieutenant Crespin (P.M.T). Nous savons tous, et les « milieux français» autant que nous, que ceux-ci ont largement contribué à l’agitation des Ifoghas, en profitant d’un stade bien déterminé dans l’évolution d’une société donnée. Nous savons tous, et les mêmes milieux français également, qu’il y avait une étincelle constituée par la minorité féodale Ifoghas dont le mode d’existence devait tomber nécessairement et obligatoirement en désuétude en régime socialiste. Pourquoi donc incriminer les Touaregs qui, à part ceux devant qui l’administration française a fait miroiter le mirage de la «Liberté» de jadis, et qui ont déjà fait leur reddition, parce qu’ils ont compris où ce chemin les menait, pourquoi donc, dis-je, incriminer les Touaregs qui sont restés des citoyens Maliens à la hauteur de notre évolution sociale ? Pourquoi donc le Mali qui a eu le courage d’entreprendre ce que la France n’a jamais osé toucher du doigt : la lutte contre le féodalisme ? Ces accusations erronées ne trouvent aucune justification dans la participation du fils d’Alla au mouvement. L’activité de L’Ladi Ag Alla s’inscrit dans la rébellion non pas en tant qu’opposition à une domination quelconque, mais en tant qu’opposition du régime féodal au régime socialiste. L’Ladi est resté plus d’un an à Tamanrasset entre 1961 et 1962, et il a été «ensorcelé» par les bases françaises, de la même manière que ses complices. Ce n’est donc pas la lutte menée par son père qu’il a voulu «continuer», car autrement, il l’aurait dirigée contre les Français, contre le sergent-chef Huguet, qui a tué Alla d’une rafale de mitrailleuse.
Ainsi, il apparaît clair que le problème de l’Adrar est une étape qui devait être nécessairement franchie dans notre révolution socialiste. Il apparait clair que le problème ne s’est pas posé, parce que «c’est le Mali» mais parce que, avec les mêmes données, il se serait posé dans tout autre pays. Autrement dit, il se serait posé à la France elle-même, si elle avait osé décider et entreprendre la lutte contre le régime féodal. Nous disons donc à «Jeune Afrique» qu’il a mal débuté sa jeunesse, à  «Paris-Jour» qu’il mal vu le jour, à tous les deux que l’histoire ne s’invente pas. Bien loin de donner naissance à des idées nouvelles et rétrogrades, leurs allégations erronées leur révèleront, une fois de plus, la force de  notre patriotisme, ce patriotisme dont ils croient avoir décelé une défaillance chez les Touaregs. Les milieux réactionnaires français ont soufflé sur l’étincelle, croyant déclencher un incendie. Mais ce n’était pas dans une paillote. Elle était dans une solide maison au milieu du sable où il n’y a rien d’inflammable !
Quant à la «République de Lithamie», c’est une idée tellement fantaisiste, que j’oserai à peine en parler. Cette idée n’a pas jamais germé dans l’esprit d’aucun Targui de l’Adrar. Les Ifoghas cherchent à préserver leurs privilèges féodaux et non à obtenir une autonomie. Et ils se seraient bien accommodés de n’importe quel régime, à la condition que ces privilèges soient épargnés. Connaissant parfaitement l’Adrar, mieux que «Jeune Afrique», mieux que «Paris-Jour», je déclare, sans craindre de me tromper, que la «République de la Lithamie» est une invention de ceux qui ont le complexe de l’improductivité de leur esprit et de l’inaptitude de celui-ci à analyser les problèmes en partant de leurs données réelles ; une invention de ceux qui croient compenser leur incapacité à évoluer avec l’humanité par des allégations gigantesques dans leur forme, mais vides de toute vérité. Les Touaregs sont ignorants, d’accord ! Mais ils reconnaissent ce qui leur nuit de ce qui leur est profitable. Ils se souviennent nettement de l’atmosphère asphyxiante qu’ils respiraient sous la domination coloniale fusionnée avec le régime féodal. Ils réalisent parfaitement cette brise bienfaisante qui souffle actuellement sur eux depuis notre indépendance. Ils savent faire des comparaisons judicieuses. Qu’on aille donc leur demander ! ».

Mes commentaires sous l’intitulé « la République de LITHAMIE (les enturbannés, en « franco-arabe ») de 1964 est-elle égale à République de l’Azawad de 2012? »

Ambéiri ag-Ghissa fait la démonstration du « retournement du Turban » (comme on dit de la veste) lorsqu’on sait qu’il est un haut cadre touareg rebelle du MNLA, irrédentiste, séparatiste, indépendantiste de l’Azawad ; mieux ; il est dans une position qu’aurait dû démentir cette allégorie, je le cite : « Et ils se seraient bien accommodés de n’importe quel régime, à la condition que ces privilèges soient épargnés. Connaissant parfaitement l’Adrar, mieux que «Jeune Afrique», mieux que «Paris-Jour», je déclare, sans craindre de me tromper, que la «République de la Lithamie» est une invention de ceux qui ont le complexe de l’improductivité de leur esprit et de l’inaptitude de celui-ci ».

Le vieil instituteur Imghad kel Adagh, anciennement « tributaire des Ifoghas » aurait eu la sagesse « de peur de la honte » (comme on dit en Tamacheqh) de ne pas reproduire son papier de 1964 qui signe, indélébilement, son nationalisme socialiste malien d’alors, contre son « apatridie » de maintenant, je le cite : « Quant à la «République de Lithamie», c’est une idée tellement fantaisiste, que j’oserai à peine en parler. Cette idée n’a pas jamais germé dans l’esprit d’aucun Targui de l’Adrar. Les Ifoghas cherchent à préserver leurs privilèges féodaux et non à obtenir une autonomie. » 

Au regard de ce qui précède, j’estime que le vieil instituteur qui était un patriote sincèrement nationaliste malien dans le temps de sa jeunesse pense aujourd’hui qu’il est sage de revenir à de meilleurs sentiments vis-à-vis de son pays ; il lui reste à faire la démonstration de ses désirs en convainquant les jeunes touaregs « illuminés » du MNLA que l’Azawad de 2015 est une chimère comme la Lithamie de 1964».

  1. Coup de gueule, coup de cœur à méditer : « Appel aux touaregs » par Abdou Salam AG ASSALATT ; Malijet/Le Reporter.

NDLR: c’était le dernier message de feu Abdou Salam Ag Assalat (Président de l’Assemblée Régionale de Kidal en 2009) à Zéidane Ag Sidalamine qui était clairement pour la paix et contre la rébellion de 2012 qui se dessinait.

   La sagesse universelle nous enseigne que les hommes se doivent de balayer la devanture de leurs cases avant de s’inquiéter de l’insalubrité chez le voisin. Autrement dit, un peuple qui n’arrive pas à faire son unité ne peut prétendre la réussir avec d’autres ; une société qui se détruit et détruit ce qu’elle a de plus cher : ses réalisations, son identité, ne peut certainement que manquer au rendez-vous de l’humanité. De toutes les ethnies qui composent la nation malienne, c’est vous seulement qui vous déchirez, entre-tuez, haïssez au nom d’une obsession bizarre et d’un tribalisme suicidaire.

Non, cela ne devait pas y être et si nous avons un projet de société, acclamons le haut et fort et déposons le devant l’opinion nationale et internationale et que débats soient ouverts au lieu d’un perpétuel recommencement de tueries avec perturbation de la scolarisation de nos enfants, de nos réalisations économiques et de tant d’autres de nos projets. À l’heure de la mondialisation, nous nous reculons au lieu d’avancer :

  • Vous vous chassez pendant que d’autres vous courent après ;

  • Vous vous dénoncez pendant que d’autres vous médisent ;

  • Vous vous méprisez pendant que d’autres témoignent de votre stupidité ;

  • Vous refusez l’amour des vôtres et courtisez les autres en échange d’un privilège pendant que d’autres attisent la haine entre vous ;

  • Vous vous humiliez et vous croyez que vos malheurs viennent des autres ;

  • Comme on le dit en Tamasheq « vous êtes l’ombre du palmier » : les plus proches sont au soleil et les plus éloignés à l’ombre ;

  • Vous rejetez les idées des autres quand vous croyez seulement aux vôtres. Combien de Touareg ont été massacrés par des touaregs ? J’en connais deux-cents en deux ans ;

  • Combien de Touareg ont été dépossédés de leurs biens par d’autres Touareg ? J’en suis un exemple en 1993 par le MPA entre Assamaka et Inabangaret ;

  • Vous avez tout perdu quand vous croyez avoir tout gagné :

  • Qui croirait à votre amitié, à votre humilité, à votre sympathie, à votre charité, quand de vos frères vous faites vos ennemis ?

  • Que diront de vous les autres là-bas qui vous observent, assistent avec mépris souvent avec consternation, parfois avec pitié, à l’acharnement pervers que vous avez les uns envers les autres ?

  • Pourquoi continuez-vous à détruire au lieu de construire, à tuer au lieu de donner vie et débattre de votre sort ?

  • Pourquoi perturbez-vous sans cesse d’année en année la scolarité de vos enfants ?

  • Au nom de quelle victoire ? Pourquoi ? Pour qui ? Pour quel trône ? Pour quel Paradis ? Au nom d’un futur Etat ? D’une future autonomie ? D’un futur statut ?

Pourtant, je suis convaincu que pour tous ces cas de figure, ça ne se résoudra pas par la violence mais par des débats pour lesquels il faut construire, et un suivi radical de la scolarisation de vos enfants ceux-là mêmes qui débattront demain de vos erreurs et de vos projets ! De grâce, ne vous en prenez pas aux autres ! À la sécheresse ! À la faim ! À la soif ! Aux Sonrhaï ! Aux Bambaras ! Ayez le courage de chercher la vraie raison et même de vous accuser pourquoi pas ? De vous juger et de vous enfermer tous dans la geôle de la raison ! Vous en sortirez, certainement plus unis, plus solidaires ! Nous nous rendrons compte de la nécessité de construire et de cultiver notre jardin dans l’espoir que notre Touaregueté inspire notre unité.

  1. Adam Thiam, un journaliste indépendant, non historien et non partisan des autorités gouvernementales maliennes, donne son avis sur la non recevabilité du projet d’indépendance de l’Azawad et engage les autorités maliennes à adopter la fermeté vis-à-vis de ces jeunes rebelles « fantoches» !

«La nouvelle escalade illustre à l’évidence l’échec de l’Etat malien à apporter des solutions concrètes et acceptées au problème de l’Azawad ». Ainsi parle Abdoulahi Attayoub, du mouvement Survie Touarègue dans un article dont le titre vaut déjà feuille de route: «l’autonomie n’est plus une utopie ». Il y a ce qu’il faut, d’emblée refuser à Attayoub. Le premier de ces refus, c’est la référence même à l’Azawad en tant qu’Etat latent ou même un territoire distinct.
A sa place, il y a les Régions administratives de Gao, Kidal et Tombouctou. Second refus : l’autonomie n’est ni un péché ni une solution. Il faut juste s’entendre sur le contenu et beaucoup d’Etats dont le nôtre, à travers le processus de décentralisation, vont dans cette direction qui est la seule acceptable en démocratie. Mais attention, autonomie et indépendance ne sont pas interchangeable.
Or, le Mouvement National de Libération de l’Azawad parle bien d’indépendance ! Troisième refus : les malheurs de ce qu’il appelle l’Azawad ne sont pas tous le fait de l’Etat central. Ils résultent aussi des contradictions de classe, de positionnements tribaux et du choc normal des légitimités locales en période de recomposition. L’égoïsme et la corruption ne sont l’apanage d’aucune ethnie et rien ne vérifie autant cette prémisse que les élites actuelles du Nord dont très peu représentent moralement encore quelque chose aux yeux de leurs communautés.
Quatrième refus: les rébellions de 1963, 1990, 2006 et 2012 n’ont ni les mêmes gènes, ni les mêmes causes, ni les mêmes ampleurs. S’échiner à démontrer qu’à chaque fois ces mouvements répondaient à des défaillances précises de l’Etat, revient à valider ce qui est faux : la thèse de /irrédentisme touareg inventé par les anthropologues pour faire accroire que les « hommes bleus » ne sont nos contemporains que par hasard.
Chacune de ces rébellions a son histoire propre, sa logique et sa trajectoire, même si la rébellion de 1990, a manifestement cherché à fédérer les griefs de la société nomade.
Attayoub travaille donc sur de fausses prémisses. C’est moins grave pour nous et pour lui car il n’est pas armé. En revanche, il arme le mouvement de dissidence qu’anime aujourd’hui le Mnla. L’objectivité commande d’être d’accord avec lui sur une large partie de son analyse du rapport Etats- Touaregs. Car il est vrai que l’Etat central dont les pionniers et les principaux animateurs ont toujours été des fonctionnaires appartenant aux communautés du Sud du pays aura, le plus souvent eu, pour les sociétés pastorales, -dont les Touareg, les Maures et les Peuls dans une moindre mesure- la curiosité de l’entomologie pour un insecte.
Dans une telle posture, il arrive souvent que la différence soit perçue comme une faiblesse et la spécificité comme un crime. Surtout qu’en plus de la différence de culture et de peau, il y a celle du projet. Les nomades comme les sédentaires restés sur les prés ou dans les champs ne pouvaient avoir les mêmes horizons, les mêmes visions que les élites sorties de l’école du colonisateur ou du Mali indépendant. Entre eux, il y a toute la différence entre territoire et terroir, nation et marché hebdomadaire.
C’est pourquoi d’ailleurs, l’excellent documentaire de l’ORTM, «caméra en ballade » réalisé à l’occasion du 22 septembre 2000, nous montre un vieil arabe dans un bled perdu de la région de Tombouctou pour qui le président du Mali était encore Moussa Traoré, dix ans après la chute de ce dernier. Parce que la construction de l’Etat démocratique comporte des exigences et doit promouvoir des valeurs, l’Etat ne peut en même temps qualifier les nordistes de Maliens et susciter ou ignorer les représailles aveugles, les pogroms, les tortures dont certaines communautés furent les victimes dans les rébellions passées et du fait de l’armée de la République. Non pas parce qu’elles ont été prises en flagrant délit de tir mais à cause du turban et du teint qui sont les leurs.
Autre point d’accord : les besoins des régions nord sont énormes pour la simple raison qu’elles représentent les deux tiers de la superficie du Mali. Dire qu’il n’y a que 10% de la population et que par conséquent il ne faut pas plus de 10% du budget est tout aussi grave que les exécutions sommaires que nous déplorions tantôt.
On parle d’infrastructures, c’est-à-dire routes, puits, écoles, centres de santé. Plus la zone est vaste, plus elles coûtent. A cet égard, le Nord n’est pas une région gâtée. Dire cela ne justifie aucunement que des citoyens prennent les armes contre la République. Surtout une République qui a signé le pacte national, crée la Région de Kidal et prévu d’autres régions pour mieux prendre en compte la spécificité du Nord.
Naturellement, les problèmes subsistent. Et il faut craindre la gestion tribale de la question du Nord. Mais c’est d’un débat contradictoire que la République a besoin pas une incitation à un conflit armé qui ne tuera que des Maliens.
  1. Y. Togola, membre-Fondateur du CODEPAM (Collectif pour la Paix et le Développement du Mali, à Élancourt, France) malien, très lucide, « rend attentives les autorités du Mali à ce qu’elles ne banalisent pas le phénomène « Libération de l’Azawad » qui pourrait prendre des dimensions ingérables si le cas n’est pas géré dans toutes les règles de l’art politique, sécuritaire et social. » ; Maliweb-Les Echos du 14 Février 2012.

« Plus que dans les autres parties du territoire malien, pour des raisons historiques, le septentrion malien est un vrai melting-pot, une mosaïque des ethnies du Mali dont les territoires sont imbriqués les uns dans les autres: les noms de famille dans cette zone en disent long! Vouloir délimiter ces territoires ethniques, tracer des frontières tribales, créer des États tribaux- ethniques, c’est dérouler le tapis rouge aux opérations de purification ethnique, comme au Kosovo ou au Rwanda.
En juin 1990, les Maliens ont appris par les medias, notamment Radio France Internationale (RFI), l’existence d’un territoire appelé l’Azawad. Territoire occupé par les Maliens, au détriment des autochtones. D’où l’attaque de la ville de Ménaka par de jeunes touaregs qui allaient former, plus tard, le Mouvement populaire de l’Azawad le MPA.
D’autres mouvements ont été créés, après, toujours pour « libérer t’Azawad » : le Front populaire de libération de l’Azawad (FPLA), le Front islamique arabe de l’Azawad (FIAA), l’Armée révolutionnaire de libération de I ‘Azawad (ARLA). S’y ajoutent les bandes et individus équipés d’armes de guerre, en provenance de Libye ou fournies par des «Alliés », et qui «coupent les routes », enlèvent les véhicules, attaquent et détroussent les voyageurs, souvent les tuent … au nom de la libération de I ‘Azawad  » libération de la domination des Noirs, leurs anciens esclaves, et par conséquent indignes de les gouverner, disent certains de ces idéologues. L’Azawad, si jamais elle devait exister, serait-elle alors un état esclavagiste!
Qu’est-ce que l’AZAWAD ?
Lors d’une discussion à Paris (Quartier Porte d’Orléans) l’un des idéologues de la rébellion nous avait affirmé que « l’Azawad est formé par les trois régions du nord du Mali: Tombouctou, Gao et Kidal ». Soit environ 830.000 Km 2. Soit, encore, environ 60 % de la superficie totale du Mali. Le hic, c’est que personne au Mali, ou dans le monde, ne connaissait auparavant l’existence de cette « nation azawadienne ». Ce sont encore les idéologues de la rébellion qui ont dessiné et présenté des cartes de l’Azawad dans les médias.
Un factoïde de politique
C’est pour cette raison que nous disons que l’Azawad est un factoïde politique!
D’après l’Américain Norman Mailer, un factoïde est un phénomène qui prend naissance dans les colonnes d’un journal ou d’un magazine. Une sorte de rumeur accréditée par un journal ou une radio. Après cette accréditation virtuelle, la création d’un contenu réel pourrait suivre.
En réalité, il existe dans la région de Tombouctou un endroit appelé Azawad. mais qui n’est connu que de quelques autochtones. C’est une bande de terre désertique, située au nord-est de Tombouctou et au sud d’Arawane. Sa superficie ne dépasse guère les 350 Km 2. C’est la seule Azawad reconnue par la mémoire collective, et peut être les Archives nationales.
«Les intellectuels touaregs et arabes ont rejoint le mouvement [de revendication] plus tard, afin d’encadrer les combattants analphabètes », dixit, /’idéologue de la rébellion. C’était en août 1992.
Cette reprise en main entraînera la dérive de la rébellion. Car ils vont essayer de saisir l’occasion pour « imposer leur rôle de leader naturel» de la société, en tâtonnant. Rappelons-nous en effet les revendications farfelues, comme la liste des ministères à attribuer aux rebelles : la Défense, les Finances, l’Intérieur, les Affaires étrangères et la Vice-présidence de la République (un poste à créer sur mesure). Et un «Statut spécial» dans le cadre duquel le septentrion malien serait géré par les seuls autochtones, blancs naturellement! Et ces revendications fleurissent à chaque occasion de pourparlers ou de discussion entre les autorités et quelques « leaders naturels ». Il en va de même pour les attaques à main armée et les créations de «mouvement» ou de « front» de libération.
Transformer le virtuel en réalité
En ces années 90, les idéologues de la rébellion, grâce à leur soutien médiatique occidental, avaient conquis l’opinion publique européenne. Même en prônant et en pratiquant la violence sur des populations civiles. Il est vrai que l’Etat malien brillait par son absence du champ médiatique international. Etait-ce par incompétence ou naïveté? Résultat: seule la voix des représentants de la rébellion résonnait dans les médias .1 Il n’y a que les dirigeants maliens qui ignorent qu’il y un «usage [particulier] des médias ou de l’information, en temps de crise », Et aujourd’hui, plus qu’hier, bien communiquer est aussi important que savoir se battre sur le terrain .1
Depuis 2006, nous avons l’impression d’assister au montage d’un scénario semblable à celui des années 90. Et la machine pourrait s’emballer à tout moment. Il est vrai qu’après avoir été humiliés par leur défaite militaire cuisante en Libye, de jeunes «combattants» pourraient essayer de redorer leur blason, en tentant un baroud d’honneur contre une armée malienne «bridée », Et surtout qu’une certaine presse internationale, reprise par celle du Malt~ crie sur tous les toits qu’ils sont lourdement armés et que leurs équipements sont sophistiqués. Il ne manque maintenant que des « intellectuels .. .leaders naturels» pour les encadrer et les envoyer à la conquête de la « virtuelle république azawadienne ».
Le Mali est, et a toujours été, une terre de paix et de dialogue: c’est le sens profond du Togouna, du Gwala, du Bion, ou de l’Arbre à palabre, comme disent les Européens. Mais Qu’on ne s’y méprenne pas: pacifique ne signifie pas pacifisme ! En 1991, de nombreuses associations et Maliens de France étaient prêts à lever des fonds pour financer une éventuelle campagne militaire pour la défense de /’intégrité de la patrie.
Revendication armée en démocratie égale terrorisme
Une approche erronée du «Mali, terre de paix et de dialogue» par une certaine classe politique est interprétée par des activistes-égoïstement-ambitieux comme une faiblesse ou de la peur ! Cette approche a conduit à des erreurs politiques: s’il y a AQMI aujourd’hui au Mali, c’est parce que, hier, des dirigeants ont accepté d’alléger le dispositif militaire dans le septentrion. Idem pour tous les narcotrafiquants qui naviguent dans la zone.
Si en 1991, revendiquer arme à la main pouvait sembler légitime, cela n’est plus acceptable aujourd’hui. Le Mali de 2011 est aux antipodes du Mali de 1991. Le Mali est devenu une démocratie politique exemplaire en Afrique et même hors d’Afrique: dans une démocratie, toute revendication avec arme à la main s’appelle terrorisme ! Et doit être donc combattue en tant que tel ! Les Maliens devraient soutenir tout Etat juste dans cette juste lutte .1 Force doit être au droit, à la loi républicaine !
Intégration ou promotion sociales par les armes ?
« L’intégration d’ex-combattants» tend à devenir un droit, un raccourci menant à des « fauteuils» ou des postes auxquels les autres Maliens ne peuvent prétendre que par concours.
Solidarité, oui Mais la Patrie n’a pas à être reconnaissante pour ses enfants qui ont risqué leur vie comme mercenaires ailleurs et à son insu. Ou qui revendiquent des places dans les administrations à coups de Kalachnikov et de mines anti-personnel contre les populations civiles, les voyageurs et les touristes! Que ferait l’Etat si toute la jeunesse désœuvrée de chaque groupe ethnique du Mali en faisait autant? A-t-on pensé, un jour, à indemniser les pauvres mamans de tous ceux oui, rêvant d’Europe, ont péri dans le Sahara ou l’océan en voulant échapper à la misère dans leur village, arrondissement, cercle ou région.
A chaque tribu ou ethnie son état ?
Depuis la succession des grands empires et royaumes sur cette terre malienne, toutes les générations de Maliens ne conçoivent que le «Malt~ un et indivisible », riche de sa diversité, et très riche de ses interconnections: « Le Mali: Carrefour des civilisations ». Ces interconnections-interdépendances sont humaines, géographiques-territoriales, culturelles, économiques, etc. En effet, «où commence le pays touareg et où s’arrête le pays sonrhaï? »; «où commence le pays des Kel Tamasheq blancs, ou rouges» et «où s’arrête le pays des Kel Tamasheq noirs ou Bella ? », «Où commence le pays dogon et où s’arrête le pays peul? ». «Où commencent les pays bambara, Baro, Minianka, Somono ?» et «où s’arrêtent les pays Sarakolé, arabe, maure, Khasonké, malinké, bobo, senoufo, etc. ?»
Plus que dans les autres parties du territoire malien, pour des raisons historiques, le septentrion malien est un vrai melting-pot, une mosaïque des ethnies du Mali dont les territoires sont imbriqués les uns dans les autres: les noms de famille dans cette zone en disent long. Vouloir délimiter ces territoires ethniques, tracer des frontières tribales, créer des États tribaux- ethniques, c’est dérouler le tapis rouge aux opérations de purification ethnique, comme au Kosovo ou au Rwanda.
Puissent les Mânes de nos ancêtres, nos Grands Fétiches rescapés, Bouddha, Dieu et Allah nous préserver d’un tel malheur. »
  1. Le MNLA, un ramassis de voyous, « des canards » par Moulaye Aly Haidara ; Les Echos-Maliactu du 4 juin 2012.

« Chers amis, j’ai tenu le profil bas, ces derniers temps, pour des raisons personnelles et je remercie très sincèrement le MNLA de me faciliter la tâche que je me suis fixée tous les jours depuis le 17 janvier 2012: combattre sans relâche le MNLA, un ramassis de voyous, « des canards ».

Si on mesure la valeur d’un homme à la valeur de ses ennemis, je ne dois pas être très valeureux, car le MNLA et ses cadres sont de biens piètres stratèges et comme on aime à le dire sur Ki « des porteurs d’eau de AQMI ».

Mossa veut nous faire croire au père noël dans un pays musulman laïc comme chez nous au Mali et Noël je ne pense pas que nos enfants auront beaucoup de jouets cette année noire de 2012. D’abord vous avez organisé et planifié des émeutes populaires pour chasser les populations urbaines de nos communautés des grandes villes maliennes au vu et au su de tous, vous avez mis nos vies en danger sans nous consulter. J’en veux pour preuve que le « Président » du MNLA, Hama Ag Mahmoud, ancien ministre du Mali, a évacué Bamako son domaine de Mussabougou en informant ses intimes que des « choses » se préparaient….On les a vu, ces choses… Ses amis ont vendu leur maison, leur camion, leur voiture pour s’exiler. Quelle sagesse pour des leaders… quel égoïsme et quelle méchanceté pour des leaders… Ensuite, vous avez mis les intégrés touaregs en insécurité dans les camps militaires en jouant et en distillant des informations sur leur intégrité et leur loyauté face à leurs frères d’arme les obligeant dès lors au péril de leur vie à déserter leur poste et beaucoup ont perdu la vie en fuyant, cas de Tombouctou par exemple ou de Gossi…
Vous avez essayé de créer une guerre civile arabe/touareg, car vous n’aviez obtenu aucun soutien arabe et grâce à Dieu, nous avons réussi à éviter cette catastrophe. Ensuite, vous avez lié des connexions avec AQMI pour vos besoins militaires et financiers en pensant que, eux aussi, vous pourrez les trahir comme vous avez toujours trahi le Mali, les Arabes et les Imghad. Mais vous vous êtes brûlés parce que comme je vous l’ai toujours dit : vous n’avez pas de principes, n’est pas Che Guevara qui le veut… Votre cynisme a été d’entraîner la Mauritanie et la France dans vos plans kafkaïens en sous estimant leur intelligence et le retour de manivelle en leur faisant croire que vous étiez en mesure de combattre AQMI si ces pays vous assistaient financièrement, matériellement, et en termes de communication…

Nous avons essayé de le leur faire comprendre, mais le mépris et les rancunes personnelles de ces chefs contre ATT les aveuglaient et ils prenaient nos positions de principes comme la crainte du combat contre le MNLA. Pourtant, toutes les rebellions touarègues ont été matées par les Arabes et celle-ci ne fera pas défaut à la règle. Aujourd’hui, vous êtes quasiment expulsés de Mauritanie et de France parce que vous n’êtes pas sérieux, vous êtes des canards….et des canards… on les…
Mais là où vous êtes encore plus ridicules, c’est que vous continuez de croire que vous pouvez manipulez tout le monde…

Les soldats libyens même d’origine malienne étaient juste positionnés au nord du Mali pour préparer leur retour en Libye une fois les bombardements de l’Otan arrêtés et vous êtes allés profiter de la mort de Kadhafi et l’arrestation de ses fils pour les utiliser et les embobiner dans votre rêve fou. Mais eux sont des « Arabes » pas des Touaregs, ils ne parlent quasiment pas Touareg et les réunions se tiennent en arabe que vous n’avez même pas pris la peine d’apprendre alors que nous les Arabes parlons tous le tamasheq et le sonrhaï. Votre racisme vous a rattrapé dans votre tréfonds. Maintenant vous allez récolter les fruits pourris de votre malhonnêteté permanente et de votre manque de vision. Et tous ceux que vous pensiez utiliser à vos desseins malsains vont vous éliminer royalement, car et la France et la Mauritanie vous ont en fait utilisés, les « Libyens » vous ont utilisés, Iyad et Ançar Dine vous ont utilisés gratuitement sans paiement aucun. Eux se battaient ; vous, vous piailliez sur le net et sur les ondes. Alors Mossa, au lieu de nous embêter avec tes « moi, je » « mes sacrifices » et ton égocentrisme à deux sous et ton incapacité à réunir des cadres touaregs autour de ta personne, car en réalité tu n’as rien a offrir tu cherches juste ta tête. A jouer avec le feu, on se brûle. Et mettre tant de vies en balance pour « toi » est une honte indigne d’un leader. Tu vas tout perdre, car le Mali a compris et a tiré toutes les leçons de ses erreurs. ATT, le Mali sera l’ami de la France, de la Mauritanie, de l’Algérie, du Burkina Faso, du Bénin, de la CEDEAO, de l’Union Africaine, de l’ONU et de l’OTAN, mais en plus et surtout du CNT Libyen pour négocier le retour de ceux de ces soldats qui le souhaitent et eux rentreront, car la reconstruction de la Libye est plus rentable pour eux que la création de ton pseudo État raciste.

Les Arabes n’ont rien contre toi et je dirais même que pour nous, tu n’existes pas… J’espère juste que l’on pourra te faire une place pendant les négociations de paix à venir selon l’agenda que le Mali fixera. Tu as juste induit « ton peuple » en erreur, car quoi que l’on dise, le Mali a fait beaucoup d’effort. Mais toi, pourquoi tu t’installes à Paris ou ailleurs au lieu de te battre avec nous à Kidal ou à Tombouctou?
Comment veux-tu que l’on te respecte alors que maintenant tout ce que tes aînés ont eu comme victoires concrètes a été gaspillé: que veux-tu que l’on fasse de ces déserteurs que tu as obligés d’abandonner leur poste et combattre leurs amis? Des agriculteurs, des éleveurs ou des commerçants? Pas des soldats en tout cas, pas des douaniers en tout cas?

Qu’allons-nous faire pour libérer nos villes des mains des barbus que vous avez invité à vous aider pendant les combats et tu ne trompes personne ici aussi, car en dehors de Ménaka peut être, tous les autres accrochages étaient menés conjointement avec tes barbus de Aqmi, du Mujao et de Ançar Dine. Que peux-tu nous offrir en dehors du chaos et de déclarations sans intérêt d’intention pieuse: rien. Alors, utilise ta langue mielleuse pour ramener vite tes frères que tu as égarés au bercail pour nous aider ; car tu le sais et Hama Ag Mahmoud le sait : nous les arabes, on s’organise, avec nos frères Touaregs, Sonrhaï et Peuls et avec l’armée malienne, on reprendra nos terres et nos maisons quel que soit le prix du sang à payer pour cela.

Pour l’histoire, il est important que le Monde comprenne que vous n’avez pas gagné la guerre, juste une bataille et encore aidés par le destin et AQMI. Car en dehors de Goumakoura, Tessalit et de Aguelhok, il n y a pas eu de combats à proprement parler : notre président ATT voulait éviter de se faire indexer comme celui qui a fait un génocide touareg, car vos communiqués et vos plaintes étaient déjà prêts contre lui et contre le Mali, n’est-ce pas? Aie l’honnêteté de le reconnaître devant Dieu et devant l’histoire. A Tessalit, regarde les messages d’archives et de presse : le Colonel Major Ould Meydou et son équipe avaient fait du « bon travail » de militaire pour l’histoire ; il y a eu le lendemain au moins 40 morts parmi les blessés AQMI/Ançar Dine/MNLA déclarés et enterrés à In Khalil ; tu peux vérifier. Cela veut dire combien de morts sur le champ d’honneur pour vous? On a eu deux blessés légers arabes. Si l’aviation avait fait son travail ce jour-là, la guerre serait finie et si tu en doutes, appelle tes soldats. On avait reçu après Tessalit beaucoup d’appels de vos intégrés qui souhaitaient abandonner, car ils avaient compris que c’était devenu « une affaire de barbus »; par décence, je tairais les noms.

A Goumakoura, regarde les archives aussi et les deux véhicules remplis de corps qui ont traversé la frontière mauritanienne ; si tu veux savoir où les corps ont été enterrés par tes hommes, on t’offre nos services aussi.

A Aguelhok, malgré le massacre que vous avez revendiqué de 9h à 12h 30, Ould Meydou et 14 hommes vous ont tenu tête à tous et ont tué 3 chefs de AQMI mauritanien et s’en est sortis avec quelques blessures. A Gao, nos hommes avaient repris le dessus. N’eût été l’ordre de repli de l’armée Gao ne serait jamais entre vos mains et cela aussi, tu peux le vérifier. Car on avait vu vos hommes et vos barbus dans les alentours de Gao et on avait demandé en vain des bombardements de dissuasion qui n’ont pas eu lieu malheureusement, car le coup d’État avait déstabilisé la chaîne de commandement militaire et civile. Sinon, comment expliquer que vous prenez Gao et Tombouctou juste avec 1 mort civil par balle perdu…

Libre à vous de croire que vous avez gagné la guerre, mais la réalité vous rattrapera très vite. On aurait pu libérer Tombouctou et Gao, mais sans Bamako et sans aviation, les tenir serait coûteux et nous, on ne prend pas nos rêves pour la réalité, on travaille avec la tête et les principes.

Vous aimez dénigrer notre armée nationale. Vous avez tort, ce sont des soldats braves et courageux. Dans le contexte d’un Président indécis et d’une hiérarchie militaire qui avait conscience de nos insuffisances en moyen matériel et logistique, le repli était le seul recours. Leur formation est peut-être incomplète du fait du manque de pratique guerrière sur le terrain, mais leur patriotisme ne souffre d’aucun doute. Leur connaissance du métier de la guerre est avérée et le commandement se réorganise.

Moi, je retiens d’eux des soldats « maliens » qui ont su tirer les bonnes conclusions des précédentes rebellions : malgré le retrait désordonné, aucune bavure grave n’a été dénoncée et je les remercie sincèrement, car c’est cela qui sauvera le Mali éternel. Contrairement à vous à Aguelhok : égorger des êtres humains pour une cause !!! Vous imaginez bien combien de nos parents vous avez mis en danger dans cette zone qui était infestée de militaires, c’est de l’inconscience. L’objectif inavoué de saper le moral de nos soldats en les effrayant a réussi, mais la riposte se prépare et on verra si vous pourrez tenir en face de cette armée remontée à bloc.

On a aussi compris que notre alliance Arabes/Imghad devrait être renforcée par les Sonrhaïs et les Peuls qui sont en pleine préparation aussi de la riposte et vous le savez. Alors, on les assistera, on les formera sous le couvert de l’armée nationale du Mali et surtout on leur expliquera que les populations civiles blanches n’y sont pour rien et que malgré la douleur, malgré l’humiliation d’être chassé de chez soi du fait de nos « frères », malgré les viols, il faut sauver le vivre ensemble de demain et ce message contredit toute ta haine pour nous les Arabes qui transparaît dans ton appel. Car, en réalité, vous avez vendu nos terres et nos maisons contre NADA. Et vous avez donné une base « ALQAEDA » à AQMI pour faire du mal en Afrique de l’Ouest et du Nord et surtout en Europe. Mais nous expliquons à nos frères sédentaires du nord comme du sud tous les jours que cette fois-ci, toutes les populations blanches (Arabes comme Touarègues) et noires Sonrhaïs, Bellahs et Peuls sont victimes au même degré même si le MNLA rêve encore. La preuve en dehors de certains opportunistes qui sont au nord ? Et c’est pourquoi, il faut que l’on soit uni et qu’il n’y ait aucun dérapage pendant et après la libération. La seule manière d’y arriver est d’associer toutes les communautés au processus de paix sans exclusive et pas seulement ceux qui ont pris des armes comme à l’accoutumé. Il faut aussi un volet économique et vite pour tout le monde. Au risque de voir le rejet comme le cas de Gandakoy pour le pacte national. Et cette fois, ce n’est pas à négliger non plus, la fronde risque d’arriver de Bamako et des grandes villes où les populations se sentent humiliées et ne pas les associer au processus serait catastrophique pour l’avenir.

Je te conseille ainsi qu’à mon père Hama Ag Mahmoud de jouer balle à terre et vite, très vite ; car les jeux sont faits et la justice et l’honneur veulent que vous soyez à nos côtés dans ce combat pas contre nous. Nous partageons les mêmes pâturages, les mêmes puits, le même fleuve, la même culture et les mariages nombreux entre nous vous donnent l’impérieux devoir de vous joindre à nous pour libérer nos terres. Malgré vos erreurs, malgré votre amour propre, tout le monde sait que vous ne maîtrisez rien du tout au nord du Mali. Et faire semblant de vous fondre dans Ançar Dine pour le dénoncer ne vous permettra pas de reprendre la main, car ces barbus ont leur vision et leur méthode, ils s’en foutent de vous et de votre cause. Votre virginité est perdue il y a longtemps. Vous avez raté le coche de l’histoire. Ils vous ont utilisés et on le comprend, ne soyez pas gênés. Venez au bienveillant Mali, on trouvera la solution ensemble en frères pour déconstruire ce chaos et bâtir ensemble une grande Nation. C’est le dernier avertissement avant la tempête et ce n’est pas une menace, juste un conseil. »

  1. Déclaration solennelle de soutien au gouvernement de la république du Mali et aux forces armées et de sécurité.

Cet élément du dossier est une « pépite d’or»; en effet, voilà que la société civile malienne – ce n’est pas n’importe laquelle – se mêle de la gestion de la rébellion touarègue; d’authentiques représentants des populations touarègues dénoncent l’arnaque de jeunes touaregs qui usurpent la « représentativité» ; il y a là de quoi mettre « KO debout» les fantomatiques gens du MNLA !

« Par rapport à l’insécurité menaçante au Nord :

A l’adresse du gouverneur et du commandant de la zone de défense de la région de Tombouctou.

Tous les kel-Antessar du Mali, où qu’ils se trouvent, désavouent, avec la dernière énergie la position irréfléchie de nos concitoyens refoulés de Lybie et restés avec armes et bagages à notre frontière Nord en cherchant /’inadmissible.

Les kel-Antessar, du Haoussa et du Gourma, fatigués de /’insécurité récurrente, devenue des projets pour certains maliens, saluent la dernière initiative prise par A TT avec son homologue algérien et celle prise par les pays du Champ avec les Américains.

Nous considérons que la Nation malienne, dont nous sommes très fiers, en tant que citoyens à part entière, restera indivisible. Elle s’est forgée dans le creuset de l’unité depuis plus d’un demi-siècle et même bien avant /’indépendance chèrement acquise.

Les kel-Antessar et leurs frères Chérifiens, forts de ce principe irréversible,
n’accepteront jamais que notre pays perde un pouce de son territoire national au profit d’aucune mafia.

Nous ne serons jamais solidaires d’aucun prétendu mouvement qui prône la session et la violence. Nous comprendrions plutôt toute revendication de droit réel par le dialogue dans la paix entre les fils d’un même pays. De notre vivant, nous kel-Antessar du Mali: défendrons toujours, du bec et des griffes, l’Unité nationale.

Quant à l’Azawad malien, il restera, comme il se doit, la propriété de tous les maliens, blancs et noirs, du Sud et du Nord.

Les Kel-Antessar qui constituent aujourd’hui une force potentielle tranquille sont désormais prêts, avec l’aide de Dieu et du gouvernement, à défendre, jusqu’au sacrifice ultime, /intégrité de notre héritage commun, le Mali. Ils en appellent au suivisme de toutes les composantes des populations de notre région, sonrhaïs, Tamacheq blancs et noirs, arabes, peuls et autres , à se joindre à eux pour barrer la route à tous les prophètes de malheur d’où qu’ils viennent.

On en a marre de ceux qui – cycliquement, pour des intérêts sectaires et égoïstes, troublent la Paix et la quiétude dans nos familles et nos foyers.

A la veille de l’indépendance du Mali de toutes les tribus touarègues ou Arabes, les Kel-Antessar étaient la plus importante, numériquement et économiquement. Mais, jusqu’à ce jour, ils n’ont jamais manifesté aucune velléité déstabilisatrice en formant des milices parallèles à nos forces armées, façon d’émerger et de se faire voir (je parle des milices ethniques). Nous ne sommes pas des va-t’en guerre. Pour la défense du pays, nous avons une armée forte et suffisante qui ne nous demande qu’une collaboration sincère et positive.

A cet effet, Monsieur le Gouverneur, nous donnons l’engagement total de notre loyauté et s’i! le faut, de verser notre sang pour l’Unité et la Paix.

Pour finir, je ne suis pas mandaté particulièrement par une rencontre, mats ICI, je fais le porte-parole des kel-Antessar, suite à des consultations de la plupart de leaders d’opinion.

N’étant pas un opportuniste, soyez convaincus, Messieurs le Gouverneur et le Commandant de la zone de défense, de trouver ici l’expression venue du fond des cœurs de tous les Kel-Antessar et Chérifiens du Mali.

Fait à Tombouctou, le 9 Novembre 2011.

Par Mohamed El Moctar Ag Mahmoud dit Khado,
Instituteur à la retraite, Chef de la fraction Kel-Antessar 1 de Gossi,
Conseiller communal, domicilié à Gossi.

  1. Déclaration de Mohamed Ag Erlaf, ancien ministre. parue sur Afribone-Les Echos du 12 Avril 2012.

Pour la première fois, un authentique cadre intellectuel touareg malien, de plus, de la région de Kidal (bastion de la rébellion touarègue), prend la plume (le sabre) pour « combattre» les ennemis de la République qui sont ses frères « égarés» ; s’il y a une bonne dizaine de cadres intellectuels touaregs maliens de la région de Kidal qui auraient le courage de s’exprimer publiquement comme Amghar (c’est le surnom de Mohamed AG ERLAF qui veut dire le sage, le chef traditionnel), il serait possible que certains rebelles aient « honte» du grand malheur qu’ils ont entrainé pour leurs parents et arrêteraient de se rentre « vilains» en cessant la rébellion.

« Chers frères,

Chers compatriotes,

Depuis quelques mois, notre pays, le Mali, essuie des attaques d’une rare violence
perpétrées contre tous les symboles de l’Etat, provoquant une grave crise sécuritaire dans la partie septentrionale du territoire national.

Je voudrais saluer l’action courageuse de nos forces armées et de sécurité qui ont, jusqu’à la limite du possible, mené leur mission de protection des populations et de leurs biens et celle de défense de l’unité nationale et l’intégrité du territoire malien. Je salue aussi l’action héroïque de tous ces fonctionnaires anonymes qui, contre toutes les menaces qui ont pesé sur leur intégrité physique, sont restés à leur poste le plus longtemps possible.

Je suis convaincu que la patrie reconnaissante perpétuera la mémoire de tous ceux qui sont tombés sur le champ de l’honneur pour que le Mali reste un et indivisible.

En tant que Malien de souche, et fier de l’être, de nationalité malienne et seulement malienne, je prends la permission de m’adresser à vous parce que l’enchaînement des événements ne permet plus aux patriotes de se taire, qui derrière l’obligation de réserve, qui derrière des calculs politiciens de positionnement ou seulement tétanisés par le choc du ciel qui leur tombe sur la tête.

Je voudrais condamner, aujourd’hui comme depuis toujours, toute idée d’atteinte à
l’intégrité territoriale du Mali et à son unité.

En tant que natif de la région de Kidal, je la condamne parce que je n’ai donné mandat à personne pour me libérer, ni libérer ma communauté.

Je la condamne parce que je suis un homme libre, respectueux de la liberté des autres.

Je condamne aussi, avec la dernière rigueur, toutes les atrocités commises, toutes les privations de liberté extrajudiciaires, toutes les atteintes à l’intégrité physique et morale de mes concitoyens ; quels que soient leurs auteurs et quelle que soit la raison invoquée pour les justifier.

La tragédie actuelle que connaît notre pays résulte de la conjonction de plusieurs facteurs liés à des menaces à la sécurité identifiées depuis des années et pour lesquelles il avait été élaboré une stratégie de lutte.

En effet, des moyens humains et matériels importants avaient été déployés, pour éviter la sanctuarisation d’une partie du territoire national par des groupes appartenant à des organisations du crime organisé commettant des actes terroristes qui y ont conduit à l’arrêt des actions de développement, plongeant les populations dans une précarité accrue.

Si l’on ne peut contester la pertinence des objectifs visés par la stratégie de lutte contre l’insécurité au nord du Mali, il est indéniable que ce qui a le plus manqué c’est le temps pour sa mise en œuvre :

Le temps de la partager et celui d’agir à hauteur de souhait ; Le temps de faire comprendre que l’insécurité dans les régions du Nord de notre pays est toujours une menace majeure pour la stabilité du Mali et celle de l’ensemble de la sous- région sahélo saharienne ;

Le temps de gérer la naissance simultanée de mouvements radicaux autonomistes et religieux qui vient s’ajouter aux risques sécuritaires liés aux menaces comme le trafic des stupéfiants, le trafic d’êtres humains et la circulation d’armes de guerre accentuée par les évènements survenus en Libye;

Le temps de garantir l’exercice de la souveraineté nationale sur l’ensemble du territoire malien;

Le temps de rapprocher notre administration de ses administrés ;

Le temps d’assurer une mobilité accrue et efficace aux Forces armées et de sécurité ;

Le temps de relancer le processus de développement local.

L’heure n’est plus aux justifications, ni aux récriminations, ni à la délation, ni aux critiques stériles, ni à jouer les Cassandre. C’est celle de la réaction.

Réaction lucide et intelligente à la situation de fait dans laquelle, du jour au lendemain, notre nation a été plongée. Réaction pour gagner des combats de valeur, pour des valeurs et non des batailles militaires inopportunes. Réaction pour gagner le combat du Mali uni. Le combat de la liberté et des libertés pour chaque Malien.

Le combat de l’unité nationale, de la fraternité et de la solidarité, sur un territoire un et indivisible.

Le combat de la préservation de la consanguinité et du brassage séculaire des cultures nationales.

Le combat des pactes sociaux.

Je réitère mon appel solennel à tous ceux qui ont pris les armes au nord pour qu’ils se ressaisissent, pour qu’Ils arrêtent immédiatement les hostilités afin de faire place au dialogue et à la négociation avec leurs frères du Nord et du Sud du Mali, afin de ne pas détruire l’œuvre d’une si longue Histoire commune.

Je réaffirme que tout est encore possible pour sauver l’unité nationale et l’intégrité territoriale du Mali.

Tout est négociable sauf l’unité nationale et l’intégrité territoriale du Mali.

L’unité nationale et l’intégrité territoriale du Mali sont sacrées. Elles ont été mises à rude épreuve, mais nous pouvons les sauver.

Des grandes démocraties, européennes et africaines, ont eu ou bien ont encore leur
« Azawad ». Elles ont réussi à sauver leur intégrité et leur unité.

Pourquoi pas le Mali?

Je fonde ma conviction sur des signaux sociaux d’une grande valeur et d’une force
incalculable, car ils m’ont personnellement permis de « tenir ». comme on dit:

Le fils Konaré bravant la foule et l’incendie pour tenter d’en extirper son oncle Ibrahim Ag Youssouf dont la maison brûlait et qu’on voulait lyncher.

Le soutien moral de mes frères soninkés, senoufos, songhays, bambaras, peuls, Dogons, bobos et de tous mes autres frères dont j’ignore le nom exact de la communauté malienne dont ils sont issus, tout comme eux aussi ignoraient que je suis Adnou Talkast ou Kel-Ahilwat.

Tous m’appellent « Bédouin» et j’appelle certains « Villageois».

Et ça suffit pour requinquer notre fraternité et maintenir notre amitié et notre solidarité ardentes.

Je sais qu’il y a beaucoup d’autres « Bédouins» et beaucoup d’autres « Villageois ».

La réceptivité de mes frères en rébellion à certains messages de paix qui ont retardé des combats inutiles, levé des embuscades et parfois épargné beaucoup de vies humaines maliennes.

La conscience cornélienne établie de mes frères du Nord du Mali d’ »être bourreaux et victimes» pour souffrir stoïquement le spectacle de leur terroir qui brûle de mille maux.

A mon avis, c’est ce qui sauvera le Mali et rien d’autre!

Le Pacte national, signé le 11 Avril 1992, vingt ans après, continue d’avoir en son sein des pistes de solutions à nos problèmes actuels, notamment la libre administration des collectivités territoriales par des collèges élus.

Il est indiscutable qu’après douze ans de décentralisation et de gestion des affaires
publiques par des collèges élus, l’insatisfaction des aspirations d’une grande partie des populations demeure.

Tant leurs attentes sont grandes, de Kayes à Kidal, parfois incommensurables avec les moyens dédiés par l’Etat. Un Etat dont les efforts, en matière de financement du
développement local et de responsabilisation démocratique des populations dans la gestion des affaires publiques locales, n’ont pas permis d’éviter la situation actuelle.

Malgré tout cela, je demeure convaincu de la pertinence de ces choix opérés par les premières autorités de la IIIe République.

Toutes les politiques sectorielles peuvent connaître des difficultés de tous ordres dans leur application. La réforme malienne de l’Etat et de décentralisation a connu les siennes.

Ces difficultés ont été accentuées par une mal gouvernance de la sécurité et du
développement local et une crise identitaire religieuse tendant vers la radicalisation de nos pratiques de l’islam.

Mais, jamais on ne saurait fonder les échecs sur l’exclusion ou la marginalisation d’une quelconque partie du territoire national, ni sur une discrimination négative de telle ou telle communauté nationale.

C’est aussi ça le Mali !

Ensemble, nous pouvons encore, en toute sérénité évaluer nos politiques et réformes, et sans complaisance corriger nos erreurs ou nos maladresses, en tenant surtout compte des cinq réalités suivantes:

L’étendue des territoires du Nord du Mali et la mobilité des populations exigent une
gouvernance particulière et des moyens importants dédiés à la gouvernance de la sécurité.

Le nouveau Code de la famille fait assez de place à la culture des populations locales.

Les imams, les qadi et les ulémas sont parties intégrantes du paysage politique et social du Mali.

Nous ne devons pas avoir peur ou honte d’être des musulmans qui vivent pacifiquement en République et en démocratie, à côté de chrétiens et d’animistes.

Ce que nous devons à tout prix éviter, c’est la radicalisation de nos pratiques cultuelles ou rituelles.

Les collectivités, dans une grande partie du Nord du Mali, sont davantage humaines que territoriales et les fondements de la culture locale doivent être préservés dans la mesure où ils ne portent pas préjudice à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale du Mali ;

La réforme de décentralisation demeure la seule voie de sortie de l’impasse dans laquelle certains se sont fourvoyés et enlisé toute la nation.

Il faut des collectivités territoriales et des compétences réelles, transférées avec les moyens nécessaires à leur exercice, et des services déconcentrés de l’Etat pour apporter une réponse pérenne en matière d’encadrement et d’appui-conseil.

Il nous faut bâtir un autre Etat. Responsable. Présent, mais pas étouffant.

Depuis des décennies, le gouvernement de la République du Mali fonde sa stratégie de développement sur la réduction de la pauvreté.

L’économie de notre pays est très vulnérable aux chocs exogènes, qu’ils soient climatiques, économiques, politiques ou humanitaires.

Malgré cette précarité, la solidarité a toujours été un élément fondamental dans la
distribution des richesses nationales.

Tous les Maliens sont pauvres. Certains le sont plus que d’autres.

Les régions du Nord du Mali sont plus vulnérables que les autres. Leur retard, en matière de développement économique et social, est réel. Mais, ce retard ne justifie :

Ni les moyens utilisés pour revendiquer un mieux-être pour les populations, sans les consulter,

Ni les pertes humaines occasionnées,

Ni la haine que l’on a semée,

Ni les humiliations distribuées,

Ni l’exil forcé infligé aux populations,

Ni les désertions par crainte de représailles,

Ni la compromission d’une unité nationale en construction depuis des siècles.

Parce que des efforts louables sont faits depuis des décennies pour combler ce retard et pour assurer la représentativité des régions du Nord sur l’échiquier national, à tous les niveaux. Parce que des institutions nationales et républicaines étaient en construction, l’Armée nationale en premier.

Aujourd’hui, il est plus que temps de tourner la page

Des guerres et razzia entre les confédérations humaines du Sahara et du Sahel

Des guerres entre les royaumes et divers empires de la zone soudanienne

De l’Organisation commune des régions sahariennes (OCRS),

De la rébellion de 1963,

De la rébellion de 1990 et celle du 23 mai 2006.

Si elles nous permettent de justifier une ascendance guerrière productrice momentanée d’adrénaline, elles doivent rester ludiques et leur souvenir récréatif pour permettre aux inspirés de chanter les louanges de leurs ancêtres qui aujourd’hui ne dorment pas dans leur tombe … ou dans leur fosse commune, car ils ont parfois été massacrés les armes à la main.

Parce que chaque mort, dans ce conflit fratricide, est une perte pour le Mali.

Notre nation, la nation malienne est un héritage multiséculaire commun et cumulé.

Il a été bâti sur des sacrifices ultimes de tous les enfants du Mali.

Du Nord comme du Sud.

Il nous appartient de sauvegarder l’unité et la cohésion de ce patrimoine commun.

Quelle que soit la gravité des actes posés par des individus, ce ne sont ni l’amalgame, ni la stigmatisation qui nous aideront à sauver notre héritage commun. Je suis conscient de nos immenses capacités nationales à transcender les difficultés du moment, au nom du Mali, au nom de la nation malienne, au nom de la République du Mali, au nom de la démocratie malienne que nous avons tous malmenée par notre silence ou notre apathie.

Je suis persuadé que les immenses ressources internes que constituent les anciens chefs d’Etat ou de gouvernement, les partis politiques, la société civile, les leaders d’opinion, sont encore capables de relever ce défi majeur, pour obtenir un consensus national sur tout ce qui peut unir les Maliens pour qu’ensemble et solidairement, ils œuvrent au rétablissement d’un climat propice au nécessaire dialogue qui mettra fin aux hostilités et aux horreurs actuelles.

Le Mali ne se reconstruira que par ses enfants. En tous les cas, pas par les canons et autres engins de la mort, même portés par la CEDEAO, l’Union africaine ou les Nations unies.

Je demeure convaincu que les aspects les plus saillants de la menace sur l’unité nationale du Mali demeurent transnationaux.

Face à ces menaces transnationales, l’implication, en premier lieu, des autres pays du champ (Algérie, Niger, Mauritanie, Burkina Faso) avec qui nous avons déjà des programmes communs d’action, pour circonscrire la crise dans son niveau actuel, me semble indispensable.

Tout comme l’assistance indispensable de la communauté internationale, surtout celle de l’Union européenne à laquelle le Mali est lié dans la mise en œuvre de la Stratégie sécurité Sahel, afin que le triptyque paix-sécurité-développement soit consolidé.

Vive le Mali, Vive la République, Vive la paix.

  1. « La rébellion de l’Adrar des Ifoghas » vue par Ahmed Mohamed AG HAMANI, Ancien Premier ministre, Commandeur de l’Ordre National du Mali.

Bamako, le 21 décembre 2013

« En acceptant de me soumettre à cet exercice, dans le cadre du présent débat sur le conflit du nord, j’ai conscience que la tâche n’est pas aisée. Car il s’agira pour moi, encore une fois de donner ma lecture de la crise que traverse notre pays. Une perception qui, souvent, va m’éloigner des clichés véhiculés. Cela veut dire simplement que je peux ne pas être d’accord avec certaines idées. « La rébellion de l’Adrar des Ifoghas », le titre de ma présentation est évocateur, non pas de mon état d’esprit, mais du foyer qui a de tout le temps couvé les différentes tensions.

Qu’à cela ne tienne, l’exigence et surtout le devoir de sauvegarder l’intégrité et la sécurité nationales dans un Mali de paix et de cohésion, nous oblige à faire violence sur nous-mêmes. Le cœur a suffisamment parlé, nous devons nous retourner encore plus vers la raison pour dégager des pistes de solution durable.

Cet exposé traitera de :

– Un rappel historique des rebellions

– Le statut de Kidal

– Analyse de ces crises

– Propositions de sortie de crise

Introduction

La crise profonde qui secoue le Mali depuis 2006 a atteint son point culminant en 2012 avec l’occupation des régions de Tombouctou, Gao et Kidal par les groupes armés MNLA, djihadistes d’Ançar Dine, d’Aqmi et du Mujao.

Si le MNLA revendique l’autodétermination et l’indépendance de l’Azawad, les trois autres défendent l’instauration d’une République islamique. Plusieurs thèses, d’ailleurs liées, ont été avancées pour expliquer les origines et les objectifs de la crise.

La première correspond à une rébellion touarègue cyclique interne basée sur des revendications d’ordre politique, économique et socio culturel ;

La deuxième procède de la manipulation par l’extérieur pour des raisons géopolitiques ;

La 3e thèse est basée sur les intérêts géostratégiques autour des ressources du sous-sol que recèle cette zone (pétrole, gaz, uranium, etc.) ;

La 4e récente est relative à la création d’un État islamique indépendant prôné par les djihadistes qui ont occupé les 2/3 du territoire.

Au-delà de ces différentes thèses, il serait nécessaire de jeter un regard rétrospectif sur les crises précédentes qui ont périodiquement secoué le pays depuis l’indépendance à nos jours et dont la mauvaise gestion serait en grande partie responsable de celle que nous

On pourrait indexer à ce stade la France qui, de l’avis de certains, n’a jamais accepté l’échec de son projet de l’organisation des États Sahariens de la période des indépendances, ensuite le regard pourrait être tourné vers le guide libyen Mouammar Ghaddafi qui n’a jamais caché ses prétentions d’imposer son hégémonie sur la zone sahélo-saharienne appartenant selon lui, aux touaregs dont il se réclame lui-même. La CEN-SAD et la Ligue des tribus du grand Sahara en sont une des manifestations éloquentes.

I- Rappel historique des différentes rébellions

De son indépendance à nos jours, le Mali est à quatre épisodes, disons plutôt générations de « rébellion » (1962-1964 ; 1990-1994 ; 2006 et 2012…)

Le 14 mai 1963, une « altercation » entre des gardes goums et Aladi Ag Alla, fils d’Alla Ag El Béchir assassiné par le colonisateur suite à une rébellion contre le régime le colonial, déclencha une jacquerie dans l’Adrar des Ifoghas. Elle ne concerna qu’une petite partie de Kel Adar qui revendiquait le maintien du rôle prépondérant dont bénéficiait leur chef pendant la colonisation française. La révolte se concentra sur Kidal, les Touareg Iwellemeden kel Attaram de Ménaka, kel Antessar et Tinguéréguef de Tombouctou, Goundam… restant à l’écart du mouvement. Le dénouement malheureux de cette affaire est connu de tous à travers le récit tristement célèbre de l’expédition punitive du Capitaine Diby Syllas Diarra. La période a été aussi marquée par un coup d’État.

À partir de 1968, le régime militaire en place a mis fin à toute activité politique en s’engageant dans l’élaboration d’une nouvelle constitution adoptée par référendum en 1974, consacrant la naissance de la 2e République et l’option politique et économique marquée par l’ouverture vers le monde occidental.

Au cours des 23 années qui ont succédé au régime de Modibo KEITA, les bruits de bottes se sont déplacés vers la Haute-Volta 1974 et le Burkina Faso en 1985.

Souvenez-vous de ce conflit que certains médias de l’époque qualifiaient de la « guerre des pauvres ».

Les sécheresses et famines de 1973-74 puis de 1984- 85, les pertes de bétail, les épidémies, etc., poussèrent des familles entières à s’exiler en Algérie et en Libye, où elles rejoignirent les Kel Adar partis en 1964. Les jeunes sans perspectives d’avenir s’enrôlèrent dans la légion islamique du colonel Kadhafi au sein de laquelle ils combattirent notamment au Liban, où celui-ci avait envoyé un corps expéditionnaire pour assister les Palestiniens, puis dans la bande d’Aozou au Tchad.

En janvier 1990, l’Algérie décide de renvoyer dans leur pays de nombreux réfugiés touaregs installés sur son territoire. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour qu’un petit incident mette le feu aux poudres. Ce qui arriva avec l’attaque de la gendarmerie de Ménaka le 29 juin 1990 par un groupe armé de Kel Adar dirigé par Iyad Ag Ali. Ils s’estimaient marginalisés tant du point de vue politique qu’économique et toujours marqués par la terrible répression de 1963-1964. Cette fois-ci, ils entrainèrent avec eux d’autres touaregs et des arabes qui exprimaient, eux aussi, des frustrations et des problèmes qui n’avaient toujours pas été résolus, selon eux, depuis l’indépendance. Ce nouvel épisode de soulèvement était dirigé par une coordination qui s’appelait les MFUA (Mouvements et Fronts unifiés de l’Azawad). Acculé, le général Moussa Traoré signa, sous l’égide de l’Algérie, avec Iyad ag Ghali, responsable du MPA, le 6 janvier 1991 les Accords de paix de Tamanrasset. Ils ne furent jamais appliqués en raison de l’éclatement du MPA en plusieurs fronts. Cette instabilité se prolongea jusqu’à la signature du Pacte national le 11 avril 1992. Il stipulait que la crise devait se régler dans le cadre d’un Mali unitaire. Il prévoyait l’intégration d’anciens rebelles au sein de l’armée et de l’administration et accordait un statut particulier de Kidal, avec la mise en place de la décentralisation.

Durant les premières années de la 3e République marquées par des secousses souvent violentes ayant atteint quelques fois les institutions et détérioré le tissu social, aucune action d’envergure n’a été entreprise pour résoudre de manière définitive les contentieux résultant de ces crises. Ce qui rend possible la reprise des hostilités.

La fin de la décennie 90 a été marquée par le retour triomphal de l’homme du 26 mars élu sous les couleurs des indépendants. Il a dirigé sur la base du CONSENSUS POLITIQUE contribuant ainsi une anesthésie de l’opposition et l’unanimisme de la classe politique. Il s’engagea sans difficulté dans la mise en œuvre des réformes.

Certains officiers militaires touaregs intégrés, qui reprochèrent au pouvoir central son laxisme, déclencheront le 23 mars 2006, une troisième « rébellion », avec la création de l’Alliance démocratique pour le changement (ADC). Tout comme celle de 1963- 1964, la révolte fut l’initiative des Kel Adar. Elle s’inscrivait dans une conjoncture nouvelle née de l’installation d’AQMI dans la zone dont il se démarqua, allant jusqu’à l’affronter pour tenter de le chasser du Mali.

Les nouveaux accords dits d’Alger comme les précédents accords tardèrent à se concrétiser. Aussi Ibrahim Ag Bahanga de la tribu des Kel Adar fonda-t-il en 2008 l’Alliance des Touaregs du Nord-Mali pour le changement (ATNMC) dénonçant une nouvelle fois les carences de l’État malien.

Le 15 octobre 2011, le Mouvement national de l’Azawad (MNA), composé de jeunes Touareg urbains et scolarisés, à Kidal, fusionne avec le groupe des combattants touareg venu de la Libye pour donner naissance au MNLA. A l’origine de ce dernier épisode du conflit, le MNLA estimait que le pouvoir central n’avait pas respecté les engagements pris lors des Accords d’Alger, notamment concernant la décentralisation et le développement des régions nord. Les groupes armés arabes, contrairement à 1990, ne s’associèrent pas à l’opération préférant un autre agenda dans « l’Azawad ».

Le MNLA n’était pas représentatif de l’ensemble de la communauté, qui n’avait toujours pas été consulté quant au bien-fondé de la révolte qui partait, une nouvelle fois, de Kidal.

Le MNLA combattit avec le groupe Ançar Dine, qui apparut au grand jour le 18 mars 2012, soit après les affrontements de Tessalit. Motivé par l’application de la sharia, il diverge du MNLA sur la question de la laïcité. Alliés pour affronter l’État malien, les deux mouvements devinrent rivaux : une fois encore, la rébellion dite touarègue présentait des failles.

Après la proclamation unilatérale de l’indépendance de « l’Azawad », par le MNLA la constitution d’un gouvernement provisoire, les jihadistes de Ançar Dine et Mujao alliés d’Aqmi se retournent contre le MNLA qu’ils chassèrent. Avec l’aide d’AQMI et du MUJAO, Ançar Dine prit le dessus sur le MNLA, dont les hommes furent chassés des villes. Traversé par de multiples courants, il vit une partie de ses combattants le déserter pour rejoindre Ançar Dine qui offrait des conditions financières plus avantageuses en raison de l’implication de son chef dans le convoyage de la drogue et la libération d’otages occidentaux.

Le MNLA, en position de faiblesse, décide de renoncer à ses velléités séparatistes en invitant le gouvernement malien et la communauté internationale à la négociation sous l’égide du médiateur de la CEDEAO. Cette fois-ci, les négociations entre le MNLA et le gouvernement se sont déroulées dans un cadre nouveau à Ouagadougou avec la participation des observateurs de l’Union africaine et de la Minusma. Aux côtes du MNLA, on note la présence du Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (HCUA) dirigé par les Ifoghas ; du côté du gouvernement du Mali, la délégation a été renforcée par les milices armées. Il s’agit de la milice arabe dirigée par la MAA (Mouvement arabe de l’Azawad) et des milices Gandakoy et Gandeyzo (respectivement songhaï et peuh). À l’issue de ces négociations, un accord de cessez-le-feu appelé ACCORD PRÉLIMINAIRE a été signé en vue de permettre la tenue des élections présidentielles du 28 juillet 2013 dans des conditions de sécurité acceptables. Cet accord qui réaffirme l’intégrité territoriale, l’unité nationale, la laïcité de l’État et la démocratie, prévoit entre autres en plus du cessez-le-feu: le cantonnement des mouvements armés et la reprise des négociations deux mois après l’investiture du nouveau Président de la République. Il prévoit aussi la mise en place d’un comité du suivi comprenant outre les parties signataires de l’accord, la CEDEAO, la Minusma, etc.

Sept mois après la signature de l’ACCORD PRÉLIMINAIRE, des actes ont été posés par le gouvernement du Mali :

– La suspension des mandats d’arrêt émis contre certains dirigeants des mouvements armés accusés de crime contre l’humanité.

– La mise en œuvre des recommandations issues des états généraux sur la décentralisation immédiate et intégrale et des recommandations des assises nationales sur la paix et la réconciliation nationales et le développement accéléré des régions du nord.

Les lignes bougent-elles avec le MNLA et termes de cantonnement, d’insécurité résiduelle…?

II- Du statut de Kidal

La région de Kidal a été créée à la suite des accords de Tamanrasset. Berceau des rébellions successives depuis l’indépendance du Mali, Kidal n’a pas connu le même schéma de libération que Gao et Tombouctou.

Face à la poussée militaire française, le MNLA, qui entendait redorer un blason bien terni, se déclara prêt à négocier avec les autorités, à aider la France à chasser les islamistes et à récupérer les otages. Le 24 janvier 2013, des membres d’Ançar Dine entrèrent en dissidence et créèrent le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), dirigé par Alghabass Ag Intalla, fils de l’amenokal des Ifoghas négociateur d’Ançar Dine lors des pourparlers de Ouagadougou (fin 2012). Face à la restauration progressive de la souveraineté de l’État malien sur des zones dont il avait perdu le contrôle, des chefs de fractions et des notables touaregs créèrent le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) à l’issue d’une assemblée générale organisée à Kidal le 5 mai 2013.

Bien que les forces françaises et celles de la MINUSMA y soient présentes, la ville de Kidal demeure sous le contrôle du MNLA qui l’administre de manière presqu’autonome.

Le contrôle continu du MNLA sur la région de Kidal constitue en soi une rupture de l’ordre constitutionnel et représente une violation flagrante de l’intégrité territoriale du pays. De nombreuses violations imputables au MNLA ont eu lieu à Kidal, en particulier des atteintes à l’intégrité physique ainsi que des arrestations illégales et des détentions arbitraires dont sont souvent victimes des Touaregs, perçus comme étant proches des factions rivales du MNLA, favorables à l’unité du Mali ou au pouvoir à Bamako.

III- Analyse des crises

La recrudescence des insurrections armées apparaît comme l’une des constances majeures de la vie politique malienne depuis l’indépendance. Cela nous autorise-t-il à leur attribuer un caractère cyclique, endémique, ethnique ou racial ? Est-ce vraiment des rébellions qui impliquent toute la communauté touareg ? À mon avis la réponse est assurément non. Elles ont toutes pris naissance dans l’Adrar des Ifoghas et ne mobilisent même pas toute la communauté Targui de Kidal qui représente à peine 52.000 personnes selon les statistiques du RGPH de 2009.

Aujourd’hui, comme en 1963, le caractère autonomiste est plus que réaffirmé contrairement en 1990 et en 2006 où les rebelles n’avaient pas de revendication politique explicite. C’est dire que les acteurs ne sont plus les mêmes bien qu’ils soient issus des mêmes communautés d’origine. Ici, le projet a été nourri politiquement par de nouveaux acteurs qui ont pu se liguer avec des combattants en arme n’adhérant pas aux Accords de Tamanrasset, au Pacte national et à l’Accord d’Alger.

Il convient de souligner que ces différentes crises apparaissent dans des circonstances où les pouvoirs politiques sont soit en construction sur fond de réforme institutionnelle (1963-1964, 2007, 2012), soit en transformation au moment où ils renouent à la démocratie et à la décentralisation (1990).

Les « rébellions touarègues » qui, selon ce qui précède, sont plus tôt des rébellions de l’Adrar des Ifoghas, sont le fait d’une petite élite politico-militaire sans légitimité : ils se sont imposés lors des révoltes jamais avoir été mandatés par les populations dont ils s’autoproclament porte-parole, alors que la majorité des Touaregs ne cautionne ni n’approuve leurs revendications et la lutte armée. Ces populations, qui cohabitent pacifiquement depuis très longtemps avec les autres groupes régionaux (Songhaï, Peul, Maures et Arabes), sont les premières victimes de leurs agissements, condamnées à subir des massacres et des représailles inadmissibles et injustifiés. De plus, elles ne sont jamais consultées dans les négociations de paix qui se sont toujours déroulées entre chefs groupes et pouvoir central, alors que les notables, les élus nationaux et locaux ainsi que divers représentants des populations auraient dû y être associés. Ce dialogue unilatéral avec les seuls responsables de groupes armés, qui ne tient pas compte des autres communautés régionales ni de la majorité des Touaregs hostiles à leur projet indépendantiste ne serait-il pas à l’origine des différents mouvements et de surenchères auquel on assiste, et finalement de la crise actuelle. En effet, comme nous l’avons toujours dit, il ne s’agit pas d’un conflit entre les communautés ethniques du Nord ni entre les communautés du Nord et celles du Sud et par conséquent les milices armées doivent être exclues des négociations (désarmées et démantelées) au profit des représentants légitimes de toutes les régions du Mali. L’État reprendre la main quant à sa mission régalienne de défense.

1. Toutes les crises que le Mali a connues sont à la fois, des rébellions au nord aussi, coïncidence ou pas, accompagnées par les crises institutionnelles et sécuritaires au niveau national. Ces questions méritent d’être approfondies et élucidées ;

2. La gestion de ces crises et de leur impact laisse à désirer, car elle pèche par défaut des mécanismes de suivi et évaluation ;

3. S’agissant des rebellions du Nord dit Touaregs, elles ne présentent aucun caractère ni cyclique et régulier, ni endémique. Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler que de 1964 à1990 aucun mouvement de rébellion n’a été constaté et aussi chacune d’elles coïncide avec un contexte national et international favorable ;

4. Elles ne sont ni ethniques, ni raciales, il s’agit des groupes armés agissant contre l’Etat malgré des tentatives de certains de vouloir impliquer les populations dans ces conflits aussi bien de la côte des rebelles que des responsables administratifs et politiques ;

5. En dehors de celle de 1963, toutes les autres ont été déclenchées par des éléments venus de Lybie ;

6. Elles sont toutes nées à Kidal et animées essentiellement par les ressortissants de Kidal ;

7. Les solutions du règlement des crises ont été marquées par : l’impunité et la prime à la rébellion par des intégrations systématiques des combattants et des avantages matériels divers.

IV- Propositions de sortie de crise

Ainsi, le gouvernement semble privilégie le dialogue pour la résolution de cette crise conformément à la déclaration du Président de la République Ibrahim Boubacar KEITA à l’occasion de son investiture et lors de sa rencontre avec les représentants des mouvements armés du nord. Mais pour cette solution puisse avoir le succès tant attendu par nombre de Maliens, il conviendrait de tenir compte des suggestions suivantes :

  • Se départir de l’idée fausse et nuisible d’une rébellion de tous les touaregs du Mali contre le pays ou d’autres ethnies, car ces groupes armés ne bénéficient d’aucune légitimité fondée sur le soutien de la population dont ils se réclament ;

  • Démantèlement de toutes les milices armées à caractère ethnique, racial ou régionaliste ;

  • Revoir fondamentalement les acteurs du dialogue en incluant les élus locaux, les chefs traditionnels et religieux, les notables, les leaders d’opinion seuls représentants légitimes des populations ;

  • Implications de l’ensemble des collectivités décentralisées dans la gestion de la crise et de l’après-crise en leur transférant les compétences et les ressources nécessaires à cet effet ;

  • Communiquer fortement sur ces questions et celles relatives au retour des populations déplacées et réfugiées de manière à sauvegarder la cohésion sociale et la paix ;

  • Poursuivre en justice toute personne ayant commis des fautes graves durant le conflit, avéré à la suite d’investigations impartiales et transparentes ;

  • Exclure la prime à la rébellion ou à la violence par des intégrations systématiques de tous les combattants armés entre autres ;

  • Intégrer dans la recherche de solutions, la crise de leadership et de chefferie dans la région de Kidal qui constitue un des paramètres essentiels de ce conflit ;

  • La coopération des pays de champ : l’Algérie, la Mauritanie, le Niger et le Burkina Faso sont nécessaires pour juguler la crise et ses conséquences ;

  • En plus des pays du champ ; la France, l’Union européenne, les États-Unis, les Nations Unies, l’Union africaine et la CEDEAO doivent exercer une pression politique sur le MNLA et ses alliées afin de libérer rapidement les zones occupées et procéder à un désarmement total.

Si toutefois la solution par le dialogue n’aboutissait pas à la libération de la partie du territoire occupée par le MNLA et ses alliés, la solution militaire devient malheureusement inévitable pour libérer l’ensemble du territoire national en minimisant les risques de dérapage pouvant résulter des connexions éventuelles avec les jihadistes et les narcotrafiquants.

V-Mécanismes de Mise en œuvre et suivi évaluation

Incontestablement, la complexité et la profondeur de cette crise exigent la mise en œuvre d’un dispositif de suivi évaluation de nature à faciliter et à garantir la réalisation des actions prévues. Il convient d’assurer une bonne coordination des différents acteurs du côté du gouvernement. Par ailleurs, le renforcement des moyens matériels et militaires de l’armée malienne et de la Minusma est indispensable pour faire face aux besoins de sécurité des populations et garantir l’intégrité du territoire national. Parmi les moyens nécessaires pour consolider la paix dans les régions du nord, il serait urgent de relancer les actions de développement économique et social sur les quatre axes suivants :

– La mise en œuvre effective du programme’ urgence des collectivités décentralisées et du Plan de Développement Accéléré des régions du Nord(PDA-RN) ;

– Le désenclavement par la réalisation des axes routiers déjà en cours et ceux programmés ainsi que la construction de l’aéroport de Kidal de l’aménagement des aéroports de Tombouctou,

Gao, Mopti et Tessalit ;

– Le démarrage des travaux du barrage de Taoussa et les aménagements Hydro agricoles qui en découlent ;

– L’exploitation rapide des ressources minières et énergétiques, gage de croissance économique rapide et synonyme de développement.

Aussi, après le retour des populations déplacées et réfugiées, il est impératif de promouvoir un mécanisme efficace de dialogue pour la paix et la réconciliation afin d’accélérer le retour au vivre ensemble d’antan. Par exemple, on pourrait envisager la mise en place des comités de Veille au niveau des régions, préfectures, sous-préfectures, communes, villages et fractions. Ceux-ci seront composés de leaders locaux, chefs coutumiers et religieux, des organisations faitières de la société civile y compris les femmes et les jeunes, les représentants de l’administration, les communicateurs traditionnels. Enfin la garantie d’une paix durable passe nécessairement par la restauration de l’autorité de l’État basée sur une administration compétente, efficace et responsable, une armée républicaine forte, une justice impartiale soucieuse uniquement du droit. Compte tenu des maux dont souffre notre pays à la suite des différentes crises institutionnelles et Sécuritaires qui l’ont secoué depuis 50 ans et qui ont profondément mis à rudes épreuves les valeurs cardinales de Courage, d’Honneur, de Dignité, de Patriotisme, d’unité et de Solidarité qui ont toujours caractérisé notre peuple dans sa diversité culturelle, le Mali doit se doter d’un observatoire pour la prévention des crises et l’élaboration des stratégies pour en corriger les effets négatifs.

  1. « A Strasbourg, fait banal mais aux conséquences incalculables. »

Là, on voit bien qu’il y a des voix discordantes au sein de la communauté touarègue de la diaspora sur la manière de communiquer et de soutenir la rébellion.

« À Strasbourg, au parlement européen, une femme malienne, une touarègue, en colère contre le MNLA, croyant avoir affaire à Nina Wallet Intalou qui a rejoint le MNLA et menti sur le Mali., a voulu frapper, physiquement, l’ancienne ministre malienne de l’Artisanat et du Tourisme, Zakiatou Ouallet Halatine, elle criait en Tamasheqh en disant ceci : « Vous faites honte aux touaregs, vous avez lié les touaregs au terrorisme ; aujourd’hui, le monde nous regarde autrement. Votre Azawad ne sera jamais une réalité, parce que nous, nordistes, n’accepteront jamais ».

Et lorsque Zakiatou Wallet Halatine, qui a compris la méprise de la touarègue nationaliste malienne, a voulu la calmer pour pouvoir discuter tranquillement avec elle, la dame fâchée répondit : « Laissez-moi, ne me touchez pas ».

C’était sur RTI (Radiotélévision ivoirienne) image repris par Africable télévision ; La vérité Posté le 25/25/2012.

ANNEXE

Lexique et adages des caractères négatifs chez un rebelle touareg et leur application dans le contexte du projet Azawadrêve.

J’introduis mon lexique par une citation d’un camarade malien « Malilinker » de Gao, Mohomodou Houssouba : « Le premier droit inaliénable que nous devons défendre avec becs, ongles, griffes et surtout plumes, est celui de parler, de critiquer et même d’être profondément désagréable envers tous ceux qui parlent des « deux coins de la bouche ». 

              1. Lexique

Achamor : « un jeune touareg exodé-expatrié en Libye par la force des sécheresses 1973 et 1984» ; par extension « un chômeur, SDF sans emploi » ; les jeunes rebelles touaregs des années 1990 se sont affublés, par eux-mêmes, de ce nom Achamor (pluriel Ichoumar) ; la « Tachoumara » est même devenue, depuis les années 1990, un phénomène de mode culturel dans les région du Nord du Mali, par suite du retour en masse des Ichoumar  de la Libye; ceux-ci ont adopté la « Guitara » et le style vestimentaire qui va aux troubadours forains qui chantent leur aigreur.

Farfagande: « le mauvais communicateur » ;  les jeunes rebelles touaregs qui n’ont pas mis en avant une bonne révolution, avec leur projet Azawadrêve (sans queue, ni tête), se sont mis à faire de la propagande mensongère pour mettre dans la tête des européens « touaregophiles » que le peuple touareg du Mali (les «mythiques Hommes Bleus Sahariens»), est « génocidé ».

Abaïkor : « un chien de mauvaise race » qui, au contraire de l’Oska n’mahayou (un chien lévrier de chasse à cours, appelé Sloughi) ;  les jeunes rebelles touaregs qui furent utilisés par l’opération Serval pour dépister les terroristes dans l’Adagh (la vallée de l’Amattataï) contre leur squattage de la ville de Kidal furent de vrais « Ibiikar » (le pluriel de Abaïkor) dans la mesure où ces mauvais guides-pisteurs ont induit en erreur les français mais surtout les tchadiens qu’ils ont fait exprès de faire tomber dans une embuscade tendue par des terroristes parents des pisteurs ; le contingent tchadien qui a perdu 30 éléments dans cette première opértion, n’a plus voulu utiliser les jeunes rebelles touaregs comme guides-pisteurs.

Afrechi : « la gâterie de l’enfant » ; les rebelles touaregs sont des «enfants gâtés/égarés ».

Hadjrar : « la vanité » ; le projet Azawadrêve est un narcissisme de l’égo surdimensionné des jeunes rebelles touaregs ethnocentristes, voire racistes.

Iban-takalt : « le je-m’en-foutisme » ; les rebelles touaregs, au contraire de l’identitaire de bravoure des touaregs (« Temoust=Tahoulessa ») qui n’accepte pas des actes qui avilissent « les Hommes Libres » (kel Tamacheqh=Imouchagh=Imouhagh), volent, violent, pillent, brigandent, mentent, trompent …

Takaraketh : « la honte » ; l’exode des jeunes touaregs (« Tachoumara ») qui devait s’appliquer aux SDF sans emploi caractérise, par extension, les jeunes rebelles touaregs qui polluent l’identitaire de la bravoure touarègue « Toumast n’Tahoulessa » en volant, violant, pillant, brigandant, mentant, trompant …

  1. Adages

« Tachoumara n’nna n’Takaraketh » : « la rébellion des jeunes touaregs, émigrés des sécheresses 1973 et 1984 en Libye, de retour au Mali, est la mère de leur Honte» ; pour signifier que l’Azawadrêverie, la vanité narcissique de l’égo des Ichoumar, est la mère de leur mensonge éhonté ; en effet, les « combattus » de la Coalition Mafieuse des Apatrides (CMA) ont paraphé l’Accord de Paix et de Réconciliation de Mai-Juin 2015 bien après qu’ils ont épuisé tous les mensonges criés pour faire avaler à la communauté internationale le « génocide »  du peuple touareg du Mali par les autorités malienne depuis 50 ans.

« war hin tindewedh édjamber n’nek fal attadha war teled” :“ne jette pas l’écuelle en bois non noble qui t‘appartient en propre pour une en bois noble qui ne t’appartient pas» ; c’est la realpolitik que la rébellion des jeunes touaregs aurait dû suivre en réclamant, moins par la guerre que par de légitimes revendications, ce qui est faisable pour mitiger les disparités de développement entre le Sud et le Nord dans un pays aussi pauvre que le Mali.

« anazghabou ed tawala, iban-sadadj ya-waden » ; le je-m’en-foutisme, c’est « l’impolitesse et la gâterie, la non-écoute des conseils des grandes personnes » ; cet adage s’applique bien aux rebelles touaregs qui, au contraire de l’identitaire de bravoure des touaregs (« Temoust=Tahoulessa ») qui n’accepte pas des actes qui avilissent « les Hommes Libres » (kel Tamacheqh=Imouchagh=Imouhagh), volent, violent, pillent, brigandent, mentent, trompent …

« wa iken ichenawen, asdéghel akal, ifal dawes » : « celui qui est allé au ciel et qui n’a pas réussi, à son retour, il a trouvé que la terre est escamotée » ; cet adage va bien aux concepteurs du projet Azawadrêve qui, au lieu de libérer un territoire, ont plutôt causé la Catastrophe/Almaçibat/Alfitna la plus grave de son histoire à la communauté touarègue du Mali pour et au nom de laquelle ces bandits armés ont dit avoir pris les armes contre l’Etat du Mali.

CURRICULUM VITAE ABREGE DE MOHAMMAD AG HAMATY

Mohammad Ag Hamaty, l’auteur de cette critique, est de formation ingénieur des Eaux et Forêts; fonctionnaire de l’État malien, il a pris a retraite en 2013, après avoir accompli une riche carrière professionnelle qui l’a amené à servir dans toutes les régions du Mali.

Présentement consultant indépendant, expert-sénior en Environnement et Biodiversité, Mohammad Ag Hamaty dispose d’une riche expérience et des habiletés en gestion des ressources naturelles productives grâce aux stages de longue durée effectués en France, en Suisse et au Canada, et des séjours dans la sous-région Afrique de l’Ouest (Mauritanie et Bénin) en qualité de consultant indépendant.

Mohammad Ag Hamaty est né le 12 octobre 1947, à l’heure de l’appel du muezzin pour la prière de midi, au lieu-dit Tin-Fata, dans la commune rurale de Ras el-Mâ (cercle de Goundam, région de Tombouctou, au Mali), sous une tente en peaux de moutons, son cordon ombilical coupé à l’aide d’un couteau ordinaire.

Le surnom de Wartehen-Ghaçan lui fut attribué par des hommes touaregs Idnan, des cousins de ses parents kel-Aghezaf, qui rendaient visite à sa famille pour chiper des fromages : à sa mère qui leur présenta son nouveau-né, ses cousins Idnan déclarèrent en Tamacheqh « wartehen-ghaçan », caractérisation de l’état physique de nouveau-né qui veut dire en Tamacheqh « sans os ». Cette exclamation des cousins de la mère de Mohammad Ag Hamaty fit rire toute l’assistance et lui colla comme sobriquet ; en effet, Mohammad Ag Hamaty est né tout petit et tout rond ; au maximum de sa croissance, il ne mesure qu’un 1,60m; à l’école primaire de Goundam où il fut le plus court taille de sa classe du cours moyen, ses camarades de classe l’appellent « toupie ».

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