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Algérie : l’armée ouvre la voie à un départ du président Bouteflika

Le chef d’état-major de l’armée a proposé que le président Abdelaziz Bouteflika, affaibli par la maladie et contesté par la rue, soit déclaré inapte à exercer le pouvoir.

Algérie : l'armée ouvre la voie à un départ du président Bouteflika Le président algérien Abdelaziz Bouteflika (2016) et le chef d’état-major de l’armée Ahmed Gaid Salah (2014) (AFP / Eric Feferberg, Farouk Batiche )

Le chef d’état-major de l’armée algérienne Ahmed Gaïd Salah a proposé que le président Abdelaziz Bouteflika, affaibli par la maladie et contesté par la rue, soit déclaré inapte à exercer le pouvoir en vertu de la Constitution ou qu’il démissionne.

Le général Gaïd Salah, également vice-ministre de la Défense et considéré comme l’un des personnages les plus puissants du pouvoir algérien, a fait cette annonce surprise mardi, plus d’un mois après le début d’une contestation populaire inédite.

Pour sortir ce pays pétrolier de la crise, ce fidèle d’Abdelaziz Bouteflika a prôné le lancement de la procédure prévue par l’article 102 de la Constitution, applicable quand le président de la République « pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions » ou en cas de démission.

Désormais, la balle est dans le camp d’Abdelaziz Bouteflika lui-même, s’il choisit de démissionner, ou dans celui du président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaiz, un proche du président à qui il revient de lancer la procédure permettant de déclarer le chef de l’Etat inapte à exercer ses fonctions.

Seuls quelques klaxons ont accueilli la nouvelle à Alger, selon des journalistes de l’AFP.

« Sortir de la crise »

Agé de 82 ans et au pouvoir depuis 1999, Abdelaziz Bouteflika est affaibli par les séquelles d’un accident vasculaire cérébral qui, depuis 2013, l’empêchent de s’adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques.

« Il devient nécessaire, voire impératif, d’adopter une solution pour sortir de la crise », a déclaré le général Gaïd Salah, nommé en 2004 par le chef de l’Etat à la tête de cette puissante institution.Il a prôné une solution répondant aux « revendications légitimes du peuple », conforme à la Constitution et garantissant la « stabilité de l’Etat ».

Cette « solution à même d’aboutir à un consensus (…) et de faire l’unanimité de toutes les parties, est celle stipulée par la Constitution, dans son article 102 », a poursuivi le chef d’état-major dans un discours prononcé lors d’une de ses régulières visites auprès d’unités sur le terrain et diffusé à la télévision nationale.

« Etat d’empêchement »

L’article 102 de la Constitution stipule que le président du Conseil de la Nation (chambre haute) exerce l’intérim en cas « d’empêchement » du chef de l’Etat quand, « pour cause de maladie grave et durable », il « se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions ».

Ce sont les deux Chambres du Parlement, qui sur proposition du Conseil constitutionnel, votent à la majorité des deux tiers « l’état d’empêchement ».

Si « l’empêchement » se poursuit au-delà de 45 jours, le pouvoir est déclaré vacant. L’intérim se poursuit alors pendant 90 jours maximum, durant lesquels une présidentielle est organisée.

L’article 102 prévoit également cette procédure de « vacance » en cas de démission du président de la République.

La contestation en Algérie, pays membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a été déclenchée le 22 février par des manifestations massives contre l’annonce de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat.

La rue algéroise circonspecte

Face à la pression de la rue, le président algérien a renoncé à cette candidature mais a reporté la présidentielle prévue le 18 avril, prolongeant son actuel mandat jusqu’à un scrutin devant être organisé à une date incertaine, après une « Conférence nationale » chargée notamment d’élaborer une nouvelle Constitution.

Une solution totalement rejetée par les manifestants.

Apparu divisé sur la façon de sortir l’Algérie de la crise, le Front de libération nationale (FLN), parti d’Abdelaziz Bouteflika, avait resserré les rangs lundi, estimant que la proposition du président algérien était « la meilleure » et s’opposant à toute « vacance » au sommet susceptible de « conduire à l’anarchie ».

Plusieurs partis de l’opposition avaient récemment proposé une sortie de crise sans Abdelaziz Bouteflika, via une transition de six mois débutant dès l’expiration le 28 avril du mandat du chef de l’Etat, dont les pouvoirs seraient confiés à une « instance présidentielle » collégiale, chargée d’organiser un scrutin « libre et transparent ».

La rue algéroise est restée circonspecte après les propos du général Gaïd Salah.

Cette annonce « ne va pas régler la crise. Le peuple ne réclame pas uniquement le départ de Bouteflika, mais de tout le système » au pouvoir, a dit à l’AFP Oumeima Khellaf, 24 ans, étudiante en tourisme.Pour Mohand Chertouk, électricien de 36 ans, il s’agit « juste d’une tentative de gagner du temps (…) le départ de Bouteflika peut constituer un début de solution, mais il faut ensuite « un changement profond, sinon la crise va perdurer ».

Réactions des partis

Côté partis, le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), principale formation islamiste, a estimé que l’article 102 « ne permet pas la mise en oeuvre de réformes » une fois appliqué et empêche de futures « élections libres ».

Le MSP, qui a rompu avec la majorité présidentielle depuis 2012, a appelé l’armée à « se contenter d’accompagner la classe politique dans la recherche d’une solution ».

Ali Benflis, ex-Premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika devenu l’un de ses principaux opposants, a salué l' »engagement » de l’armée à trouver une solution satisfaisant « les revendications légitimes » du peuple algérien, mais a averti que « la mise en oeuvre de l’article 102 » ne peut régler seule la crise.

Le Front des Forces socialistes, plus ancien parti d’opposition, a dénoncé « un coup de force contre la volonté populaire (…) à savoir le départ du système et de ses hommes, et pas seulement du chef de l’Etat ».

1 commentaire pour Algérie : l’armée ouvre la voie à un départ du président Bouteflika

  • Le Vieux de la Vielle Garde Saharienne

    http://www.lexpressiondz.com/actualite/184728-l-algerie-face-a-l-etau-securitaire.html
    Incertitudes au Mali et chaos en Libye: l’Algérie face à l’étau sécuritaire
    L’Expression DZ- Ikram GHIOUA
    L’Algérie a su se préserver de toutes les menaces et fait face à tous les risques avec détermination et raison. La Libye en post-révolution tombe entre les mains des milices, le Mali impuissant reste entre les griffes des terroristes d’Al Qaîda au Maghreb islamique, le Niger et la Mauritanie constituent une terre fertile pour le Mujao et les Signataires par le sang.
    Quelles conséquences pour l’Algérie? Les troubles dramatiques survenus en Libye, la crise politico-sécuritaire en Tunisie et l’impuissance du gouvernement malien face à l’hydre terroriste ne seront pas sans conséquence sur l’Algérie, seul pays encore stable dans la région. Cela concourt avec une campagne médiatique haineuse menée contre le pays par le Makhzen qui verse son dévolu sur l’Algérie. Pour cette raison, la position de cette dernière vis-à-vis de la question du Sahara occidental, mais aussi son refus d’une réouverture des frontières. C’est à même de croire que le pays est au coeur d’une tempête extravagante, à l’avenir incertain.
    Jusque-là l’Algérie a su se préserver de toutes les menaces et fait face à tous les risques avec détermination et raison. Non sans prendre en considération l’instabilité des pays voisins. Stratégie de prévention et mesures sécuritaires avec des moyens draconiens, aussi bien sur le plan humain que matériel, mais aussi un comportement diplomatique singulier qui lui permet de préserver l’image d’un pays qui se garde de toute ingérence dans les affaires internes d’un autre Etat. C’est cette attitude qui a peut-être aidé l’Algérie à rester en marge de révolutions qui ont secoué depuis deux ans cycliquement plusieurs pays arabes dont certains se trouvent aujourd’hui dans des crises infernales. Mais elle en subit les retombées qualifiées de néfastes, aussi bien sur le plan économique, social et sécuritaire, compte tenu de la hausse de la contrebande, l’afflux des réfugiés, le terrorisme et la prolifération des armes en provenance de la Libye aux frontières. A ce propos, l’on compte plus d’un million huit cent mille armes qui circulent entre les mains des terroristes et trafiquants d’armes. Ce chiffre a été avancé par un responsable mauritanien ayant participé récemment à la rencontre de Nouakchott portant sur la menace terroriste au Grand-Maghreb et au Sahel, qui s’est déroulé le 7 novembre dernier en présence d’experts européens. La menace des réseaux terroristes dans cette région devrait intéresser les Occidentaux qui ne sont pas à l’abri de l’hydre sauvage, avait expliqué l’un des participants. Et cela concerne au plus haut degré l’Algérie, qui aujourd’hui encore après avoir pesé de tout son poids pour une lutte commune contre le phénomène continue d’aviser ses voisins sur l’importance de dresser un plan stratégique pour sécuriser les frontières.
    Livrée au diktat des milices sous-traitantes pour une guerre, la Libye est dans l’incapacité de fournir le moindre effort pour adhérer à l’option algérienne; sous influence occidentale, le Mali prend des décisions en fonction des intérêts des puissances mondiales; la Mauritanie et le Niger demeurent le maillon faible dans la mesure où ils sont considérés comme des bases arrière de ce qu’on appelle Al Qaîda au Maghreb islamique, le Mujao et les Signataires par le sang, dirigé par le tristement célèbre Mokhtar Belmokhtar.
    Reste que les aspirations de l’Àlgérie qui oeuvre pour inscrire cette lutte comme un objectif commun dans une stratégie cohérente, sont loin d’être atteintes. C’est l’incertitude qui s’étire au Sahel, cette réalité qui reste une préoccupation majeure incite l’Algérie à prendre des mesures supplémentaires, notamment la nécessité de renforcer l’exploitation du renseignement opérationnel, encore quand elle peut compter sur ses voisins pour un échange d’informations. Un seul pays semble souscrire sérieusement cette thèse, la Tunisie dont les autorités civiles et militaires reconnaissent l’importance de cette stratégie. Dans différentes déclarations, aussi bien les officiels algériens que tunisiens affirment que les deux pays travaillent de concert quant à l’échange de renseignements. Ce qui est loin d’être le cas pour le Mali et la Libye.
    http://www.lexpressiondz.com/actualite/184728-l-algerie-face-a-l-etau-securitaire.html
    19 novembre 2013 |

    http://www.lobservateur.bf/index.php?option=com_content&view=article&id=33009:bouteflika-et-le-pouvoir-jusqua-ce-que-mort-sensuive&catid=10:commentons-lqevenement&Itemid=34

    Bouteflika et le pouvoir : Jusqu’à ce que mort s’ensuive
    L’Observateur Paalga du Dimanche, 17 Novembre 2013 19:00

    Ça y est ! On n’attend plus que son «oui» qui ne tardera pas à gazouiller. C’est un peu comme les mariés devant le maire : sauf tremblement de terre, les deux tourtereaux prononceront le «oui» qui consacre l’union. Il n’y a qu’au cinéma, dans les telenovelas notamment, que le «non» est dit pour maintenir les téléspectatrices en haleine. Mais qu’on n’attende pas pareil désistement de la part de l’actuel président Aziz Bouteflika, qui répondra favorablement «à l’appel du peuple». Malgré la maladie, la très grave maladie classée secret d’Etat et qui maintient depuis le septuagénaire en mode survie. Du reste, le mode opératoire bien rodé sous nos tropiques : on suscite l’idée à travers les partis politiques ou au niveau de l’Assemblée, on soulève la poussière à travers des marche-meetings pour implorer le timonier national de ne pas lâcher le gouvernail. Et le tour est joué : le Grand Camarade ne peut que sortir de sa réserve pour assurer qu’il a entendu l’appel du peuple.
    Des tranches de vie politique courantes dans nos républiques bananières où le tripatouillage de la loi fondamentale reste le passe-temps favori de bien des princes qui nous gouvernent.
    Côté Bouteflika, tout a, en effet, été mis en œuvre pour lui tracer un boulevard. Et ce n’est pas son désormais ex- ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Dahou Ould Kablia, qui dira le contraire. Lui qui a été dégommé sans ménagement du gouvernement pour n’avoir pas accédé à la pressante demande d’organisation d’une session du Front de libération nationale (FLN) faite par des bonzes du parti, dont le frère et conseiller du président, Said Bouteflika. Notre confrère « Jeune Afrique », dans son édition du 29 septembre et 5 octobre 2013, a fait écho de cette rencontre qui a fini par se tenir et au cours de laquelle le patron du FLN a été dégommé et un autre, encore plus proche du président (Amar Saadani), a été installé. Pour ceux qui s’interrogent sur la capacité du probable candidat de battre campagne, le nouvel élu a eu cette réaction qui prouve qu’il est à la hauteur de ses péchés. «Pourquoi Bouteflika ferait-il campagne ? Les Algériens le connaissent très bien». Amar Ghoul de l’Alliance présidentielle ira plus loin encore lorsqu’il prévient : «Si nous n’apportons pas notre soutien à Laaziz (le bien-aimé), les générations futures ne nous le pardonneront jamais». Interdit de sourire ! Avec cette affaire algérienne, difficile de ne pas voir en creux le cas de bien des chefs d’Etat africains dont le rapport au pouvoir relève de l’obsession pathologique.
    Chez Bouteflika, le crayon a tout dessiné ; reste à mettre les couleurs. Le scrutin présidentiel prévu en principe pour avril 2014 sera certainement sans grand suspense. Ceux qui feront ou ont déjà fait acte de candidature (à l’image de l’ex-ministre Ali Benouari) seront balayés comme grains de couscous esseulés par le héros de la guerre de Libération. Mais est-ce bien raisonnable de la part de l’actuel locataire d’El-Mourada, ce septuagénaire à la santé chancelante, dont les apparitions publiques sont des plus rares et qui ne gouverne plus que par procuration depuis qu’il est revenu d’un long séjour médical en France ? Que recherche-t-il, lui qui, à 27 ans, était déjà ministre et a eu une vie politique bien remplie ? A quoi rime ce culte de l’indispensabilité de ce célibataire sans enfant qui, jusque-là, a échappé à l’article 88 qui prévoit la destitution du chef de l’Etat en cas de maladie grave et durable ? Le désir d’éternité peut-être. Certes, l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade avait conseillé de faire attention à la spéculation autour de l’âge des dirigeants, car « Dieu seul sait qui va enterrer l’autre». Il avait raison. Malgré tout, si la momie vivante, que Bouteflika est devenu depuis cette AVC, rempilait pour un quatrième mandat, ce serait probablement jusqu’à ce que mort s’ensuive.
    La Rédaction
    Mise à jour le Dimanche, 17 Novembre 2013 19:27

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