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TERRITOIRES ET ACTIONS

En Libye, « c’est le retour à la case départ »

Frédéric Bobin-Le Monde- Publié le 10 mai 2019 à 13h15

L’attaque des troupes du maréchal Haftar à Tripoli contre les forces loyales au gouvernement de Sarraj a ruiné en quelques jours les acquis, menus mais réels, engrangés depuis 2016.

Dans le village Aïn Zara, près de Tripoli, les murs témoignent de qui détient le territoire : le rouge pour Haftar, le noir pour Sarraj. Dans le village Aïn Zara, près de Tripoli, les murs témoignent de qui détient le territoire : le rouge pour Haftar, le noir pour Sarraj. SAMUEL GRATACAP POUR « LE MONDE »Les combats qui grondent à nouveau aux portes de Tripoli, des « parrains » régionaux nourrissant les flammes auprès des belligérants, un déferlement de haine dans les propagandes. Depuis le 4 avril, jour de l’attaque de Tripoli par les troupes du maréchal Khalifa Haftar, la guerre rallume ses feux en Libye. Huit ans après l’insurrection anti-Kadhafi –soutenue par des raids de l’OTAN – et cinq ans après la guerre civile de l’été 2014, le géant d’Afrique du Nord, convalescent, rebascule dans le chaos, l’instabilité, le risque extrémiste.

En cinq ans, le miracle espéré fin 2015 à la suite de l’accord de Skhirat (Maroc), qui a enfanté le gouvernement de Sarraj, ne s’est pas produit

« C’est le retour à la case départ », s’afflige Faïez Sarraj, calé derrière son bureau couleur acajou de la primature, à Tripoli. Visage tiré par l’inquiétude, l’homme sait de quoi il parle. La case départ, c’est l’état de fracture béante qu’il a trouvé quand il s’est installé ici même au printemps 2016, à la tête du gouvernement d’« accord national » (GAN).

En cinq ans, le miracle espéré fin 2015 à la suite de l’accord de Skhirat (Maroc), qui a enfanté le gouvernement de Sarraj, ne s’est pas produit. Le pays, fragmenté en fiefs rivaux et tombé sous la férule d’une myriade de milices, ne s’est ni réunifié ni doté d’institutions authentiquement démocratiques. Le bilan de Sarraj est bien maigre, décevant aux yeux de l’écrasante majorité des Libyens. Mais le processus politique qu’il incarnait dans le cadre d’une médiation des Nations unies avait le mérite d’exister. Il portait en germe une solution, il traçait une voie. Aujourd’hui, il a volé en éclats. L’attaque de l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar contre les forces loyales au gouvernement de Sarraj a ruiné en quelques jours les acquis, menus mais réels, engrangés depuis 2016.

Qui sont ces deux camps qui se combattent ?

Qui sont ces deux camps qui se combattent ? Le GAN de Sarraj est une création pour le moins artificielle de la communauté internationale, un assemblage de bric et de broc, tentative maladroite de réconcilier les bonnes volontés des deux camps qui s’étaient affrontés lors de la guerre civile de l’été 2014.

A l’époque, le conflit opposait – déjà – le général Haftar, drapé dans l’étendard de l’antiterrorisme, à une coalition de milices se proclamant héritières des idéaux de la révolution de 2011. Haftar fut battu à Tripoli, et le Parlement, élu en juin 2014 et dominé par des forces anti-islamistes, dut se replier à Tobrouk, en Cyrénaïque (Libye orientale).

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A Tripoli même, la coalition « révolutionnaire » – baptisée Fajr Libya (« Aube de la Libye ») – installa son propre Parlement et son gouvernement parallèle, que la communauté internationale refusa de reconnaître. Non sans difficultés, elle cède ensuite la place, au printemps 2016, au GAN de Faïez Sarraj, architecte et député de Tripoli. Haute taille et moustache blanche, l’homme était inconnu du grand public jusqu’à ce que les Nations unies décident d’en faire le visage de l’accord de Skhirat.

Une base de combattants issus de la milice Mahjoub des forces anti-Haftar, située dans le quartier de Salaheddine, au sud de Tripoli, le 26 avril. Ces hommes, originaires de Misrata, dans l’est de Tripoli, sont loyaux aux forces du  gouvernement d’« accord national » (GAN), dirigé par Sarraj. Une base de combattants issus de la milice Mahjoub des forces anti-Haftar, située dans le quartier de Salaheddine, au sud de Tripoli, le 26 avril. Ces hommes, originaires de Misrata, dans l’est de Tripoli, sont loyaux aux forces du  gouvernement d’« accord national » (GAN), dirigé par Sarraj. SAMUEL GRATACAP POUR « LE MONDE »

Le camp qui va s’agréger en Tripolitaine (Libye occidentale) autour du GAN de Sarraj correspond grosso modo à l’ex-coalition « révolutionnaire » d’Aube de la Libye, mais à deux nuances près. La première est que la faction la plus islamiste d’Aube de la Libye, celle qui ­gravitait autour du parti Watan (« patrie ») d’Abdelkrim Belhadj – l’ancien chef du groupe islamique de combat (GIC) ayant combattu en Afghanistan aux côtés d’Oussama Ben Laden – ou du mufti Sadiq Al-Ghariani, a été évincée.

Les Frères musulmans sont toujours dans le tableau

Affranchi de cette inclination idéologique, le gouvernement de Tripoli redevient ainsi fréquentable – après la trouble parenthèse de juillet 2014-mars 2016 dominée par les islamistes – aux yeux des chancelleries occidentales qui opèrent leur retour progressif dans la capitale. Les Frères musulmans sont toujours dans le tableau, politiciens à l’opportunisme retors, mais ils ne contrôlent par eux-mêmes aucune milice. Ils se contentent de faire de l’entrisme dans l’entourage de Sarraj en jouant ostensiblement le jeu de l’accord de Skhirat.

L’autre nouveauté du socle se consolidant autour de Sarraj est l’effacement de l’influence de Misrata. Principal foyer militaire – avec Zinten – de la Tripolitaine, Misrata avait surgi comme le grand vainqueur de la révolution anti-Kadhafi. Souvent mues par un désir de revanche, les milices de Misrata ont impitoyablement réprimé les noyaux kadhafistes résiduels – à Tawargha ou Beni Oualid – tout en se projetant vers le Fezzan méridional (la « troisième force ») ou au cœur de Tripoli, afin d’épauler la montée en puissance des hommes politiques misratis.

Le village d’Aïn Zara, au sud de Tripoli, devenu front de guerre, a été repris à l’Armée nationale libyenne (ANL) par les forces loyales au gouvernement d’union nationale dirigé par Faïez Sarraj, le 19 avril. Le village d’Aïn Zara, au sud de Tripoli, devenu front de guerre, a été repris à l’Armée nationale libyenne (ANL) par les forces loyales au gouvernement d’union nationale dirigé par Faïez Sarraj, le 19 avril. SAMUEL GRATACAP POUR « LE MONDE »

Au lendemain de l’arrivée au pouvoir de ­Sarraj en 2016, cet ascendant de Misrata sur la capitale s’émousse. C’est l’époque où l’arrogance des hommes venus de cette métropole portuaire prospère et aux amples connexions internationales – la cité est historiquement très liée à la Turquie –, engoncée de surcroît dans son orgueil « révolutionnaire », suscitait de plus en plus de rancœurs dans le reste de la Libye. Face à ces résistances qui se lèvent, les Misratis décident alors de ravaler leur superbe et de se replier sur leur pré carré territorial. Il faut dire que mûrit sur le flanc de la cité, à 200 km à l’est, un danger imminent qui absorbe de plus en plus leur attention : l’organisation Etat islamique (EI).

Offensive anti-EI à Syrte

Le groupe djihadiste a établi à partir du printemps 2016 un sanctuaire à Syrte, prolongement en Afrique du Nord de ses bastions du Levant, à Mossoul et à Rakka. Après avoir sous-estimé le péril, Misrata décide, avec le soutien aérien de l’Africom (commandement américain en Afrique), de déclencher l’offensive anti-EI à Syrte. La victoire acquise fin 2016 se paie au prix fort : 700 combattants de Misrata tués et probablement 2 000 dans le camp adverse.

Formellement, la cité de Misrata reconnaît l’autorité du GAN de Sarraj et combat sous ses couleurs. Pourtant, la coalition militaire Al-Bounyan Al-Marsous, agrégée par les chefs misratis, a été peu aidée par le gouvernement de Tripoli, faible et peu enraciné. Misrata remâche un amer ressentiment à l’égard de Tripoli, où sa voix porte moins. C’est que la capitale est désormais contrôlée par un autre groupe d’acteurs. Un cartel de milices issu de quartiers de la cité a en effet négocié son soutien à Sarraj en échange d’un siphonnage des ressources de l’Etat. Ces quatre milices pré­datrices – Rada (d’Abdul Rauf Kara), la Brigade des révolutionnaires de Tripoli (de Haithem Tajouri), Nawasi (famille Gaddour) et Ghneiwa (d’Abdel Ghani Al-Kikli) – ont scellé un arrangement tacite autour de la mise en coupe réglée de la capitale.

Milices affairistes, voire mafieuses

La frustration des milices périphériques de l’agglomération, s’estimant aliénées par l’exclusivisme des groupes armés tripo­litains, débouche en septembre 2018 sur des combats. La milice de Tarhouna, au sud de la capitale, aidée par un groupe de Misrata (Salah Badi), s’affronte aux milices de Tripoli. Ghassan Salamé, le chef de la mission d’appui des Nations unies pour la Libye ­(Manul), parvient à esquisser un accord. Des efforts sont entrepris pour modérer l’appétit des milices tripolitaines.

On en est donc là, à la veille de l’offensive d’Haftar : un gouvernement de Sarraj ayant écarté la frange dure des islamistes et pondéré l’influence de Misrata au profit de milices affairistes, voire mafieuses, de la capitale qui, à partir de l’automne 2018, sont toutefois l’objet d’une intense pression internationale pour se normaliser.

Mais la rhétorique du maréchal Haftar pour justifier son attaque de Tripoli ne fait pas dans la nuance : à ses yeux, tous les acteurs gravitant autour de Sarraj sont des criminels et des terroristes. Dans sa décision de « libérer » Tripoli, le patron de l’Armée nationale libyenne (ANL) a cependant surestimé ses atouts, qui n’étaient pas minces. Qui est donc ce sulfureux Haftar qui, à l’âge de 75 ans, a déjà connu quatre vies ?

Haftar peut compter sur de nombreux soutiens locaux

La première est celle du jeune officier nationaliste arabe très proche de Mouammar Kadhafi, avec lequel il a mené le coup d’Etat de 1969 contre le roi Idriss. La seconde est celle du dissident en exil aux Etats-Unis après que la défaite en 1987 du contingent ­libyen qu’il dirigeait au Tchad eut précipité sa rupture avec le « Guide ». La troisième est celle du révolutionnaire de retour au pays participant, en 2011 à Benghazi, à l’insur­rection anti-Kadhafi. La quatrième enfin est celle du conquérant se lançant à partir de 2014 par petits bouts à l’assaut de toute la Libye, drapé dans l’étendard d’une lutte antiterroriste et anti-extrémiste qui lui vaut le soutien de parrains régionaux – l’Egypte, l’Arabie saoudite, les Emirats ­arabes unis – auxquels se joint ­ensuite discrètement Paris.

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Figure militariste par excellence, dénoncé par ses adversaires comme l’artisan d’une restauration d’une dictature de même type que celle de Kadhafi, le maréchal Haftar peut compter sur de nombreux soutiens locaux. Dans un cocktail plutôt hétérogène, sa base historique mêle les tribus fédéralistes de la Cyrénaïque (dénonçant la captation des ressources du pays par Tripoli), les nationalistes arabes et les libéraux anti-islamistes.

Une frange des nostalgiques de Kadhafi le rejoint également, même si son passé de « traître » (son exil dissident aux Etats-Unis) n’est pas oublié. Il attire aussi à lui – à partir de 2016-2017 – les déçus de Sarraj, exaspérés par la détérioration des conditions socio-économiques et l’arbitraire de milices toutes-puissantes dans le Fezzan ou la Tripolitaine, autant de dérives qui leur font souhaiter un pouvoir fort.

Millefeuille à l’allure baroque

Enfin, un courant salafiste – celui de l’école dite madkhaliste (du nom du théologien saoudien Rabi Ben Hadi Al-Madkhali) – s’ajoute à ce millefeuille à l’allure baroque. Très proches de Riyad, ces salafistes quiétistes prêchent, outre l’application rigoureuse de la charia, la loyauté aux régimes en place, et sont donc à ce titre « anti-djihadistes ». Ils sont très influents dans nombre d’unités de l’ANL, où ils diffusent leur lecture littéraliste et ultraorthodoxe du Coran.

Une telle accointance souligne les limites et les failles de la propagande d’Haftar, qui se « vend » auprès des capitales occidentales comme un champion de l’« anti-islamisme ». Le camp d’Haftar est en réalité d’une foncière ambivalence idéologique.

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Ainsi dressés l’un en face de l’autre, les deux camps n’oseront jamais avouer le véritable mobile de leur affrontement. Le recours ­emphatique à une rhétorique justificatrice à usage externe – « révolution » ou « antiter­rorisme » – camoufle mal le caractère brut d’une rivalité autour de l’appropriation des ressources, laquelle prend un sens très particulier dans cet ancien eldorado pétrolier qu’est la Libye. En dépit des perturbations causées par le chaos post-2011, le pétrole ­libyen continue de générer 70 millions de dollars (62,5 millions d’euros) de revenus par jour. Aussi la maîtrise des circuits de distribution de cette rente pétrolière aiguise-t-elle bien des appétits.

Négociations secrètes

« Le conflit en Libye porte d’abord sur la ­ressource, décode Ghassan Salamé. Il existe tout un registre que l’on peut décliner – antiterrorisme, islam politique, état civil, fractures Est-Ouest, identités tribales… – si l’on ne veut pas avouer que l’on réclame une plus grande part de la rente. Il ne faut toutefois pas prendre ce registre de légitimation pour la causalité du conflit. » Si elle a perdu de sa centralité, la référence de la révolution de 2011 n’en ­demeure pas moins très présente. Sur les lignes de front de Tripoli – Aziziya, Khalat Ferjan, etc. –, les combattants loyaux au GAN de Sarraj affirment leur rejet catégorique des méthodes d’Haftar « le dictateur », un cri du cœur qu’il serait réducteur de tenir pour une simple formule de propagande.

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Là est peut-être l’erreur d’appréciation d’Haftar, qui pensait naïvement que le ras-le-bol vis-à-vis des « milices criminelles » lui ouvrirait les portes de Tripoli. A plusieurs ­reprises, il avait confié à ses interlocuteurs que la population de la capitale l’« accueillerait avec des fleurs ». Il avait même préparé méthodiquement son entrée en négociant secrètement avec certaines de ces milices, notamment la Brigade des révolutionnaires de Tripoli (BRT). Or, ces préparatifs ont échoué. « Le problème, pour Haftar, c’est que les milices de Tripoli ne répondent pas aveuglément à leur chef officiel, explique un analyste de Tripoli. Elles sont composées de factions différentes. Et si un chef bascule dans le camp pro-Haftar, les hommes ne suivront pas forcément. »

Passage en force

Afin de lever ces résistances, le patron de l’ANL a décidé de passer en force, tablant sur une cascade de ralliements opportunistes qu’entraîneraient ses premières percées. C’est le contraire qui s’est en fait produit. La méthode Haftar a coalisé contre lui non seulement les milices de la capitale, mais aussi une grande partie de celles de la Tripo­litaine, réunies pour la circonstance contre un adversaire commun.

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D’où l’enlisement de cette nouvelle bataille de Tripoli entrée dans sa sixième semaine. Avec l’alourdissement du bilan au fil des jours – 432 morts, 2 069 blessés et 50 000 déplacés –, la radicalisation des esprits et la logique de guerre consacrent bel et bien le « retour à la case départ ». Trois des acquis du processus politique incarné par Sarraj sous l’égide des Nations unies, certes menus et insuffisants, sont désormais menacés.

En premier lieu, la guerre annonce le grand retour des milices dans cette région de la ­Tripolitaine. Sollicitées pour défendre le GAN de Sarraj, elles vont chèrement négocier leur engagement, hypothéquant du coup tout l’effort de neutralisation du phénomène milicien dans la capitale amorcé depuis l’automne 2018.

Avec l’enlisement militaire en cours autour de Tripoli, et en l’absence d’un réveil de la communauté ­internationale pour imposer un cessez-le-feu, le risque d’un retour des vaincus du djihad est plus réel que jamais

En second lieu, la géopolitique propre à la Tripolitaine est en passe de se reconfigurer autour d’un autre retour, celui de Misrata. L’effacement des Misratis, consécutif à l’arrivée au pouvoir de Sarraj en 2016, n’a plus lieu d’être avec l’implication croissante des groupes armés de Misrata dans la défense de Tripoli. La montée en puissance de Fathi Bachagha, ministre de l’intérieur du GAN originaire de Misrata, est de ce point de vue symptomatique de réalignements en cours dans l’équation politico-militaire de la Tripolitaine. Or, ce retour des Misratis dans la capitale, où leur présence envahissante avait laissé d’amers souvenirs avant 2016, risque de réveiller des animosités assoupies.

Enfin, troisième péril à l’horizon : la montée du risque extrémiste. La déception croissante à l’égard de la communauté internationale, qui s’est révélée à ce jour incapable d’endiguer les ambitions conquérantes d’Haftar, offre un terreau favorable à un discours anti-occidental de plus en plus vindicatif. Dans ce contexte, la frange dure des islamistes, sur le recul depuis 2016, ne va pas manquer de réapparaître dans le feu des batailles. Si l’argumentaire antiterroriste d’Haftar pour justifier son attaque de Tripoli relevait pour ­l’essentiel de la propagande, il pourrait finir en prophétie autoréalisatrice avec la montée aux extrêmes induite par la logique militaire. « C’est la guerre qui va permettre le retour des terroristes à Tripoli », s’afflige Ossama ­Al-Juwaili, le commandant du GAN pour la zone militaire située à l’ouest de Tripoli.

L’organisation EI ne s’est pas encore manifestée au cœur de la capitale, mais elle a revendiqué, depuis le 4 avril, deux attaques contre l’ANL d’Haftar dans le sud du pays. C’est un signe. L’organisation djihadiste s’est historiquement implantée en Libye, fin 2014-début 2015, en se glissant dans les brèches d’un pays fracturé. Avec l’enlisement militaire en cours autour de Tripoli, et en l’absence d’un réveil de la communauté ­internationale pour imposer un cessez-le-feu, le risque d’un retour des vaincus du djihad est plus réel que jamais.

Frédéric Bobin (Tripoli, Libye, envoyé spécial), https://www.lemonde.fr/international/article/2019/05/10/libye-retour-a-la-case-depart_5460512_3210.html?xtmc=libye&xtcr=2

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