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Fiction d’État dans le nord du Mali

Anthony FOUCHARD, à Kidal et Gao 

Au Mali, après 18 mois de blocage et de négociations, les autorités intérimaires peinent à être installées dans le nord du pays, preuve du difficile retour de l’État dans ces régions occupées en 2013 par les djihadistes et qui, désormais, sont le théâtre d’affrontements entre groupes armés proches du régime ou sécessionnistes.

L’installation en fanfare des autorités intérimaires maliennes, conformément à une disposition prévue dans l’accord de paix d’Alger, signé en 2015 entre les autorités de Bamako et les indépendantistes du nord-est du pays, ne fait pas que des heureux. Il aura fallu plus d’un an et demi pour que les instances internationales et le gouvernement malien arrivent à mettre en place ces nouveaux dirigeants, censés assurer l’intérim jusqu’à l’organisation d’élections.

La population de Ménaka s'est massée (spontanément?) sur le bord des routes pour assister au passage de la délégation officielle qui se rendait à Gao pour la cérémonie d'installation des autorités.

  • La population de Ménaka s’est massée (spontanément?) sur le bord des routes pour assister au passage de la délégation officielle qui se rendait à Gao pour la cérémonie d’installation des autorités. | A. FOUCHARD.

 

C’est « une victoire » pour le Mali, estiment ceux qui mettent aussi en avant le lancement des patrouilles mixtes (armée nationale et groupes armés locaux). « Une pièce de théâtre », pour les autres qui dénoncent et la fiction d’État que défend Bamako et les manœuvres des groupes armés sécessionnistes qui exigent davantage d’autonomie pour gérer, à leur guise, ce nord malin, terre de tous les trafics.

Drame en trois actes

Acte 1 à Kidal. Le fief des ex-rebelles de la coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) a été le théâtre d’une cérémonie express et ambiguë, où le drapeau du Mali a côtoyé celui de la CMA et de l’Azawad (le nom du territoire revendiqué un temps par les ex-rebelles).

Le vice-président du conseil régional de Kidal, Haminy Belco Maïg, a été investi au sein des nouvelles autorités intérimaires.

Le vice-président du conseil régional de Kidal, Haminy Belco Maïg, a été investi au sein des nouvelles autorités intérimaires. | A. FOUCHARD.

Les ambassadeurs présents dans la délégation officielle n’auront aperçu Kidal que par les vitres opaques des blindés de l’Onu. La ville était bouclée et tous les moyens de renseignements disponibles mis à profit. « Des drones, des démineurs, des forces spéciales, tout est sur le terrain » a lâché un responsable du bureau de l’Onu, à Kidal.

Tragicomédie

Acte 2, à Gao. Le gouvernement a dû céder aux revendications de groupes armés minoritaires. Ils occupaient militairement l’assemblée régionale en réclamant plus de représentativité. Pour ne pas interrompre la « belle pièce de théâtre » commencée à Kidal, « le Mali a accepté », ironise mi-figue mi-raisin un porte-parole de la Plateforme (un groupe armé pro-gouvernemental et signataire de l’accord de paix).

Depuis 18 mois, les revendications de cette myriade de groupuscules étaient restées lettre morte. Un canevas bien délimité : « L’accord de paix a été signé entre trois parties. La Plateforme, la CMA et le gouvernement » se bornait à répondre la médiation internationale. Quiconque ne faisait pas partie de ces entités étaient de facto exclus du processus. Un processus de paix qui induit reconnaissance internationale et intégration dans le processus de désarmement-démobilisation-réinsertion.

De quoi attiser les convoitises. Sauf que cet accord arraché de haute lutte a donné des idées à d’autres…

Acte 3 : à Tombouctou, les autorités intérimaires doivent être installées ce lundi 6 mars. Depuis quelques jours, la ville aux 333 saints est encerclée par les hommes du CJA, le Congrès pour la justice dans l’Azawad. Un groupe lui aussi minoritaire, mais lourdement armé qui exige ni plus ni moins le même accord que celui obtenu par les contestataires de Gao.

Le CJA réclame le droit d’être intégré au processus de DDR et d’obtenir des représentants dans les différentes commissions liées à l’accord de paix. « Sinon, nous prendrons de force tous les lieux administratifs », tonne le colonel Abass.

http://www.ouest-france.fr/monde/mali/fiction-d-etat-dans-le-nord-du-mali-4837087

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