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TERRITOIRES ET ACTIONS

Les rebelles de la CMA refusent l’entrée de Kidal à d’autres groupes armés

RFI Publié le 04-12-2018 

Au Mali, dans le cadre du processus « DDR », désarmement, démobilisation et réinsertion, un peu plus d’un millier de combattants, proche de Bamako et de l’ex-rébellion, ont déjà déposé leurs armes dans trois localités du nord du Mali (Tombouctou, Gao et Kidal). Mais près de 200 autres combattants, issus de groupes non-signataires de l’accord pour la paix, rongent leur frein à l’entrée de Kidal. Les ex-rebelles qui contrôlent la ville refusent, pour le moment, de leur donner le feu vert. La mission de l’ONU au Mali n’approuve pas.

La route entre Gao et Kidal, au Mali.
© AFP/KENZO TRIBOUILLARD

L’ex-rébellion, qui contrôle toujours la ville de Kidal, refuse pour le moment de les recevoir. Et les presque 200 combattants des mouvements armés non-signataires de l’accord de paix, mais intégrés dans le processus de désarmement, ont été obligé de rebrousser chemin. Ils attendent qu’une solution soit trouvée.

La Minusma courroucée

Ces combattants parlent ouvertement de violation de l’accord de paix et demandent l’intervention de la mission de l’ONU au Mali. Courroucée, la Minusma a écrit à la coordination des Mouvements de l’Azawad, CMA, l’ex-rébellion, dont la réponse a été rendue publique ce lundi. La CMA découvre avec surprise la correspondance du chef des forces de la Minusma, affirme le communiqué qui poursuit, « l’accord de paix précise que seuls les combattants originaires de Kidal pourront fouler le sol de la ville dans le cadre du DDR, désarmement, démobilisation et réinsertion ».

Concertation constructive

Or, pour la CMA, aucun élément du bataillon bloqué aux portes de Kidal n’est originaire de la région du même nom. Alors blocage total ? Non, pour le moment. Surtout que sur ce dossier, les ex-rebelles affirment préférer la concertation constructive au détriment d’une polémique stérile.

http://www.rfi.fr/afrique/20181204-mali-rebelles-cma-refusent-entree-kidal-autres-groupes-armes

1 commentaire pour Les rebelles de la CMA refusent l’entrée de Kidal à d’autres groupes armés

  • Il faut le dire!

    « Kidal est le nœud gordien qu’il faut trancher » avait asséné, le 10 novembre 2013, sur RFI, Monsieur cheikh Oumar Diarrah. La formule illustre l’étroitesse de la ligne de crête que doit emprunter le Mali nouveau : l’homme qui l’avait prononcée est le Ministre de la Réconciliation du Premier Gouvernement de Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, élu Président de la République du Mali, en Septembre 2013. »

    Le régime d’exception injuste que Serval a réservé à Kidal depuis le début 2013 est le déclencheur de l’actuelle guerre dite « guerre de 6 heures de Kidal ». Je cite, dans les développements qui suivent, Francis Simonis (historien, spécialiste de l’Afrique occidentale et du Mali qui enseigne à l’Institut des Mondes Africains, basé à Aix-en-Provence, France), dans des articles de presse française intitulé « Paris dans le piège de Kidal »:
    – « Pourquoi Serval a concédé de facto aux combattants prétendument laïques du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) le contrôle d’une cité « rebelle » dont les avaient chassés leurs ex-alliés islamistes d’Ansar-Eddine en Janvier 2012? Pour prévenir les affrontements qu’aurait déclenchés le retour brutal d’une armée malienne « sudiste » honnie par les rebelles touaregs ; c’est la raison humaniste et protectrice des « Hommes Bleus Sahariens » avancée par Serval pour éluder les bonnes questions. »;
    – « Sans nul doute, la vraie raison occultée par Serval, c’est le souci de s’assurer le concours des séparatistes touaregs, utilisés mercenaires-guides et pisteurs sahariens « es qualité » pour arracher les otages français aux griffes d’AQMI et de ses satellites. Mais l’heureux dénouement du calvaire des kidnappés d’Arlit (Niger) ne doit rien au MNLA, lequel n’a pas tenu ses promesses faites à Serval de sécuriser la ville de Kidal, perméabilisée aux terroristes par la seule présence des mercenaires touaregs qui ne sauraient être que des bandits armés, des brigands sahariens aux « gènes vandales génétiquement non modifiables » qui vendraient leur âme au diable. »;
    – « Il ne fait plus aucun doute aujourd’hui que Serval a cru pouvoir s’appuyer sur le MNLA pour conduire le combat contre AQMI et récupérer les otages français du Sahel. La marionnette, malheureusement, a filé entre les doigts de ses protecteurs, et en janvier 2012 elle s’est lancée à l’offensive contre l’armée malienne avec l’aide des islamistes. »;
    – « Quelques mois plus tard, le MNLA était taillé en pièce par ses alliés de la veille et disparaissait de la scène malienne. Il devait y revenir en janvier 2013 à la faveur de l’opération Serval. La France interdisait alors à l’armée tchadienne de désarmer ses protégés, et à l’armée malienne de reprendre pied à Kidal. »;
    – « En mars 2013, Christian Royer, l’ambassadeur en poste qui faisait l’unanimité au Mali était rappelé à Paris sans ménagement pour être remplacé par Gilles Huberson, un spécialiste des prises d’otages issu de Saint-Cyr dont Moussa Ag Acharatoumane, l’un des principaux dirigeants du MNLA devait affirmer sans être démenti dans les colonnes du Monde du 14 novembre 2013 qu’il était depuis septembre 2012 « l’émissaire secret du Quai d’Orsay », auprès de son mouvement… »;
    – « Paris devait par la suite comprendre que ses encombrants alliés étaient incapables de lui apporter le moindre soutien, l’enlèvement puis l’assassinat à Kidal le deux novembre 2013 de deux reporter de RFI qui sortaient de chez un cadre du MNLA mettant finalement en lumière l’incapacité des rebelles touareg à sécuriser la ville. »;
    – « Le tropisme « touarégophile » de l’élite de l’espionnage à la française, fascinée par les vertus guerrières des « hommes bleus », vient de loin. « Affaire de génération, admet un ancien officier de la « Piscine ». Nombre de gradés aujourd’hui aux commandes ont côtoyé les chefs des rébellions des années 1990, au Niger comme au Mali. Et plus d’un en a gardé une forme de nostalgie coloniale. En ce temps-là, nous jugions à tort ou à raison nos interlocuteurs représentatifs et leur cause noble et légitime. »;
    – « Peut-on à la fois prôner la restauration de l’intégrité territoriale du Mali et entraver le déploiement vers le nord de l’armée nationale, si embryonnaire soit-elle ? A ce jeu-là, la France court le risque de se voir coincée entre le marteau et l’enclume… A Bamako, on lui reproche sa complaisance envers les « enturbannés », surnom peu flatteur des Touareg, et leurs chimères indépendantistes. »;
    – « Tout porte à croire que Ghislaine Dupont et Claude Verlon doivent leur mort atroce – vécue comme une honte ineffaçable au sein de la communauté touareg – à un enlèvement crapuleux perpétré par des « sous-traitants » mafieux MNLA désireux de monnayer leur butin humain et qui aurait mal tourné. Ont-ils aussi, comme le soutient un praticien chevronné de la galaxie djihadiste, payé de leur vie les « erreurs de gestion de la France à Kidal;
    – « Deux certitudes. D’abord, le statu quo, autre nom du pourrissement, y serait l’allié le plus sûr du terrorisme. Ensuite, qu’on le veuille ou non, Paris aura du mal à se délester de ce fardeau. « C’est à la France, décrètent en chœur trois chefs touareg, par ailleurs rivaux, qu’incombe la responsabilité d’imposer un règlement. Elle en a le pouvoir. » Le devoir, sans doute. Le pouvoir, pas sûr. « Kidal est le nœud gordien qu’il faut trancher », a asséné, le 10 novembre 2013, sur RFI, cheikh Oumar Diarrah. La formule illustre l’étroitesse de la ligne de crête que doit emprunter le Mali nouveau : l’homme qui l’a prononcée est ministre de la Réconciliation. »

    En conclusion il faut dire, en cette fin d’année 2018, que Kidal, c’est la capitale du massif des Ifoghas, une dénomination/appellation « générique » chichement attribuée par les colons français, en 1917, suite à la « paisibilité » des Ifoghas qui sont la seule confédération touarègue saharienne et soudanienne à ne pas combattre les colons chez eux; pire, les Ifoghas de l’Adrar avaient aidé les Français à combattre les Imouchagh Iwellemeden de Ménaka, les anciens maîtres des tributaires Ifoghas, ces derniers se retrouvant ainsi « libérés » par les colons français des descendants de l’Awallemd Karidenna, l’Amanokal de la Confédération de la Tadamakat/Essouk, du 10ième au 15ième siècle.

    Kidal est l’épicentre de la crise du Nord du Mali, un foyer de tensions chroniquées ; la mère de toutes les impasses et, en fin, le laboratoire de tous les périls qui obscurcissent l’horizon de cette zone depuis 60 ans

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