booklet 8 pages

QUI SOMMES-NOUS ?


Association TAMOUDRE,“Touareg, vie et survie”.
Informations, réflexions et actions ciblées autour du DÉVELOPPEMENT et des problèmes de GÉOSTRATÉGIE, [...]

Lire la suite

TERRITOIRES ET ACTIONS

Commentaires

L’exception Ménaka

 

Moussa Ag Acharatoumane

Moussa Ag Acharatoumane est le numéro un du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) créé en septembre 2016. Il explique comment la nouvelle région est la seule où la mise en œuvre de l’accord connait des avancées significatives.

Ménaka est la seule région où l’Accord pour la paix et la réconciliation est réellement mis en œuvre. Pourquoi cela ?

Ménaka fait en effet office d’exemple dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. C’est la seule région où les populations se sont données la main pour parler d’une même voix. Elles ont exprimé ainsi leurs préoccupations par rapport à la cohésion sociale. Les mouvements qui sont dans cette zone viennent régulièrement en appui à leur population. C’est ce qui crée cette harmonie dans la région dans le cadre de la sécurité, la cohésion sociale et du respect des droits des individus qui y vivent. Le fait qu’ils (population, acteurs politiques et groupes rebelles) travaillent ensemble, c’est ce qui fait de Ménaka ce qu’elle est aujourd’hui. À Ménaka, tous s’efforcent à appliquer les dispositions de l’accord. Ce n’est pas toujours facile mais ils y arrivent. C’est surtout parce que les résultats sont visibles sur le terrain que ça marche. Du coup, la zone est maintenant plus calme. Les soldats en service à l’entrée de la ville font également de bon boulot. Ils fouillent tout et vérifient les identités des personnes qui rentrent et sortent de la ville. Tout marche bien et tout le monde est content.

Ce qui est fait à Ménaka peut-il être fait dans les autres régions ? Qu’est-ce que Ménaka a de plus que les autres ?

Ménaka n’a rien de plus que les autres. Les autres régions doivent justement apprendre de Ménaka, c’est tout. Cela commence par mettre les mouvements armés, les populations et l’administration ensemble pour qu’ils définissent leurs préoccupations et trouvent des solutions. C’est la seule solution pour que ça marche ailleurs. C’est cela le secret de Ménaka.

Quelle est la prochaine étape pour Ménaka ?

Les patrouilles mixtes ont déjà commencé à Ménaka puisque les FAMA se sont associés aux mouvements pour effectuer des patrouilles à l’intérieur et à l’extérieur de la région. Ce qu’on est en train de faire actuellement c’est de lancer un appel au gouvernement, à la communauté internationale, à la MINUSMA de venir en appui aux acteurs dans le cadre des procédures en cours parce que tout ce que nous avons fait jusqu’ici, c’est avec nos propres moyens. Car nous n’avons malheureusement pas les moyens financiers nécessaires pour continuer.

Par Moussa MAGASSA, Journal du Mali,http://malijet.com/la_societe_malienne_aujourdhui/interview_mali/183387-moussa-ag-acharatoumane-l%E2%80%99exception-m%C3%A9naka.html

4 commentaires pour L’exception Ménaka

  • Gervais

    Qu’est-ce qui fait la stabilité (bien originale) de la situation politique à Ménaka ?
    Cette cité est socialement très composite, puisqu’elle assure la cohabitation (et la vie commune) de Touaregs des diverses strates (imghad, imajeren, ineslemen, iklan…) des Songhays, des Peuls, des Bambaras, des Dawsahaqs (devenus les pasteurs dominants).
    Dans une telle mosaïque les tensions semblent s’équilibrer, ce qui pourrait éviter une hégémonie clanique ou ethnique. Est-ce un modèle porteur d’espoir pour l’avenir du Mali ?

    • AÏTA

      Puisque je détiens la récente mémoire de l’Ezawagh, en tant que propriétaire d’un Oska Teljat (mort en 1997) alors que toi, tu as la vielle mémoire de ton Oska Waritoufoulout de 1978, je pose la bonne question « Qu’est-ce qui a défait la stabilité de l’Ezawagh sous l’Amanokalité Iwellemenden, bien qu’originale, est en dégénérescence politique?

      Je t’accorde que « cette cité est socialement très composite, puisqu’elle assure la cohabitation (et la vie commune) de Touaregs des diverses strates, des… des Haoussa et … des Dawsahaqs », ces derniers furent, de tous les temps,les pasteurs les plus riches mais dominés par les Iwellemenden comme les Imghad de Kidal sont les plus nombreux et les plus riches mais encore dominés, politiquement, pa la minorité Ifoghas.

      Dans une telle mosaïque, les tensions socio-claniques ne sont que virtuellement équilibrées; en effet, par le jeu du nouveau gouverneur qui a mis en touche les chefs Iwellemeden « vaincus » politiquement, grâce à la prise du pouvoir local par le MSA Daouçahak de Mossa ag-Chaghatma (un hybride Daouçahak-Kel Antésser de Tombouctou), rebelle du MNLA qui a eu le contrôle de l’autorité intérimaire de Ménaka, ce qui se profile, c’est une hégémonie clanique Daouçahak qui remplacerait la précédente des Iwellemeden, vieille de 6 siècles.

      A mon humble point de vue d’observateur « si loin, si proche », le modèle de Ménaka, par qui les paisibles pasteurs Daouçahak sont mis en avant dans le contrôle hégémonique politique « forcé » de l’Ezawagh, en mettent en touche les Iwellemenden, traditionnellement chefs locaux, n’est pas porteur d’espoir pour l’avenir du Mali parce qu’il est la face « face » de ce qui bloque la normalisation dans l’Adagh n’Foghas, les chefs de cette Amnokalité, moins « solide » que celle des Illemeden, bloquent la monté en puissance démocratique des Imghad dans l’Adagh n’Massinagh (« la terre de Dieu » selon Ghousman ag-Issilakan).

  • Gervais

    Pourtant, il y avait eu dans les années 80 à Ménaka un réel compromis et un partage du pouvoir entre les Imajeghen -les fils de Hamato- et les Dawsahaqs, dont le leader Baye ag Mohamed -devenu maire de Ménaka- figurait au pouvoir central à Bamako. Certes, c’était sous le régime de Moussa Traoré. Mais l’hégémonie économique des Dawsahaqs s’est lentement installée, par leur compétence pastorale et leur labeur.

    • AÏTA

      L’exception Ménaka VS l’exception Kidal

      Dixit Gervais : « … Mais l’hégémonie économique des Dawsahaqs s’est lentement installée, par leur compétence pastorale et leur labeur. » ; je te réponds que ce que tu affirmes découle d’une vision factuelle de ta part, une vision de ton esprit généreux progressiste qui voit, là, une dynamique-transformation évolutive normative propre à faire évoluer les vieilles dynamiques touarègues tribales hégémonistes vers une normalité démocratique (la loi « d’un homme, une voix ») , ce qui aurait permis, de mon point de vue d’observateur touareg « si loin, si proche », aux « parvenus » Daouçahak de surpasser, voire déclasser les Iwellemeden, les tenants de la « suprématie » tribale sur l’Azawak et le Tamasna, un « fait de prince » reconnu par les différents pouvoirs politiques du Mali depuis son indépendance, voire depuis la confédération touarègue Tadamakkat du 10ième au 19 siècle qui fut contrôlée par Karidenna, l’ancêtre de Bajan ag-Hamatou, l’actuel Amanokal des Iwellemeden.

      Je dis et je répète que si les Daouçahak sont parvenus de surpasser, voire déclasser les Iwellemeden, les tenants de la « suprématie » tribale dans l’Azawak et le Tamasna reconnue par les différents pouvoirs politiques du Mali depuis son indépendance, ce qu’il y a eu un coup de pouce du MSA, un transfuge du MNLA, celui qui a fait le « coup de Jarniac » est bien un Daouçahak, Mossa ag-Chaghatman qui a eu, sur un plateau d’argent, le contrôle des autorités intérimaires de Ménaka pour mettre en avant son clan Douçahak.

      Quid de Kidal où la famille Ifoghas deg-Intalla, qui perpétue son règne sur les Imghad, en se maintenant, malgré les coups de buttoirs de militaires Imaghad (Général Gamou) et autres gouverneur, Eghless, ag-Illiwen et récemment ag-Ichrach ?

      En tout état de cause, j’invite les Imghad de Kidal à s’inspirer du bon exemple de prise de pouvoir politique démocratique par les Douçahak de Ménaka, au détriment des Iwellemeden, sans combats militaires, mais par « le labeur des pasteurs nomades » (dixit Grevais).

Envoyer un commentaire