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TERRITOIRES ET ACTIONS

Making-of d’un reportage aux côtés du 5e RHC dans le nord Mali

Sud-Ouest-  Sophie Carbonnel.

Notre reporter a mouillé le maillot. Ici, de profil, lors d’un vol en hélicoptère photo armée de terre.Jusqu’en janvier, les hommes du Régiment d’hélicoptères de combat palois sont à Gao. Notre journaliste les a rejoints

Making-of d’un reportage aux côtés du 5e RHC dans le nord Mali

Toute cette semaine, « Sud Ouest » publie une série de reportages sur la mission des militaires du 5e RHC au Mali. Retrouvez-les au fil des jours dans nos éditions, ainsi que dans notre dossier sur sudouest.fr

Prendre l’initiative d’accompagner le 5e Régiment d’hélicoptères de combat au Mali quand on a le mal des transports, c’est risqué. C’est donc entre excitation et émétophobie (la peur de vomir) que j’ai entamé les démarches d’un voyage dans le nord de l’Afrique. Tout commence en juin, lorsque je propose au chef de corps du 5e RHC, le colonel Bertrand Gutter, de venir en opex. À ce moment-là, je n’imagine pas qu’à deux semaines du départ, je serais rongée par l’angoisse. Il faut dire que le premier obstacle à franchir est celui du visa. Le téléphone de l’ambassade du Mali, à Paris, sonne dans le vide depuis des jours. Aucune indication. Panique à bord. Le salut vient du Niger, ce pays par lequel je vais entrer dans la zone sahélo-saharienne en atterrissant à Niamey depuis Paris. Comme par miracle, une semaine avant le départ, le consul honoraire du Niger à Bordeaux est de passage à Orthez. En moins de cinq minutes, autour d’un café-cigarette, le sésame est obtenu.

Un gilet pare-balles

La valise déjà bourrée de médicaments, je pense à prendre une lampe frontale, un pschitt anti-moustiques et un sac de couchage. Avant le départ, l’État-major des armées de Paris me conseille très sérieusement de ne pas prendre… d’escarpins. Sait-on jamais. On me demande aussi de m’équiper d’un gilet pare-balles. Si je n’en ai pas, je peux demander à Reporter sans frontières. Au pire, on m’en prêtera un sur place. À ce moment-là, je prends conscience que je ne pars pas au Club Med.

« Le chancelier me présente le lit moustiquaire dans une grande tente pourvue de compartiments individuels. « « Immersion totale » qu’ils disent »

Après un vol commercial sans nausée, j’atterris à Niamey. À la descente de l’avion, les 38°C me clouent au sol. Je commence par enlever trois couches de vêtements. La police aux frontières tique devant mon passeport. Je suis journaliste, qu’est-ce que je viens faire là, pour quel média je travaille, pour quoi faire ? Je m’imagine déjà en mauvaise posture quand un militaire français vient me tirer d’affaire.

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Après une nuit à Niamey, dans une chambre individuelle climatisée, le réveil est salé. Il est 5 heures, je m’extirpe de mon lit. Un avion m’attend sur le tarmac. Gao est à une heure.

Je rase les murs

Au Mali, sur la base militaire de Gao, l’accueil est chaleureux. Le chancelier me présente le lit moustiquaire dans une grande tente pourvue de compartiments individuels. « Immersion totale » qu’ils disent. Le planning à venir est particulièrement dense. Déjà s’acclimater. Il est 7 heures et le soleil est en train de me brûler la peau. Je rase les murs. Détail rare : aucun officier communication ne me suit dans mes pérégrinations, sans pour autant avoir le droit d’aller partout. Je reste néanmoins libre de mes questions.

Sud Ouest

Crédit photo : Sophie Carbonnel

Je rencontre des personnes passionnées : le capitaine Steph, l’adjudant Sandrine, le chef Fred et tous les responsables des escadrilles de maintenance, entre autres, qui feront l’objet de portraits. Toujours dans l’optique « immersion », l’adjudant-chef Virginie me propose un footing matinal. 4 km à la fraîche, à 5 h 45. Utile pour décompresser.

>> Retrouvez notre reportage photos en cliquant ici

En journée, je déambule. J’ai chaud, je suis en tenue estivale. On me repère. Le passage au self est particulièrement éprouvant. Une centaine de paires d’yeux scrutent ma progression avec mon plateau. Surtout ne pas trébucher… Le vendredi, l’hélicoptère m’emmène sur un champ de tirs. Le pilote est briefé. Pas de zèle pour l’intégrité de mon estomac. Il respectera sa promesse et m’offre la plus sensationnelle expérience en vol de mon existence. Le dimanche, il faut repartir. Dans l’avion qui me ramène en France, je passe en revue mes souvenirs. Devant moi, un voyageur est malade. Pas moi. Je m’endors avec l’envie de revenir.

http://www.sudouest.fr/2017/12/04/d-un-reportage-aux-cotes-du-5e-rhc-dans-le-nord-mali-4002706-4329.php

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