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TERRITOIRES ET ACTIONS

Au Mali, les troupes européennes en soutien face aux djihadistes

Les pays de l’UE ont dépêché soldats et formateurs pour aider les armées de plusieurs pays du continent, sans parvenir à répondre à tous les défis sécuritaires.

Des soldats maliens en formation au camp d’entraînement de la mission européenne, à Koulikoro, le 28 novembre 2017.

Coincé entre le fleuve Niger et une colline rocailleuse, le terrain d’entraînement accueille ce matin-là une dizaine de jeunes militaires maliens qui s’initient à la lutte antiterroriste en milieu urbain. Ils sont encadrés par des officiers allemand, irlandais et belge, qui leur intiment des « oh, oh, oh ! » et les suivent pas à pas pour leur apprendre à réagir à une attaque.

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Les gradés font partie de la mission d’entraînement et de formation européenne (EUTM). Ils sont près de 500, issus de 27 pays, le plus gros du contingent étant fourni par l’Allemagne, l’Espagne et la Belgique, présentes chacune avec une centaine de militaires. Le général belge Bart Laurent pilote la mission jusqu’en janvier ; la France, qui a pris la direction d’autres missions dans cette partie du continent, ne compte plus qu’un officier dans ce vaste camp de Koulikoro, placé sous très haute protection.

Demandée en 2012 par les dirigeants maliens, commencée en 2013, cette mission – l’une des sept, civiles et militaires confondues, que l’Europe mène en Afrique – doit s’achever en 2018 mais sera sans doute prolongée : la situation sécuritaire au Mali est loin d’être apaisée et l’armée du pays, qui ne compte que 30 000 hommes, ne contrôle visiblement pas la situation sur cet immense territoire de 1,2 million de km².

Enlèvements et bombes improvisées

« On note un déplacement, voire une extension, des violences du nord vers le centre, où des combats sporadiques opposent des insurgés aux forces du régime », commente le colonel belge Christiaan Van Hove, qui commande les entraînements au quartier général d’EUTM. Le centre du pays est aussi le théâtre d’affrontements entre communautés, l’état d’urgence a été en vigueur presque sans interruption depuis l’attentat contre l’hôtel Radisson de Bamako (22 morts en novembre 2015) et les élections régionales et communales, prévues à la mi-décembre, pourraient être reportées, comme la présidentielle de 2018, par crainte de nouvelles violences.

Les groupes islamistes armés ne se livrent plus à des attaques de grande ampleur mais tentent de prendre le contrôle de certaines zones, procèdent à des enlèvements, visent les convois militaires en plaçant notamment des bombes improvisées qui explosent à leur passage.

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Une autre menace se fait jour : l’arrivée de combattants chassés des zones de combat irakiennes et syriennes. « Nous ne disposons d’aucune preuve concrète à ce stade, mais le phénomène est quasiment certain », explique le colonel Van Hove. Les autorités maliennes se taisent sur le sujet, mais les informations rapportées par ceux que les militaires européens appellent leurs « capteurs » – des agents de renseignement – laissent peu de place au doute.

D’autres opérations internationales sont menées simultanément pour combattre l’insécurité et le terrorisme au Mali et au Sahel : l’opération française « Barkhane » lancée en 2014, celle du G5 Sahel – qui mêle développement et sécurité et dont Emmanuel Macron espère, dit-il, « les premières victoires » contre le terrorisme – et enfin la mission onusienne (Minusma), qui vise à la stabilisation et à la réconciliation, mobilisant plus de 11 000 soldats de plus en plus souvent visés par les djihadistes. Une autre opération européenne, EUCAP-Sahel-Mali, vise, elle, à améliorer la formation des cadres de la police.

« Sous tension maximale »

Si elle a formé jusqu’à présent 12 000 des 30 000 membres des forces armées maliennes, la mission EUTM paraît désormais mesurer l’ampleur et la difficulté de sa tâche : les militaires maliens ne sont pas assez nombreux et trop faiblement équipés. « Beaucoup d’entre eux vivent sous tension maximale », explique le colonel Van Hove. Lors d’un exercice de tir, il leur manque les munitions destinées à leurs AK-47 russes ; quand il s’agit de déplacer les troupes, on ne trouve pas assez de camions. Des Etats européens ont dès lors décidé d’apporter une aide purement matérielle, fournissant aussi bien des étagères pour ranger les armes que des trousses médicales ou des camel bags, des poches d’eau pour les soldats déployés sur le terrain.

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La mission doit aussi se préoccuper d’autres aspects, moins terre à terre : un récent rapport de l’ONG Human Rights Watch a dénoncé les violences auxquelles se livreraient des soldats maliens en opération. « Nous ne disposons pas d’éléments à cet égard », assure le commandement de la mission européenne. Le cursus de formation inclut, en tout cas, une journée de formation aux droits humanitaires pour les soldats, et trois jours pour les officiers, assure-t-il. Et la question, insiste-t-il, est évoquée dans l’ensemble des cours sur lesquels veillent deux juristes spécialisés.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/29/au-mali-les-troupes-europeennes-en-soutien-face-aux-djihadistes_5222314_3212.html#FDHxFoV1XoMdtZYt.99

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