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TERRITOIRES ET ACTIONS

Mise en place d’un arsenal réglementaire : un nouvelle provocation de la CMA envers Bamako

En prenant de nouvelles mesures réglementaires régissant la vie courante de la société de l’Azawad, le comité directeur de la Coordination des mouvements de l’Azawad viole la laïcité du pays et confirme sa volonté indépendantiste. Bamako doit se réveiller avant qu’il ne soit trop tard.

Depuis la découverte des mines d’or dans la région de Kidal, les orpailleurs maliens et d’autres nationalités se ruent vers la Capitale de l’Adrar des Iforas. Face à l’arrivée massive des chercheurs d’or, le comité directeur de la CMA vient de taper du poing sur la table pour dire qu’il demeure le seul maitre de Kidal, ignorant le gouverneur et les autorités intérimaires.

A la surprise générale, la CMA a publié un arsenal règlementaire régissant la vie courante de la société, adapté à ses cultes, à ses us et coutumes. Cette réglementation fait une classification tripartite des catégories d’infractions ; à savoir : les contraventions, les délits et les crimes. Les contraventions sont réprimées par les services de répression et en rendent compte au cadi à travers un procès-verbal. Les délits et crimes ne sont traités que par la justice “Alqada”.

Ces nouvelles provocations de la CMA violent non seulement la Constitution, mais aussi l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du Processus d’Alger. Elles interviennent au moment où l’application de l’accord a atteint sa vitesse de croisière avec le processus du DDR, le retour des déserteurs dans les casernes.

Dans un pays laïc comme le nôtre, comment la CMA peut interdire la vente et la consommation de l’alcool dans les régions du Nord ?

Pis, au niveau du séjour pour les étrangers, la CMA exige désormais de chaque étranger une pièce d’identité de son pays d’origine, avoir un tuteur local, être muni d’un permis de séjour en cours de validité. L’exploitation des mines par les étrangers n’ayant pas de tuteurs est interdite. Nulle part, la CMA ne mentionne le nom du Mali. Donc les détenteurs de la carte d’identité malienne ou NINA sont considérés comme des étrangers à Kidal ? En un mot, un Malien se rendant aujourd’hui dans la ville de Kidal doit forcément avoir un permis de séjour délivré par la CMA.

Une décision inacceptable et révoltante. Une véritable provocation envers Bamako. Une unième tentative de sabotage de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du Processus d’Alger.

En regardant ces décisions, nulle part le nom du Mali n’est cité. Dans l’ampliation, le gouverneur de la région de Kidal, le président des autorités intérimaires, le gouvernement sont ignorés. Il est grand temps que nos autorités se réveillent, car la CMA et ses alliés n’ont jamais oublié leur projet indépendantiste.

Concernant le respect de l’accord, Bamako a toujours honoré sa part de responsabilité, contrairement aux mouvements armés qui font ce qu’ils veulent en complicité avec certains faux amis du Mali. Mais une chose est sûre : ce pays peut tanguer mais ne chavirera jamais.

Pour ne pas tomber entre les mains de ses ennemis, le brave roi de Kénédougou, Babemba Traoré a dit ceci avant de mourir : “Plutôt la mort que la honte”.

Y. Doumbia

Source: L’Indicateur du Renouveau, http://bamada.net/mise-en-place-dun-arsenal-reglementaire-un-nouvelle-provocation-de-la-cma-envers-bamako

1 commentaire pour Mise en place d’un arsenal réglementaire : un nouvelle provocation de la CMA envers Bamako

  • Le Radar de l'Adrar

    « NOUVEAU RÈGLEMENT DE LA VIE PUBLIQUE À KIDAL: LA CMA RÉTRO PÉDALE »; par bamada.net 19/02/2019.

    La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) a annoncé lundi soir qu’elle renonçait à appliquer les nouvelles règles de la vie publique à Kidal édictées de façon unilatérale. Ainsi, le rôle du « cadi », le juge islamique, aurait-il été privilégié, au détriment des instances étatiques maliennes.

    La CMA, qui administre la ville depuis plusieurs années, avait annoncé, ces derniers jours, vouloir, par exemple, interdire la consommation de l’alcool ou renforcer le rôle du cadi, le juge islamique, au détriment des instances étatiques maliennes. Bronca des autorités maliennes Mais, dans un communiqué publié lundi soir, la Coordination des mouvements de l’Azawad, ex-rébellion, affirme prendre acte de la grande incompréhension suscitée par son projet de renforcer sa présence, son autorité, sur la ville, notamment dans les domaines de la sécurité, de la justice et de la gouvernance. Le même communiqué affirme reconnaître sur la localité les prérogatives de l’Etat malien.

    En fait, après l’annonce officielle des nouvelles mesures qui tendaient à montrer que Kidal devenait clairement un Etat dans l’Etat, il y a eu une véritable bronca des autorités maliennes qui ont notamment saisi le comité de suivi de l’Accord de paix d’Alger. « Un violation flagrante de l’accord » Le président de cet organe a fait immédiatement une sortie plutôt musclée. Ahmed Boutache a notamment parlé de « violation flagrante de l’Accord d’Alger » par la CMA. Sa conclusion est sans appel : « Ceci constitue une violation flagrante de l’Accord et une atteinte aux prérogatives régaliennes du gouvernement de la République du Mali, explique-t-il à RFI.

    Nous considérons donc que ces mesures, à caractère réglementaire, indûment prises par le président de la CMA sont nulles et de nul effet. Et le président de la CMA est interpellé pour ne plus avoir à prendre de pareilles initiatives. » La pression était également venue de la médiation, notamment de la mission de l’ONU au Mali (Minusma), ainsi que de la représentation locale de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union africaine. Du coup, l’ex-rébellion a été donc obligée de ranger dans sa poche son projet. On est dans une région où la justice islamique a toujours été le principal référentiel de régulation.

    Les représentants locaux de la justice d’Etat ont toujours composé avec les formes de régulation locales. Pour tout ce qui revêt par exemple des droits de la famille, de la gestion des litiges, de la gestion des terroirs, agropastoraux, etc. Maintenant, effectivement, il y a un élargissement des normes qui sont mises en place.

    RFI

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