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TERRITOIRES ET ACTIONS

Mossa Ag Acharatmane « tous les programmes surtout ceux qui concernent la sécurité au nord du Mali sont exposés aux actes terroristes…. »

 Mohamed Ag ahmedou-lafriqueadulte.com

À trois mois de la création de son  mouvement pour le Salut de L’AZAWAD et à un mois de  sa nomination par décret présidentiel  à la tête de la commission DDR de la région de Menaka , Mossa Ag Acharatmane nous livre son analyse concernant la situation sécuritaire et politique concernant le retour de la paix au Mali.

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>>> Lire: ⇒ Des rapports font état d’une coopération accrue entre le ”Polisario” et AQMI (journaliste suédois)

Il est prévu que plus d’une dizaine de sites de cantonnement des ex combattants des groupes armés maliens seront installés au nord du Mali dont celui de Menaka qui accueillera bientôt 700 ex rebelles selon Mossa Ag Acharatmane.

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– De retour d’une caste mission auprès des troupes armés et politiques de son mouvement, l’ex chargé des affaires extérieures et chargé de communication du MNLA dont il est membre fondateur.
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    1-    Que pensez-vous du DDR par rapport à la situation actuelle ?

Nous pensons que le (Programme DDR¹) s’il est mené comme il faut, avec des acteurs à sa tête qui ont pour préoccupation la bonne marche et le bien être des bénéficiaires, sera bénéfique pour plusieurs raisons. D’abord, s’il démarre, cela va contribuer à ralentir la prolifération des armes. Il va permettre de trouver un statut aux combattants armés et de réinsérer beaucoup de bénéficiaires et de communautés victimes de la crise. La réussite de ce programme est importante pour le retour de la paix.

2-    Quelle est la position de votre mouvement par rapport à l’accord de paix signé le 15 mai /Juin 2015 ?

Le MSA, comme la plupart des mouvements politico-militaires, s’inscrit dans la logique de l’accord pour la paix et la réconciliation, issue du long processus mené à Alger. Il est vrai qu’il est né après la signature de l’accord, essentiellement créé par des anciens membres autant politiques que militaire du MNLA et du HCUA, suite à des divergences sur certains nombres de sujets interne, mais il reste dans l’accord, même si pour le moment, notre participation aux différentes structures de l’accord n’est pas effective, pour des raisons que nous ne maîtrisons point encore. Cela dit, les acteurs qui s’inscrivent dans la paix, comme le notre, doivent être rapidement pris en considération, à défaut de voir les gens perdre espoir en cet accord et aller vers d’autres horizons si leur prise en compte n’est pas effective.

3-    Comment analysez-vous la perturbation de la mise en œuvre de l’accord de paix et la difficulté d’installation du MOC  ( Mécanisme de sécurité Opérationnel de la Coordination des forces mixtes comprenant les mouvements de la CMA, Plateforme promalienne et les forces armées ) ?

Beaucoup de facteurs déstabilisent la  bonne marche de cet accord, car les intérêts sont multiples et diversifiés ainsi que les acteurs. Depuis les négociations, la médiation na jamais su les réconcilier, depuis ce sont des division multiples qui s’enchaînent, car il n’y a aucune mesure pour prévenir ces genres de choses. C’est la raison pour laquelle le processus a fini en trois partie depuis Alger : CMA, Plateforme et Gouvernement, qui en elles contiennent toutes un monde. Les difficultés sont parti de là et continuent jusqu’à la mise en place des structures de mises en œuvres qui ont eu aussi leur temps de difficultés, de même que la composition des commissions. La première chose qu’il fallait mettre sur pied était les autorités intérimaires, une fois de plus les gens se sont heurtés à des blocages et par finish, les autorités intérimaires. On en parle plus ou très peu, aujourd’hui c’est le MOC qui amène son lot de difficultés et de blocage et qui a fini par être frappés d’une rare violence par les moujahidines. Cette frappe contre le MOC, démontre non seulement les failles sécuritaire restantes mais aussi témoignent de toute la colère qui animent ceux qui ne veulent pas de la bonne marche de cet accord ou qui ne se sentent  pas concernés par l’accord.  Conclusion : du début des négociations à nos jours, cet accord rime avec mécontentement, insatisfaction, exclusion, et difficultés sécuritaires, car les mesures adéquates pour la bonne marche de la paix ne sont guerre au rendez vous.

    4-    Comment envisagez-vous la mise en place du DDR dans la région de Menaka ?

Pour le moment, le programme DDR est en construction et le travail va être long. Dans la région de Menaka, nous essayons de sensibiliser et informer au maximum les bénéficiaires qui sont ciblés. Ensuite, nous devons nous installer et commencer l’identification des lieux de regroupement, des listes des combattants et l’enregistrement des différents bénéficiaires qui seront démobilisés. Ensuite on verra ceux qui vont bénéficier de la réinsertion et  vont aller vers l’intégration. Il aura aussi des projets qui vont vers des communautés qui ont été touché par la crise actuelle pour toucher le maximum de monde.  Tout cela est à construire, pour le moment, rien n’est fait encore. Les populations de Menaka suite à notre dernière mission, attendent avec impatience ce nouveau programme.

5-    Pensez vous que les camps qui vont accueillir les combattants ne seront pas ciblés à l’image de celui du MOC de Gao qui a fait plusieurs morts et 115 blessés le 18-01-201 ?  Quelle seront selon vous les stratégies à entreprendre pour éviter cela ?

Tous les programmes surtout ceux qui concernent la sécurité, sont exposés au même risque  d’attentat terroriste que celui de Gao, qui est en réalité un message envoyé à tous ceux qui sont engagés pour la paix. Pour éviter cela, il faudra envisager une stratégie d’anticipation sur tous les lieux de regroupements et mettre un dispositif sécuritaire à la hauteur des risques qui existent sur le terrain aujourd’hui qui sont connu de tous.

6-    Quelles sont vos principaux objectifs pour ramener la paix et le développement dans la partie septentrionale du pays en termes d’éducation, santé et infrastructures ?

Nous nous investissons beaucoup pour ramener la paix d’abord entre nos communautés. Le plus important reste pour nous la bonne cohabitation entre nos populations. Ensuite, nous nous engagerons aussi à sensibiliser nos populations pour la scolarisation des enfants, car l’éducation reste l’une de nos priorités principales, car il est le gage d’un avenir meilleur pour nos populations. Nous encourageons aussi les ONG et les bailleurs de fond à s’investir pour le développement de notre région, car ces populations manquent de tout en termes d’accès aux droits fondamentaux. Notre mouvement essaye surtout d’apporter de la sécurité d’abord pour nos populations et ensuite pour les organisations qui exercent chez nous, car sans la sécurité rien n’est possible. Des missions de sensibilisation sont régulièrement organisées pour aller voir les populations et discuter avec eux.

    7-    Comment le MSA sécurise les populations et leurs biens dans la région ?  

Le MSA essaie surtout de dire aux populations que la sécurité est l’affaire de tous. Ce ne sont pas des hommes en armes sur des pic-up qui peuvent faire de la sécurité. C’est la contribution et la participation de tous. Dans notre région, on essaye d’être un peu partout sur notre territoire pour palier au maximum aux maux d’ordres sécuritaires qui touchent nos populations. Nous avons pu aider beaucoup de nos populations à récupérer des voitures personnelles volées, des véhicules des ONG volées, des marchandises ou du bétail volé. Ce sont des actions qu’on pose pour sécuriser nos populations et leurs biens. Des patrouilles sont organisées aussi dans cette région pour dissuader tous les bandits qui perturbent la quiétude des populations, mais le défi sécuritaire dans cet région reste entier et non résolu …

¹: Programme DDR (désarmement, démobilisation, et réinsertion).

Photo du profil de Alyad Ag Tenere

Mohamed Ag ahmedou, http://lafriqueadulte.com/2017/02/02/mali-mossa-ag-acharatmane/

1 commentaire pour Mossa Ag Acharatmane « tous les programmes surtout ceux qui concernent la sécurité au nord du Mali sont exposés aux actes terroristes…. »

  • AG AZAMANE

    Je note, avec un certain bonheur, que le journalste U’Tamasheqh Mohamed Ag ahmedou participe, dans cet article, à la « désazawadisation » du Nord du Mali.

    En effet, Mohamed Ag ahmedou fait dire par Mossa Ag Acharatmane, précédemment Azawadien dans la parole crispée, je cite: « tous les programmes surtout ceux qui concernent la sécurité au nord du Mali (au lieu de Azawad, NDLR) sont exposés aux actes terroristes…. ».

    Aussi, comme Mossa Ag Acharatmane, le fondateur du MNA (politique, uniquement) qui avait évolué en MNLA (politico-armé) est nommé chef DDR de Ménaka par décret du Gouvernement de la République du Mali et non par celui de la République de l’Azawad, j’aurai souhaité que le rebelle repenti – si repentance, il y a – soit humble en reconnaissant – tout au moins de ventre! – à la patrie malienne en « désawadisant » le signe du MSA, son mouvement rebelle tribal daouçahak qu’il aurait pu dénommer, fort opportunément, « Mouvement pour le Salut de l’Azawak » (MSA), les apparences de sigles ne seront pas changées et cela pour se démarquer du signe-doublon MSA des rebelles chamanamas de l’Azawak qui lui font ombrage.

    Sincèrement

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