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TERRITOIRES ET ACTIONS

Normand charge la France, le MNLA évoque « une stratégie de promotion d’un livre »

Studio Tamani-15-03-2019

« La France a manqué l’occasion en 2013, de neutraliser tous les groupes armés du Nord du Mali. Elle a ajouté du désordre au désordre ». Cette déclaration est de Nicolas Normand, ancien ambassadeur de la France au Mali entre 2002 et 2006. L’ex diplomate, qui était « l’invité Afrique » de RFI ce jeudi 14 mars 2019, vient de publier un nouvel ouvrage intitulé « Le Grand Livre de l’Afrique ». Il accuse la France de « donner Kidal aux séparatistes ». Officiellement, la France n’a pas réagi à ces accusations. Mais pour le MNLA, l’objectif de l’ex ambassadeur est d’ « inciter les gens à lire son livre ».

1 commentaire pour Normand charge la France, le MNLA évoque « une stratégie de promotion d’un livre »

  • AG AZAMANE

    Intox/dé intox : qui donnerait la bonne réponse à ce que constate l’ancien ambassadeur de France au Mali, je le cite : « ce problème de l’accord d’Alger c’est qu’on a donné un statut fort avantagé et toutes sortes d’avantages matériels aux signataires que les groupes majoritaires non touaregs se sont sentis un peu menacées. Donc, tout le monde s’est armé. Le fait qu’ils puissent garder leurs armes jusqu’à la fin du processus et sont toujours pas désarmés pour l’essentiel, a créée une sorte d’instabilité dans la région ».

    Pour André Bourgeot, Professeur-anthropologue émérite, directeur de recherche au CNRS de Paris, « cette sortie permettra de contribuer aussi à une prise de conscience de la part de la France vis à vis des ex-rebelles qui ne respectent pas, selon lui, les consignes de l’accord pour la paix ».

    Pour Francis Simonis, historien, spécialiste de l’Afrique occidentale et du Mali qui enseigne à l’Institut des Mondes Africains, basé à Aix-en-Provence (France), dans des articles de presse française intitulé « Paris dans le piège de Kidal », je cite quelques passages:
    – « Pourquoi Serval a concédé de facto aux combattants prétendument laïques du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA) le contrôle d’une cité « rebelle » dont les avaient chassés leurs ex-alliés islamistes d’Ansar-Eddine en Janvier 2012? Pour prévenir les affrontements qu’aurait déclenchés le retour brutal d’une armée malienne « sudiste » honnie par les rebelles touaregs ; c’est la raison humaniste et protectrice des « Hommes Bleus Sahariens » avancée par Serval pour éluder les bonnes questions. »;
    – « Sans nul doute, la vraie raison occultée par Serval, c’est le souci de s’assurer le concours des séparatistes touaregs, utilisés mercenaires-guides et pisteurs sahariens « es qualité » pour arracher les otages français aux griffes d’AQMI et de ses satellites. Mais l’heureux dénouement du calvaire des kidnappés d’Arlit (Niger) ne doit rien au MNLA, lequel n’a pas tenu ses promesses faites à Serval de sécuriser la ville de Kidal, perméabilisée aux terroristes par la seule présence des mercenaires touaregs qui ne sauraient être que des bandits armés, des brigands sahariens aux « gènes vandales génétiquement non modifiables » qui vendraient leur âme au diable. »;
    – « Il ne fait plus aucun doute aujourd’hui que Serval a cru pouvoir s’appuyer sur le MNLA pour conduire le combat contre AQMI et récupérer les otages français du Sahel. La marionnette, malheureusement, a filé entre les doigts de ses protecteurs, et en janvier 2012 elle s’est lancée à l’offensive contre l’armée malienne avec l’aide des islamistes. »;
    – « Quelques mois plus tard, le MNLA était taillé en pièce par ses alliés de la veille et disparaissait de la scène malienne. Il devait y revenir en janvier 2013 à la faveur de l’opération Serval. La France interdisait alors à l’armée tchadienne de désarmer ses protégés, et à l’armée malienne de reprendre pied à Kidal. »;
    – « En mars 2013, Christian Royer, l’ambassadeur en poste qui faisait l’unanimité au Mali était rappelé à Paris sans ménagement pour être remplacé par Gilles Huberson, un spécialiste des prises d’otages issu de Saint-Cyr dont Moussa Ag Acharatoumane, l’un des principaux dirigeants du MNLA devait affirmer sans être démenti dans les colonnes du Monde du 14 novembre 2013 qu’il était depuis septembre 2012 « l’émissaire secret du Quai d’Orsay », auprès de son mouvement… »;
    – « Paris devait par la suite comprendre que ses encombrants alliés étaient incapables de lui apporter le moindre soutien, l’enlèvement puis l’assassinat à Kidal le deux novembre 2013 de deux reporter de RFI qui sortaient de chez un cadre du MNLA mettant finalement en lumière l’incapacité des rebelles touareg à sécuriser la ville. »;
    – « Le tropisme « touarégophile » de l’élite de l’espionnage à la française, fascinée par les vertus guerrières des « hommes bleus », vient de loin. « Affaire de génération, admet un ancien officier de la « Piscine ». Nombre de gradés aujourd’hui aux commandes ont côtoyé les chefs des rébellions des années 1990, au Niger comme au Mali. Et plus d’un en a gardé une forme de nostalgie coloniale. En ce temps-là, nous jugions à tort ou à raison nos interlocuteurs représentatifs et leur cause noble et légitime. »;
    – « Peut-on à la fois prôner la restauration de l’intégrité territoriale du Mali et entraver le déploiement vers le nord de l’armée nationale, si embryonnaire soit-elle ? A ce jeu-là, la France court le risque de se voir coincée entre le marteau et l’enclume… A Bamako, on lui reproche sa complaisance envers les « enturbannés », surnom peu flatteur des Touareg, et leurs chimères indépendantistes. »;
    – « Tout porte à croire que Ghislaine Dupont et Claude Verlon doivent leur mort atroce – vécue comme une honte ineffaçable au sein de la communauté touareg – à un enlèvement crapuleux perpétré par des « sous-traitants » mafieux MNLA désireux de monnayer leur butin humain et qui aurait mal tourné. Ont-ils aussi, comme le soutient un praticien chevronné de la galaxie djihadiste, payé de leur vie les « erreurs de gestion de la France à Kidal;
    – « Deux certitudes. D’abord, le statu quo, autre nom du pourrissement, y serait l’allié le plus sûr du terrorisme. Ensuite, qu’on le veuille ou non, Paris aura du mal à se délester de ce fardeau. « C’est à la France, décrètent en chœur trois chefs touareg, par ailleurs rivaux, qu’incombe la responsabilité d’imposer un règlement. Elle en a le pouvoir. » Le devoir, sans doute. Le pouvoir, pas sûr.

    Pour Cheikh Oumar Diarrah, ministre de la Réconciliation du premier Gouvernement de IBK élu en Septembre 2013 : « Kidal est le nœud gordien qu’il faut trancher », formule qu’il a assénée, le 10 novembre 2013, sur RFI ».

    Pour Sangaré, un débatteur sur le forum Maliweb.net du 14 Mars 2019 : « L’Ambassadeur Normand a eu un énorme courage politique pour dire ce qu’il vient de nous dévoiler au grand jour. Il fait partie de cette petite catégorie d’Hommes et de femmes pour lesquels la “VERITE DOIT ETRE DITE.” Il a écouté la voie de sa conscience ! L’Ambassadeur Normand a fait une analyse juste. Le Serval avait sauvé le Mali. La Barkhane l’avait entrainé dans l’abime. La Barkhane est venue contrôler Kidal et avait donné Kidal aux Séparatistes MNLA. Ce que fait actuellement le Gouvernement IBK II, c’est de l’Affairisme politique, ce n’est pas la politique d’un pays qui a perdu le pouvoir de commandement sur une grande partie de son territoire suite à des rebellions successives. Quand la France a été occupée par les forces Nazis, elle a déposé le gouvernement Pétain, fusillé le Premier Ministre Laval et a fait appel aux Etats Unis pour instaurer la Souveraineté Nationale. Sinon, c’est du marchandage! Pour que l’Europe puisse aider le Mali pour récupérer sa Souveraineté, il faudrait qu’elle condamne l’action de la France et qu’un groupe de pays Européens fassent ce que la France n’a pu faire à cause de ses visées politiques absurdes, elle donne Kidal ? Est-ce que Kidal lui appartient? En Droit International, on appelle cela l’Usurpation, c’est-à-dire une série de manœuvres frauduleuses pour s’accaparer le bien des autres. »

    Pour moi, sous le pseudo Wartehen-Ghaçan, je répétais, le 23 Mai 2014, la formule « Kidal est le nœud gordien qu’il faut trancher » de Cheikh Oumar Diarrah, ministre de la Réconciliation du premier Gouvernement de IBK élu en Septembre 2013 suite à la défaite des forces armées maliennes vaincues et chassées de Kidal par la CMA renforcée par la « main invisible » dans le ciel de Kidal de la Barkhane et les terro-djihadistes d’ « Ançar Chaïtan » (Ansar Eddine) de Iyad ag-Ghali, le « Renard du Désert » :
    Kidal, c’est :
    1) la capitale du massif des Ifoghas, (Adagh n‘Foghas, en Tamasheq), situé dans la zone agro-écologique de l’Adrar-Timétrine, selon la cartographie des ressources terrestres du Mali, 1989);
    2) une bourgade saharienne constituée de maisons ternes occupant un oued de sable grossier et de rocaille ;
    3) un site malfamé, piège et berceau de l’irrédentisme ethno-identitaire touareg Ifoghas, selon l’histoire récente du 21ième siècle ;
    4) l’épicentre de la crise du Nord du Mali;
    5) un foyer de tensions chroniquées ; la mère de toutes les impasses ;
    6) le laboratoire de tous les périls qui obscurcissent l’horizon de cette zone depuis 50 ans.

    Les 5 réactions précédentes, bien que documentées et assumées par d’éminents observateurs de la crise malienne dite « question touarègue », peuvent paraitre de l’intox pour les tenants de l’Azawad, notamment Abdoulahi Attayoubou et Pierre Boilley, son « maitre à penser » qui, dans la contribution intitulée « Azawad : principe de réalité » paru sur les sites « tamoudré » et « toumast » en 2013, n’avaient convaincu personne de bonne foi dans leur argumentaire sur le concept « Azawad-rêve ».

    J’appelle les tenants du concept « Azawad-rêve » à débattre le sujet sur la base des arguments que j’ai résumés en haut.

    Dans cette attente,

    Sincèrement

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