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TERRITOIRES ET ACTIONS

Paris veut enclencher une « dynamique » pour la paix en Libye

La Croix-François d’Alançon, le 25/07/2017 à 9h00

Emmanuel Macron réunit, mardi 25 juillet, à 15 heures, au château de La Celle-Saint-Cloud, les deux principaux protagonistes de la crise libyenne, le chef du gouvernement d’union nationale (GNA) Fayez al-Sarraj, et l’homme fort de l’est du pays, le maréchal Khalifa Haftar.

Six ans après l’intervention militaire voulue par Nicolas Sarkozy, l’initiative du président français se veut une illustration de son engagement dans le dossier libyen, présenté comme « une de ses priorités internationales ». Paris, dit-on à la présidence, cherche à enclencher « une dynamique » en faveur de la recherche d’une solution politique, une nécessité pour « la stabilité régionale ainsi que pour la lutte contre le terrorisme et l’immigration illégale ».

Combo du maréchal Khalifa Haftar à gauche et du premier ministre Fayez al-Sarraj à droite.

Combo du maréchal Khalifa Haftar à gauche et du premier ministre Fayez al-Sarraj à droite. / KHALIL MAZRAAWI FETHI BELAID/AF

À lire : Khalifa Haftar, commandant en chef de l’armée nationale libyenne

Khalifa Haftar et Fayez al-Sarraj se sont déjà rencontrés, en janvier 2016 et début mai à Abou Dhabi. Cette fois, le chef de l’État s’entretiendra avec eux, tour à tour, avant une réunion tripartite en présence du nouveau représentant spécial des Nations unies pour la Libye, Ghassan Salamé, qui prend ses fonctions cette semaine. « Nous souhaitons que les deux protagonistes se mettent d’accord sur une déclaration conjointe », espère-t-on à l’Élysée. Ce texte devrait reprendre les principes de base d’une transition politique, en particulier lerejet de toute solution militaire et une cessation des hostilités pour ce qui ne relève pas de la lutte contre le terrorisme.

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Au-delà du « signal fort » voulu par Emmanuel Macron, il s’agit de relancer une médiation onusienne qui a déjà usé six représentants spéciaux depuis le début de la crise libyenne en 2011. Après la chute du colonel Kadhafi, le pays a sombré dans le chaos. Plusieurs autorités rivales et une constellation de milices, soutenues par des puissances régionales rivales, se disputent le pouvoir, la menace djihadiste reste présente, les trafics d’armes et d’êtres humains prospèrent.

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Aux termes d’un accord négocié et signé sous l’égide de l’ONU, en décembre 2015, à Skhirat (Maroc), Fayez al-Sarraj avait été désigné à la tête du gouvernement d’union nationale (GNA), fruit d’un compromis entre un bloc islamiste à Tripoli et Misrata et les partisans du général Khalifa Haftar, rassemblés autour de l’Assemblée repliée à Tobrouk, dans l’est du pays.

Khalifa Haftar, acteur incontournable

Sous la pression de Khalifa Haftar, un ancien proche de Kadhafi devenu dissident, l’assemblée de Tobrouk a refusé de confirmer par un vote l’investiture du gouvernement d’union nationale, mis en place à Tripoli en mars 2016. Le général – depuis, promu maréchal par le parlement de Tobrouk –, redoutait de perdre son poste de chef de l’Armée nationale libyenne. Résultat, en dépit du soutien de la communauté internationale, Fayez al-Sarraj n’a pas réussi à asseoir son autorité.

Entre-temps, Khalifa Haftar, soutenu par l’Égypte, les Émirats Arabes Unis et la Russie, s’est imposé comme un acteur incontournable à travers une série de victoires militaires, la dernière en date étant la prise de contrôle de Benghazi, début juillet.

Américains et Européens ont pris acte de ces succès et cherchent désormais à l’intégrer dans un règlement politique. Début juillet, le maréchal a même rencontré, sur une base à l’est de Benghazi, le général Thomas Waldhauser, chef d’Africom, le commandement militaire américain pour l’Afrique.

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Ghassan Salamé va s’efforcer, dans les prochaines semaines, de ramener le maréchal dans le cadre d’un accord de Skhirat amendé, en particulier sur les questions de gouvernance, avec la création d’une présidence collégiale à trois, au lieu de neuf, et l’organisation d’élections présidentielles et législatives en 2018.

Un véritable défi : Khalif Haftar, en position de force, fait monter les enchères. Une partie des groupes qui lui sont hostiles à Tripoli et Misrata, pourraient claquer la porte. Les kadhafistes, avec la libération de Seif Al-Islam, second fils de Kadhafi, revendiquent une place dans la future donne politique. En cas d’échec des négociations, l’homme fort de la Cyrénaïque pourrait être tenté de poursuivre son offensive militaire en prenant le contrôle des villes du centre libyen, en particulier Syrte.

François d’Alançon, http://www.la-croix.com/Monde/Paris-veut-enclencher-dynamique-paix-Libye-2017-07-25-1200865262

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