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Association TAMOUDRE,“Touareg, vie et survie”.
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TERRITOIRES ET ACTIONS

Pourquoi ce silence ? Pourquoi ne parlons-nous pas de ce qui ne va pas ?

Moustapha Ould Dahi -11-01-2019

L’Azawad entre la révolution ratée, la « religiosité » destructrice, mafia de la drogue et crime de masse de l’armée et ses milices.

A Mopti ce sont des boucheries humaines à ciel ouvert qui ont poussé à l’exode de villages entiers peulh.

Dans l’Est du pays des crimes de masse ont rayé des campements et village n‘épargnant ni berger, ni voyageur et même les prieurs dans leurs mosquées y sont passés.

A Tombouctou ce sont des charniers dans lesquels des dizaines de corps y ont été enterrés et avec eux on a enterré la sécurité, l’amour, la fraternité et la fidélité qui ont caractérisé cette ville durant des siècles. Seul Dieu sait comment va finir cette tragédie de ce peuple démuni à qui on a retiré même le droit d’espérer.

Le braquage, le vol, l’assassinat individuel ou de petit groupe qu’il soit civile ou militaire ne sont plus considérés comme des problèmes tellement on s’y est habitué. L’exposition par vidéo et photo des corps mutilés, de torture est devenu l’une des distractions qui passent d’un téléphone à l’autre, et ce n’est même plus un problème entre combattant « mâles » mais même les femmes les enfants les vieillards y passent.

Le plus amer et affligeant dans tout ça, c’est le justificatif souvent tout trouvé.

Celui-ci tue mutile, vole, chasse au nom de « Allah » avec des arguments en kit prêts à l’emploi tirés du Coran ou de la Sunna du prophète (PSL) sans comprendre ni le contenu, ni le contexte et ceci sans discussion possible.

Celui-là fait ce qu’il veut sans contrôle sous le prétexte fallacieux de la « guerre contre le terrorisme » ou « l’unité territoriale du Mali ». Il est à la fois juge et avocat. Il s’arroge le droit d’exterminer des communautés entières, soit directement, soit par milices interposées.

L’autre, à côté, fait ce qu’il veut, lui aussi, sous le prétexte non moins fallacieux de la « Révolution de l’Azawad » cette révolution qui a laissé derrière elle, des flots de réfugiés qui s’entassent dans des camps de fortunes gérés par des ONG. Des centaines de veuves contraintes à se livrer parfois à des activités peu louables pour survivre. Des milliers d’orphelins errants dans les rues noyant leurs chagrins et désarrois dans la consommation abusive de méthamphétamine commercialisées parfois par certains des acteurs de cette même « Révolution de l’Azawad »

Pourquoi ce silence ? Pourquoi ne parlons-nous pas de ce qui ne va pas ?

N’est-ce pas les « révolutionnaires » d’hier qui nous ont mené dans ce désastre se précipitent aujourd’hui à Bamako pour littéralement « manger dans la main du Mali », pays qu’ils combattaient en accusant de colonisateur ?

N’est-ce pas les « révolutionnaires » d’hier qui nous ont menés dans ce désastre se bousculent aujourd’hui dans des hôtels au frais de l’Etat et semblent n’avoir pour préoccupation que l’exposition vestimentaires lors des soirées mondaines dans des salons feutrés de Bamako ?

Pourquoi alors nous taire ou répéter comme des perroquets des slogans dont même les initiateurs trouvent obsolète ?

La pièce de théâtre de la « Révolution de l’Azawad » est terminée pour cette saison laissant derrière elle une horde de mafia, de trafiquant de drogue, de trafiquant d’êtres humains, de braqueurs de coupeurs de route, etc etc et chaque « corps de métier » trouve son compte et applique son agenda avec l’aide et la bénédiction des « Révolutionnaires de l’Azawad », des « barrons de la drogue », des « Moudjahidines », de « l’armée malienne et ses milices ».

Méditons un peu la multiplicité de rôles et l’interchangeabilité de fonctions. Aujourd’hui on est combattant Islamiste, demains on est révolutionnaire de l’Azawad, le jour suivant on est simple commerçant etc….

Méditons un peu sur la farce à laquelle nous sommes l’objet. Un jour des acteurs se livrent la guerre tribale dont nous sommes soldats simplement pour faire passer une cargaison de drogue. Ces mêmes acteurs se montrent le jour suivant bras dessus, bras dessous comme si rien n’était, jouant ainsi avec des tribus comme on le fait avec des marionnettes.

Méditons un peu, une « armée républicaine » qui se livre au massacre de ses propres concitoyens innocents ou au mieux pour se dérober des radars fomente ce massacre par milices interposées financée et armées.

Tout ceci se passe et nous ne sommes que des pions sans avis, sans vision et surtout sans perspective. Nos mères et sœurs sont dans les camps de réfugiés. Nos frères sont les chairs à canon pour mafia, ou au mieux milices de l’armée pour faire le sale boulot. Nos adolescents sont ravagés par la méthamphétamine commercialisée par des acteurs sans foi ni loi. Nos enfants sont sans scolarité. Nos terres sans sécurité ni développement. Et pendant ce temps-là chacun de nous regarde son pauvre frère et voisin avec méfiance et parfois se bombe le torse en disant Je suis MNLA ; Je suis CMA, je suis MAA, je suis GATIA etc etc…..Quels idiots nous sommes……https://www.facebook.com/moustapha.oulddahi/posts/10211371216150775

2 commentaires pour Pourquoi ce silence ? Pourquoi ne parlons-nous pas de ce qui ne va pas ?

  • AG AZAMANE

    Je note, avec un réel enthousiasme, qu’ici, Moustapha Ould Dahi, arabe malien bon teint, émigré en France depuis la fin des années 90, début des années 2000, au poste de modérateur « polémiste anti-azawad » du site Kidal infos D’Alain Breggy de 2013, « est resté, droit dans ses sandales » du Tilemsi de Gao, en 2019, tout au moins avec cet article paru sur le site « tamoudré.org » de Jacqueline DUPUIS, cette auguste webmaster publiant/copiant/collant souvent des posting de Moustapha Dahi parus sur Facebook et/ou sur WhatsApp, des réseaux sociaux que je ne fréquente pas, malheureusement .

    J’avais rencontré en Août 2013, à ma demande, Moustapha Ould Dahi (travaillant au Quartier de la Défense-Paris) , à Montreuil (Ile de France), où je séjournais chez ma fille targuie malienne et mon beau-fils franco-mauricien, ce dernier m’accompagnant à la rencontre, autour d’un thé, au marché de la ville la plus malienne « soninké » de France, pour sympathiser entre des frères maliens et surtout se voir physiquement et faire connaissance entre deux maliens forumistes de Kidal Infos, mon séjour en France étant l’occasion de faire des salamalecs entre « diasporiens » en France et résidents au Mali en voyages, l’occasion faisant le larron, comme on dit .

    Si je dis, d’entrée de jeu, que Moustapha Ould Dahi, le « Parisien » depuis 1997, est « resté droit dans ses sandales de son « bled natal Tarkint » du Tilemsi de Gao » (Nord-Mali) en 2019, ce que, comme il le dit si bien, je le cite : « La pièce de théâtre de la « Révolution de l’Azawad » est terminée pour cette saison laissant derrière elle une horde de mafia, de trafiquant de drogue, de trafiquant d’êtres humains, de braqueurs de coupeurs de route, etc., etc. et chaque « corps de métier » trouve son compte et applique son agenda avec l’aide et la bénédiction des « Révolutionnaires de l’Azawad », des « barrons de la drogue », des « Moudjahidines », de « l’armée malienne et ses milices ».

    Et, j’ajoute « avec le gite et le couvert » assuré, ad vitam aeternam, par IBK, élu au 2ième mandat grâce aux bourrages des urnes des azwadiens (couvrant les 2/3 du territoire national malien) qui ont voté pour lui, avec les dix doigts et les 10 orteils pour lui, par le truchement des Chefs autoproclamés des Ichoumars-mercenaires battus et débandés de la Libye, ceux-là mêmes qui furent, au prime abord, des Lévriers pisteurs de Serval de Hollande agissant pour perpétrer le testament de Sarkozy ‘la France soutient les Hommes Bleus du Sahara », son prédécesseur guerrier gaulois assassin de Kadhafi, des enturbannés sahariens apparatchiks et nomenklaturas pantouflant aujourd’ui dans les Palaces de Bamako qui avaient amené la Catastrophe/Almaçibat au peuple touareg et arabe du Nord-Mali qui ne les avait mandaté pour ce faire.

    Chef ami Moustapha Dahi, je te dévoile, si tu ne le sais pas déjà, que sur les 4 débatteurs de Kidal infos de 2006-2013 « pro-Azawad » sur Kidal Infos fermé en fin 2013, il y a 3 qui ont renié leur serment « révolutionnaire azawad rêve et cauchemardesque », comme tu le dis si bien, je te cite : « N’est-ce pas les « révolutionnaires » d’hier qui nous ont mené dans ce désastre se précipitent aujourd’hui à Bamako pour littéralement « manger dans la main du Mali », pays qu’ils combattaient en accusant de colonisateur ? » ; il s’agit de 3 « Moussa » plus 1 « A »:
    1) Mossa ag-Chaghatouman, alias « Askare malane », qui a fondé, depuis 2016, le MSA des Daouçahak de l’Azawagh/Ménaka qui a entraîné la spirale de violence entre peulhs et touareg dans cette région ;
    2) Moussamoussa, alias Ali Sonatam, qui se la coule douce au Mnla des Grands Hôtel de Bamako, sous couvert son bof Almou, premier porte-parole de la CMA ;
    3) Moussa ag-Attaher, le Marocain-belge », de retour au Mali, qui est cité, ces derniers temps , dans la presse malienne en ligne, comme étant un « expert-consultant » pour les questions de Paix et de Réconciliation Inter communautaire ;
    4) Ahar, un Ifoghas bon teint, qui est « blanchi », sous son vrai nom, énième porte-parole de la CMA en 2018.

    Sincèrement

  • Ansari Habaye

    Bonne année a toutes et tous

    Je relève encore une fois la perspicacité des constats de Mr Dahi.
    Juste pour faire remarquer combien ces constats confirment que le pragmatisme ne sied pas à la ligne conduite de la lutte de libération… Ces jeunes et moins jeunes « autoproclamés » révolutionnaires ont fait le choix, bien personnel, du pragmatisme et ont fatalement dévié du fil de la lutte de libération

    Ansari habaye

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