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TERRITOIRES ET ACTIONS

Pratiques pour une guerre sans fin au Sahel

Le blog de Mauro Niger-16 mars 2019

A chacun sa partition. Vous y mettez les armes, les ‘Mirages’, les drones et les entreprises se sécurité des régimes et nous y mettons les guerres. C’est ainsi que le Sahel joue un rôle non négligeable dans l’économie-monde que tout mesure en PIB, Produit Intérieur Brut.

 

Les groupes armés qui continuent de prospérer, faire et défaire alliances, occuper des territoires et ensuite disparaître dans la nature, ont déjà   atteint et peut être dépassé ce qu’on attendait d’eux. Famines, déplacement de population, nouvelles armées pour contraire des attaques chaque fois plus impitoyables et surtout l’argent, beaucoup d’argent. De ce dernier les fabricants d’armes et les grands chefs militaires sont les principaux bénéficiaires. En même temps les zones déclarées en état d’urgence augmentent: cela inclue le couvre-feu, l’interdiction de l’usage des motos pour certains déplacements et le contrôle sur les activités économiques des paysans. Des milices de défense traditionnelle on passe aux groupes paramilitaires ‘communautaires’ pour enfin terminer avec les opérations de ratissage de la part des forces armées gouvernementales. A ces dernières il faut ajouter les corps d’élite, la constitution des nouvelles armées conjointes entre Etats et de l’incontournable présence des casques bleus des Nations Unies. On estime que l’Afrique soit le continent dans lequel transitent la plus part des armes dans le monde. Ce type de mobilité semble être encouragé : armes et marchandises peuvent circuler mais les personnes qui bougent sont détenues !

Le trafic d’armes, selon le rapport de Small Arms Survey, tue en Afrique 45 mil personnes par an et, toujours selon ce rapport, au sud du Sahara il y aurait quelque 30 millions d’armes légères. Personne ne pourra nier que notre continent assume avec un remarquable sens de responsabilité le rôle qui lui a été assigné par les Empires qui, depuis toujours prospèrent grâce à la vente des armes. Récemment à Abidjan, la capitale économique de la Cote d’Ivoire, une foire sur la sécurité a statué que l’Afrique aussi a le droit à sa part de butin dans ce juteux négoce. L’Afrique aussi est ‘en marche’ et, grâce aux conflits armés, elle pourra à son tour s’enrichir. En effet rien que l’année passée au Niger selon OCHA, l’agence onusienne pour la coordination de l’action humanitaire, on a tué 107 personnes et blessées 97 en 184 attaques menés par des groupes armés. A cela il faut ajouter 22 conflits inter communautaires et la ‘disparition’ de 131 personnes. Selon l’Agence environ 2,3 millions de personnes se trouvent en besoin d’assistance, en particulier alimentaire, engendrée par le déplacement des populations.

Les présidents et les hautes autorités sont bien sûr bien protégés par les contingents étranges sur place, véritables états dans les états, qui donnent suffisantes garanties de continuité à des régimes souvent impopulaires. Les pauvres, par contre, pour se sauver doivent fuir ailleurs par milliers. Au moins 300 mil déplacés et réfugiés autour de Diffa, selon OCHA, plus 52 mil déplacés au nord et à l’est du pays. A cela il faut ajouter les 60 mil réfugiés du Mali voisin en proie à des turbulences sans fin malgré ou grâce aux interventions militaires. Dans ces zones les souffrances des gens sont innombrables et on ne trouve personne qui ose en écouter l’assourdissant silence. On brûle des écoles, on impose l’arabe comme langue locale et on pille les maisons et l’histoire de conflictuelle convivialité des populations locales, depuis longtemps otage des groupes armés de toute sorte. Dieu lui- même, ou mieux, sa caricature, est pris en otage de la part d’une violence qui n’a, près de Lui, ni patrie ni futur. Il fait ce qu’il peut tout en se demandant comment on put en arriver là dans son Sahel. Il n’y a aucune valable raison pour que les guerres devraient bientôt s’arrêter, vu la convergence d’intérêts de ceux qui comptent sur le champ de bataille. Sans aucun doute le Sahel est un laboratoire intéressant depuis plusieurs points de vue et qui aurait des doutes à l’égard n’a que se promener dans la ville de Niamey, qui s’industrie à faire proliférer des routes d’excellence et des nouveaux hôtels pour les prochains visiteurs de marque.

Et pourtant couper cette spirale armée ne serait nullement compliqué. Il suffirait de demander au sable comment se font les révolutions.

https://blogs.mediapart.fr/mauro-niger/blog/160319/pratiques-pour-une-guerre-sans-fin-au-sahel

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