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TERRITOIRES ET ACTIONS

Que vaut encore l’Accord d’Alger, quatre ans après ?

Mamadou Lamine SIBY, analyste et homme politique,29-08-2019

Au lendemain de l’investiture du candidat IBK en tant que Président de la République, à l’idée d’un dialogue avec les groupes armés, sa réponse était on ne peut plus claire : «Je ne négocierais jamais avec des hommes en armes». Mais ça, c’était sans compter la détermination des désormais tuteurs du pays. Quelques temps après, toujours sur la possibilité de dialoguer avec les groupes armés, la réponse était cette fois plus nuancée : «Négociations ? Oui, mais sous auspices maliennes».
En 2015, un accord de paix était signé à Alger entre les autorités maliennes et les mouvements rebelles, fêté à Bamako le 15 mai 2015. HABIBOU KOUYATE / AFP En 2015, un accord de paix était signé à Alger entre les autorités maliennes et les mouvements rebelles, fêté à Bamako le 15 mai 2015. HABIBOU KOUYATE / AFP

Par la suite, le Président n’ayant pu tenir sur ses positions, les négociations ont donc eu lieu avec des hommes en armes et en dehors du pays (en Algérie) d’où est finalement sorti ce que l’on appelle : Accord pour la Paix au Mali issu du processus d’Alger. Le vin était tiré, il fallait donc le consommer.

Ainsi, le Président de la République lui-même, le Premier ministre et l’ensemble de son Gouvernement se sont lancés dans une vaste et coûteuse campagne de communication autour du document, l’Accord a été chanté sur tous les toits, défendu mordicus. Ils l’ont si bien présenté que beaucoup en voyait déjà la panacée.

Le document devenait aussitôt la feuille de route du Gouvernement malien et mieux, il s’était trouvé une place dans l’ordonnancement politico-juridique du pays qui le mettait au-dessus de notre constitution (quasiment toutes les réformes, tous les programmes de développement, toutes les politiques, tous les textes du pays faisaient référence à l’Accord d’Alger).

Mais quatre ans après, où en sommes-nous ?

Dire en ces jours que l’Accord pour la Paix au Mali issu du processus d’Alger, communément appelé Accord d’Alger, EST MORT, peut paraître politiquement incorrect mais objectivement soutenable.

En évaluant le processus quatre années après le début, nous nous rendons compte qu’aucune des questions de fond n’a été définitivement traitée, elles sont pourtant les plus sensibles.

Le respect de l’Intégrité territoriale

C’est le premier principe cardinal posé par le Gouvernement du Mali et dont la reconnaissance fut d’ailleurs un préalable aux négociations. Ce principe implique le renoncement à toute velléité sécessionniste, la reconnaissance du pays dans ses frontières internationalement reconnues. Aujourd’hui, force est de constater que nous sommes encore très loin de l’effectivité de ce principe, des pans entiers du territoire national échappent toujours à l’exercice de l’autorité de l’Etat central. L’érection de la région de Kidal en grand symbole de la défiance de l’Etat et sa sanctuarisation qui continue, sont assez illustratives.

Le Désarmement, la Démobilisation et la Réinsertion (DDR)

Le DDR reste un volet extrêmement important du processus, il permet de réattribuer à l’Etat le monopole de la violence. Il permet également la concrétisation de la promesse d’une armée républicaine reconstituée. À ce jour, bien qu’ayant connu un début, le DDR peine toujours à être effectif. Pourtant, ce ne sont ni les moyens, ni l’opportunité qui manquent mais peut-être un problème de sincérité des acteurs.

Les réformes institutionnelles

Elles préconisent le renforcement significatif des pouvoirs des collectivités territoriales, la gestion très décentralisée des affaires locales par les collectivités jusqu’au point de leur conférer certains attributs de souveraineté tel que lever des impôts (à travers une fiscalité différente de celle nationale), assurer des fonctions de défense et de sécurité (à travers des polices de proximité). C’est le point qui semble le plus intéressé certains groupes armés mais également certains partenaires, comme en témoignent les incessantes pressions exercées de part et d’autre sur le Gouvernement afin d’y procéder très rapidement et tout simplement.

Malgré ces énormes pressions, le Gouvernement peine à les engager face au refus d’une importante frange des groupes politico-associatifs. Il faut donc dire que la seule chose qui semble fonctionner dans cet accord reste la tenue des sessions du Comité de suivi (CSA), mais pour quel résultat ? Les sessions se suivent et se ressemblent (des condamnations occasionnelles, des résolutions sans effets etc.).

Au-delà de ces problèmes d’application, n’est-il pas d’autres constats qui corroborent l’idée d’une mort du document ? En effet, en observant l’évolution des évènements, nous comprenons qu’une véritable crise de confiance s’est réinstallée entre les acteurs. Certains mouvements ne veulent pas du désarmement avant les réformes institutionnelles qui doivent leur offrir la légitimité qui leur a toujours manquée. De même, le Gouvernement ne semble pas prêt à prendre les réformes sans obtenir le désarmement total de tous les groupes armés.

Aussi, autres comportements qui ne semblent pas attirer les attentions, doivent pourtant interpeller. De la signature de l’Accord en 2015 à nos jours, les groupes armés n’ont jamais laissé entrevoir un quelconque signe exprimant leur désir du vivre ensemble. Il n’y a jamais eu d’aveu sur les massacres d’Aguel hoc, jamais de pardon demandé aux citoyens durement touchés par ce conflit armé. La région de Mopti a été mise en ébullition et jamais de message de condamnation ou de compassion. Avec un peu de courage et d’honnêteté intellectuelle, nous reconnaîtrons que les groupes sécessionnistes n’ont aucune envie de nourrir le sentiment d’appartenance à la nation malienne. Ils l’ont également montré à travers la froideur exprimée face au récent accord politique de gouvernance.

Quant au Gouvernement, ses récentes orientations (la création de cadres et d’organes tous azimuts pour la résolution de la crise) semblent, de facto, présager une sortie de l’Accord. Aussi, la création continue d’unités dans les forces armées et de sécurité sans que cela ne soit dans le cadre de l’armée républicaine reconstituée, peut également s’expliquer par ce manque de confiance dans l’avenir de l’Accord d’Alger.

Tout compte fait, il existe deux façons de voir le verre : à moitié vide ou à moitié plein. Mais, attention, il y a bien un temps pour attendre.

Mamadou Lamine SIBY-Analyste et homme politique, http://malijet.com/actualite-politique-au-mali/flash-info/232239-que-vaut-encore-l%E2%80%99accord-d%E2%80%99alger%2C-quatre-ans-apr%C3%A8s.html

1 commentaire pour Que vaut encore l’Accord d’Alger, quatre ans après ?

  • Il faut le "re) dire!

    Contribution : « L’Azachose », c’est l’overdose offerte aux nouveaux amis du Nord désertique, juste le temps qu’ils comprennent que c’est une drogue » par Mohamed DIOMANDE ;L’Indépendant du 04/06/2015.

    http://ma.l.i-w.e.b.org/crise-malienne/contribution-lazachose-cest-loverdose-offerte-aux-nouveaux-amis-du-nord-desertique-juste-le-temps-quils-comprennent-que-cest-une-drogue

    En 2012, la conquête de la partie nord du territoire malien, allant jusqu’aux deux tiers du territoire national, est lancée au nom de la rébellion récidiviste touarègue à travers le MNLA. Plusieurs, acteurs Intervenant dans cette offensive restaient tapis à l’ombre d’un mouvement qui se dit laïc, revendiquant la réparation d’injustices dont les touarègues seraient l’objet au Mali, des oubliés du développement dans ce pays sahélien dont la richesse du sol soulève des convoitises à nulles autres pareilles.
    Cette conquête sera d’autant plus facile que la détermination des combattants était grande face à une armée régulière déclarée en son temps comme sans leadership, désorganisée, sans motivation, sous équipée et mal entretenue.
    Comme dans les films de brigandage de même objet, tout s’était bien passé pour les acteurs jusqu’au moment du partage du gâteau de la conquête. En effet, les amis d’hier se sont mis à prouver leur différence et cette fois-ci à visages découverts et à coups de Kalatch. C’est là que le peuple malien se réveille surpris d’avoir été envahi par des hordes de bandits venus de partout et dont certains nous sont connus, voire familiers et d’autres se comptant même parmi nos meilleurs amis et d’autres enfin au contraire venant de loin. En plus de la diversité des acteurs on en apprend sur leurs motivations. Le MNLA apparaît comme le plus sérieux d’entre eux, d’abord pour avoir été mis en avant à travers sa radio de communication mondiale, ensuite pour avoir été chercher des appuis avec le diable à l’étranger pour venir satisfaire ses desseins inavouables compte parmi les nôtres et se réclame défenseur des intérêts des touarègues. Selon le MNLA, ces touarègues apparaissent ignorés dans le développement du pays, maltraités, exclus et marginalisés A leur nom, il réclamerait l’indépendance sur une vaste étendue territoriale représentant plus de deux tiers du Mali actuel afin d’assurer le confort d’un groupe nomade au sein d’une population dont il ne présentera guère plus de 5 dans un pays désormais nommé
    AZACHOSE, car n’oubliez jamais, tous les touarègues ne sont pas MNLA et que MLNA dans sa conquête ne rejettera pas quelqu’un parce qu’il n’est pas touarègue. Vous comprenez le caractère raciste voire esclavagiste de la pensée des auteurs d’un tel montage quand on sait que ces auteurs sont habitués à vivre sans travailler et à vivre de brigandage. C’est d’ailleurs pourquoi, pour institutionnaliser ce parasitisme dangereux, le MNLA a pensé, avec l’appui de ses complices, pouvoir se créer un pays de serviteurs qui lui seront dévoués taillables et corvéables à volonté et qui seraient composés de toutes ces populations laborieuses peules, songhois, dogons, bambara, arabes et touarègues réfractaires à cette vision diabolique, etc., vivant tellement en harmonie de par leur histoire commune que personne ne songerait aujourd’hui à distinguer parmi eux les bons ou les mauvais. Malheureusement pour MNLA et heureusement pour le Mali un et pluriel, les dirigeants du MNLA raciste ont calculé sans compter avec la détermination de la majorité des 95 de cette population de son Azachose imaginaire, à faire échec à un projet aussi machiavélique que démentiel car habitués à l’expression libre de leur liberté individuelle et collective.
    En effet, une telle pensée de MNLA est à l’opposé de tout ce qui a servi à bâtir le Mali, aussi bien dans le passé lointain que récemment dans le Mali de Modibo KEITA, suivi en cela de celui de Moussa Traoré, de ATT ou de AOK, quel que soit tout le mal qu’un malien peut entretenir vis-à-vis de chacun de ces responsables nationaux.
    Oui, une dynamique permanente dans chacune des politiques de développement suivies au Mali est celle de l’égalité de tous les maliens, la négation de toute discrimination en cohérence avec notre devise: Un Peuple Un But Une Foi III Le rêve de MNLA ne pouvait pas être que bref et quoi de plus normal que la réaction la plus’ appropriée, la plus noble et la plus digne lui ait été administrée par les dignes fils du nord de même pays, le Mali, se réveillant en apprenant qu’ils se trouvent désormais dans un pays d’AZACHOSE imaginaire alors qu’ils n’ont jamais quitté, dans leur conscience, leur cher Mali qui ne les avait pas non plus abandonnés. En moins de deux ans, dans son Azachose à lui, juste le temps que la brindille se fonde dans l’intestin qu’il maintenait debout, le MNLA bat régulièrement en retraite. Il a fini par s’effondrer sur lui-même tout comme un mauvais puits pour ne plus être visible quelque part dans son Azachose qu’à travers des scoops médiatiques. Le mensonge ne peut chasser pour longtemps la vérité. C’est ainsi que MNLA a donc dit « au revoir Kidal », « au revoir Ménaka », « au revoir Azachose », « adieu chère Amie pour m’avoir encore une fois trompée même si toi-même tu ne t’en sortiras pas non plus indemne … ».
    Cependant, où partir se demande MNLA? Chemin faisant, MNLA se rappelle et se dit en fin de compte: « cette fin, les anciens me l’avaient pourtant prédit … mais je ne les avais pas cru ».
    Cherchant à comprendre il se dit: « Azachose, c’est l’overdose qui est offerte aux nouveaux amis, juste le temps qu’ils comprennent, que c’est une drogue ». Tirant sa leçon, MNLA donne conseille: « Faisons donc attention pour ne plus avoir de prochaine fois. Par conséquent, après avoir paraphé, il faut signer tout de suite l’Accord de Paix et de Réconciliation ! ».
    Cependant, une question lui taraude l’esprit: «Va-t-on réellement nous pardonner nos excès?» Une lueur lui traverse l’esprit et il se dit: « de toute notre expérience de pérégrination, pendant tout le temps et dans les pays et en toute objectivité, cette fois-ci et croyez-moi, il nous est apparu que le Mali est le meilleur pays du Monde ». D’ailleurs, poursuit-il : «même mon ami me l’avait dit aussi; il l’avait même dit à la télévision devant témoin. Je ne suis certainement pas seul à l’avoir certainement entendu. Qui d’autre peut encore témoigner? En tout cas, je suis le premier à le témoigner ici. Comme j’y crois, alors je vous demande de me croire et de me pardonner». De toute façon, demande-t-il : « Ne dit-on pas chez nous que lorsque l’enfant devient un vaurien, il n’appartient plus qu’à sa famille?» Alors où voulez-vous que j’aille? Même de là où j’irai on me dira: « voici un malien », puisque dans la réalité, il n’existe pas d’Azachosien.
    Que Dieu veille sur notre cher Mali qui ne veut du mal à personne et qui ne cherche qu’à vivre en paix, accueillant à bras ouverts tous ceux qui veulent y vivre.

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