booklet 8 pages

QUI SOMMES-NOUS ?


Association TAMOUDRE,“Touareg, vie et survie”.
Informations, réflexions et actions ciblées autour du DÉVELOPPEMENT et des problèmes de GÉOSTRATÉGIE, [...]

Lire la suite

TERRITOIRES ET ACTIONS

Campagne musclée pour élection refusée

Mustapha Hammouche / 25-11-2019 / Liberté dz (Contrechamp)

Une semaine de campagne est passée. Elle nous en a appris plus sur le niveau d’opposition populaire à l’opération électorale en cours que sur les programmes des candidats, réduits à slalomer entre les manifestations de leur rejet pour rejoindre des salles de meeting où les attendent des auditoires généralement clairsemés.

Même dans leur quête poussive, ils n’en démordent pas ; ils sont dans la conviction traditionnelle que c’est plutôt l’autorité que la démocratie qui fait les présidents. Engagés dans un dialogue de sourds avec un peuple très largement opposé au scénario dont ils occupent un second rôle, ils sont à la peine, guettant leurs chances plutôt du côté du système que de celui des électeurs. Leur prouesse consistera à remplir, avec le concours d’un dispositif médiatique discipliné, la formalité jusqu’au bout.

En parallèle, la répression policière et judiciaire du mouvement du refus tourne à plein régime, si l’on peut dire. Arrestations, présentations, auditions, condamnations et, parfois, libérations…rythment le déroulement de la drôle de campagne dans un crescendo emballé.

Après les porteurs de l’emblème amazigh, les activistes associatifs et les militants sur réseaux sociaux, c’est donc au tour des citoyens sortis protester contre l’organisation de l’élection présidentielle de se faire régulièrement arrêter. La cacophonie de verdicts disparates d’un tribunal à l’autre illustre le caractère inconsidéré de cette démarche répressive.
Les prétextes juridiques pour punir une opinion politique ne sont pas toujours aisés à trouver et il semble que certains magistrats ne sont pas toujours disposés à faire cet effort.

Loin de dissuader les Algériens attachés à la voie de rupture avec le système de continuer à exprimer leur revendication, l’obstination répressive leur donne un motif supplémentaire de protestation. Le sort des manifestants et activistes emprisonnés, au lieu de décourager le mouvement, suscite un regain de mobilisation. Les tribunaux, depuis un certain temps déjà, ainsi que les prisons, maintenant, constituent des nouveaux lieux de rassemblements protestataires. De fait, l’incarcération de compagnons de manifestation et de lutte ne peut qu’affermir la résolution de ceux restés sur le terrain. Et elle ne peut que renforcer leur méfiance quant aux aptitudes démocratiques du régime.

De ce point de vue, le raidissement du pouvoir, résolu et pressé de passer l’étape électorale de sa feuille de route, a eu un effet amplifiant sur la contestation.
Même s’il coûte une privation de liberté injustifiée pour de nombreux innocents et une souffrance pour leurs proches, la gestion musclée des manifestations citoyennes prend des allures de “répression féconde”.

Si la répression a un effet positif sur le mouvement de contestation, le pouvoir semble se laisser aller à une dangereuse escalade punitive. Étrange campagne pour une élection prétendument de rupture donnant plus de place à la répression qu’au débat !

Envoyer un commentaire