Pourquoi avez-vous décidé de cesser de défendre la communauté peule ?

J’ai décidé cela après avoir analysé la situation de la communauté peule, à Bamako et sur le terrain. J’arrête le combat parce que les Peuls ne sont pas solidaires. À Bamako, ils ne mènent que des luttes politiques, qui sont des luttes de revenus, pas pour un revenu général, mais pour un revenu individuel ou de groupe. Ils sont très mal organisés, ils n’ont pas pu faire sortir la communauté de la crise. Tous les responsables de ces associations peules sont tous divisés. Nous n’arrivons plus à nous comprendre autour d’un même objectif. Je ne serai pas un pion du virus qui frappe ma communauté. J’ai voulu contribuer à la cause des Peuls et non créer le désordre. Mais je continuerai, en tant qu’observateur, à soutenir la cause peule à 100 %.

Comment vos hommes ont-ils réagi à votre décision ?

Vous savez, sur le terrain, beaucoup de Peuls sont engagés pour mener une lutte qui est le djihad.  Moi, je suis dans ma région et j’applique ma religion, mais je ne suis pas prêt à me convertir ou à convertir les miens à intégrer les rangs des moudjahidines. Les Peuls qui ont embrassé cette cause refusent qu’il y ait une autre force peule sur le terrain, une force qui ne soit pas djihadiste. Je ne souhaite pas combattre ces gens et mes moyens ne me permettent pas de les combattre. Après de longues concertations avec nos différents bureaux politiques, mes hommes ont convenu que mon idée était la meilleure, car nous ne sommes pas actuellement en position de combattre les djihadistes. Je sais que beaucoup de Peuls ne vont pas me comprendre, mais le temps seul me jugera.

Que va devenir votre mouvement, l’ANSIPRJ ?

L’ANSIPRJ, branche politique et combattante, va complètement intégrer le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et désormais en suivre les règlements et idéaux.

Pourquoi le MNLA ?

Je faisais partie du MNLA avant de fonder l’ANSIPRJ. Je crois en ce que le MNLA fait, j’ai confiance en Bilal Ag Acherif. Je n’ai jamais démissionné du MNLA. Il n’y a jamais eu une rupture de contact entre nous. J’ai été démarché par plusieurs mouvements, comme le CPA, le HCUA, le MAA. Je ne veux pas faire partie d’un groupe qui lève son arme pour l’injustice ou l’amalgame. Je crois donc qu’il est mieux de revenir dans mon mouvement, le MNLA.

C’est une bonne opération pour le MNLA, avec les listes de combattants à fournir en vue du DDR. Combien êtes-vous à le rejoindre ?

Effectivement, notre venue au MNLA va nous permettre d’intégrer et de respecter le processus de l’Accord d’Alger. Je n’ai pas le nombre exact de nos combattants qui vont rejoindre le MNLA, parce que chez nous c’est la majorité qui compte et que cette majorité a été d’accord pour rejoindre le mouvement.

Que pouvez-vous apporter au MNLA, alors que son aura est affaibli au sein de la CMA ?

Je vais désormais me battre pour l’Azawad et pour la communauté nomade, pour tout ce que Bilal Ag Achérif peut demander et qui est légitime. Pour moi, la CMA fait trop profil bas. Quand je vois ces multiples rencontres à Bamako, ces chefs rebelles qui sont trop intéressés par les perdiem alors que des communautés leur on fait confiance pour les mettre à leur tête, cela me déçoit beaucoup. Je ne comprends pas tous ces chefs rebelles qui siègent à Bamako. Je suis Peul, mais aussi Tamasheq. Je veux mener ces combats au côté de mes frères nomades, car la lutte continue.http://www.journaldumali.com/2017/10/05/oumar-aldjana-lansiprj-va-completement-integrer-mnla/