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TERRITOIRES ET ACTIONS

Profanation des symboles de l’Etat malien

Pousdem PICKOU-Le Pays BFaso-18 juillet 2019

Le 17 juillet, la célébrissime localité de Kidal, au Mali, a encore fait parler d’elle en défiant Bamako. En effet, en marge de la visite d’un groupe de parlementaires de l’Assemblée nationale dans cette ville, des activistes se sont livrés à des actes de profanation des symboles de l’Etat malien. Ainsi, des drapeaux ont subi des autodafés ou encore été traînés dans la boue.

A cela, il faut ajouter que des slogans favorables à l’Azawad, du nom de cette République revendiquée initialement par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), ont été scandés au nez et à la barbe des « étrangers » venus de Bamako, c’est-à-dire les parlementaires de l’Assemblée nationale. Le gouvernement malien a vite réagi en condamnant vigoureusement des actes de profanation des symboles de la République. Le MNLA, qui s’est rendu maître absolu des lieux par la force des armes, a, lui aussi, embouché la même trompette. Mieux, il dit se désolidariser « sans ambages de tout acte contraire à ses engagements pris dans le cadre de l’Accord de paix d’Alger, y compris ceux liés aux symboles de l’Etat dans la ville de Kidal ».

Cet extrait du communiqué signé par son porte-parole, révèle une chose. En effet, pendant que Bamako préfère appeler le chat par son nom, en qualifiant les actes posés par les activistes de la société civile de Kidal, d’atteintes gravissimes à la République, les indépendantistes usent d’euphémismes du genre  « comportement inapproprié à l’égard du drapeau national ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que le vocabulaire employé par les maîtres absolus de Kidal, n’est pas anodin. Il peut être décrypté comme traduisant une attitude de complaisance, voire de complicité avec les auteurs de ces actes de vandalisme. Et quand les indépendantistes évoquent une « marche spontanée d’activistes de la société civile de Kidal », l’on peut avoir des raisons d’être dubitatif.

Kidal est à son énième acte de défiance vis-à-vis de Bamako

La première est que la visite des parlementaires de l’Assemblée nationale, qui a réveillé l’instinct indépendantiste des marcheurs, a été organisée de concert avec la CMA. Cette dernière avait donc les moyens d’éviter ce qu’elle qualifie de « comportement inapproprié». L’autre raison qui peut conduire à être dubitatif quant à la sincérité de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), est que la ville de Kidal est sous son emprise totale. Rien ne peut s’y passer sans son consentement. De ce point de vue, quand la CMA parle de « marche spontanée », l’on peut avoir envie de rire.

La vérité est que la CMA ne s’est jamais débarrassée de sa posture de mouvement indépendante. Mais comme elle ne peut plus l’afficher publiquement, accord de paix d’Alger oblige, elle fait porter cette revendication par d’autres structures. Et la meilleure manière de le faire sans courir le risque de se faire remonter les bretelles par la communauté internationale, est de passer par ce qu’elle appelle la société civile. Et l’on n’a pas besoin d’être versé dans l’art de décrypter les événements au second degré, pour savoir que derrière « les activistes de la société civile de Kidal » qui ont osé « déféquer dans le champ du chef » pour reprendre un proverbe africain, peut se cacher la CMA. Et l’autre nom de la CMA est le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad). En effet, ce dernier, principale composante de la CMA, n’a jamais fait mystère de sa volonté de soustraire le Nord-Mali de la République malienne pour en faire un Etat indépendant. Seulement, le contexte lui impose de mettre ce projet en berne. Mais par moments, comme ce fut le cas le 17 juillet dernier, elle procède par des piqûres de rappel via des organisations fantoches. Et c’est fort probable que Bamako soit consciente de cette supercherie de la CMA qui, comme la souris, mord et souffle à la fois. Mais que peut-elle faire ? Absolument rien. En tout cas, militairement, ce ne serait pas chose aisée. Politiquement, le gouvernement malien a tout fait pour que Kidal réintègre véritablement la République. Mais en vain. Toutes les fois, en effet, que le gouvernement malien y envoie une délégation, celle-ci fait l’objet d’humiliation voire de menaces de mort. Moussa Mara, Premier ministre d’alors, qui y a effectué une visite, sait de quoi l’on parle. De ce point de vue, ce qui vient de se passer à Kidal n’étonne personne. Cette ville, en effet, est à son énième acte de défiance vis-à-vis de Bamako. Encore Kidal ! Peut-on s’exclamer en guise d’exaspération. Tous les amis sincères du Mali, ainsi que tous ceux qui peuvent faire entendre raison à la lunatique CMA, doivent s’impliquer pour que Kidal cesse de narguer l’Etat malien, car la paix dans ce pays et la paix dans le Sahel africain, aujourd’hui à l’article de la mort, en dépendent.

Pousdem PICKOU

1 commentaire pour Profanation des symboles de l’Etat malien

  • Bahou-war-intemindou

    « Là où Tiéblé DRAME (Ministre des Affaires Etrangères du GRM) tacle la CMA, Moussa AG ATTAJHER, Porte-parole de la CMA contre-attaque ! » par Bahou-war-intemindou (« le mensonge éhonté ne finit pas », en Tamacheqh facile) !

    « Bahou-war-intemindou » charcute/dépèce l’article « La CMA et le respect du drapeau national » paru sur le site web bamada.net du 19/07/2019.

    Je rentre par la fenêtre gauche ouverte que, néanmoins, j’« effractionne » pour les besoins de la cause de dire ce qui est vrai, sous le paradigme « le mensonge est fini », de l’article « Extrait de l’interview de Moussa Ag ATTAHER » paru dans Info-Matin du vendredi 19 juin 2019.

    Je vais devoir usurper la place de (bon) porte-parole de la CMA à la place de Moussa AG ATTAHER (spécialiste de la litote/fuite en arrière azawadienne) pour donner le change à Tiéblé Dramé que je juge ici dans son bon droit, pour avoir été le premier malien du GRM qui, sous la transition de 2013, avait négocié l’Accord de Ouaga qui, bien qu’un « bon met appétissant, fut trituré, mâché et vomis par les maliens, comme un tord-boyaux », suite son accommodation à la sauce « médiation algérienne et internationale », en 2014-2015.
    Je vais faire suivre, en gras, en italique et en rouge, mes sentiments aux contre-vérités de Moussa AG ATTAHER, le Porte-Parole de la CMA.

    Début de l’article de presse : « Nous, en tant que CMA, nous sommes entièrement ouverts à être interpellés sur toutes les questions qui concernent la mise en œuvre des dispositions de l’Accord, en ce qui concerne les différents engagements que nous avons pris. » ; selon moi, « le mensonge éhonté ne finit pas »; la vérité vraie, non voilée, aurait pu être dite, comme il suit : «Nous, en tant que CMA, seigneurs « corsaires » de la guerre sahariens, ayant conquis, de mains de guerriers, la ville de Kidal, en 2014, après avoir été chassés de Gao (la capitale de l’Azawad) en Juillet 2012, par le MUJAO et sauvés par le Beau Blaise de Ouaga sous recommandations de tonton Hollande, nous sommes réfractaires aux interpellations du GRM et de la Médiation internationale, sur toutes les questions qui concernent la mise en œuvre des dispositions de l’Accord pour la signature duquel on nous avait tordu les mains pour le parapher, avec réticence, en Juin 2015 ; en ce qui concerne les différents engagements que nous avions pris, ce n’était que du vent du harmattan saharien azawadien pour endormir IBK sous les somnifères de Hollande et de Macron qui, Présidents Français, assurent la continuité régalienne et néo-coloniale de Sarko, leur prédécesseur, qui nous avait promis nôtre AZAWAD, point, barre ! »

    Moussa AG ATTAHER poursuit : « Mais, ce que nous pouvons dire au niveau de la CMA, c’est que nous appelons le ministre des Affaires étrangères, son excellence, Monsieur Tiébilé DRAME, à dépassionner le débat. Il faut qu’il dépassionne le débat. Il a pris le train en marche dans ce cadre-là, et il doit aller dans le même sens que ces prédécesseurs, notamment, son excellence, le ministre BOUARE, qui a usé de tous ses efforts pour créer les mesures de confiance qui nous permettent aujourd’hui de travailler ensemble et qui permettent même au ministre BOUARE de parler au nom de toutes les parties maliennes (Gouvernement, CMA, Plateforme). C’est ça que nous souhaitons que l’ensemble des acteurs comprenne. ». Là, « le mensonge éhonté ne finit pas » dirait, puisque je n’ai pas donné ma langue au chat/fennec azawadien : « … ce que nous pouvons dire au niveau de la CMA, c’est que nous appelons le ministre des Affaires étrangères, son excellence, Monsieur Tiébilé DRAME, à « mettre de l’eau dans son dolo » en se référant à son patron IBK qui n’ose pas nous indexer parce qu’il a peur de nous. Il faut que le « petit Monsieur » (dixit IBK) ne donne plus de la voix. Bien que Tiéblé fut sur le dossier depuis 2013, il a pris le mauvais train (en retard de 6 ans), difficilement remis en marche, au lieu du chameau que les azawadiens connaissent bien, dans ce cadre-là, ce Niorois, « batteur de Tam-tam » pour le Mollah Chérif Bouyé de Nioro, doit aller dans le même sens que ces prédécesseurs, notamment, Son Excellence, le ministre BOUARE, qui a usé de tous ses talents diplomatiques pour créer les mesures de confiance dont les CMA veulent bien magré qu’elles déplaisent aux maliens ; des mesures qui auraient permis, aujourd’hui de travailler ensemble, ce que la CMA ne veut pas, et qui auraient permis même au ministre BOUARE de parler, faussement, au nom de toutes les parties maliennes (Gouvernement, CMA, Plateforme). C’est cette « tromperie sur la marchandise » que la CMA souhaite que l’ensemble des acteurs comprenne, à commencer par ce Tiéblé (« Homme blanc », en bambara) du Kaarta/Nioro du Sahel dont Kel Adagh/Azawad ne veulent pas, comme le Khaya Magan Cissé du Royaume du Wagadou, du 13ième, dont nous les Braves Hommes Bleus, créationnistes du concept AZAWAD, nous ne voulons pas comme référence d’une réalité mémorielle, historique et géographique.

    Pour ce qui qui reste de l’interview, « Bahou-war-itemindou/le mensonge ne finit pas » laisse Moussa AG ATTAHER s’enfermer dans sa bulle azawadienne, étant entendu que ses dires ne sont que de la catharsis pour des Ichoumar qui se rappellent bien que ce furent bien eux qui avaient entrainé la Catastrophe/Almaçibat au peule touareg au nom duquel ils avaient dit avoir pris les armes pour les libérer de l’emprisonnement du Mali …

    Alors, la parole revient à Moussa AG ATTAHER, pour terminer, en toute quiétude, son baratin : « Nous remarquons que le ministre des Affaires étrangères, depuis son arrivée, c’est focalisé essentiellement sur un point ; celui du drapeau national, de l’hymne national alors que nous pensons que nous avons dépassé, il y a très longtemps, ces points-là. À partir du moment où nous avons signé dans l’Accord que nous reconnaissons l’intégrité territoriale du pays, le caractère laïque de l’État, le plein exercice de la souveraineté de l’État sur tout le territoire ; la question est réglée.
    À quoi ça sert de la soulever dans les réunions ? Il s’agit maintenant de mettre en exécution l’ensemble des engagements, y compris ceux relatifs aux symboles de l’État, à travers une exécution réelle de l’Accord. Ma réponse dans la salle a été celle-là, c’est qu’aujourd’hui, ce sujet nous ramène en arrière. On l’a dépassé. On vend le drapeau sur l’ensemble du territoire, créons les conditions pour que le drapeau soit préservé.
    Le drapeau est le principal symbole du pays, on ne peut pas le mettre n’importe où tant que les conditions de sa sécurisation par des forces défenses et de sécurités, issues de l’armée nationale reconstituée ne sont pas réunies. Tu ne vas pas planter un drapeau à Taoudénit au milieu de nulle part pour que les ânes le fassent tomber et après, tu vas dire que le drapeau du Mali a été floué au sol. Donc, arrêtons de passionner le débat, dépassionnons le débat et allons vers l’application réelle de l’Accord ; et vers des engagements fermes des uns et des autres »

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