booklet 8 pages

QUI SOMMES-NOUS ?


Association TAMOUDRE,“Touareg, vie et survie”.
Informations, réflexions et actions ciblées autour du DÉVELOPPEMENT et des problèmes de GÉOSTRATÉGIE, [...]

Lire la suite

TERRITOIRES ET ACTIONS

A la Une : les suites de la rébellion dans le Nord-Mali

Avec toujours beaucoup de difficultés à savoir ce qui se passe vraiment dans cette immense région difficile d’accès. Pas de journalistes sur place, pas d’envoyés spéciaux, quasiment pas de sources indépendantes. Il n’y a que les communiqués de l’armée malienne et des combattants touaregs du MNLA. Chacun, bien sûr, revendiquant l’avantage sur l’autre… Ce qui est sûr, c’est que la rébellion touareg a attaqué sur plusieurs fronts : après la ville de Ménaka avant-hier matin, elle a revendiqué une offensive sur Tessalit et Aguelhok. A Bamako, sombre constat pour Le Républicain : « le message du MNLA est clair : en attaquant dans un si bref intervalle de temps plusieurs symboles de l’Etat malien, il lance sa stratégie de libération de ce qu’il appelle le territoire de l’Azawad. Le MNLA a osé attaquer. C’est cela qui est important, relève Le Républicain, et c’est bien plus important que la guerre des communiqués à laquelle nous assistons présentement entre un Etat qui ne réalise pas d’exploit en reprenant ou en gardant le dessus et une rébellion qui n’aura laissé au dialogue aucune chance et qui ne pourrait susciter le capital de compassion et de solidarité dont a bénéficié la rébellion de 1990 qui avait très vite renoncé à la revendication indépendantiste. »

 

Pas de légitimité ?

 

Le Prétoire, autre quotidien malien, hausse le ton : « Ménaka a été érigée en région administrative, conformément aux revendications de certains de ses ressortissants, afin de renforcer le processus de décentralisation aboutissant à une autogestion, une auto-administration, un auto-développement. Les insurgés n’ont donc aucune raison valablement partagée par toutes les populations de réclamer une sécession et l’indépendance d’un pseudo Azawad, s’insurge le quotidien malien. D’autant plus que la très grande majorité des populations, constituées essentiellement de noirs sédentaires, ne reconnait pas cette appellation, ne veut pas d’un exemple à la Sud Soudan. » Et Le Prétoire d’encourager l’armée nationale : « les forces armées et de sécurité ont les moyens humains, matériels et techniques, et toute l’aide extérieure nécessaire, pour venir à bout de n’importe quelle situation dans le nord, même si cette zone est devenu le sanctuaire des terroristes d’AQMI, des narcotrafiquants, des contrebandiers, des bandits armés et, maintenant, des rebelles. »

 

Pas le Sud-Soudan !

 

Dans la presse de la sous-région, les velléités sécessionnistes des touaregs ne rencontrent pas beaucoup de soutien… « Le MNLA serait bien inspiré d’abandonner ce combat d’arrière-garde, s’exclame Le Pays au Burkina, et de contribuer à la construction d’un Etat malien fort et profondément démocratique. En tout état de cause, sa présente entreprise est vouée à l’échec. Le Nord-Mali n’est pas le Sud-Soudan. Il est évident que les frontières héritées de la colonisation ne brillent pas par leur pertinence. Mais, il est inimaginable que les pays de la zone acceptent de céder des portions de leurs territoires respectifs pour la création d’un nouvel Etat au profit de ces rebelles. (…) Ceci dit, tempère Le Pays, il faut trouver dans l’urgence la réponse adéquate à la situation. L’Etat malien devra aider les populations à satisfaire, un tant soit peu, leurs besoins sociaux de base pour éviter que la misère ne les pousse dans les bras de ces marchands d’illusions, et faire preuve de fermeté envers les fauteurs de troubles. Quant aux Etats de la zone, ils doivent se donner la main pour plus d’efficacité dans le combat contre ces groupes extrémistes. » Des soucis pour ATT… De son côté, L’Observateur, toujours au Burkina, s’interroge « sur ce que sera cette résurgence du monstre du désert. Se révèlera-t-elle de la durée d’un feu de paille ou à l’inverse doit-on craindre que les rebelles aient planifié une action qu’ils s’apprêtent à mener sur le long terme ? Sans compter que si la fameuse Azawad, cette région que l’on tient pour le berceau des Touaregs, se situe en territoire malien, la communauté touarègue, elle, se retrouve dans la quasi-totalité des Etats voisins et frontaliers du Mali. Quelles répercussions doit-on attendre de cette diaspora touarègue dispersée dans la sous-région ? », s’interroge encore L’Observateur. En tout cas, « malheureux ATT décidément ! », s’exclame le quotidien burkinabé. « Il n’avait pas vraiment besoin de cette douche froide, au moment même où il s’apprête à aller planter ses choux ! Quant à celui qui aura l’heur de le remplacer au palais de Koulouba, il n’héritera pas d’une sinécure. » « Les autorités maliennes doivent revoir leur copie, affirme de son côté Liberté au Togo, surtout que le pays se trouve dans la fièvre d’une joute électorale importante en avril prochain, à savoir la présidentielle. Cette situation ne peut que constituer un véritable cauchemar pour ATT et son pouvoir et un véritable casse-tête. Le silence gardé toute la journée d’hier par les autorités malienne sur l’important combat que viennent de leur livrer les rebelles Touareg en dit long, estime Liberté, sur le saisissement qui a pu s’emparer du présent Toumani Touré et son équipe. »

 

Frédéric Couteau, RFI, 19 JANVIER 2012

Envoyer un commentaire