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TERRITOIRES ET ACTIONS

Affrontements dans le nord-Mali : Une recrudescence de la rébellion touarègue ?

Le Nord-Mali est à nouveau en ébullition. L’armée malienne y est aux prises avec un groupe armé de rebelles touaregs autour de la ville de Meneka. Le Mali qui se prépare à des élections serrées en juin prochain, fait face à cette insécurité persistante dans la partie nord du pays, où l’autorité de l’Etat est complètement bafouée. Cette fois-ci, c’est en tentant de sécuriser les alentours de Meneka que les rebelles ont décidé de contrer les forces de sécurité maliennes. L’enjeu reste le contrôle de la ville dont les communications ont été coupées par les rebelles qui, finalement, ont fui les bombardements aériens imposés par les hélicoptères de l’armée. Tout laisse croire que ce n’est qu’un répit.

Et les informations ne sont pas très rassurantes car des groupes armés, anciens combattants du régime défunt de Kadhafi, essaiment la zone et personne ne connaît jusque-là leurs vraies intentions. Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) dit compter sur un millier de combattants aguerris et disposant d’un arsenal prélevé sur celui du défunt guide libyen. On connaît désormais les accointances qui existent entre les rebelles touaregs et le groupe terroriste AQMI. Et cette jonction entre ces deux organisations rend la situation plus difficile et plus délicate.

Entre des Touaregs qui réclament une autonomie ou un Etat qui remettrait en cause l’unité nationale et un AQMI spécialisé dans le rapt de touristes étrangers, les Etats comme le Mali doivent choisir entre la peste et le choléra à défaut d’opter pour une solution radicale. Le Mali a déjà négocié et signé un accord de paix avec la rébellion touarègue en 2006. Mais de ce côté-là, les promesses n’ont pas toujours été tenues dans un camp comme dans l’autre et il faudra à nouveau retourner à la table de négociation. Le président ATT, lors de la chute du régime Kadhafi, a bien tenté de rallier ces anciens combattants à la cause républicaine en leur demandant de déposer les armes. Le succès de cette opération de charme n’a pas été total et il fallait s’attendre, tôt ou tard, à des incidents de ce genre.

La menace est plus grande depuis la fin de la guerre en Libye et l’armée malienne s’y est d’ailleurs préparée puisqu’elle a renforcé sa présence dans le Nord du pays. Une fois n’est pas coutume. L’armée malienne a pris les devants, elle qui nous avait habitués à des ripostes plus qu’à des actions commando, bien ciblées pour déstabiliser, voire désorganiser ces renards du désert qui ont transformé progressivement la bande Sahélo-saharienne en une zone de non-droit, depuis les années 90, où terroristes et trafiquants de drogue règnent en maîtres absolus. Si cette escalade venait à perdurer, et tout laisse croire qu’il n’en sera pas autrement, ce sera au détriment de la cause touarègue, confondue, à tort ou à raison, avec celle des terroristes de AQMI.

Les seigneurs du désert, ces « hommes au sang bleu », jadis en quête d’un espace vital à cheval sur cinq pays de la bande Sahélo-saharienne, seront alors réduits à de simples « terroristes » vivant du commerce des otages et de la drogue.

Abdoulaye TAO

L’Express du Faso,mercredi 18 janvier 2012

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