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TERRITOIRES ET ACTIONS

Ançar Eddine ne semble pas impliqué : Ça chauffe à Gao entre le MNLA et le Mujao

Salem Ferdi,Le Quotidien d’Oran

Ça chauffait, hier, à Gao où des affrontements à l’arme lourde ont opposé des éléments du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) à ceux du mystérieux Mouvement pour l’unicité et le jihad, en Afrique de l’Ouest (Mujao). Ançar Eddine ne s’est pas positionné dans ces combats qui surviennent au lendemain des déclarations relativement optimistes sur les otages algériens. Les affrontements se déroulaient près du gouvernorat de la ville où le MNLA avait établi son quartier général. Des renforts arrivaient pour les deux groupes ce qui augurait d’une poursuite des affrontements durant la nuit. Ces combats interviennent dans un contexte de grande lutte d’influence dans la ville entre le MNLA et le Mujao. Mardi, une personne a été tuée par balles et plusieurs autres blessées, lors d’une manifestation contre les groupes armés, au lendemain de l’assassinat d’un élu municipal, Idrissa Oumarou, enseignant et membre de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma), formation du président malien de transition, Dioncounda Traoré. Selon des témoins, Idrissa Oumarou a été abattu, à bout portant, par des inconnus à moto alors qu’il rentrait chez lui. Le Mujao semble avoir saisi l’occasion pour mettre en cause le MNLA dans le but de marquer des points dans la guerre de position qu’il lui mène avec un grand renfort de moyens financiers. Les éléments du Mujao ont ainsi encadré la manifestation qui a suivi l’enterrement d’Idrissa Oumarou et orienté la colère contre le MNLA.

Dans un communiqué publié mardi sur son site, le MNLA a adressé ses condoléances à la famille d’Idrissa Oumaro et souhaité un prompt rétablissement aux blessés de la manifestation. Le MNLA relevait qu’après l’enterrement d’Oumarou une « marche a sillonné la ville de Gao avec, dans les mêmes cortèges, le drapeau du Mali et celui des jihadistes. C’est encore une fois une provocation ».

GUERRE D’INFLUENCE

Le MNLA affirme que les évènements de Gao sont le fait des «agissements indirects » des autorités de Bamako et de certains hommes politiques qui ont des «complicités avec les jihadistes présents dans l’Azawad depuis plusieurs années et qui ont profité de la libération du territoire pour mener leur campagne de sabotage des efforts pour l’indépendance de l’Azawad ». A l’évidence, le Mujao qui détient les otages algériens a décidé de passer à l’attaque et de régler, par les armes, la lutte d’influence qui se déroule depuis des semaines à Gao. Il est en tout remarquable de relever que les informations ne font pas état d’une implication des rebelles islamistes touareg d’Ançar Eddine, dans les affrontements en cours. Il est prématuré d’en tirer la conclusion qu’Ançar Eddine a lâché le Mujao. Après l’effondrement de l’armée malienne, il y a une sorte de « répartition territoriale » implicite qui fait qu’Ançar Eddine est principalement présent dans Tombouctou et ses alentours tandis que le MNLA s’établissait à Gao et ses environs.

QUID D’ANÇAR EDDINE ?

Les attaques du Mujao visent, à l’évidence, à remettre en cause le statut et place du MNLA, à Gao. Il faudra attendre les prises de positions publiques d’Ançar Eddine pour se faire une idée plus correcte des tenants et aboutissants de la « bataille de Gao». Cet accès de fièvre guerrière à Gao intervient au lendemain de déclarations relativement optimistes d’officiels algériens sur la situation des sept Algériens détenus par le Mujao. Le ministre des Affaires maghrébines et africaines Abdelkader Messahel a déclaré que les « otages se portent bien » en ajoutant qu’il ne pouvait en dire davantage. « C’est une question très sensible qui requiert la discrétion, gage d’efficacité ». Des informations ont fait état, ces derniers jours, de la présence d’une délégation d’Ançar Eddine en Algérie. « Notre délégation se trouve actuellement en Algérie pour des discussions avec les autorités. Pour avoir la paix, il faut aller partout. Nous pensons aller en Mauritanie et même au Qatar, si c’est nécessaire», a affirmé Laabasa Ag Intallah, un des porte-parole de ce groupe armé. Ces discussions ne constituent pas une surprise. C’était objectivement la seule voie à prendre pour essayer de récupérer les otages et le vrai levier de pression. D’où l’intérêt de connaître la position d’Ançar Eddine dans la bataille de Gao.

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5170179

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