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Association TAMOUDRE,“Touareg, vie et survie”.
Informations, réflexions et actions ciblées autour du DÉVELOPPEMENT et des problèmes de GÉOSTRATÉGIE, [...]

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TERRITOIRES ET ACTIONS

Avant le désarmement, à Inebag

Jacqueline Dupuis, avec Abdallah ag Albacar et ses hommes, maire et responsable du cercle de Tessalit.

Inebag, 130 kms à l’ouest d’Adielhoc. Une page de plus dans la résistance touarègue, page d’histoire, rugueuse. Les rebelles vont déposer les armes après combats, négociations, et médiations, combats et renégociations.

Tout avait recommencé le 23 mai 2006. Et aujourd’hui, Salieka Ag Atali, maire d’Inebag, a proposé son village comme lieu de paix. « Tous les combattants, civils et militaires, de toutes tendances, peuvent se retrouver ici et déposer leurs armes. Les gens sont fatigués et veulent la paix. »

Abdallah ag Albacar, maire et responsable du cercle de Tessalit, nous reçoit au milieu de ses hommes, dans les montagnes proches. Personnage très présent et très disponible, il écoute beaucoup et prend soin temps pour répondre.

Rendre les armes….Moment historique ou épiphénomène ? « C’est un moment important pour le Mali, si le gouvernement respecte à la lettre ses engagements. »

Le ton est donné. Oui,… mais … si ?…

« Depuis la rébellion de 1963, on ne trouve pas de solutions. Des accords. Mais peu de résultats. On continue, on recommence. On espère. On recommence. On continue.
Et le Pacte National, de 1992, si peu respecté, est une cause de plus, essentielle, de la dernière rébellion de 2006.
C’est un témoin du présent, de la nature et de ses hommes laissés à eux-mêmes depuis si longtemps. »

Résumer cette histoire en quelques mots :

« Tous les touaregs demandent une équité sociale, pour un juste développement des terres dans lesquelles ils vivent. Ni bandits, ni voleurs de bagnoles, ils aspirent simplement au développement de la région, du cercle, de la commune, pour la population civile. »

Abdallah continue : « Ce qui nous entoure, c’est l’injustice. Quand on compare le nord et le sud du Mali, il n’y a que cela. Ce matin il y eu un accident entre deux véhicules qui venaient à Inebag, peu de temps avant d’arriver ici. Nous avons été obligés de transporter un blessé grave jusqu’à Kidal, plusieurs heures de pistes à travers le désert.
Entre Adielhoc et Inebag, un seul puits asséché, profond de 200 m, personne ne peut faire vivre ses bêtes dans ces conditions !
A force de voir cela tous les jours, les touaregs sont comme une cocotte-minute qui va exploser d’un jour à l’autre. Après, vous connaissez l’histoire : résistances, massacres de bétail, puits empoisonnés, exactions contre les civils…
Les éleveurs, dont on retire les biens de façon arbitraire, ne peuvent plus faire autre chose que de se rebeller encore plus.

Qui te retire ton bien t’abat.

Aujourd’hui nous déposons les armes. On connaît les mots du gouvernement, on va voir ses actes et on surveille le temps, c’est lui qui commande.
Dans un souci de transparence, les groupes rebelles vont rendre les armes par cercle, ceux du cercle de Tessalit et une partie du cercle de Kidal, Essouk, sont ici, à Inebag.
Il y eu Ersan il y a un mois, Djounhan le 13 février, Inebag demain le 15, et Agharous le 17.
Pour la première fois, et c’est très important, ce n’est plus Kidal qui centralise les événements, mais chaque territoire, avec un respect total des habitants de ces territoires, Tessalit, Tarlit, Adielhoc, Essouk, Telabit, et d’autres…

Nous allons rendre les armes aux médiateurs du gouvernement, choisis par le gouvernement et la société civile. Après, nous ne serons plus responsables ni des hommes, ni du matériel. Ce sera le problème du gouvernement malien. Connaissant le passé de la politique malienne, nous attendons des mesures mais nous n’en sommes pas sûrs. On ne peut pas juger une situation qui n’a pas donné ses fruits.

Notre espoir est fondé sur les décisions des Accords d’Alger, avec l’aide des médiateurs algériens et libyens. Mais si le gouvernement ne suit pas ces accords, les touaregs vont refaire de la résistance. Et ils vont se retrouver dans des groupes encore plus irréductibles, comme ceux de Bahanga et consorts. Lui, c’est un cas spécial.

En ce qui concerne une possible « Union des Touaregs », si les gouvernements maliens et nigériens travaillaient à une meilleure égalité dans la justice, tout le monde pourrait s’y retrouver. Si les gouvernements continuent à ne rien faire, nous pourrions bien nous unir dans un regroupement plus élargi aux différents pays où vivent les Touaregs, pour aboutir à une Autonomie. »

Et Abdallah de conclure sur un point d’interrogation :
« L’opinion publique et les médias, ne font pas leur travail correctement. Les Droits de l’Homme les plus élémentaires sont bafoués tous les jours sur nos terres. On entend dire de temps en temps que les Droits de l’Homme existent. Mais où, et comment les appliquer de manière rigoureuse ? Et quand les touaregs seront-ils vraiment reconnus ? »

13 février 2009, Abdallah ag Albacar, maire et responsable du cercle de Tessalit.

Interview et photos par Jacqueline Dupuis à Inebag.

2 Messages

  • Avant le désarmement, à Inebag 23 février 2009 22:08, par Afribone

    Au lieux de faire travailler votre matière grise en faveur d´un développement durable pour votre région, vous prénnez les armes contre le gouvernement d´un des pays les plus pauvre de la terre. Je pense aussi qu´il y a une autre idée sous ce pertexte de rebellion. Pourquoi vous ne vous attaquez pas à l´Algerie et à la Libye ??? Je crois qu´il y a plus deTouaregs ds ces là. Vous avez de la chance qu´ATT vous tend tjrs la main. Il faut que ca soit claire. Le jour ou il aura un malade à la tête du Mali, cette histoire de rebellion sera regler. Vous Touareg du Nord Mali, je viens du Sud du Mali et plus précisement de la 1ère région. Avez vous dejà fait un tour ds ces coins là pour voir comment vit la population locale ?? Je vous dit avec toute sincérité qu´il n´y a rien labas non plus. Alors arreter vos revendications sans fondements. Car partout au Mali c´est la même chose. Nous aussi on est tres pauvre et en plus la plus grande partie des richèsses de ce pays viennent de là. Et si nous aussi on prennait les armes contre l´autorité centrale ?? Qu´est ce que vat devenir de ce pays.
    Mes frères, que vous soyez blancs ne fait fait pas de vous des êtres superieus à qui on doit plus donner qu´autres. Celui qui veut avoir quelque chose doit y travailler et c´est la seule solution. Combien de jeunes de ma region ont immigrés pour avoir un avenir meilleur ?? Alors donnez vous un peu plus de mal pour y arriver et non avec des armes.
    AFRIBONE

    • Avant le désarmement, à Inebag 26 février 2009 17:42, par ahar

      Être blanc n’est pas un péché mortel, personne du nord n’a jamais – à ma connaissance – utilisé la couleur de sa peau pour obtenir tel ou tel privilège ; donc basta de ces élucubrations et complexe qu’affichent sans gène beaucoup des sudistes, comme pour nous rappeler que c’est là un paramètre à valoriser.

      De Kayes, vous auriez pu expliquer aux « autres » que les Touaregs ne sont pas des apatrides,des bandits,des assassins et autres qualificatifs de mauvais augure ; mais qu’ils font partie intégrante des fondateurs de la nation Malienne.

      Pourquoi personne n’a tiré la sonnette d’alarme quand les génocidaires des années 60 à 90 ont mis en branle tous les moyens de l’état pour exterminer une composante de cette nation. Où étiez-vous.

      Quand nous avions compris que le seul moyen de survivre reste la manière coercitive, tout le monde cria…….au loup dans la bergerie !!

      Nous ne demandons rien d’autres que ce qui nous revient de droit : exister sur notre terre sans a-priori, sans privilèges, mais surtout….surtout…..sans soumissions inconsidérées.

      Je te renvoies à tes cahiers d’écoliers…………….si tant tu en as possédé.

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