booklet 8 pages

QUI SOMMES-NOUS ?


Association TAMOUDRE,“Touareg, vie et survie”.
Informations, réflexions et actions ciblées autour du DÉVELOPPEMENT et des problèmes de GÉOSTRATÉGIE, [...]

Lire la suite

TERRITOIRES ET ACTIONS

Mali : Les premières conséquences de l’après-Kadhafi

Ce qui s’est passé hier mardi, entre les touaregs et l’armée malienne, dans la ville de Menaka était plutôt attendue. D’ailleurs, pour beaucoup d’observateurs, ces premières escarmouches avaient plutôt mis du temps à se manifester. Il était quasiment inévitable que la chute de Mouammar Kadhafi pour certains voisins immédiats ou lointains de la Libye n’entraine aucun soubresaut. Le Niger et le Mali n’avaient cessé d’insister sur la problématique touareg qui allait en résulter. Eh bien pour le second, les craintes se sont confirmées. La communauté touareg dont l’intégration pose problème à tous les pays de la zone sahélienne, avait plus ou moins trouvé refuge auprès de l’ex-guide la révolution libyenne. Avec la chute de ce dernier, et consécutivement « la chasse aux traitres » que de nombreux touaregs avaient subi par la suite, le retour aux terres d’origine devenait inéluctable. Seulement, les pays de retour n’étaient pas particulièrement prêts à accueillir cette vague là…

Beaucoup d’analystes s’étaient inquiétés de l’impact du retour des touaregs en provenance de la Libye sur l’environnement sécuritaire des pays d’origine. Cette inquiétude était d’autant plus justifiée que bien avant ce retour, cette vaste bande sahélienne, semi-désertique, régnait dans un climat volatile du fait, non seulement des attaques et prises d’otage par AQMI, mais aussi en raison de la récurrente problématique touareg.

Pourtant, les autorités maliennes avaient très tôt mesuré l’ampleur de la menace. Conséquemment, un mécanisme d’intégration avait été mis en place pour accueillir « les revenants » ailleurs, on dirait « les retournés » ! Dans cette optique, beaucoup d’entre eux avaient plus ou moins trouvé leur place. Les conditions de vie ne sont certes pas identiques à celles qui étaient les leurs, quand ils étaient en Libye. Mais c’était suffisant comme preuve d’une certaine volonté politique.

Malheureusement, d’autres ne s’y étaient particulièrement bien sentis. Et c’est à cette seconde branche que l’armée malienne s’est frottée hier. A en croire les informations, les soldats maliens se sont vaillamment défendus. Repoussant ceux qu’ils appellent « des bandits armés » en dehors de la ville.

Mais il n’est pas sûr qu’en face de ce qu’il est désormais convenu d’appeler « le phénomène touareg », ce genre de stratégie soit la solution. Les problèmes de ce peuple sont si complexes que leurs solutions requièrent l’intervention de plus d’un pays. Si les pays de la zone sahélienne veulent en finir avec les récurrents combats qui les opposent aux rebelles touaregs, particulièrement vulnérables face aux théories de groupes terroristes, comme celui d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique, ils doivent tous accepter, dans une approche synergique, de traiter le problème ensemble.

Ils doivent également se convaincre du fait que la solution militaire ne peut être viable qu’en dernier ressort et contre un groupe minoritaire. Pour la majorité des touaregs, il s’agit tout d’abord d’un problème existentiel dans toute sa complexité et ses multiples dimensions. Ignorer cet aspect des choses, c’est poser un mauvais diagnostic et du coup, recourir à des remèdes inappropriés.

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

Envoyer un commentaire