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TERRITOIRES ET ACTIONS

Attaque à Tombouctou contre les casques bleus et les soldats français

L’offensive qui a touché les camps de la Minusma et de la force Barkhane, dans le nord du Mali, a fait un mort et une vingtaine de blessés.Tirs de roquettes, assaillants déguisés en casques bleus montés à bord de véhicules piégés, échanges de coups de feu… Les camps de la Mission de stabilisation des Nations unies pour le Mali (Minusma) et de la force française « Barkhane » à Tombouctou ont été la cible, samedi 14 avril, d’une attaque « sans précédent » qui a fait au moins un mort et une vingtaine de blessés.

Un casque bleu de la Minusma, à Tombouctou, le 8 avril 2015.

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L’assaut s’est produit peu après 14 heures locales sur le site aéroportuaire de cette ville légendaire du nord du Mali. Alors que les deux camps essuyaient une « dizaine de tirs de roquettes », des hommes portant des casques bleus ont tenté de « s’infiltrer » dans la zone militaire à bord de deux véhicules piégés, a détaillé dans un communiqué le ministère de la sécurité malien. L’un des véhicules portait les couleurs des Forces armées maliennes (FAMas) et l’autre le sigle « UN » des Nations unies. Le premier « a explosé », tandis que le second « a pu être immobilisé ».

Selon la Minusma, un de ses casques bleus a été tué lors d’« échanges de tirs ». Une dizaine d’autres ont été blessés. Le ministère malien a ajouté que l’attaque avait également fait une « dizaine » de blessés « côté Barkhane ». « Les combats ont pris fin vers 18 h 30 », plus de quatre heures après leur début, selon le ministère. Bamako et la Minusma ont assuré que la situation était à nouveau « sous contrôle ».

Sur Twitter, la force de l’ONU a évoqué une « importante attaque complexe » associant « mortiers », « échanges de tirs » et « attaque au véhicule suicide ». « C’est la première fois qu’il y a eu une offensive de cette envergure contre la Minusma à Tombouctou », a relevé une source sécuritaire étrangère. « C’est une attaque qu’on n’avait jamais connue », a confirmé un responsable du gouvernorat de Tombouctou.

Renforts attendus

Déployée au Mali en juillet 2013, la Minusma compte environ 12 500 militaires et policiers. Elle est actuellement la mission de maintien de la paix de l’ONU la plus coûteuse en vies humaines. Elle avait, avant l’attaque de samedi, perdu plus de 160 casques bleus, dont 102 dans des actes hostiles, ce qui représente plus de la moitié des soldats onusiens tués sur cette période dans le monde.

Elle doit recevoir dans les prochains mois des renforts canadiens, Ottawa ayant annoncé le 19 mars sa décision de déployer pendant un an une force d’appui aérienne avec des hélicoptères et des casques bleus.

Des groupes liés à Al-Qaida ont dicté leur loi dans le nord du Mali de mars-avril 2012 à janvier 2013, date du déclenchement d’une opération militaire internationale à l’initiative de la France. Bien qu’ils aient depuis lors été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali, des zones entières de ce pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques.

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Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et à la partie sud du pays et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger, où quatre soldats américains et quatre militaires nigériens ont été tués dans une embuscade en octobre 2017.

« Exécutions sommaires »

Depuis le 11 avril, quelque 1 500 militaires africains, américains et européens sont engagés dans des manœuvres dans l’ouest et le nord du Niger, pour s’entraîner face aux menaces terroristes. Ces exercices devraient renforcer l’efficacité de la force du G5 Sahel, qui devrait compter d’ici à la mi-2018 5 000 soldats issus du Mali, du Niger, de la Mauritanie, du Tchad et du Burkina Faso.

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La signature en 2015 d’un accord pour ramener la paix au Mali n’a pas empêché la recrudescence des violences. Jeudi, le représentant du haut-commissaire aux droits de l’homme au Mali, Guillaume Ngefa, a évoqué les « exécutions sommaires d’au moins 95 personnes » dans la région de Menaka, frontalière du Niger.

Mise en cause, une coalition de deux groupes armés qui participent aux opérations de sécurisation avec les troupes françaises et maliennes, le MSA et le GATIA, a rejeté samedi ces accusations. Ces deux groupes sont soupçonnés de profiter de leur proximité avec Barkhane pour régler de vieux contentieux territoriaux, notamment avec la communauté peule.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/04/14/mali-des-casques-bleus-blesses-dans-une-attaque-contre-leur-camp-a-tombouctou_5285651_3212.html#HSigavlQ3e1bikyI.99

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