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TERRITOIRES ET ACTIONS

Communiqué de presse de Tabital Pulaaku International

Conakry, le 03 janvier 2019

L’Association Tabital Pulaaku International pour la Promotion de la Culture Peule (TPI), suit avec préoccupation les développements de la situation que vit la Communauté peule dans plusieurs pays, notamment au Sahel, en Afrique de l’ouest et centrale ainsi que dans les pays du bassin du Lac Tchad. Malgré la gravité qui caractérise toutes ces situations, celle prévalant au centre du Mali demeure la plus préoccupante à tous égards.

De par leur ampleur jamais égalée, les tragiques évènements survenus au Centre du Mali depuis 2012 prennent la dimension d’un génocide planifié contre les membres de l’ethnie peule. Les massacres perpétrés dans plusieurs endroits, notamment à Koumaga et ailleurs durant toute l’année 2018 ne constituent que la consécration de la mise en œuvre d’un plan macabre qui vise les peuls. Ils s’inscrivent dans la droite ligne d’une illogique campagne de stigmatisation bien orchestrée à travers des milieux politiques et intellectuels qui, aujourd’hui, tirent les ficelles de la situation, en toute impunité. Après le déni, les déclarations hypocrites et sans lendemains, ces milieux encouragent les massacres encore en cours par le silence et l’expression mensongère d’une compassion de crocodile, jamais traduite dans les faits. L’absence d’une réaction énergique contre l’abject qui se déroule sous nos yeux a fini par dévoiler leur duplicité et leur connivence avec le crime de masse contre les peuls au centre du Mali !

Le carnage de Koulogon Peul qui a coûté la vie à 37 personnes au moins dans la nuit du 1er au 02 janvier 2019, ainsi que les exactions commises contre quatre villages de la Commune de Dialassagou, notamment Sangara, Tireh, Doukoro et Kourkanda, en disent long sur le caractère génocidaire de ces actes. Le fallacieux prétexte que les peuls de cette zone sont des « jihadistes » a très vite démontré, au grand jour, que la véritable raison de ces violences, commanditées à plus haut niveau, se trouvent ailleurs. En instrumentalisant la milice communautaire dogon, Dan Nan Ambassougou, l’objectif est tout simplement de nettoyer la zone de ces habitants peuls.

Si tel n’était pas l’objectif non avoué, comment interpréter alors les massacres aveugles contre de paisibles populations civiles, la destruction de leurs villages et la décimation massive, par armes, de leurs bétails dans plusieurs endroits dans les cercles de Koro, Bankas, Bandiagara et ailleurs ? Mieux, comment peut-on comprendre que tous ces massacres se produisent, à un rythme presque quotidien, sans que l’armée et le gouvernement maliens, les forces internationales présentes sur le terrain, notamment Barkhane, n’interviennent pour protéger les populations civiles ?
Au lieu d’aller traquer les soi-disant ‘’jihadistes’’ dans leurs retranchements, du reste connus de tous, la milice Dan Nan Ambassougou s’en prend à des civils désarmés, parfois sous la barbe et le nez de l’armée malienne, impassible. Et pourtant, selon des témoignages concordants, cette même armée est toujours prompte à neutraliser tout peul portant une arme dans la même zone où sévit la milice génocidaire des chasseurs en service commandé. On permet aux uns de tuer sans impunité sous le prétexte de l’autodéfense et on interdit aux autres de faire recours à l’autodéfense pour se défendre !
A notre grand regret, le Burkina Faso vient de connaître, lui aussi, des affrontements communautaires dans plusieurs endroits. Là aussi, ce sont des populations de souche peule qui ont été ciblées par les membres d’un groupe armé, les Kogloweogo, dans les villages de Yirga et Koulpagré, dans le Sanmatenga. Le bilan est lourd, entre morts et blessés, parmi les civils peuls et leurs voisins de la zone.

Face à cette tragique situation, l’Association Tabital Pulaaku International :
-condamne, avec la dernière énergie, tous les actes de terrorisme ciblant les populations civiles, les symboles de l’Etat et les forces et puissances agissant pour aider le Mali à préserver l’intégrité et la sécurité de son territoire ;
-condamne, avec la dernière énergie, le génocide en cours au Centre du Mali sous le regard complice des commanditaires locaux et internationaux ;
déplore l’incapacité des partenaires internationaux présents sur le terrain des opérations et des représentants de la communauté internationale (Nations Unies, Union africaine, G5 Sahel, Union européenne, la France, etc.) d’assurer la sécurité et la protection des populations civiles prises entre le marteau de la ‘’lutte contre le terrorisme’’ et l’enclume des affrontements intercommunautaires orchestrés ;
-fait appel à la sagesse et invite toutes les parties à privilégier les modes traditionnels séculaires de résolution des conflits entre communautés et de renforcer les rapports de voisinage et de fraternité qui ont toujours marqué les rapports intercommunautaires dans nos pays ;
-demande aux Etats touchés par le fléau des affrontements intercommunautaires d’observer l’équité, la neutralité, le respect des droits de tous les citoyens et de veiller à éviter d’entretenir les logiques de la stigmatisation et des réflexes violents qu’ils suscitent ;
-appelle les Etats malien et burkinabé à assurer, sans discrimination, la protection de toutes leurs populations, sans distinction d’origine ethnique et confessionnelle, pour éviter le spectre de guerres civiles sans issues et destructrices pour tout le monde ;
-demande aux gouvernements malien et burkinabé d’ouvrir et de suivre, avec toute la diligence requise, des enquêtes crédibles et neutres afin que les véritables responsables des ignobles massacres contre des populations civiles répondent de leurs forfaits devant la justice.
-demande que le Conseil de sécurité des Nations Unies prenne toutes les dispositions qui s’imposent pour une saisine de la CPI en ce qui concerne les massacres et crimes contre l’humanité perpétrés au Centre du Mali.

Le Président de Tabital Pulaaku International

1 commentaire pour Communiqué de presse de Tabital Pulaaku International

  • AG AZAMANE

    « En un mot : Le péril peul » par Dramane Aliou Koné, Directeur de publication de l’indicateur du Renouveau sur Malijet

    De sources concordantes évoquent de plus en plus la création d’une milice internationale peule composée pour l’heure de Maliens et Burkinabés, en attendant l’arrivée d’autres nationalités. Plusieurs éléments de cette milice internationale seraient déjà armés de Kalachnikov au prix de 5 millions de F CFA l’unité. Et ils ne cacheraient plus leur détermination à en découdre avec leurs adversaires, en l’occurrence les Dogons.
    La cohabitation est devenue tragique entre Peul et Dogon dans le Centre du Mali, qui ont constitué chacun un groupe d’autodéfense. Il ne passe plus de jour sans que l’un ou l’autre camp n’enregistre des pertes en vies humaines. Certes, les conflits entre les deux communautés étaient déjà fréquents, mais ils trouvaient toujours une issue heureuse.
    Cependant, il semble que les Peuls, assimilés à des jihadistes par leurs vis-à-vis, excédés par l’inaction des autorités, ont décidé d’internationaliser le conflit : en faisant appel à leurs “parents” d’ailleurs. Il y a vraiment péril en la demeure. Les leaders peuls, les autorités et le monde entier sont invités à agir très vite pour exorciser le démon de la division. Sinon, demain il sera peut-être trop tard pour le vivre ensemble.

    Commentaires sur le forum Malilink
    1) Sabu Nyuman : « Après la convergence des djihadistes, ce serait celle des bataillons peulhs sur le Mali. Il va bientôt falloir commencer à situer les responsabilités individuelles dans la détérioration de la situation ».

    2) Barou Sam : « Merci Sabu pour le partage. C’est de cela que j’avais peur. Cependant, les prémices ont été données lorsque les Peuls d’autres pays ont écrit pour dénoncer la persécution des Peuls au Mali. Certains ont même dit que les Peuls font l’objet de génocide au Mali. Faisons attention avec certains mots si le contexte ne s’y prete pas parce qu’ils peuvent des portées qui peuvent dépasser notre imagination.
    Personne sur Malilink n’a nié les exactions commises par les FAMAs, mais sans cette institution aujourd’hui, le risque d’une guerre civile est très palpable. Aidons les FAMAs malgré leur défaillance. Collaborons avec les FAMAs malgré la peur, l’injustice et l’appartenance communautaire. Formons une Nation solidaire ».

    3) Mohamed AG HAMATY: « La Question peulhe se « bokoharamise au Mali »suis-je tenté de dire après cette qualification par Balata SIDIBE, un peulh instruit « multiculturel peuhl-songhoï-touareg », qui a « les yeux et les oreilles bien ouverts » sur le prolongement de la crise malienne en 2018 vers le Macina, le Séno-mango (Bankas et Koro et l’Azawak (Ménaka), suite à la baisse de température de la crise malienne dite du « Nord touareg » qui était en ébullition, entre 2012 et 2015; en effet, « La crise malienne se « bokoharamise » pourrait être le titre d’un article de presse à écrire par un historien qui observe l’actualité malienne depuis 2012.

    A la bonne question de Balata « Qu’est ce qui explique ce changement perceptible depuis janvier 2018 avec l’explosion de la mine contre le bus à Boni? », je répondrais que la question peulhe, déjà « mujaoïsée » en 2012-2013, qui se « djihadise et se radicalise », en obéissant à un appel digne du réveil du Djihadiste Pular-Tekrour Elhadj Oumar Tall qui, à la fin du 19ième siècle, avait balayé, par ses troupes de Talibés, le Sahel, du Sénégal, de la Mauritanie au Pays Dogon, au Mali, en passant par Nioro du Sahel et Ségou, en brûlant et en pillant les populations déjà musulmanes en vue d’une « colonisation-réislamisation »; le Djihadiste Toucouleur, s’il ne fut pas stoppé dans les grottes de Déguimbéré-Plateau Dogon, par les impérialistes français, allait faire une jonction djihadiste avec le Royaume Peulh de Sokoto-Nigéria pour l’érection d’un Royaume théocratique islamique peulh, de l’Océan Atlantique à la forêt camerounaise.

    De mon point de vue, le projet « djihad peulh » au Mali est nourri par le MUJAO qui, se nourrissant lui-même du modèle Boko Haram au Nigéria, avait fait jonction avec des Terroristes EEIL venant du Sahara, du côté de l’Algérie, essentiellement des camps des réfugiés sahraouis de Tindouf qui, terro-djihado-narcotrafics depuis les années 2000, discutent les routes cocaïnes qui passent par Ménaka (au Mali) et par Tilabéri (au Niger) aux milices touarègues Imghad du Gatia qui avaient impliqué une milice Daouçahak dénommé MSA commandée par Moussa ag-Chaghtman, un thuriféraire du MNLA qui se cherche une assise politique dans son pays, l’Azawak de Ménaka.

    Dans le Macina-bambara et dans le Séno-dogon, le projet « djihad peulh » cherche à obtenir, par la terreur djihadiste, pour les pasteurs peulhs, sinon le pouvoir politique de contrôle primordial de l’espace agro-pastoral selon le modèle de la Dina de Chékou Amadou, le roi théocratique islamique du Macina-Débo, du moins l’accès égal à la gestion des ressources naturelles productives, contrôle politique qui était assuré, jusqu’à date, par les sédentaires agraires, bambara et dogon.

    Au total, je conclurais en disant que le projet « djihad peulh » vise le chamboulement de la tenure foncière agricole et pastorale au Sahel, voire une nouvelle gouvernance locale qui prendrait en compte la composante peulhe qui s’estime marginalisée, à juste titre, dans certains terroirs des régions en question ».

    Sincèrement

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