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TERRITOIRES ET ACTIONS

Entretien avec un homme qui n’a pas peur de parler de terrorisme

Paul-Louis Koné-02-07-2019

Nous l’appellerons Ali, car nous sommes obligés de protéger sa véritable identité, compte tenu des révélations qu’il fait ici et des menaces qui pourraient peser sur lui et sa famille.

De passage à Bamako, cet Arabe Berabich originaire du Nord de Tombouctou parle de sa région, des problèmes que rencontrent les éleveurs et les commerçants et surtout de la terreur exercée par les terroristes sur sa communauté. Ce qu’il rapporte est à la fois effrayant et porteur d’espoir. Il n’a pas peur de révéler le nom d’un terroriste important, qui sévit dans la zone de Salam.

Ali, présentez-vous, s’il vous plaît

Je suis Arabe, de la fraction Ouasra. Nous sommes des nomades, commerçants ou éleveurs. Je ne peux pas vous en dire plus sinon je serais immédiatement identifié et je serais en danger. Tout ce que je peux affirmer, c’est que je suis originaire de la zone d’Arouan. J’étais commerçant et j’ai possédé jusqu’à 50 (cinquante) chameaux, des vaches et des moutons, comme beaucoup de Ouasra. Mais j’ai dû quitter ma région.

Pourquoi êtes-vous parti ?

Avant, il y avait beaucoup de touristes à Tombouctou et dans la région, le commerce était très profitable. Puis en 2012, Tombouctou est tombée aux mains des Salafistes. Ils étaient cruels et terrorisaient les populations. Tout le monde se cachait, tout le monde avait peur d’eux. Certains djihadistes voulaient épouser de force des femmes de ma communauté. C’était comme si la ville et la région leur appartenaient, il y avait une police Islamique, une justice Islamique, une brigade des mœurs. Les communautés ont beaucoup souffert. Puis les salafistes se sont retirés, alors mon commerce a été pillé et je me suis réfugié avec ma famille à MBerra en Mauritanie.

Et aujourd’hui, comment se porte la région de Tombouctou?

On dit que les terroristes sont partis de la ville. C’est vrai que leur présence est moins visible, et plusieurs ont été capturés ou tués. Mais certains se cachent toujours à moins de 100 (cent) kilomètres de Tombouctou : il y a notamment un djihadiste qui continue à terroriser les populations dans la zone de Salam. Il n’est pas Malien, on l’appelle Talha Al Libia, c’est un salafiste. Il pense qu’il est invulnérable, mais j’ai des informations à vous révéler : je peux dire que Talha Al Libia tombera, parce que certains sont en train de le trahir.

Comment voyez-vous l’avenir ?

Je le vois dans une région débarrassée des Salafistes. C’est ce que veulent les Ouasra. Je veux retourner très bientôt dans ma région. Les populations veulent tourner la page, retrouver du développement et tout le monde a compris que c’est le djihadisme qui empêche le développement. C’est pourquoi aujourd’hui, les gens n’ont plus peur de parler. Dans la zone de Salam, tout le monde connait les Salafistes, leur nom, leurs modes de fonctionnement. Au marché de Toual, on dit que même les proches de Talha Al Libia font des révélations sur lui, parce que certains veulent le quitter. La région sera bientôt débarrassée de ce djihadiste, l’économie locale pourra alors redémarrer, le développement se reconstruira et je pourrai rentrer chez moi pour rouvrir mon commerce.

Paul-Louis Koné

@pauloukone

1 commentaire pour Entretien avec un homme qui n’a pas peur de parler de terrorisme

  • AG AZAMANE

    TITRE DE LA COMMUNICATION : « Vers le contrôle militaire, politique et économique de la région de Tombouctou par les maures tormozes et bérabiches » par AG AZAMANE; Bamako, le 28 Mars 2014.

    Au moment où le Général Mahamane Touré est au front, il doit normalement entendre que les milices arabes, des supplétifs de l’armée malienne, occasionnent des déprédations aux populations. Aussi, il est attendu que le Général doit faire désarmer les milices arabes, tout au moins, voire les dissoudre.

    Guerre déclarée des milices arabes tormozes et bérabiches aux touaregs du pourtour du Faguibine, cercle de Goundam, région de Tombouctou.

    En Mai 2013, les milices arabes tormozes et bérabiches, des narcotrafiquants « seconds couteaux » en sevrage des retombées financières de la filière saharienne narcotrafique démantelée par l’opération Serval à In-Khalil et Borj-Moktar, du côté de Tessalit, se sont recyclées en bandits armés de grands chemins dans la région de Tombouctou.

    Ces déprédateurs écument les pourtours du Faguibine, le triangle Ber-Tombouctou-Araouane en coupant les routes, rançonnant les populations, arrachant des véhicules et tuant des gens, vandalisant et spoliant particulièrement les forains de Ber, Téherdjé dans le cercle de Tombouctou, Lerneb, Edjar et Zouéra dans le cercle de Goundam sans aucune réaction de Serval, MINUSMA et l’armée malienne, toutes forces militaires bien présentes sur le terrain et bien informées de cette situation calamiteuse.

    Le bilan des déprédations des miliciens arabes relevant du Colonel Ould Méidou officiellement constitués avec la bénédiction d’ATT suite aux élections locales et régionales de 2009, comme celle des Imghads du Colonel Gamou et celles des Sonraïs (Gandakoy et Izo) est jugé désastreux tel que rien ne peut plus bouger dans la région sous la coupe réglée de ces milices arabes en passe de contrôler toute le Nord-Ouest de la région de Tombouctou.

    La preuve par neuf étant le contrôle politique du cercle de Goundam par les maures tormozes qui ont fait élire, par fraude et terrorisme, leur « fils » Zedbih Ould Sidi-Mohamed Ould M’Mey en qualité de député de Goundam où tous les maliens savent que les votes sont « ethnico-communautaristes » et qu’à ce titre le grand bloc sonraïs-bellas-peulhs est majoritaire (les 2/3 de la population), les touaregs venant en second (le gros du tiers restant) et les maures, essentiellement des Tormozes (la portion congrue du tiers restant, en terme de participation aux votes des nomades transhumants dans l’Aklé-Azawad !).

    Vers le contrôle militaire, politique et économique de la région de Tombouctou par les maures tormozes et bérabiches.

    Actuellement, nous assistons à « une main basse » des cadres et militaires arabes sur les postes militaires et administratifs – grâce à l’oligarchie et aux nomenklaturas politiques arabes qui ont infiltré le pouvoir politique du RPM – dans tous les secteurs de la région de Tombouctou. Ainsi, les préfets et sous-préfets, les chefs de services locaux et régionaux, les commandants des brigades de gendarmerie, les chefs des compagnies des gardes républicains et les chefs des garnisons militaires, de Léré à Tombouctou, en passant par Niafunké, sont des arabes, notamment de la communauté Tormoze et alliés.

    Ces thuriféraires du nouveau pouvoir « arabe » en 6ième région ont un agenda non caché, outre de faire élire un maximum de maires arabes aux prochaines élections communales, de faire converger l’administration publique et les forces militaires de l’actuelle région de Tombouctou vers le nouveau concept de domination hégémonique arabe sur la région saharienne dite de Taoudéni créée par ATT pour les arabes sahariens qui auront alors la suprématie sur les touaregs qui ont « gouverné » politiquement cette zone depuis le 16ième siècle sous le contrôle bienveillant des « maitres » de l’époque, respectivement les Songhoïs de Gao, les Marocains, les Peulhs du Macina et … les Français ; on va assurément vers la gouvernance arabe de la région Aklé-Azawad de Tombouctou comme la gouvernance Ifoghas de l’Adagh de Kidal !

    Le retour de l’esprit « renégat » du Tormoze Habou qui pilotait les rezzous Rguéibats pour des razzias des populations des pourtours du Faguibine au début du 20ième siècle.

    Dans les années qui ont précédé la pénétration coloniale française, en fin du siècle dernier, les maures Rguéibats de la Colonie espagnole du Rio de Oro et de la Saguiet Al-Hamra (actuelle province du Sahara occidental marocaine) descendaient épisodiquement, comme des invasions cycliques du Criquet Pèlerin qui prend naissance dans ces contrées sahariennes disent ceux qui en pâtissaient.

    Au Sahel soudanien et même jusqu’à l’Adrar des Ifoghas (actuel Mali), la prédilection des ravages Rguéibats ciblait les villages agricoles des bellas touaregs et des sonraïs des berges du lac Faguibine pour la collecte des noirs à « esclavager » en vente aux riches arabes des oasis sahariennes dont ils formeront les principales populations (Gnawas) et les campements nomades des pasteurs touaregs pour piller les beaux chameaux, les objets de valeur artisanale locale appropriés par des femmes (tapis en laine et bracelets d’argent).

    Pour leurs rapines, les Rguéibats qui ne connaissent pas dans les détails la région ont recruté Hamou, un Tormoze renégat qui est de la communauté maure Tormoze résidant là depuis quelques siècles en provenance de la Mauritanie, cette communauté peu nombreuse à l’époque était fondue dans la masse kel Tamacheq kel Antessar et Chérifiens qui eux étaient arrivés là seulement depuis le 18ième siècle, en provenance du Tadamakket (actuel Adagh-Kidal).

    Vivement la réédition de la bataille de TIN-AÏCHA de 1923 !

    Les razzias des maures Rguéibats « sahariens espagnols » (les ancêtres des guerriers du POLISARIO), avec la complicité/duplicité des maures Tormozes soudaniens (les ancêtres des miliciens arabes MAA, les Tormozes actuels maliens) dans les pourtours du Faguibine ne prirent fin qu’en 1923 grâce à l‘intervention de l’armée coloniale française de Tombouctou mobilisée par l’Amanokal des kel Antessar Mohammad-Ali AG ATTAHER lors de la célèbre et mémorable bataille de Tin-Aïcha, un accès-à-l ’eau (tasseswit, (bourtol) de la rive Nord du lac Faguibine, en plein territoire champêtre kel Antessar-Chérifiens.

    En ce lieu-dit, les guerriers touaregs « lanciers et sabres » appuyés par un peloton d’artilleurs sénégalo-français et des « partisans touaregs » venus de Tombouctou ont tendu une embuscade à la caravane des Rguéibats dont les renseignements ont donné qu’elle ferait là une étape ultime d’approvisionnement en eau – pour les 200 guerriers, les 100 esclaves collectés et les 1000 chameaux de bats – avant d’affronter le voyage retour d’un mois à travers le Sahara.

    Suite à la défaite des vandales Rguéibats qui furent presque tous tués, les esclaves furent libérés, les chameaux et les objets pillés récupérés et surtout le guide renégat Tormoze Hamou qui a pris la fuite à pied dont le corps fut retrouvé dans un puits pastoral à 20km de là, précipice dans lequel il a sauté pour tenter d’étancher sa soif ; ultime châtiment d’Allah pour un traitre à sa nation !

    Vivement que l’on mette fin à la belligérance actuelle Tormozes-kel-Aghezaf dans la commune rurale de Ras el-Mâ, cercle de Goundam, Région de Tombouctou.

    Les conflits meurtriers kel-Aghezaf-Tormozes qui ont couvert la première moitié du 20ième siècle sont ceux consécutifs aux rancunes tenues par kel-Aghezaf aux Tormozes pour leur soutien aux vandales Rguéibats qui sont les cousins sahariens des Tormozes, auxquelles « dents gardées », il faut ajouter les vols des chameaux de kel-Aghezaf par les Tormozes.

    C’est quand les Ousras ont fini de bien observer les mœurs de kel-Aghezaf qu’ils se sont rendus compte que ces gens de paix, des naïfs au bon cœur, peuvent être volés et spoliés de leurs biens, si et seulement si eux, les arabes rusés, s’assurent de la complicité et de la collaboration des autorités politiques et administratives de l’arrondissement de Ras el-Mâ et ceux de Goundam (le chef-lieu de cercle) qui sont des fonctionnaires bambaras, sonraïs, sénoufos, etc., corruptibles dans le régime agonisant – on était dans les années de braises, 1980-1990 – du Président de la République du Mali, le Général Moussa Traoré.

    Je donne des extraits tirés de l’essai intitulé « la monographie de la communauté kel Aghezaf » de Wartehen-Ghaçan daté de 2010 qui rappellent, historiquement, comment les rixes et escarmouches de la communauté kel Aghezaf avec les maures Tormoze et Ousras s’étaient passées, dans un souci pédagogique et politique de pouvoir contribuer, par l’exemple, à ce l’on mette fin à la belligérance actuelle Tormozes-kel-Aghezaf.

    Les conflits avec les Tormozes

    Les Tormozes sont les voisins de kel-Aghezaf avec lesquels ils partagent le pays ‘Eghef-n’Aman’ (Ras el-Mâ, en arabe), en amont du lac Faguibine, dans le cercle de Goundam, aux confins Mali-Mauritanie.
    Le village de Ras el-Mâ (Alkhouba, en Tamasheq), fondé en 1956, est le plus septentrional dans ces contrées situées dans la zone agro écologique de l’Aklé-Azaouad.
    Les Tormoze occupent la région des ergs (Tamekrart, Aklé), propice à l’élevage extensif des chameaux, alors que leurs voisins Kel-Aghezaf occupent la région des vallées du Sud-ouest de l’Azaouad qui jouxtent les Daounas et le Tilemsi, régions propices à l’élevage semi-extensif des moutons et des vaches.
    L’organisation de l’espace « partagé » des deux communautés nomades qui exploitent les mêmes parcours pastoraux est différente : kel-Aghezaf vivent en campements regroupés alors que les Tormozes éloignent leurs tentes piquées, les unes loin des autres.
    Les conflits meurtriers kel-Aghezaf-Tormozes qui ont couvert la première moitié du 20ième siècle sont ceux consécutifs aux rancunes tenues par kel-Aghezaf aux Tormozes pour leur soutien aux vandales Rguéibats, des maures kel-Assakhil (de la rive Nord du Sahara central) qui sont les cousins sahariens des Tormozes, auxquelles « dents gardées », il faut ajouter les vols des chameaux de kel-Aghezaf par les Tormozes.
    Sans l’intervention des autorités coloniales françaises de Goundam, au cours de la décennie qui a précédé l’indépendance du Soudan Français (le 22 Septembre 1960), les deux communautés, kel-Tamacheq et Arabes, qui se regardent en chiens de faïence, allaient poursuivre, à cause des animosités et des rancœurs accumulées la guéguerre qui pouvait déboucher sur des massacres interethniques de grande ampleur, tel que cet incident qui est résumé comme il suivant en surligné gras-italique.

    En Décembre 1947, des bergers kel-Aghezaf du sous-groupe L’lamâ donnent un assaut – c’est le repère historique de la date de naissance de Wartehen-Ghaçan (l’auteur de ce cahier de mémoires), on dit qu’il est né l’année où des hommes L’lamâ (son sous-groupe lignager) ont attaqué le ‘carré’ d’Ikermiziten à Almankous – au « carré » (poste) de goumiers Tormozes qu’ils ont implanté au lieu-dit ‘Almankous’ (situé à trois kilomètres au Sud de Ras el-Mâ).
    Cet incident a eu pour cause qu’un bélier d’un troupeau de moutons a été arraché de force à un jeune berger du campement L’lamâ d’à côté du ‘carré’ par un goumier Tormoze, acte qui fait partie du dispositif de harcèlement ourdi par les goumiers Tormozes pour éloigner les campements kel-Aghezaf de la zone riche en pâturages que ces goumiers voudront mettre en quarantaine à l’usage exclusif de leur cheptel.
    Le berger ag-Aghezaf est rentré au campement, ensanglanté suite à des coups de fouet qu’un goumier Tormoze lui a portés.
    Lorsque tous les hommes kel-Aghezaf furent rentrés le soir au campement, la nouvelle de la maltraitance du berger s’est propagée comme une trainée de poudre.
    Un plan d’attaque du ‘carré’ des goumiers Tormozes fut vite mis en place ; tous les bras valides se sont mobilisés après la traite des brebis du soir en s’armant de bâtons, de lances et de sabres.
    Dès qu’un brave ag-Aghezaf lança le cri d’attaque , suivi de celui d’une femme le ‘carré’ des goumiers est pris d’assaut.
    Les goumiers maures qui n’ont pas eu le temps de charger leurs armes ont été tous grièvement blessés : qui a perdu un œil, un pied, un bras et même des testicules écrasés !
    Intedwala, le plus faible des assaillants L’lamâ a « broyé » les testicules d’un goumier, ce qui a fait beaucoup rire le Commandant colon français, le jour du jugement des hommes kel-Aghezaf qui ont été tous arrêtés et déférés au tribunal de justice pour cet acte de vengeance prémédité contre des goumiers qui représentent la force publique.

    Les autorités coloniales de Goundam libéreront sur caution les combattants kel-Aghezaf qui n’ont agi que suite à la provocation des goumiers maures et depuis lors, les Tormozes se méfieront des kel-Aghezaf, particulièrement de ceux du sous-groupe L’lamâ qui ont des « Intedwala » qui osent castrer des maures !
    Cependant, les conflits autour des puits pastoraux se poursuivront entre les deux communautés kel-Tamacheq et Arabes pour le contrôle de l’espace pastoral, un enjeu économique dans cette zone désertique où les pluies sont rares, des poches de sécheresse s’observant chaque année.

    Les conflits avec les Ousras

    Les maures Ousras qui forment quatre fractions nomades de l’arrondissement de Tin-Ag-Alhadj (dans la ceinture des puits pastoraux, au Nord de Tombouctou) sont de pauvres arabes, avec de grands effectifs, contrairement aux Tormozes qui sont peu nombreux mais riches en chameaux.
    Les Ousras qui ne possèdent pas en propre des puits pastoraux dans le secteur d’Eghef-n’Aman, ont développé, à l’entrée dans le pays des Tormozes et de kel-Aghezaf, une franche et loyale cohabitation avec tous les gens du pays d’accueil en se faisant passer pour des hommes de paix.
    C’est quand les Ousras ont fini de bien observer les mœurs de kel-Aghezaf qu’ils se sont rendus compte que ces gens de paix, des naïfs au bon cœur, peuvent être volés et spoliés de leurs biens, si et seulement si eux, les arabes rusés, s’assurent de la complicité et de la collaboration des autorités politiques et administratives de l’arrondissement de Ras el-Mâ et ceux de Goundam (le chef-lieu de cercle) qui sont des fonctionnaires bambaras, sonraïs, sénoufos, etc., corruptibles dans le régime agonisant – on était dans les années de braises, 1980-1990 – du Président de la République du Mali, le Général Moussa Traoré.
    Les vols des animaux de kel-Aghezaf par les Ousras ont commencé en 1980 ; des troupeaux entiers prennent les chemins de traverse qui amènent les pilleurs Ousras en Mauritanie où les bêtes sont bradées à des maures mauritaniens qui sont complices de cette filière de vols.
    Aucune dénonciation auprès des autorités politiques, administratives et judiciaires de Goundam des vols commis par les Ousras au détriment des kel-Aghezaf n’a abouti parce que les rusés Ousras ont corrompu, outres les chefs de fractions, les chefs d’arrondissement et les commandant de cercle, les gendarmes et les magistrats.
    Excédés par la magouille qui était organisée dans le cercle de Goundam pour spolier les humbles kel-Aghezaf, les cadres de cette fraction nomade qui se trouvent en ville, conseillèrent à leurs parents de brousse, d’en venir aux mains pour en découdre avec les voleurs Ousras.
    Wartehen-Ghaçan (l’auteur de ce cahier de mémoires), mis au courant en 1990, à Ségou où il était en service, par ses parents qui sont venus le consulter sur la manière de procéder, après avoir rédigé une plainte en bonne et due forme que les émissaires kel-Aghezaf devront remettre au ministre de la justice à Bamako, a remis deux sabres à ses parents pour sa contribution à l’ « effort de guerre » que les kel-Aghezaf sont obligés d’engager avec les Ousras.
    En clair, il a été conseillé aux victimes kel-Aghezaf de se faire justice par elles-mêmes, en détruisant des biens de leurs ennemis déclarés Ousras. Ce qui a été fait mais n’a pas arrêté les vols.
    Dans la narration surlignée en gras-italique qui suit, je décris les suites de l’attaque d’une colonne de voyageurs Ousras par des kel-Aghezaf, l’événement qui mettra fin à la belligérance Ousras-kel-Aghezaf, comme l’événement qui l’avait précédé, il y a cinquante ans, avait mis fin à la belligérance Tormozes-kel-Aghezaf,

    Le 8 Mars 1989, une caravane de chameliers Ousras en provenance du marché hebdomadaire de Léré, où ils ont acheté des approvisionnements pour leurs campements de l’Azaouad, fait une halte (étape de la nuit) dans les environs de Ras el-Mâ.
    Avant de partir le lendemain, les caravaniers Ousras volent neuf chameaux de kel-Aghezaf qui sont entravés et lâchés au pâturage là où les voyageurs ont passé la nuit.
    Cinq hommes kel-Aghezaf du proche campement nomade qui ont su que les voyageurs Ousras ont passé la nuit tout près d’eux, sont venus voir si leurs ennemis n’emporteront pas ce qui ne leur appartient pas, comme d’habitude. Bien les a pris puisque dès que les cinq hommes kel-Aghezaf se sont approchés du baraquement des Ousras, ceux-ci, reconnaissant les visiteurs, leur envoyèrent un tir de fusil, du genre sommation de ne pas s’approcher.
    Trois hommes kel-Aghezaf armés ripostèrent en tirant sur leurs adversaires groupés qui, blessés et affolés, ont pris leurs jambes à leurs coups, pour se cacher comme des lapins.
    Les gens du campement kel-Aghezaf, ayant entendu les coups de feu, se précipitèrent sur les lieux, croyant qu’une bataille est engagée entre leurs hommes et les voyageurs Ousras.
    Qui un sabre, qui un bâton, kel- Aghezaf ont fait main basse sur les chameaux et les provisions des Ousras qui ont fui à pied ; le plus rapide est arrivé, cinq heures après à Goundam, à 120km de là, pour dire à la brigade de gendarmerie que kel-Aghezaf ont massacré une colonne de paisibles voyageurs Ousras, aux environs de Ras el-Mâ.

    Les cinq kel-Aghezaf qui ont donné l’assaut à la colonne des Ousras, emmenés par les gendarmes à Goundam, furent entendus pas le juge de Goundam qui, déjà chapitré par l’Ousras, coureur de marathon, est bien « graissé » par les intrigants maures.
    Les humbles kel-Aghezaf ne seront libérés qu’après qu’ils aient payé des dommages aux Ousras et avoir donné aussi le « bakchich » au juge, au commandant de cercle, aux gendarmes et autres intermédiaires politiques.
    Depuis lors, les Ousras ont évité de se frotter aux kel-Aghezaf et se sont cantonnés aux puits de l’Azaouad pour s’employer à d’autres trafics de marchandises, en abandonnant les intrigues politiques.

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