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TERRITOIRES ET ACTIONS

Les profits d’Aqmi

s’il y a une chose qu’on ne peut jamais sous-estimer chez les organisations terroristes, c’est leur imagination illimitée. Un mois après avoir investi dans la nuit un camp du Polisario à l’extrême Sud-Ouest, des hommes de main d’Aqmi ont enlevé le wali d’Illizi dans l’extrémité opposée du pays.
Si certains se demandent encore pourquoi le terrorisme est si long et complexe à déraciner ou à éradiquer, le kidnapping de ce haut fonctionnaire de l’État en apporte la dramatique réponse. Le terrorisme frappe où il veut à défaut de frapper quand il peut. Et non seulement il continue de viser des cibles retentissantes, choisissant toujours des victimes à forte résonance symbolique ; il fait preuve d’une forme d’inventivité carrément impossible à prévoir.
Reste que cette fois-ci, c’est le wali d’Illizi qui a été pris dans un piège machiavélique pour 24 heures. Ses ravisseurs ont joué, cette fois-ci, sur le sens du devoir d’un commis de l’État, parti comme un pompier, éteindre les premières braises d’une fausse contestation “sociale” à Deb-Deb de complices du terrorisme qui voulaient libérer des criminels en prison en ignorant qu’il en était la principale proie.
Les ravisseurs l’attendaient au retour de sa mission. Honte à ceux qui ont tendu ce piège à un serviteur de l’État qui est venu répondre aux doléances des “citoyens”. Car, selon toute vraisemblance, ce sont des “jeunes armés” qui ont fait le sale boulot au profit d’Aqmi, kidnappant le wali et tentant de le remettre aux hommes d’Abou Zeïd dont la famille est immensément riche, ayant investi dans les villes sahariennes l’argent du racket et des prises d’otages européens. Sans qu’il y ait émeute pour autant.
Ainsi, Aqmi profite au maximum de l’agitation sociale qui secoue actuellement le Sud-Est algérien au point d’envisager un enlèvement audacieux. Hier, c’est le wali de Laghouat qui a failli se faire lyncher. Aujourd’hui, c’est celui d’Illizi qui allait être embarqué vers un destin tragique et a été sauvé in extremis des griffes d’Al-Qaïda Maghreb. Dans tous les cas, le terrorisme se nourrit de la subversion et nous renseigne que les actes de défiance contre les institutions sont un terreau sur lequel il prospère. Quand il n’en tire pas directement avantage.

Mounir B.,Liberté Algérie,18-01-2012

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