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Mali : une Suissesse enlevée à Tombouctou

Alors que les discussions ont repris entre les ex-putschistes, les politiques et les membres de la société civile malienne à Ouagadougou au Burkina Faso, une Suissesse habitant à Tombouctou a été enlevée le 15 avril à son domicile par des inconnus en armes. Selon des témoins, cette femme, identifiée par son seul prénom « Béatrice », serait une missionnaire, elle vendait des Bibles au marché de Tombouctou. Par ailleurs, la maison d’un Français qui avait fui la ville lors de l’arrivée des rebelles a été saccagée.

 « Béatrice ! Béatrice ! » c’est comme cela qu’on appelait dans les rue de Tombouctou ! C’était un visage familier ! Quasiment toujours en sandalettes, on la reconnaissait habillée en jupe, ou en pantalon ! Ses tee-shirts délavés ne passaient pas inaperçus !

Lors d’un de nos derniers séjours à Tombouctou, elle avait accepté de se livrer davantage. Question : Que faites vous ici dans ce désert ? Réponse : Ici, je suis chez moi, c’est la foi qui guide mes pas ! Question : Vous êtes bien catholique ? Elle réplique, « non, je suis une baptiste ».

Dans sa main, des exemplaires de l’Evangile. Pour elle justement, chacun lit l’Evangile, avec ses blessures. Dans la cité des saints, en jupe, ou en pantalon, elle était plus connue sous le nom des 333 saints. Béatrice, la quarantaine, faisait également du social. Contre deux euros, elle était capable de rendre propre toute une maison. C’est un peu la mascotte de la ville mythique de Tombouctou où elle a été enlevée.

Elle était la dernière Occidentale à braver les consignes en restant sur place. Plusieurs témoins racontent la scène : des hommes armés la suivaient. Et puis brutalement le rapt a eu lieu. Le véhicule, dans lequel elle se trouvait en compagnie des ravisseurs, a pris la direction du grand désert. Aucune revendication pour le moment.

Mais dans la ville de Tombouctou, le maître des lieux s’appelle Ansar Dine, groupe islamiste armé qui prône la charia, soutenu par la branche magrébine d’al-Qaïda, Aqmi.

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